TESTAMENT. — TESTAMENT POLITIQUE
poDibie. Voilà pour répondre à ceux qui 8*iDsnrgent contre le principe d'égalité des partages écrit dans nos lois et qui rôrent le droit d*alnesse. La France ne reculera pas de qoatre siècles pour leur complaire.
Les « esprits despotiques • que Justiniea, en son temps, rappelait ad verecundiam naiurm, réclament en fareur de l'autorité paternelle le droit illimité de tester. Ramener les substitutions par les testaments, tel est leur but, qu^fls en aient ou non conscience.*
Quant à ces substitutions, elles ont rinoonrénient, bien des fois signalé, de mettre les biens bors du commerce entre les mains d'un dépositaire, simple usufruitier qui a plus dlntérét à les épuiser qu'à les féconder, et d'établir, au profit de ce dépositaire, l'apparence d'une fortune qui n'est qu'un leurre pour les tiers et à l'aide duquel il fait des dupes. 11 (aàt ajouter que si sous prétexte de liberté on accorde au propriétaire actuel le droit d'établir une substitution, on Tiole le même principe de liberté dans toutes les générations auxquelles passeront les biens grcTés et que, pour faToriser l'un, on pri?e de leur droit tous les autres.
Si on recherche quels sont les effets des substitutions sur la fortune publique, ils sont désastreux. «Le riche territoire de Lucques, dit Sismondi, qui peut porter en quatre ans six récoltes et se courrir à la fois d'oliviers, de vignes, de figuiers, de mûriers, est arrivé, par les substitutions , à ressembler aux campagnes désertes qui s'étendent autour de Rome. • En Allemagne, en Italie, en Espagne, elles ont réduit à la pauvreté les corps de noblesse soumis à son régime ; elles sont pour une bonne part dans la ruine de l'Irlande.
Dans tous les États de l'Europe qui les admettent encore, il y a tendance à les restreindre. En Angleterre, la révolution est commencée qui doit ramener l'égalité dans la famille. {Voy, Tocqueville, Corresp. inéd,, t. II, p. 37 et 203.)
« Nous prenons trop à cœur, a dit Montaigne, ces substitutions masculines et proposons une éternité ridicule à nos noms. » (Voy. Hérédité, Migorat, Succession.) Emile GHéoiEU.
TESTAMENT POLITIQUE. I. On ne cite que cinq ou sL^documents désignés sous le nom de testaments politiques; tous sont discutés, et quatre sont apocr}'phes. Les politiques ne vivraient-ils que dans le présent, ou bien n'ont-
1. M. le baron de Veanee s'est fait Tinterprète de* ▼ant le Corps législatif (séance dn 20 Janvier 1864). du < prineipe d'aotorité dans la famille >. Il a sigiialé comme nécessaire, au point de vue libéral et démocro' tique, la réforme des articles 745 et 91S du Code Napoléon qui I suivant Ini , apportent des entraves au progrès de la richesse publique en paralysant l'initiative individuelle , et l'esprit d'entreprise en causant i chaque génération la dispersion de tous les éléments de la fortune commerciale, industrielle on agricole. — Voyez, dans un sens diamétralement opposé , le beau rapport présenté à l'Académie des sciences morales et politiques en 18G1 par M. Adolphe Gamier sur le concours ouvert dans la section de morale. A propos de l'autorité paternelle , le sujet qui nous occupe y est traité in extenw. (Vergé, 1861 ,
p. 55 et 193.) Voy. PaiBaance paternelle.
ils pas asses de confianee éum less su seurs on dans leur parti pour leur bîHc âiéories à réaliser?"
Marc-Aoréle, sahit LooiSp Louis XTl ei très, an moment de la mort, ont domèi fils des oonseOs dlrannéte homine; nais leur ont pas tracé de poiftiqne à snirre.
On appelle testament poUtiqne à^knga sonunrire des actes de son règne, qu'i rédigé en style lapidaire sor six tables d qa'on mit à la base de son mansolée. Le tants d'Ancyre «i firent foire nn ùcrm marbre, qu'on a retronré au seiaiëme et qui est au Louvre. C'est nn compte ofBdel qui ne contient pas la pensée po d'Auguste. ( Voy. M. Egger, Kxamen cni^ hUtùriem anciens d'Auçuste^ 1844.1
Le même Angruste conseilla en moofin pas étendre les limites de Femptre. Pa dence ou par jalousie? demande Tadt modernes répondent que c'était la rraii tique de l'Empire, conmie celle de la Rëpo était l'agrandissement. C'est donner le b raison du fait'
Les légistes dictèrent à Pbilippe-Augiu ordonnance qui embrassait toute l'admi tion; comme il partait pour la croisade il la rédigea, on l'appelle le testament po de Philippe-Auguste. '
Le testament politique de Ricbelieu pa 1687, quarante ans après sa mort Labmy fit un éloge ridicule. Voltaire crut TonTrag cryphe, parce que Fauteur n'y traite a des grandes questions dn temps et ne t cupe que de détails oiseux. Il Tattribuai abbé Bounéis on à Seilbon. « Je hais t tyrannie de Richelieu, ëcrivait-îl ensuit! je voudrais que ce testament fût de lui, : le rendre ridicule à la dernière poster jamais tous trouvez des preuves couvain qu'il ait fait cette impertinente pièce, ne rons le plaisir de juger qu'U fallait le i plutôt aux petites-maisons que sur le tn France. »
M. de Foncemagne établit, sans trof vaincre Voltaire, que, si l'ouvrag-e n'éts de la main de Richelieu . ni entièrement rédaction , il avait été rédigé par ses secn sur des notes qu'il dictait pour le roi. M. d cemagne en publia l'édition classique à en 1764.
Montesquieu a jugé sévèrement et jusl
1. Ils n'ont peut-être pas de théorie, e^esl de politique raisonnée , oa elle ne renfen d'oriflrinal. ]
S. Peut-être que non. D'une part, la répab été longtemps relativement petite et Tempirt grand (ou étendu); d'autre part, les chefs d publique ne pensaient qu'aux lauriers à cneili richesses à ramasser; le corps eollectifquii nait le pays supportait facilement la respoai qui résultait des maux de la guerre. II n'en de même d'un seul; le mal lui est toujours i De plus, les empereurs durent sentir la di du gouvernement d'un territoire immense craindre leurs lieutenants, — on le sait, — no raison. l
S. On cite aussi le testament d'Alfred le d'Angleterre, qui y aurait inscrit ceci : • n ei que les Anglais soient à tout Jamais aastl libr leurs pensées. • K