THÉÂTRE. — THÉOCRATIE
citoyens et de la sécurité à laquelle ces libertés ont droit.
Les théâtres, sauf à de très-rares intenralles, ont donc été toujours été soumis chez nous au régime de la surveillance ou, pour prendre une expression moins choquante , au régime de la protection. Les entraves imposées an théâtre sont de deux sortes : les unes toutes morales et politiques qui atteignent pour ainsi dire son âme, les autres toutes matérielles qui restreignent son industrie, la censure et le privilège.
Les grands théâtres, ceux qui ont Thonneur de représenter les chefs-d'œuvre de l'art dramatique et lyrique, la Comédie française, l'Opéra ou Académie impériale de musique et de danse, font partie des institutions de FÉtat et échappent à ce que le régime du privilège a de blessant et de dur par les liens étroits qui les rattachent au pouvoir. A quelques modiûcations prés, ils sont restés établis sur les bases où les avaient placés l'ancienne monarchie, la république et l'empereur Napoléon 1*' ; cependant quelques-unes de ces modiUcations n'ont pas été sans importance, et la Comédie française, par exemple, qui se gouvernait d'une manière répubhcaine avec un doge nommé par l'État sous le nom de commissaire royal, n'a plus guère conservé que l'ombre de son indépendance. L'Opéra et la Comédie française peuvent être considérés moins comme des entreprises dramatiques que comme des branches de l'administration, dont les spectateurs sont chargés de faire les frais et dont l'État couvre les déflcits sous le nom de subventions. Les autres théâtres placés en dehors de cette protection directe et efficace , étaient jusqu'à ces derniers mois autant de propriétés individuelles , dont le nombre était limité et dont le gouvernement accordait le privilège à des spéculateurs de son choix qu'il laissait libres de s'enrichir ou de se ruiner au gré des caprices de la popularité et du succès.
Ces entraves du privilège qui gênaient Tindustric dramatique, viennent d'être récemment abolies par un décret de l'Empereur qui a trèsgénéreusement cédé à la spéculation privée quelques-uns des droits que l'État s'était toujours réservés. Désormais est libre d'élever ou d'ouvrir un théâtre qui voudra. l'État renonce au droit d'en limiter le nombre. Le répertoire classique de musique et de drame cesse d'être le monopole exclusif de la Comédie française et de l'Opéra ; les œuvres de Racine et de Corneille, de Molière et de Beaumarchais, de llossini et d'Hérold deviennent la propriété commune de tous les théâtres qui ont le droit de se couvrir de gloire ou de ridicule en les interprétant à leur fantaisie. Mais cette réforme légitime en appelle une plus importante. C'est le corps plutôt que l'âme du théâtre qui a été délivré de ses entraves : c'est la liberté des entreprises dramatiques qui a été proclamée plutôt que la liberté du théâtre, et cette faveur de l'autorité est plutôt une conquête pour l'industrie el l'esprit de spéculation que pour la littérature. L'abolition de la censure serait la véritable
émancipation da théâtre; mais IlStat fer cette nouvelle concession ? Koos le dés sans beaucoup l'espërer. Cependant il semble que si on ne veut ou si on ne peut i l'institution de la censure, on pourrait lui subir une modification qui d^jtrulraitce qi a de trop peu libéral , tout en respectai droits légitimes de l'autorité. Pourquoi n remplacer la censure préaiaàie qui livre ment passage à l'arbitraire par une ce qui ne frapperait qu*après coup et aprè preuve des premières représentations, l'état actnel des choses qui nous répond qu'une pièce est arrêtée pour cause d'i ralité, d*irréligion ou d'inconvenance, q est passible d'une de ces èpithètes? Pers Nous sommes obligés de nous en rapi aux lumières des fonctionnaires qui com| la commission de censure, et l'auteur in peut toujours accuser soit rintolérauce le mauvais vouloir, soit l'inimitié persoi d'un ou de plusieurs de ses juges. iNe se pas plus sage de remettre le droit de ce au pubUc et de transformer les censeu juges chargés d'exécuter ses arrêts. Pen ne serait plus étonné de voir arrêter une comme immorale ou irréligieuse, lorsqu trois premières représentations , par exei auraient bien démontré qu'elle est réelle entachée de ces vices et qu*ellc mérite U cisme. Que l'État confonde son droit de sure avec ce droit de surveillance qu'il e: dans les lieux publics, qu'il frappe des < commis et non des délits encore à comme son autorité ne perdra rieu à cette trac mation , sa justice en reluira d'un noi lustre et la liberté n'aura rien à lui réclai
Emile MoNT>k}i
THÉOCRATIE. Ce mot signifie propre le gouvernement de Dieu; en réalité il dé le gouvernement exercé au nom de la di^ par des hommes qui parlent en son nom ei sent pour ses ministres, en d'autres ten par une caste sacerdotale. Toutes les la ont conunencé par là. La théocratie est la fi sociale qui se présente la première dans 1 toire des sociétés humaines. C'est elle qui side à leur organisation primitive.
Quand on remonte à l'origine des natioiu les voit naître toutes, sans exception, d transformation des peuplades nomades qui nonçant à leur sauvage indépendance et a tant la vie sédentaire, se font une patri posent les premières assises des sociétés lisées. Cette transformation ne s'opère ja qu'avec les plus grandes diflicultés. Eli montre partout comme le résultat de la reli^ Tout autre sentiment que la crainte de f sauces supérieures à la nature humaine désir égoïste de s'attirer leur faveur, rest sans action sur des hommes qui ne dilR des enfants que par la violence de leurs sions brutales; ou du moins nul autre m( n'aurait une force suffisante et n'exercerai effet assez continu pour les retenir dans vie régulière, contre laquelle se révoltent h