THÉOCRATIE
jiers et des liabitudes invétérées vagabondage et d'imprévoyance, iplades nomades qui sont devel de grandes nations ne se soient
et n'aient courbé la tête sous i loi que vaincues et dominées , c'est ce que prouvent d'un côté ^gislations primitives qui , toutes 1, se donnent elles-mêmes pour s surnaturelles de la divinité, et )té les traditions antiques qui irtout à attribuer aux dieux l'in- ^riculturc et des arts utiles, its parlent assez haut; tout déerait ici superflu. Mais il ne sera
prouver, par l'examen des cales distinguent en propre, que ; théocratiques ne peuvent avoir ation que de faire entrer et de ne vie policée des peuplades nociplinées.
ité et la sévérité des châtiments t pas seulement dans les législaques; mais ce qui n'est que là, i des proportions aussi étendues, nte application qui en est faite à . considérés en eux-mêmes, ne (mes, ni même des délits. Dans nosaïque, la violation du sabbat nort; et d'après les lois de Ma-
1 liqueurs spiritueuses défendues aussi horrible que de tuer un
ne n'est pas non plus exclusive- IX gouvernements théocratiques ; ;un autre il n'est poussé aussi loce ne se contente pas de disé de la fortune, de la liberté, de qui le reconnaissent pour maître; ;i commander à leurs sentiments ;s, à leurs pensées, à leurs connt dans sa main leurs âmes aussi corps; il règle leurs destinées ien que leurs destinées actuelles, mchit pas ses sujets de son poues.
îcessité pour les gouvernements
2 réglementer tous les rapports ocralie fait plus , elle réglemente ière de Thomme. 11 n'est pas un uis le plus considérable jusqu'au [ui ne soit déterminé par quelque ien, absolument rien, n'est abanitive individuelle. Ou ne se borne ègislations théocratiques à pres- ,e Dieu , la bienveillance pour ses
commisération pour les faibles eux, tous les sentiments, en un Ituent le domaine de la religion, mde pas seulement d'éviter de ! atteinte à la vie , à la propriété, l'honneur des personnes, ce qui re des lois civiles et pénales des es. On s'attache encore, avec non ion et de sollicitude, à apprendre rmis de boire et de manger, et le manière les aliments autorisés
doivent être préparés; de quelles étoffes on peut se vêtir, et quelle forme on est tenu de dofiner aux vêtements; quels sont les soins qu'on doit accorder au corps, quel est le nombre des ablutions, quel doit en être le mode, et quels sont les cas accidentels qui en nécessitent de particulières. Les lois de Manou llxent l'heure à laquelle il faut se coucher et celle à laquelle il faut se lever; elles tracent les précautions à prendre pour veiller à sa sûreté personnelle, pour se garantir du feu, de l'eau, pour voyager en toute sécurité; elles indiquent les diverses politesses qu'il faut faire à ses hêtes suivant leur qualité; elles déterminent la manière dont les individus des différentes classes doivent se saluer. Les Perses ont, aussi bien que les Indous , des prescriptions relatives à la taille des ongles et des cheveux; et les Hébreux à la forme de la barbe. 11 en est une foule d'autres, dans toutes les législations théocratiques, qui concernent des actes de la vie bien autrement vulgaires.
Que penser de ce fllet d'ordonnances qui enlace de ses mailles serrées la vie tout entière de chaque individu et lui enlève toute espèce d'activité propre et de spontanéité? Faut-il y voir l'effet d'une tyrannie ombrageuse qui ne veut rien laisser à la libre détermination de l'homme, de peur que l'usage de sa liberté dans les petites choses ne finisse par lui inspirer le désir de l'indépendance dans les grandes; et un ingénieux moyen de domination qui, en l'habituant à ne consulter jamais ni sa raison ni sa volonté et à n'agir que sous la pression d'un commandement étranger, le façonne à n'être qu un instrument passif entre les mains de ceux qui exercent l'autorité? On l'a prétendu bien souvent; rien n'est pourtant plus loin de la vérité. Ce n'est ni en vue ni dans l'intérêt de la domination sacerdotale que ces prescriptions multipliées furent imaginées. Elles furent commandées par une impérieuse nécessité; sans elles, la formation des sociétés policées restait impossible. Les peuplades barbares n'avaient aucune idée et encore moins l'habitude des devoirs du nouvel ordre de choses dans lequel elles étaient transportées, presque sans préparation et, dans tous les cas, sans une préparation suffisante. Comment auraient -elles pu les remplir, si on ne leur en avait tracé un programme complet et détaillé?
Ce n'était pas seulement sur les grandes vertus qui constituent la morale dans le sens propre du mot qu'il était indispensable d'insister; il était tout aussi nécessaire d'enseigner à ces hommes grossiers et incultes ces vertus inférieures qui n'appartiennent sans doute qu'à la civilité puérile et honnête, mais sans lesquelles il ne peut exister de société policée. Celles-ci durent être recommandées avec d'autant plus de soin qu'elles étaient plus étrangères aux familles qui entraient dans une vie qui leur était entièrement inconnue, et que, une fois passées dans les habitudes, elles devenaient un obstacle insurmontable à tout retour à la vie nomade et barbare. C'est là ce qui explique cette foule de ^t^ç,tv^\Àû\v& x^'ft>ce^^'3k
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à l'ordre, à la prévoyance, à la dcccuce, à ia proprelË, aux conTcnanccs sociales, elc.
Et ce n'csl pas en Icrraes géuéraui qu'H fallait les proposer à ces néophytes de la civilisulioD. Ail moment qu'elles sorlirent de h rie noDiadc, les peuplades auitiuellcs on imposait des mœurs nouvelles u'ilaiunt rapables ni de comprendre à demi-mot, ni de faire des applications des principes gËnC-raui à tous les cas particuliers qui pouvaient se présenter. Elles ôtatoni, pour me servir d'une espression d'Isaie (iviii, 10-13), comme des enfants qu'on vient de sevrer et d'arracher à lu mamelle; il Élail indispensable do leur tout expliquer en détail, • ligne après ligne ', comme le prophète déplorait qu'il faillit le faire encore de son temps pour les enfants d'Israël.
Il ne snfTisait pas même de leur montrer la roule. Il fallait, pourainsi dire, les prendre par la main et les conduire commodes enfants. On ne pouvait compter en rien ni sur leur Intelligence, ni sur leur spontanéité, ni sur leur prévoyance, encore moins sur la routine qui, dans les sociétés civilisées, maintient une foule de petites vcrtuD qu'on accomplit sans s'en rendre compte. Sans celte inlleiibîe etminuliense réglemcnlatiou, jamais des hommes, la veille nomades ou barbares, n'auraient pu se mainleDir dans la ligne de conduite qui leur était tracée.
Il fallait, pour faire leur éducatiou, pour les habituer â une vie policée et pour prévenir le retour des anciennes mœurs, il fallait les soumettre à une discipline de fer. La cooslitutioa tliéocratiquc dut Ctre i la fois une école et une maison de correction. L'élève qu'il s'agissait de former avùt des antècédcnis fiiclicux, de déplorables habitudes, fort invétérées; il importait de l'en détacher à jamais. Et coiomc il était de nature rude, grossière, brutale, le régime qu'on lui imposa dut être rigoureux pour faire impression sur lui. La crainte salutaire du cbâtiment pouvant seule le retenir, le code destiné à le régir dut contenir une nomenclature elTrayantc de peines et de supplices.
Eulln une foule de prescriptions, qui paraissent à première vue pleines d'arbitraire, étaient commandées par la nécessité de rompre à jamais avec les mœurs et les babitudes de la vie nomade. Tout acte qui en rappelait le souveuir, autrement que pour le maudire, portait ujic atteinte prolonde au nouvel ordre social qu'il ébranlait. C'était, par conséquent, un crime, un véritable crime d'Étal. La peine capitale infligée par la législation mosaïque à celui qui violait le sabbat aurait été certes, eu d'autres temps et en d'autres lieux, bien au-dessus de la gravité derolFcnse; mais, dans le mosaïsme, le repos du jour du sabbat se trouvait intimement lié H la Tic séilenlaire e( agricole; l'habitude do le célébrer était une garantie contre le retour à la vie nomade; le violer était ainsi une révolte contre les lois fondainen taies de l'Élul.
La tbé-ucratie a donc dans l'hisliiire de l'Iiumaiiité une destination spéciale. Il lui a été donné pour ndssion de créer cl d'organiser les peuples, d'introduire la civilisation parmi les hommes qui ne la connaissent pas encore. C'est
une noble et grande mission; mais cDe e ccssaircmcnt temporaire. Une Ms U s assise sur des bases inébranlables, et le mes Blés au sol et habitués aux devcûn vie policée, son rôle est temûnè, ton accomplie, il ne lui reste qa'à abdiqner ( se modiOcr elle-mâme, en changeant ta Intions primiliTes.
Ualbeureusement elle ne penl Iiire ni l'antre.
Laissons de cAté toutes les mcsquinci minations. La routine, l'intérôt , l'amoor bitudc de la domination entfent bien saa pour quelque part dans l'obstination a quelle la tbéocratic prétend conserreii voir qui n'a plus désormais de raison Les gouTememcDts Ihéocraiiqaes n'édi pas plus â ces misères que les autres humaines. Hais ce n'est pas dans ces ci rations d'un ordre inférieur, c'est dansU même de la théocratie qu'il faut chcrcl véritables causes de ses prëtcntiona seulelaformc légitime et éternelle des ec
Les institutions thcocraliques s'étab au nom de la divinité. Elles se considère. comme l'œuvre des hommes, mais comi révélation du ciel. Elles sont, par cooie aux yeux de ceux qui les admcllcnt, cl forte raison, aux yeux de ceux qui le exécuter,, éternelles et immuables comn divin auteur. En défendant ses prérog:
le sacerdoce croit défcudre la cause it Il s'imagine qu'il ite saurait, sans être i à son mandat, renoncer à un pouvoir i^ maître de toutes choses lui a eonliè l'en
Les institutions théocratiques pcuveu du moins suivre la marcbe de la citilisa: se prêter à des combinaisons nouvelle davantage. Des lois humaines peuvent se ser ù mesure que la notion du droit etit comprise et que les circunstaiiues le d dent. Les lois théocratiques n'ont pas 11 élasticilÉ. De quel droit la prétendue s humaine entreprendrait-elle île corrifet gesse divine? Telle est la nature de ce Il n'y a pas avec elles d'accomiuod émeut |ile; elles uc peuvent en accepter. H fa prendre telles qu'elles sont, ou les reje
Et cependant un régime social qui ne i liait pour légitimes que les institutions cl ù l'origine de la société, et quirepousseo nue erreur on comme un crime tout ce ( rentre pas dans ce cadre étroit, ne peu relenir l'intelligence à un niveau Irès-lu^. que c'est celui auquel se trouvèrent plac peuples prùnitifs au sortir de la barbarie. Ec faire une idée des déplorables eBfets de linaliun des théocraties à gouverner Icj mes, il n'y a qu'à jeter les yeux sur l'.U t'en excepte la Chine, qu'un gros bon sei sauvée de la domination sacerdotale quep juter dans la plus absurde routine, louK autres nations de l'Orient sont restées Ibî tiques; elles n'ont pas su s'élever au-ilcss celte forme sociale élcmcnlaire. Les uacpéri sans avoir jamais atteint le degré Jt