‹ Dictionnaire général de la politique (volume 2)Chapitre 202 sur 260 · TIERS ETAT · texte numérisé non relu

TIERS ETAT

TIERS ÉTAT. Vea i)c pamptikts politiqueii ont Tait uiiiaut de bniil que celui que pnblia lalilit: Stt'rvés en I7S9, an uiomeul où la Fnnrc /■lisait r.V?:teiubK« coDsiiluaDic. et qu'il ri-samait en ce» lennes: «(m'esl-te que le tiers état? Tùul. Ou's-t-il été jusqu'à iiréscot dans rordre [Kililii|ueT Hleo. dae di-macde-l-il T 1 ôire quelque chose.* '

Il r a dans ces paroles trois i-Taves erreurs. Dans'la France lie 17MI, le tiers ùlal n'était pas tout. Dans l'ordre polillqne anl^-rieur à 1789. Iiien loin que le tiers état ne fût rien, il était devenu chaque jour plus çrand et plus brL Ce que demandaient fiour lui.eo I7is9. \,SU"rèf el ses amis, rc n'-Iail pas qu'il devint quelque cliose, mais qu'il fût tout.

Oue le tiers état ne fût pas tout, la R'Tolulion de lîMJ, qui a étË i^a victoire, l'a ellc-mfoie prouvé. Quelles qu'aient été les faiblesses e( les Tautcs de ses adversaires, il a eu irrandcnieul à lutter pour les vaincre , et la lutte a été si violente que le tiers état s'y est dêcomiio.-:é et a payé trés-clier sun Iriomidic. (.mou lise aujourd'hui parallèlement la brochure de l'abbé Siéyés et l'ouvrage île M. Liouce de Laverfnie sur Vri Aitfmblérs proviiicinl'-» taiii louis XVI: on verrvlà.au )p^nd jour des documents contemporains , que si le tiers élal n'était pas tout eu I78'J, il était déjà beaucoup, et bien asseï pour devenir libre et prépondérant, sans détruire tout ce qui n'était pas lui. Les pr/^lenlious excessives amènent les résistances intraitables. L'atibé Siéyés n'a pas dit tout ce qu'élalt le tiers état en t78!l. ni tout ce que ses flatteurs voulaient qu'il rni. Cequ'il }■ a dans ses paroles, ce n'est pas la vérité des clioses; c'est un mensonge de révolution.

A prendre notre bistojrc dans son ensemble et à travers tontes ses phases, le tiers étui a été l'élément le 'plus actif et le plus dfvisif de la civilisation française. Considérée sons le point de vue social et' dans ses rapports avec les ilivcrses classes qui ont coexiste sur notre sol, celle qu'on a iionunéc le tiers élat s'est profrressivement étendue, élevée, et a d'abord pLiissammeiil nudillé. puis ilécldément S[irmoulû li^s antres. Si l'eu .se place au point de vue politique, si l'on suit le tiers élat dans ses relations avec le i.'onvcrnement (rénéral du pays, on le voit il'aboril allié pendant plus de six' siècles avec la royauté. travaillaTit sans rclàclie âla ruine de l'aristocratie féodale, et faisant prévaloir à sa place un pouvoir unique , la uionarcbic pure, lrés-voi.sine,en principe dn moins, de la monarchie absolue. Hais dés qu'il a remporté cette victoire et accompli cette révoUillon, le Iters élat en poursuit nnc nouvelle; Il s'attaque à ce pouvoir imiquc iiu'il avait lanl contribué à fonder, et il entreprend de cbanlivt la monarchie pure eu monarchie constitnliimncllc. Sous qiielqui' aspuct qu'on le coiisiilére. suit qu'on étudie la formation prO};rcssivc (le la société fraiLçuisc ou celle de sou irouvcr-

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