TOLERANCE
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anciens disaient: tolérer la pauvreté, tolérer la douleur; et, par extension, Cicéron dit: tolérer les impôts, le service militaire, fléaux inévitables. Dans une acception plus moderne et vraiment chrétienne , la tolérance s'entend du respect que nous devons aux opinions religieuses de notre prochain. >" avons-nous pas la liberté de professer sur la nature de Dieu, de Tàme et de tout ce qu'on appelle les choses insensibles, telle ou telle opinion qui nous semble la plus sage, ou la moins folle? Si nous avons cette liberté, notre prochain Ta comme nous. Tolérons donc qu'il en use, comme nous entendons en user nous-mêmes. Cela paraît aller de soi. Cependant on a coutume de placer la tolérance religieuse au nombre des vertus. C'est que les mauvaises passions ont, dans le cœur de l'homme, une si grande force, qu'il résiste mémo trop souvent à ce que lui conseille le plus fortement son intérêt le mieux entendu. SoitI Estimons que la tolérance religieuse est une vertu I Au moins, pratiquons -la tous avec un égal désintéressement, une égale charité. La définition du mot importe moins que la chose. «Pourquoi, dit Voltaire, nous sommes -nous égorgés presque sans interruption depuis le premier concile de Nicée? » C'est une question ù laquelle il serait, en effet, difficile de répondre. Mais puisque les morts sont morts, laissons de côté ce problème d'histoire ancienne, et désormais, parce que nos avis diffèrent sur tel ou tel point d'idéologie mystique, ne nous égorgeons plus.
Dans un sens beaucoup plus restreint, la tolérance est l'indulgence d'un maître à l'égard d'un serviteur ou d'un sujet. Celle acception, qui avait beaucoup vieilli dans la langue politique, étant redevenue de nos jours, et contre toute attente, d'un emploi trop fréquent, il convient de l'expliquer.
Les nations soumises au régime discrétionnaire ou despotique, et qui, par tradition, par mollesse ou par indifférence à la liberté, le subissent humblement, désirent un despote d'humeur facile, qui ne leur fasse pas trop sentir la dureté du joug, et, comme elles lui reconnaissent le droit d'abuser de sa puissance, elles lui savent gré de n'en pas toujours user. C'est ainsi qu'elles distinguent un Marc-Auréle d'un Tibère. Ou compte, môme dans les fastes de la cour romaine, plusieurs papes très-tolérants. Louis XIV, qui a eu la présomption d'être une sorte de pape, a mis Wvmaque à son index, mais il a montré de la tolérance le jour où il a permis les représentations de Tartufe. Ainsi, le Hégent et Louis XV ont toléré les discours des philosophes et des économistes. Cette tolérance a même Uni par abdiquer elle-mOnie, en proclamant la prééminence d'une autre vertu. II y avait à la cour de Louis XV un érudit généreusement pensionné, très-zélé et, peut-être, très -sincère dans son dévoucmcut à la monarchie, que le dauphin Louis, père de Louis XVI, chargea de composer un traité de haute politique pour l'éducation de ses enfants. C'était l'historiographe Moreau, qui n'aimait pas Voltaire, et que l'Académie fran 'issa
comme trop compromis au service dâ de tisme. Or, voici le titre exact da traité cod par cet écrivain , pour obéir aux ordres de ritier présomptif de la couronne : les Df du prince réduiis à un seui principe . m cours sur la Justice, La Justice! 11 y a k la tolérance à la Justice ! Un roi Juste doit une médiocre opinion de ses privilèges ditaires et un grand souci des obligatkMis charge. Ce n'est presque plus un roL 1 des courtisans tels que T historiographe M proposent eux-mêmes de substituer à l les maximes d'État la rigoureuse pratique justice, c'est que l'atmosphère se char; nuages, et que
D'an tonnerre lointain le brait ae Cftit enien
on est à la veille d'une révolution.
Cette révolution s'étant, en effet, pi temps après, accomplie, et les représeï du peuple souverain ayant formulé la :
nelle déclaration de ses droits, les devoi prince se sont trouvés encore une fois r à un principe également simple , mais noi Tobéissance aux lois. La tolérance , la j môme étaient des vertus pins faciles. Obt: il parait, ce ([ui convient le moins aui Aussi, depuis cette époque, ont -ils coa ment fait de grands et périlleux efforts ressaisir plus ou moins des prérogatives gées par la proclamation des droits popu! Et le résultat de ces efforts a été plus dur conforme à leurs vœux. Ce qui fait que, u l'autorité universellement reconnue des cipes de 1789, il existe tant d'anomalies ces principes et nos chartes ou constilu nos lois politiques, et surtout nos prat administratives.
Apphquons-nous à corriger ces anora.
et prenons garde, par exemple, à ce que ploi, redevenu trop fréquent, du mot tolér ne semble trahir, devant un peuple jaloi ses droits, le parti pris de les méjiriser.
Si, je suppose, il est interdit à des a: blées subalternes, comme les conseils j raux, d'exprimer des vanix politiques, conviendra pas de tolérer que tel membre nent de tel conseil général entreprenne si sans contradicteur de discourir sur les ( tiens réservées, pour gourmander ù sa , el les citoyens et les premiers dignilain l'État. Si les ministres de la puissance le siège est à Rome sont administrative informés qu'il ne leur est pas licite d'intor dans nos luttes civiles, on ne verra pas. a lieu d'un conflit électoral, un préfet ir quelques-uns de ces ministres à témoigne bliquement pour le candidat de sou choix est décrété que nul n'a de droit partirulic jouissance d'un pré communal, un niairr formera pas les agents de sa police que le lailles amies y seront néanmoins tolertrs.
Lu peuple qui se croit libre est natui ment enclin à se révolter quand on lui par tolérance. S'agit-il de l'exercice d'un dnu contesté? vous l'olTensez sans aucun proli affectant de tolérer ce que vous ne pouvei