TRÉSORERIE. — TRIBUN DU PEUPLE
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Aucune maison de banque ou de commerce ne saurait donc offrir autant de sécurité , ni de facilités, ni de conditions plus modérées dans ses transactions, qu'une recette générale des finances constituée sur de pareilles bases, et aussi prudenunent abritée contre tout désordre, sous la vigilance de Fautorité supérieure.
Les fouds disponibles des fortunes locales sont ainsi naturellement provoqués à choisir pour caisses de dépôts ces grandes succursales du Trésor qui utilisent exclusivement toutes les ressources réalisées pour la satisfaction des intérêts publics et qui pourraient môme en proûter , en France, comme en Angleterre, pour populariser Tusage des chèques.
Mais ce n'est pas seulement à la réalisation des recettes et des dépenses de TÉtat que les receveurs généraux bornent le rôle important qui leur est assigné dans la mission tracée au gouvernement par les lois de finances : les services spéciaux des départements, des communes, des établissements de bienfaisance, de la Légion d'honneur, de la Caisse des dépôts et consignations, des caisses d'épargne, enfin de toutes les institutions rattachées directement ou indirectement aux attributions des différents ministères, sont autant de parties intégrantes de leur gestion personnelle et sont toutes placées sous la responsabilité solidaire, non-seulement (le chacun d'entre eux, mais encore de leurs comptables subordonnés.
Le contrôle des dépenses publiques qui sont presque toujours acquittées, sans déplacement des parties, par les préposés extérieurs des finances, s'exerce, pour la seconde fois, après la liquidation des ordonnateurs , par les payeurs de chaque département et de la caisse centrale du Trésor, qui s'assurent sous leur propre garantie de comptables, avant d'autoriser les payements par leur visa préalable, que les pièces justificatives produites à l'appui des ordonnances ou des mandats constatent les droits acquis par les créanciers des divers services, démontrent, en conséquence, la libération régulière de l'État, et dégagent ainsi définitivement la responsabilité du ministre gardien de la fortune publique.
Ce ministre de la Trésorerie, sans cesse obligé de proportionner les voies et moyens aux charges du budget, devient, par une conséquence naturelle de cette mission diflicile, le régulateur de toutes les opérations relatives au crédit de l'Éta! , telles que l'émission ou le remboursement des emprunts contractés en rentes, en bons du Trésor, en effets à terme, ou en comptes courants.
C'est encore avec le concours de la caisse centrale et des receveurs généraux qu'il accomplit le classement de toutes ces valeurs et l'abaissement du taux de leur intérêt tantôt par la modération de l'escompte, tantôt parla conversion des rentes, la rentrée de tous ces capitaux auxiliaires, enfin les mouvements, les échanges, les réserves de fonds et les remboursements successivement autorisés par la prévoyance du gouvernement, dans les jours de la prospérité publique, soit pour ranimer l'action
sagement libëraloire de runortissement su dette inscrite, soit poar alléger le fardeau souvent exagéré de la dette flottante duTH Cette belle organisation da système d Trésorerie a été fondée en 1806, sous le mier Empire, par Fhabilc admlnistrateni n'a jamais fléchi sous le poids du service fonds de nos grandes armées, M. le ci Mollien, et s'est ensuite considérablement fectionnée sons Tinfluence du régime co tutionnel inauguré en 1814. Cette institi nouvelle a rendu au gouvernement tout puissance financière, trop longtemps ali aux soumissions ruineuses des traitants, ( a restitué désormais, à tout événement, la ponsabilité, l'indépendance et le secret d( rôle important dans les affaires intérieur extérieures du pays; tandis que la plupar gouvernements étrangers sont encore eo nés, pour les opérations de trésorerie, pai contrats passés avec des banques publique particulières, qui les grèvent de commist onéreuses et de frais considérables, ens'î buant des jouissances de fonds inaperçus, qui ne sauraient d'ailleurs justifier rêxéc] régulière de leur mandat, par des compte riodiques, ni par des pièces probantes, mises, conmie en France, au contrôle de ministration centrale, au jugement d'une souveraine et à la sanction de la législatur ' Marquis d'Audiffhi
TRIBU. La tribu est la famille dévelop la race est une tribu agrandie, et souvei peuple est une race organisée politiqueo La tribu répond à une civilisation à peine i santé; elle constitue un groupe de popuh qui se forme spontanément et dont les n bres sont reliés entre eux par les liens du s Toutefois l'antiquité, et notamment Rom établi aussi la tribu comme subdivision tique. (Voy. Assemblée du peuple.)
TRIBUN DU PEUPLE. A l'oppressioi l'aristocratie le peuple de Rome opposa se: buns. 3Iais cette magistrature, qui pouvait tout aussi bien l'instrument de la sédition l'arme de la liberté, ne devait malheureuseï pas donner à Home, ni remplacer ce qa manqua toujours: la classe moyenne. P cinq ou dix magistrats n'offrent pas à la ht d'une nation les mêmes garanties que ( force intelligente que produisent Tinstruci la richesse et le nombre et qui se concentre • les classes moyennes. La démocratie rom n'a su résister à l'aristocratie que pour tor sous la main d'un maître. Cette aristoci était d'une avidité sans bornes; elle s'était parée des terres conquises sur l'enneni avait de bonne heure inauguré le régime sastreux des grandes propriétés qui amer promptement la ruine de l'agriculture et la population de l'Italie: Les moutons man^ei les hommes, disait Caton I La grande propr
1. Votf., pour plus de détailii, le iSî/#/f"«<.Rs.i de la France j par M. le marquU d'Andiffret, ti-I. p. 415-443, et vol. IV, p. 82-î»3.
TRffiUNE. ÉLOQUENCE POLITIQUE.
qu'il s'est tant éleyé, non de lui-môme, non par sa propre force * »
C'en est assez pour faire sentir la puissance et la beauté de cette mâle et incomparable éloquence de l'orateur grec.
L'éloquence latine commence à Gaton le. Censeur; on ne cite aucun orateur avant lui. Puis Tiennent Tiberius et Caïus Gracchus, en qui se personniûc l'éloquence tribunitienne; Marc- Antoine, aïeul du triumvir, Llcinius Grassus, Hortensius, Gotta, Sulpicius, M.-J. Brutus, Gicéron enfln dont les talents oratoires égalèrent presque Rome à Athènes. On cite surtout le discours de Gicéron pour la loi Manilia et ceux qu'il lit pour combattre la loi agraire. Il porta dans le genre délibératif quelques-unes des qualités du genre judiciaire, s'étudiant particulièrement à employer le pathétique et à émouvoir ses auditeurs.
De ce que l'éloquence délibératlve était dans les mœurs politiques des Grecs et des Romains, il suit naturellement qu'elle tient une trèsgrande place dans leurs histoires et donne à ces ouvrages une vie, une animation, qui manque à tant d'autres histoires. Us ont pu avec vraisemblance, souvent môme avec vérité, mettre dans la bouche des personnages dont ils retraçaient les actions, ces harangues mémorables où l'on a raison de chercher encore aujourd'hui les plus beaux exemples et les plus parfaits modèles.
Parmi les barbares. Tacite nous apprend que les Germains connurent aussi la libre délibéra* tion sur les intérêts publics (de mojoribus rébus omnes consultant), et que la parole des chefs eut chez eux son pouvoir {prout facundia est, audiuntur auctoritate suadendi). G'cst tout ce que nous en savons, car le fameux paysan du Danube n'a rien d'historique, et il est constant que
L'on ne sut pas longtemps dans Rome Cette éloquence entretenir.
On a pu dire qu'au moyen âge, en Espagne surtout, les conciles avaient été des assemblées politiques en même temps que religieuses , et que là, bien plutôt que dans les Ghamps de Mai de Gharlemagne, on avait discuté avec force et liberté les intérêts de la religion , où venait alors se perdre et se renouveler toute l'existence civile des peuples.
Les États généraux de France, ces conseils généraux de la nation (comitia generalia Gailiœ), ces assises politiques temi)oraires, jouirent d'une ceriaine liberté de discussion. Les harangues prononcées en 1560 par le chancelier de L'ilospital, en 1576 et 1586 par le savant Bodin, en 1614 par Miron et Savaron, peuvent être citées, mais seulement comme les premiers indices d'une éloquence politique française. — Une véritable tribune politique se dressa bientôt après en face du pouvoir royal:
1. Première Philifpique. Nous citons ces passag'es d'après un éminent magistrat, admirable orateur lui* même, et qui a enfin doté notre langue d'une tra* duction vraiment digue do Démosthéncs, en observant le principe de Cicéron : Non verbum verbo, sed ut orator. {ÔSuvres politiqueê de DévMtthèneê, traduites par M. Plougoulm , 1867
ce fut celle des assemblées politiqaes de testants, où se fit entendre la Tigonreos quence de leur chef Henri de Rohan. MaL tôt aussi Richelieu y mit bon ordre et il à la monarchie un siècle et demi de silei un siècle et demi d*abus, qui aboutit à i Tolution.
La diète de Pol(^tie fnt anssi, à pa milieu du quinzième siècle, une ass délibératlve, qui, bien que restreinte à blesse et assujettie à des formes oppre dut permettre im certain développem( facultés oratoires de ses membres.
G'est dans la libre Angleterre (qui, temps de Gomines, paraissait à ce jo historien un pays à part , où le peuple a droits dans le gouvernement et se mêlai autres), c'est là qu'il faut chercher!
mières applications et les progrès de rélo chez les modernes*. Sans doute, la pai fut pas toujours indépendante et in comme aujourd'hui; les débats parlemi y furent d'abord intérieurs et dômes renfermés dans le cercle d'un petit d'hommes, et pendant longtemps ils n rent qu'une publicité furlive et inco Sans doute la tribune anglaise du dii-s( siècle diffère beaucoup de celle de no: appuyée sur le secours permanent d'une inviolable comme elle. Mais c'est chez glaîs que ce foyer fut de bonne heure j c'est chez eux que naquit et se dévek siècle en siècle ce self-govemment, • débat parlementaire n'est après tout moyen pratique et qui devait, à un jour servir d'exemple à la France et à l'Euro
Non pas que la tribune britannique ai culièrement brillé par l'éloquence, pa éloquence littéraire, telle que l'ente les anciens et telle qu'il la faut à d'autr pies. Çà et là des choses grandes et mais point d'éclat, point de pompe; Tu cherché en lui-même et pour lui-môm< ce que présentent, dans leur longue] primitive, les annales du parlement \ Gela tient d'abord à ce que cette tril précoce des Anglais a précédé leur édi morale et littéraire; cela tient à leurs for procéder, à leur caractère, enfin à la même des débats, à la discussion si frè d'inlérêls de commerce, de traités d'alliai détails financiers, sous un point de vued plutôt que de gloire, et qui a fait dire à que la Chambre des communes ressembh à un greffe qu'à un sénat antique. On ajoi l'autorité des passions puritaines imprii tribune anglaise quelque chose de scola. Néanmoins Gromwell fut orateur à sa n et l'on ne peut contester la puissance discours si souvent bizarres, mais énen Le procès de Strafford nous révèle um table éloqueuce. Falkland n'en a guère m mais Siduey eût marqué peut-être, ^^'A c
1. Noas ne saurions mieux faire que de r tp«t« verbi* la belle étude que M. Villemain a crée à ce sujet, et le livre de M. L*loael sur 1 tcars de la Grande-Bretagne.
TRreUTS. ~ TRIPOLI DE SALARIE (RÉGENCE DE).
Si
Les Mandchoux conquérants de la Chine ont imposé tribut à tous les peuples tartares qui les entourent, même au Thibet et à la Cocbinchine; mais ces deux pays ne l'acquittent plus depuis longtemps. La Gochinchine n'envoie même plus l'ambassade à'hommage.
Le tribut imposé à des sujets dans Tintérienr du pays pour cause de religion est contraire à l'égalité: son caractère tend à s'effacer chez les Turcs. Le tribut imposé par un État a un autre, et qui a, comme le premier, la conquête pour origine, perpétue le souTcnir d'un âge de barbarie et on n'en Toit plus que de rares exemples. (Voy, Andorre.)
J. J. RoDERinuES DE Freitus, juîiior,
TRICOLORE. Voy, Drapeau, Emblème.