‹ Dictionnaire général de la politique (volume 2)Chapitre 222 sur 260 · TRIPOLI DE BARBARIE (RÉGENCE DE · texte numérisé non relu

TRIPOLI DE BARBARIE (RÉGENCE DE

Province ou eyaiet de l'empire turc, située en Afrique le long de la Méditerranée, entre la Tunisie et l'Egypte. Elle comprend, entre le 9» et le 22* degré de longitude est : t° une large bande de littoral, moitié cultivée, moitié stérile, profondément échancrée par le Joun-al^Kabril ou golfe de Sidra, la grande Syrte des anciens; 2* plusieurs massifs montagneux (Garrian, Souda, HaroudJ-el-Àbiad); 3<> diverses oasis, ëparses au milieu de plateaux dénudés, de landes desséchées et de sables arides qui confinent, au sud, le grand désert dont la région orientale s'étend , sous le nom de désert de Libye, jusqu'en Egypte; les principales de ces oasis portent les noms de Ghadamès , de Fezzan (ville principale Mourzoulî), de Maradé, d'Andjelah. La population, disséminée sur ces vastes espaces, qui sont en grande partie des solitudes, ne parait pas dépasser 1,500,000 âmes. La capitale est Tripoli (Tarablous en turc), ville maritime, peuplée de 15 à 18.000 habitants, parmi lesquels on compte 4,000 Européens, presque tous Maltais.

Primitivement occupé, comme toute l'Afrique septentrionale, par la race berbère, le pays de Tripoli fut colonisé par les Grecs (Cyrône) et les Carthaginois, puis conquis par les Romains, et successivement par les Vandales, les Grecs, les Arabes, les rois de Sicile, par Charles-Quint pour les chevaliers de Malte, enfin par les Turcs, qui en restèrent les maîtres depuis 1551 jusqu'en 1720. A cette époque le pouvoir réel passa, dans la personne du bey Hamet-Pacha, aux mains de la dynastie des Caramanlis , originaire de l'Asie Mineure, mais alliée de longue date aux grandes familles de la régence; elle fut investie héréditairement du pouvoir au nom de la Turquie, en vertu d'une suzeraineté honorifique plutôt que d'une souveraineté de fait. Mais la discorde ayant éclaté dans la famille des Caramanlis, en 1834, sur la lin du long règne du pacha Youssef, la Turquie en profila pour ressaisir l'autorité, en s' emparant de la personne du pacha Ali qui s'était rendu, plein de confiance, à bord d'un navire commandé par un amiral turc, envoyé sur sa demande à son secours; Ali fut emmené à Constanlinople et il n'a plus reparu. Depuis lors, la régence de

Tripoli est redevenne un simple pachalï l'empire ottoman , malgré les protestalkn mées des chefs indigènes dont les deux cipaux, Abd-el-Djelil et Gouma, ont péri des luttes conrageoses pour rindèpendu] leur pays. Nous en esquissons rapidemen ganisation politique et administrative.

Le conmiandement suprême est exer un gouverneur ou pacha, ayant rang d ehir, ou maréchal, qui reçoit des Europe titre d'Excellence. On le renouvelle to deux ans; ne pouvant exercer, durani courte période, aucune action utile p progrés du pays , il en profite pour s'ei

n est entouré d'un med(felès supériem posé des plus hauts fonctionnaires (cadi, d et de notables indigènes. Ce conseil se deux fois par semaine, et assiste le padi la conduite des affaires.

Le pacha commande en chef les t turques, au nombre d'environ 6,000 d'infanterie, qui sont envoyés parlai et renouvelés tous les cinq ans. Une pai casernée à Tripoli, sous les ordres du général de brigade; le reste est répart Benghazy, second port de la régence ( taillon), Mourzouk (6 à 800 hommes). 1 Djebel (un demi-bataillon). Les soldats s( payés , mal habillés , mais assez bien n* à l'aide du produit en grains de l'imp terres : leur effectif se trouve -t -il tro| nué, on leur adjoint les prisonniers. Les maghzen, chargées du recouvrement de i moyennant remise de la totalité on d'une des taxes, fournissent des cavaliers qi en est besoin. Un hôpital militaire a et struit à Tripoli; il est desservi par des cins et des chirurgiens turcs, sortis de de Galata, et par des soldats infirmiers.

La gestion supérieure des finances de gence est confiée à un mohassebdji , su receveur général pour la Porte. Les i (mtri), assez exactement acquittés, sl aux besoins de l'administration; ils cou nent : 1° Vachour ou dlme des récolte se paye en nature; les produits, estimés vance sur les heux, par des agents envo; Tripoli, sont ensuite apportés par les i buables eux-mêmes à Tripoli ou à tel point qu'assigne le pacha; 2» l'impôt do ou zekkai, à tant par tôtc. Dans certaio caUtés les arbres fruitiers sont impost pied; pour les oliviers, c'est la dlme de i qui doit être versée dans les magasins d mée. Enfin, dans le sud surtout, certains payent une lezma ou redevance fixe. 11 n' pas d'octroi. Les droits de douane, qui quittent généralement à Tripoli, sontfiiê les derniers traités, à rentrée et à la s au taux de 8 p. 100 de la valeur, mai: réductibilité annuelle de 1 p. lOu jusqi qu'ils soient descendus à 1 p. 100, leur inlôrieure. Des tarifs arrêtés à l'avance n la valeur de chaque catégorie de marclii qui, une fois admise à rentrée, et frapp la marque de la douane, circule en frac dans tout le pays. Pour l'exportation, la i

lions; mais il eRt probable giie la contrebande active qui se fait sur une côte mal surveillée, en réduit sensiblement l'importance nfllcielie. Les centres principaux du mouvement commercial sont, outre Tunis et son port la Goa- Ictte, les ports de Bizerte, Soussa, Monastir, Sfax, Gabùs, les lies de Djerba, et à rintt'Tieur la cité relij;icuse de Kairouan. Le Bclad-Djérid est, dans la région méridionale, un riche pays de production et de commerce ponr les dattes qui lui donnent son nom. Les principales relations par terre de la Tunisie sont, à Touest, avec r Algérie, qui lui est unie par un réseau télégraphique, et, au sud, avec Toasis de Ghadamès, par où s'établissent ses communications avec TAfrique intérieure. Jules Duval.

TURQUIE (EMPIRE DE). Parmi les possessions dont se compose ce vaste empire et qui s'étendent dans les trois parties deTancien continent, sur une supertlcic de 80,000 milles carrés géographiques (ou 4,612,000 kil. carrés), on doit distinguer:

1« Les possessions immédiates, soumises à l'autorité directe du sultan et qui se composent de la Turquie d'Europe, appelée Roumili (pays de Roum, ou des Romains) par les Turcs, moins les provinces danubiennes et le Monténégro; de l'Asie Mineure [Anadoli) avec la Syrie et la Mésopotamie et du territoire de Tripoli en Afrique; et 2» les possessions médiates ou tributaires, qui, bien que relevant politiquement de la Porte et considérées par les traités comme parties intégrantes deTempire, sont administrées, les unes, telles que l'Egypte et Tunis, par des pachas ou des beys héréditaires; les autres par des princes indigènes, soit héréditaires, soit viagers, sous l'autorité desquels elles ont conservé le privilège d'une législation et d'une administration intérieure indépendantes. Telles sont les principautés-unies de Moldavie et de Valachie, la Serbie, le Monténégro, et dans des conditions plus restreintes, la petite lie de Samos.

La population totale de l'Empire peut être évaluée approximativement à 37 \'s millions d'habitants, savoir:

Poueuloni Immédiates :

En Europe 10,500,000

Bn ArIo 16,000.000 V 37,250,000

Bn Afrique (Tripoli) . . 750,000

Buts ou pav« tributaire* :

Ifoldo-Valachie 4,500,000

Serbie 1,100,000

Monténégro 200,000) 10,150,000

Se de Samos 50,000

gypte et Tunis 4,800,000

Total 37,400,000

Cette population présente de très -grandes variétés de races et de religions. La race conquérante ligure au plus pour un tiers dans le nombre total, et dans la Turquie d'Europe elle n'excède guère un huitième de la masse. Le reste se compose de Slaves , de Roumains (.Moldo-Valaqnes), de Grecs, d'Albanais, d'Arméniens, d'Arabes, etc.

Sous le rapport religieui, la population peut se dénombrer ainsi :

nS. ^ TURQUIE (EMPIBE DE).

MomlnansCOttonaiiSt BIatm et Albaaati [taptfll

nombre] Antbee, Knrdea, etc.) .... II^OM^ i

Chrétiens d'Orient (Orées orthodoxes,

Arméatenii,87rieii«etCha]déens,cte.). 14,I0MN

Catholiques latins SMJM I

IsraéIlte8(se1on quelques en tenie 500,000) UÔ^I !

Idolâtres , Tsffsnes (bohéoilens) , Chem-

sUés, Tésldls, ete.) W^Ê

TOTAX.. tr^MUi

Sous le rapport poIUîqne et ciTîI, la pop* tien dans les Éiats immédiats du GrawiSi' f/neur {voy, ponr les États tributaires les «fiifci Principantéi^Uiiies , Serbie , etc.) , comptai trois catégories parfait emeot distinctes:

1* Les sujfits musicimans, qui Jonissentte la plénitude des droits ciTils et politiques;

2* Les sujets non musulmans, on raUu,M Tassimilation anz premiers, bien que décritte en principe, n'a pas encore passé à Fétit k fait;

3» Les Francs, c'est-à-dire les sujets da puissances étrangères domiciliés en Turquie, dont Tétat et les conditions d* existence s-al réglés par les capitulations.

Pour ce qui concerne ces derniers, roy. h mots Francs, Capitolationa , Échelles diiltvant.

Les ralas forment cinq groupes ou cooinnautés distinctes, appelées, en style ofBdd, milleti sittè, les six nations: la nation gTMque, la nation arménienne, la nation innènîenne-unie, la nation Israélite, la nation htine ou catholique, la nation protestante.

Chaque communauté chrétienne est régie, sous la surveillance de la Porte, par un pitriarche qui Joint quelquefois, mais non pu nécessairement, Fautorité religieuse à l'autorité civile. Le patriarche est élu par ses cordigionnaires et conûrmé par la Porte qui lui délivre un bérat, ou diplôme d'investiture, te lequel sont énoncés ses droits et prérogatives. Les Israélites ont à leur tête nn grand-rabbà assimilé aux patriarches des communautés cfarttiennes.

L'origine de la communauté grecque (rova milleti) remonte à Tépoque même de U coa* quête, alors que Mahomet II devenu maître à Gonstantinople, et s'occupant de régler h situation de ses nouveaux sujets, conformémat aux principes établis par le Coran . laissa «n Grecs le libre exercice de leur religion, itïc une partie de leurs églises, leurs lois ciTile*. leurs tribunaux, leurs écoles, sons Tuniqu condition de payer limpôt du haratch on Msradj^, et conféra à Tancien patriarche Gencidius un bérat qui le reconnaissait en quiiiic de chef civil {ethnarqtie) de la nation grecqtt dans tout l'empire. Responsable envers le goavernement, tant pour le maintien de l'or^K que pour l'acquittement du haratch et des astres impôts, le patriarche est investi d'un pcevoir temporel trés-étendu à l'égard de seswreligionnaires, pouvoir qu'il délègue dans les

1. Cet impAt, établi sur les senis rsîs», «secs {lonsatlon du service militaire, au«iuel il« nVui^c: point a^hDjettii, a été aboli définitivement r*' ^ khatti-chérif de 1R56 , qui appelle le< cbrviieB» à roccourir en même tempN qae les miisnlmant an rerratcmeut de l'armée. ( Toy. pluê &a«.)

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