INCAS
et adonnées à tontes sortes de Tices. Un jour apparurent parmi elles un homme et une femme qui se disaient fils et flile du soleil, et envoyés par leur père dans ce coin du monde pour y fonder un empire heureux et florissant. C'était Manco-Gapac et sa femme Mamma- OElla. Ils donnèrent au Pérou cette organisation sociale sous laquelle il prospéra jusqu'à la conquête espagnole, et furent les chefs de la dynastie des Incas^ la plus directe de toutes les dynasties, puisqu'elle se perpétuait nonseulement de père en fils, mais de mère en fille, rinca souverain épousant toujours sa sœur aînée ou quelque parente des plus proches, cousine, nièce, tante. 11 avait de plus autant de femmes qu'il lui plaisait; mais les enfants de la femme légitime pouvaient seuls régner.
Le même mariage était prescrit au peuple, mais sous la loi de monogamie..
Le trdne était héréditaire du père au fils aîné; mais, l'héritier direct étant mort, il allait du firère au trère en suivant Tordre de naissance. A la mort du dernier la succession remontait au fils de l'alné.
La même loi était suivie dans toutes les autres classes, excepté parmi les Cura cas ou seigneurs ayant des vassaux. Chez les uns, l'aîné succédait au père; chez les autres, les vassaux donnaient par voie d'élection l'héritage à celui des enfants du Guraca qui avait gagné leurs sympathies par ses mœurs et son caractère.
Les terres étaient divisées en trois parts, l'une attribuée au soleil et formant le budget du culte, l'autre réservée à l'Inca pour ses besoins et ceux de sa nombreuse famille, la troisième distribuée au peuple avec une grande équité, mais avec charge de faire des prôsen>ts au monarque. Il y avait en outre des terres communes. En réalité l'Inca était le seul propriétaire de tout l'empire, les terres données aux sujets, aussi bien que les siennes propres et celles du soleil, ne devant servir qu'à procurer à chacun son entretien, et le superflu devant retourner au roi, qui, à son tour, le déversait sur les individus suivant leurs besoins. Ajoutons que beaucoup de productions naturelles étaient directement communes, telles que le sel, le poisson, les fruits des arbres dans les communaux , et le chanvre et le coton. Chacun pouvait en prendre, mais seulement autant qu'il lui en fallait pour son usage personnel. Quant aux parties de l'empire qui n'en produisaient pas , on leur en fournissait par échange avec leurs produits, et cet échange était prescrit par la loi.
Lorsqu'une nouvelle famille se formait par un mariage, les parents fournissaient les meubles, et les communautés donnaient la maison. L'État se chargeait des malades, des vieillards, des infirmes, des étrangers, et puisait pour eux dans les magasins du roi ou magasins publics ouverts sur tout le territoire.
n fallait des terres et des terres fertiles pour entretenir une population qui ne demandait
ik 8*accrottre sous de telles influences. Les
Incas passent pour avoir excellé dans Tart de conquérir et de colon^er. A la possesaion des terres il fallait joindre le travail, sans lequel la production n'existe pas. C'est pourqnc^ YtAsiveté était absolument proscrite au Pérou, môme chez les enfants parvenus a un certain âge, chez les vieillards qui avaient pour fonction de ramasser de la paille et des morceanx de bois, et chez les aveugles qui devaient égrener le maïs ou nettoyer le coton. Enfin il était nécessaire que la consommation do peuple fût bornée aux choses de première nécessité , et c'est à quoi il était pourvu par une loi qui bannissait les superfluités de la table, et que faisaient exécuter des inspecteurs cbai^ de visiter les maisons pendant les repas. Oi donnaient des éloges ou distribuaient des coups de fouet suivant qu'ils trouvaient Tordre, la propreté et la simplicité observés ou négligés. Une autre loi somptuaire proscrivait le luxe et les ornements sur les habits des particnllen. L'or et les pierreries étaient réservés pour les temples, les palais et les Incas. Ceux-ci les prodiguaient à leurs favorites, aux Guracas, aux grands de l'empire , aux gouverneurs dei provinces, aux caciques ou chefs des tribos indiennes conquises, enfin aux fils des caciques, et aux héritiers des principales femilles qui venaient de toutes les parties do pays faire leur éducation à la cour.
Les écoles étaient nombreuses , et celles de Cuzco étalent visitées souvent par le rrâ. On j enseignait la langue générale du Pérou; elle était recommandée surtout aux Indiens des tribus soumises, et Ton accordait de grands privilèges à ceux qui la possédaient. On formait aussi des ingénieurs pour le partage ûbê terres, et des comptables chargés de recenser la population et de tenir état des produits enfermés dans les magasins publics. On y enseignait encore une sorte de philosophie on plutôt de morale, composée de préceptes et de sentences.
Les lois, décrets, édits et ordonnances de TInca se publiaient à haute voix dans tout Tempire, et Ton renouvelait de temps en temps cette publication, afin que tout Péruvien Iftt réputé justemeot connaître la loi.
Les ouvriers avaient leurs jurés par corps d'état, relevant pour la plupart les uns des autres. Chacun devait se tenir toute sa vie i son métier, hors du labourage et de la milice, qui étaient communs à tons.
L'impôt se payait en travail. Les grands et les fonctionnaires gentilshommes en étaient exempts, de môme que les femmes, et les hommes durant le service militaire. On n'y était soumis que de vingt-cinq à cinquante ans. Il consistait en travaux d'utilité publique pour la plupart, ou bien en service fait chez TInca on le Curaca. La loi défendait expressément qu'aucun citoyen payât de son bien , et elle voulait en outre que le contribuable qui travaillait à sa tâche fût nourri, habillé, pourvu des outils et instruments nécessaires, ^ traité en cas de maladie, le tout aux frais de l'État. Jamais Ja tâche exigée ne dépassait les forces nila ca-
mCAS. — INDELTA.
\ rindîTidu. n pouvait faire une année 1 De lui était prescrit, Texcédant lui •uté à décharge d'autant sur sa contrie Tannée suivante. Sa femme et ses [KHiTalent Taider, et, dans ce cas, ils nt le même traitement que lui. L*im- ( était bien vite acquitté : aussi appeiche le citoyen qui avait beaucoup
i système de gouvernement exigeait Luisation hiérarchique des plus étroites , le laquelle pût s* étendre partout le bras rerain. C*est pourquoi la population iére était partagée en décuries qui reles unes des autres sous le commandet chefe de différents grades. C'était une Hganisée également pour les besoins lerre et pour ceux de la paix, le décurion surveillait les hommes coni garde, s'informait de leurs besoins et lit de leurs actes répréhensibles, s'il ne onçait pas aussitôt qu'Us lui étaient B devait aussi être attentif à leurs bear le roi entendait qu'aucun de ses sufût malheureux. La justice était gratrès-expéditiye; mais auparavant les chargés de la paix dans la cité metlos leurs soins à prévenir les différends retenir la concorde. Les lois veUIaient s à ce qu'elle ne fût point troublée. Il y s repas communs trois fois par mois, Ignés de jeux et d'exercices militaires. I citoyens se devaient l'assistance muit gratuite dans leurs travaux. On eût ks institutions n'avaient qu'un objet, r et empêcher le mal. Enfin , lorsqu'un 1 un crime était commis, le décurion it, qu'il y eût plainte ou non de la lésée. Chaque vûle avait un juge, et es relevaient les uns des autres. Les étaient la mort, le fouet et le bannissent les principaux traits du gouvernc- » Incas. Nous renvoyons pour plus de à Garcilasso de la Véga, dit l'Inca, un I descendants qui a écrit leur histoire ëme siècle; aux missionnaires filas Valérûme Roman ; aux historiens Pedro de et Augustin Coratc. Ces auteurs font re entièrement ce régime, à la fois atet repoussant, odieux par tant de côtés, i en quelques parties, où les Incas, dis- VTè de la vie à leurs sujets, distribuent s Tor et les pierreries, aux autres, les es arbres et le maïs, et se font donner de Capac-Titu, c'est-à-dire, Capac roi t en richesses, et Titu libéral et mae. Car le doux et apathique génie de s'accommodait de cet ordre et de ce re, et ne songeait pas à regretter ce race pins développée consent même rlbis à sacrifier à moindre prix, la liberté.
G. Champseix.
IME-TAX. Vbjf. Revenu (Impôt sur le).
IKPATIBILITË. Voy. Fonctionnaire.
INOELTA. On entenàpn indelta des troupes réparties , cantonnées sur le sol et obligées en compensation au service militaire; elles existent concurremment avec les troupes enrôlées volontairement (Vaers/vade) et les troupes de conscription (hevering), où chaque citoyen sert de vingt à vingt-cinq ans. Le système de l'hidelta a été créé en 1680 par le roi de Suède, Charles XI. Disposant d'un grand nombre de propriétés, ce monarque décida qu'elles seraient partagées à titre d'usufruit entre des militaires auxquels les produits de ces propriétés tiendraient lieu de solde. Depuis, des propriétaires ont demandé et obtenu de donner aussi, soit individuellement, soit à plusieurs, un terrain à un militaire qui ferait le service à leur place, cette dispense de servir étant à la fois le but et la rémunération du terrain qu'ils abandonnent. L'indelta constitue donc une colonisation militaire, et le soldat indelta exerce ses fonctions par tenure viagère.
Depuis le général jusqu'au sous -officier, chacun jouit d'un àosielle ou domaine dont le revenu est , autant que possible , proportionné à son grade ; quand cela n'arrive pas pour les officiers, une gratification ou des appointements supplémentaires s'ajoutent à cette concession. Le simple soldat jouit d'un petit domaine nommé torp, muni de ses instruments aratoires ; il est aidé pour ses semailles et sa récolte par le propriétaire qui lui doit en outre un petit uniforme tous les deux ans. Le grand uniforme, l'armement et l'équipement restent aux frais de l'État.
Le soldat indelta reçoit une solde en temps de guerre, tout en conservant pendant les hostilités le revenu de son torp, alors cultivé par le propriétaire. Le temps des manœuvres (quatre semaines par an) est assimilé sous ce rapport au temps de guerre. En temps de paix il n'a poûit de solde , mais quelquefois le prêteur du torp lui concède une rétribution annuelle assez faible. Ce soldat demeure au service tant qu'il est valide et vit avec sa famille de la culture. Quand vient le moment de la réforme , le propriétaire prend ordinairement soin de lui et des siens , puis le remplace. Si la terre est peu fertile , il y attire un nouveau soldat par une prime d'engagement montant à 40 fr. environ.
Pour former une compagnie, un bataillon, un régiment , on groupe les torps les plus rapprochés. Les officiers de l'indelta sont cantonnés dans des bostelles situés au mUieu des torps de leur troupe.
U existe également dans l'indelta de la cavalerie. Le propriétaire se trouve obligé, pour le cavalier, de lui fournir l'armement , l'équipement et le cheval, et de remplacer en cas de réforme ou de mort, et l'homme et le cheval. Les régiments de cavalerie indelta sont difficiles à réunir , vu la grande dispersion des domaines sur lesquels vivent les cavaliers de cette milice.
Les soldats de l'indelta sont braves et se conduisent bien. Aimés de leurs compatriotes , au milieu desquels ils séjournent, et mêlés i leurs afllûres, ils entretiennent par leur pré-
INDELTA. — INDEPENDANCE.
sence Fesprit militaire parmi eux. AdoDoës à Fagricnlture, ils conservent les qualités puisées dans ce genre de travail que Sully préférait i tous les autres pour former un soldat. Us entretiennent leur agilité et s* endurcissent en coopérant aux travaux publics. Le canal de Gotha, dont la construction a duré vingt-deux ans, a été creusé avec leurs bras. Conduits en petite tenue et en armes par leurs oflQciers sur les ateliers , Us y travaillaient sous la direction des ingénieurs ou de leurs agents et recevaient comme rémunération un salaire dont la moitié suffisait à leur nourriture. Pour quMls n'oubliassent pas leur métier de guerrier , on les exerçait chaque dimanche aux manœuvres pendant quelques heures. L'ingénieur en chef de ce canal, M. de Lagerheim, a rendu bon témoignage de leur aptitude et de leur bonne volonté, et cet exemple a été souvent cité quand il s'est agi de la question de Tapplication de Tarmée aux travaux publics , mais sans spécifier suffisamment que les soldats de Tlndelta sortent des conditions ordinaires par rapport à ceux tenus constamment sur pied par la France et les autres grandes puissances.
Éd. de la Barrb-Duparcq.
INDÉPENDANCE. « Toute nation , comme tout homme, a le droit de ne point souffrir qu'aucune autre donne atteinte à sa conservation , à sa perfection .... » Ainsi s'exprime Vattel dans son Traité du droit des gens , au commencement du chapitre intitulé : Ihi droit de sûreté et des effets de la souveraineté et de rindépendance des nations. Ces quelques mots renferment tout le secret du développement et de la durée des peuples. Conservation et perfectionnement, tel est le double but de la véritable activité ; indépendance pour atteindre à ce but , tel est le droit nécessaire.
La nation est un être collectif, et toutes les idées que nous nous formons de ses droits, de ses devoirs, de son action, de son but, sont tirées de notre compréhension de Tindividu humain. Comme lui , elle doit s'appliquer à la conservation de son existence , au soin de ses intérêts , au développement de ses facultés.
La compréhension du droit pour la nation , comme pour l'individu , suit la même marche . le même progrés au sein de la société humaine. Le droit divin de la conquête et l'esclavage sont contemporains ; les agressions pillardes du moyen âge correspondent aux exactions et au servage; de nos jours, ce qu'on appelle droit des gens s'est étendu et épuré en raison des conquêtes faites par la personnalité humaine.
Ainsi, pour la nation comme pourTindividu. rindépendance est la première loi de l'existence et la première condition du développement. Du peuple , s'il veut améliorer ses institntions, doit pouvoir en toute liberté changer, 8*11 le fout, le fond de sa constitution et la forme de son gouvernement. Lui seul est juge sur ce •là, et il est juge souverain. Nul ne peut ils à arguer contre lui que les changet*U apporte dans son État, sont de dan-
gereux exemples pour ses voisins. Nul davantage trouver mauvais qu'il recher établissement favorable à ses progr droit l'autorise à se développer dans sens, et il ne peut être anî&té que touche au développement de quelqu peuple et s'expose à le gêner dans sa expansion.
Au droit d'améliorer sa condition est droit de se défendre. Un peuple est mi solu de faire chez lui tout établissem( lui plaira, de développer et d'organi forces . de multiplier et de perfection! les moyens d'action dont il dispose, marine, forteresses, en vne de poun sûreté. Tant qu'il ne devient pas agr est libre d'.agir , et tant qu'il ne se sei inviolablement garanti par une légisk ternationale strictement observée . il a de veiller lui-même à sa défense conmK tend. Ce droit résulte du droit de cons et il est inséparable de l'idée d'indépc
Une nation peut faire tous les traités d'amitié , de commerce et de navigatio que toutes les alliances qu'elle juge fa' à ses intérêts. .Mais une nation en voie de dir ou de se fortifier par des alliances o ment, pourrait causer de l'ombrage autoi c'est pourquoi l'un des principaux pu! modernes , Martens , a établi certaine de courtoisie et de bon voisinage. Suii toute nation est tenue de donner des tiens satisfaisantes sur tous les prépai toutes les entreprises qu'elle fait dan de son légitime agrandissement ou de rite. Elle se conduit même parfaites dans de certains cas elle va au-dev questions qui pourraient lui être adres sont là assurément des égards qu'il d'observer, à condition, bien entendu ne pourront jamais constituer ni un < supériorité ou d'ingérence d'un côté devoir de condescendance et comme u riorité du côté opposé. Est-il bien st leurs , dans la pratique que ces expl puissent constituer une garantie pari ne faut-il pas plutôt l'attendre de cett bation dont l'opinion publique frappe en plus la conquête et qui assurera u; chacun la libre possession de son foye
L'idée d'indépendance exclut celle vention d'un peuple dans les affaires i tre ; mais quand Tingérence est conse celui qui en profite , elle est entièreme et légitime. U importe , en effet , à to nations qu'aucune d'entre elles ne s pèchée daus son développement . afin c cune puisse donner son concours à sation de tous les progrès. Cependai assistance ne doit pas aller plus loin faut pour procurer le bien que che peuple en détresse. Vattel décide que gérences ne peuvent s'étendre au d termes clairs et précis d'un traité con vance. Elles ne doivent non plus jama nir une cause de profit ou d'agrandi:
pour la nation auxiliaire.