‹ Dictionnaire général de la politique (volume 2)Chapitre 243 sur 260 · ZÈLE. — ZOLLVEREIN · texte numérisé non relu

ZÈLE. — ZOLLVEREIN

depuis CaïQ jusqu'à nous, on n'y trouTerait que meurtres et massacres. » *

Il y a enfin un zèle affecté et hypocrite, zèle effréné , capable de toutes les lâchetés et de toutes les turpitudes : celui-là, on ne saurait ranrôter, il faut tâcher de l'étouffer; si Ton n'en vient à bout, c'est lui qui vous enserre et vous étouffe.

11 faudrait que le zèle réel et désintéressé et celui qui n'est qn'une fièvre d'égolsme fussent, dans la pratique, discernés avec clairvoyance et récompensés selon leurs mérites respectifs. Trop souvent c'est le contraire qui arrive: le zèle véritable est méconnu, le zèle faux et trompeur est comblé.

Était-ce pour le mettre en garde contre les emportements possibles du zèle ou contre les déceptions probables de la carrière, que la froide expérience, représentée sous les traits du prince de Bénévent, donnait au jeune apprenti diplomate le précepte que nous avons rappelé: «Et surtout, pas de zèlel » La question n'est point facile à résoudre.

Charles Read.

ZOLLVEREIN. Ce mot allemand signifie tmion de douanes, et il sert à désigner la grande association qui embrasse la plupart des États allemands, où ils sont entourés d'une seule ligne de douane et régis parle même tarif. Comment , après le retour de la paix générale en 1815, l'Allemagne ressentit les funestes effets de son morcellement douanier et commercial, quels efforts furent faits, quels essais furent tentés pour y mettre un terme, comment la Prusse étendit peu à peu son système de douanes, et arriva en 1833 à fonder le Zollvcrcin allemand, comment cette association rallia successivement d'autres États, quelles modifications furent apportées à son régime intérieur, comment elle résista à la tempête politique de 1848, quels projets furent agités alors pour compléter l'unité commerciale du pays; c'est ce que j'esquisserai dans le présent article. J'y retracerai rapidement ensuite le vaste plan d'union austro-allemande, la grande crise du Zollverein commencée en 1851 par le traité d'accession du Hanovre, terminée en 1853 par le traité avec rAutriche et la nouvelle situation qui en est sortie.

La révolution française, en faisant disparaître tous les prélats souverains, la plupart des villes libres et nombre de petits princes, en réduisant les États de trois cents à près de quarante, avait simplifié la carte de l'Allcmagne. Mais quelle complication encore et quel dédale que cette simplicité î Chacun de ces États avait entouré sa frontière d'un réseau douanier, les douanes provinciales s'ajoutaient aux extérieures, et, par suite d'abus tradi-

1. Le zùlc n'eot souvent qno Tenthousiasme enflammé Jusqu'à l'illuminihme : il produit la persécution et le martyre, les bourreaux et les victimes; il fait les Albigeois et les inquisiteurs ; il fait les puritains, les septembriseurs, les orthodoxes, les réactionnaires do tout les temps et de tous les pays.

tionncls, les douanes des communei particuliers à celles du gouTememol ce rapport rAUemagne était encore c moyen âge. Les États eux-mêmes, on un caprice bizarre, araient été constn des morceaux de territoire enclaves, Têtrés les uns dans les autres, ioa parvenir de la frontière au centre du | se dirigeant soit du nord au sud, soîtè à Test, sur un espace de 50 i 60 milli mands (370 à 445 kilomètres) , les i dises n'avaient-elles pas moins de sdi de douanes à franchir et davantage s ques points. L*ètat des lumières et les que la paix venait de créer protestaienl ce morcellement funeste.

La question de la liberté du coxmaer les États allemands fut agitée à plusie prises au sein de la diète germaniqa sans y être résolue; elle engageait le souveraineté des différents États, et elle ne pouvait être décidée par un majorité. Ayant échoué auprès du poi déral, il fallut recourir à la voie des i tiens particulières.

Alors la Prusse réforma son ré:

douanes sur des bases très-libérales, pourTépoque, et sa loi de 1818. fai un État de dix millions et demi d'ba devait régir plus tard toute une gran dation. Mais immédiatement cette I( que des mesures de l'Autriche, excité:

mécontentements dans le reste de TAll Les négociants et les industriels qui ; valent réunis en 1819 à la foire du pr de Francfort -su r-le-Mcin, en étaient v émus , lorsque des affaires particnlièn nèrent dans cette ville un jeune profes Wurtemberg. Frédéric List, c'est soi mis en rapport avec eux , rédigea une remarquable, qui fut couverte de signa envoyée à la diète. Alors se fonda dès le une société dite de commerce et d'il dont il fut l'agent. List déploya pour 1 de Tassociation douanière, notamment ; où siégeait un congrès , une activité dinaire, qui, si elle n'eut pas de rêsu médiat, prépara du moins Tœuvre de:

A partir de ce moment commence un( série de négociations diplomatiques :

mier lieu une convention préliminaire le 19 mai 1820 à Vienne entre les pcti et peu après un congrès à Darmstat question de l'union douanière est sériei discutée, mais n'aboutit pas ; puis en congrès de Stuttgart, qui ne décida r plus, mais qui, comme le précédent pas dépourvu d'utilité. Vint cnfln. entr viôie et le Wurtemberg, le traité de to du 17 avril 1827, et bientôt le traité douanière du 28 janvier 1828. L'as5 bavaro-wurtembergcoise était un pren sultat sérieux après bien des tàtonnem

Tendant ce temps, la Prusse, tout c porant à son système douanier ses eu était restée étrangère au mouvement i de l'Allemagne. Ce ne fut pas d'elle

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