ZOLLVEREIN
du Zollvcrcin fut loin de réaliser les espérances qu'avaient fait concevoir les deux importants traités par lesquels avait été couronnée la seconde. L'accession du Steucrverein s'effectua , mais en excitant les plaintes de la population hanovrienne et en causant aux recettes de l'association une diminution sensible. Le traité avec l'Autriche ne produisit d'abord que peu d'effets, et resta pour ainsi dire une lettre morte, par la gène que portait dans les affaires rincertiludeducoursdu papier autrichien. Les conférences douanières de Darmstadt en t854 et d'Eisenach en 185G opérèrent quelques dégrèvements; mais, à part l'adoption àEisenach d'un droit de balance H l'importation des céréales, elles n'eurent aucun résultat significatif.
Un événement de quelque portée, toutefois, c'est le traité ou plutôt ce sont les traités et conventions conclus entre le Zollverein et la ville libre de Brome le 2G janvier 1856.
L'accession du Hanovre avait rapproché des villes anséatiques les limites du Zollverein. Si Ltlbeck en restait séparé par le Mecklembourg, Hambourg y touchait d'un côté, autant du moins qu'on touche à un territoire devant lequel coule un grand fleuve , et Brème se trouvait de toutes parts, excepté du côté de la mer, enveloppée par le nouveau réseau douanier. Ce voisinage avait naturellement enflammé la convoilise de l'Allemagne intérieure. Mais les villes anséatiques persistaient dans l'amour jaloux de leur indépendance et dans leur ancienne antipathie contre le Zollverein. A cet égard, cependant, ne régnait pas à Brème la même unanimité de sentiments qu'à Hambourg et à Lttbeck. Le port du Wéser possédait diverses industries importantes, celles des cuirs, des sucres et des cigares , dont le débouché était restreint par la substitution du tarif du Zollverein à celui du Steucrverein et pouvait être élargi par l'accession. De là un parti de l'accession à Brème, mais un parti en minorité, qui se recrutait surtout dans la petite bourgeoisie, et qui avait contre lui tous les grands intérêts.
Plus d'une fois, depuis 1853, le bruit avait couru de la prochaine accession de cette ville; mais il était dépourvu de fondements, surtout après que les fabriques brèmoiscs eurent été transportées sur le territoire hanovrien. Des négociations eurent lieu néanmoins pour l'incorporation de deux parcelles du territoire brèmois en 1855 pour des arrangements beaucoup plus étendus. La plus importante des stipulations nouvelles consistait dans l'établissement à Brème d'un bureau de douane principal de l'association, ainsi que d'un entrepôt recevant les produits allemands destinés à l'exporlatiou. Le Zollverein prenait ainsi pied dans Brème; il y établissait ses employés; il y trouvait la plu- |)art dos avantages que peut offrir à un État un port maritime qui lui appartient: il était préservé de la contrebande. Quant à Brème, ses droits de souveraineté étaient respectés, et elle était mise à même de devenir le premier port marchand d'une puissante association.*
1. Kn 1843 le ZoUveroin avait 8,S17 mines carréf rr-'"i'rftphiijues .ivfc 2S,l!W,i3rt habitant»»; en 1855,
Les traités du 26 janiier 1856 ont ètè.dsnj ces dernières années, à peu près Yvà^t preuve de Titalitë qu*ait donnée le Zonrotia Vers le Mecklembourg notamment. quiliLink à conquérir, il n*a pas fait le moindre pnptt
Dans CCS dernières années, noosroDsi signaler les pas faits par le ZolIvereiD et fia triche vers le but marqué par le traité da!9ft Trier 1853. Le premier pas fait dans cette vu est le traité monétaire du 2i janvier t^Vl.^i gocié en exécution d*un article du traitée février, il n*aboutit qu^au bout de quatre i nées. Cette réalisation tardive s'explique p les préoccupations de la guerre d'Orleat, p les difDcultés actuelles de la question dcsB» naies. Les premières conférences tenues Vienne en 1855 n'avaient eu aucun rêsnU Celles de 1856 rallièrent tous les gouven meots au plan légèrement modiOé qu'avait pi posé le gouvernement prussien.
Le traité monétaire remplaçait, en Télarig sant» la conyention monétaire dn 30 jiQ 1838 qui liait les gouTcmements du Zolkere mais à laquelle TAutricbe était restée étrange En voici les dispositions principales:
La livre de 500 grammes, ou le demi-li gramme, déjà adoptée par les parties costn tantes pour la perception des droits de douai sert également de base à la fabrication l monnaies et ne comporte que des divlsionsi cimales. Entre les deux métaux précieux, e' Targent qui a été préféré; lui seul est appel remplir le rôle de monnaie légale.
Il existait dans les États qui avaient pris p aux négociations trois unités monétaires. Tr monnaies d*argcnt ont été maintenues pour trois zones, et voici comment a été fixé le r port de chacun avec la nouvelle unité dépôt Le demi-kilogramme d'argent Un donne:
En Prusse et dans les autres États du nt» 30 thalers;
En Autriche, 45 florins;
En Bavière et dans les États du midi. 52 florins. Sous ce nouveau régime, la valeur thaler et celle du florin des États mèridion;i restent exactement les mêmes; il n'y a changement que pour le florin autrichien i ne vaut plus que 2 fr. 50 c; ce qui en ren^ conversion plus facile avec les deux aut monnaies et en particulier avec le thaler.
Indépendamment des monnaies pariiculiê à chacune des trois zones , il a été créé i monnaie commune, une monnaie d*associat ayant cours dans le territoire de chaque È1 tout aussi bien que la monnaie du pay?. 11 deux pièces: la pièce double valant 1 thaler 1 Vî florins d'Autriche, ou 1 V4 florins du mi soit 3 fr. 75 c; la pièce double valant 2 t 1ers ou 3 florins d'Autriche, ou 3«.^ florins midi, soit 7 fr. 50 c.
Le second élément dn nouveau svslème la monnaie d'or. Les pièces d'or sont de «k
9,131 milles carré* et 32,7Sl,31t habiUnts: iUi* 1861 , Si,670,2n habitants.
La Tbnringe (on la Confédération tbnrlsr^rt^ «e compoiie de divers territoires de Pnute, df Bh électorale et de Bavière , des ducbés de Sut' ' (IcDz Schwarsbourg et des deux Rensi. X- S-
ZOLL^
DIHCm.
— 200 ET ZUBICH.
naturels, tels que les céréales et les bois de constniction, mais sur les objets manulkcturès, tissus de laine, de soie, de coton, toiles de lin et quincaillerie. Parmi ses importations on remarque des accroissements plus ou moins sensttHes sur les objets de consommation exotiques, tels qne tbé et café; ce qui est communément réputé un sûr indice de la prospérité générale. 11 en est de même pour Timportation des matières utiles aux fabriques. Mais quant aux articles manufacturés, c'est l'amoindrissement de Fimportation qui est le fait saillant Dans la vitalité toujours subsistante des grandes foires allemandes on remarque que Tindustrie allemande écarte peu à peu ses rivales d'Angleterre, de France et de Suisse. Enfin, dans ses expositions , dont la première eut lieu en 1844 à Berlin et la seconde en 1854 à Munich , dans les expositions universelles de Londres et de Paris, en 1851 et en 1855, cette industrie a fait ses preuves. À défaut de Toriginalité et de rinvention on s'est accordé à lui reconnaître un mérite solide dans la sphère moyenne qui lui appartient
Parmi les plus importants résultats matériels du ZoUverein, on doit mentionner l'impulsion donnée à la construction des chemins de fer. Par son vaste réseau l'Allemagne s'est trouvée placée en tète de toutes les nations du continent.
Les résultats moraux ne sont pas moins remarquables. Qui peut douter que les maux qu'il n'a pu conjurer outre Rhin n'eussent été beaucoup plus graves sans la solidarité qu'il avait établie entre les intérêts matériels 7 Debout au milieu des ruines de l'anarchie, il a été quelque temps le seul lien véritable des populations allemandes. Depuis lors, c'est sons ses auspices que se propagent, dans l'Europe centrale, les institutions communes en matière de commerce et de communication. Il continue d'exercer l'influence morale attachée au libre et fécond développement du travail; et il reste toujours comme la base positive de l'édifice qui élèvera l'Allemagne de l'avenir.
Quel sera l'avenir de cette grande associa-
tion T A re^irttioii de la prësente pa oontinuera-t-elle oomme elle est? Oa ^ Tera-t-dle des remaniements, soit dm territf^» soit dans aa législatioor Setns men-l-elleeii mie «aaociation aostro-ilen on se rapprochen-t-elle simplement de I triche? Je pose ces questions sans les résoi en présence da tenne prochain dn 30 dé bre 1865 qni, Ibrcément, les résoudra
Je suis d*aatant moins disposé à k te qne ces questions sont ai^oord'hoi Ibit pilqnëes par une grande crise. Cette en née de la conclusion, en elle-même si in sive, des traités de commerce et de tav^ entre la Prusse et la France (2 août 186! se sont trouvés ôtre un nouTeaabrando&<! corde entre les deux grandes paissanca mandes , qui ont provoqué Foppositkm ï vive tant dans le nord qne dans le midi, < le gouvernement directeur du Zollvere fait proférer, au milieu des inquiétudes le vives, de sinistres menaces de dissoloti
Hekei Biche
Au moment de mettre sous presse (s^t 1864) les négociations entre la Prusse t triche n'ont pas encore abouti Le nœai difficulté est formé par l'article 31 du franco-prussien , qui accorde à la Fran< avantages que le ZoUverein pourrait coz en faveur dé quelque autre puissance. I ticle parait donc empêcher la conclusion union plus étroite avec l'Autriche, puisq concessions qu'on lui ferait devraient i dre aussi à la France.
En attendant, la Prusse a dénoncé k en vigueur avec les États du Zollvere traité expire à la fin de 18G5 , et elle a en temps ouvert des négociations avec le allemands sur la base du traite de 18f>2 France. Un grand nombre de ces États oi signé la nouvelle convention, et malgré Acuités actuelles , nous espérons que viôre et le Wurtemberg ne tarderont p rallier à la nouvelle union. 1
ZU6 et ZURICH. Vop. Suisse.