INSTITUTIONS POLITIQUES
ans surtout, il a fait d'immenses progrès, d'Immenses conquêtes. Il y a un siècle , il n'y ayait que FÂngleterre qui eût des institutions libres fondées sur un système de garanties; aujourd'hui, l'Europe presque tout entière marche d'un pas plus ou moins résolu, plus ou moins incertain vers la réalisation de ce régime. En vingt ans, l'Italie, la Prusse et l'Autriche ellemême sont entrées dans cette voie. Ce n^est point cependant que les institutions libres soient une invention toute moderne. Évidenunent, la liberté n'a point attendu notre siècle pour faire sentir ses bienfaits aux hommes, et pour passionner leur âme. L'histoire des institutions humaines n'est, à vrai dire , que l'histoire des générations successives travaillant à conquérir une organisation mieux combinée, mieux appropriée à leurs besoins et à leurs aspirations, plus conforme à la Justice. «La vérité, la justice, le droit ont aussi de vieux titres à faire valoir, dit M. Guizot dans son Histoire des origines du gouvernement représentatif. Prenez l'un après l'autre, tous les besoins moraux, tous les intérêts légitimes de notre société; dressez-en le catalogue et parcourez ensuite notre histoire : vous les trouverez constamment réclamés et défendus. Toutes les époques vous apporteront d'innombrables preuves des combats livrés, des victoires remportées, des concessions obtenues dans cette cause sainte.... Il n'est pas une vérité , pas un droit qui n'ait à puiser dans toutes les périodes de l'histoire des monuments qui le consacrent, des faits qui parlent en sa feveur... »
Par ses origines, par toutes les luttes soutenues de siècle en siècle pour arriver à une extension de droits, le gouvernement représentatif remonte donc hant dans l'histoire. Montesquieu le faisait naître dans les forêts de la Germanie, au milieu des mœurs libres et fortes des Barbares. Si cette conjecture est un peu hypothétique, il est du moins vrai de dire, en un certain sens, que la liberté est ancienne. Dans les annales de tous les peuples, on retrouve des tentatives plus ou moins vigoureuses, plus ou moins couronnées de succès, mais à peu près permanentes , et tendant à conquérir des franchises, à les garantir par des institutions légales.
Ce n'était point, sans doute, en vertu d'une théorie qu'on agissait, comme le remarque M. Guizot; on ne se rendait compte ni des principes, ni de la nature du gouvernement représentatif. Rien de moins systématique que cette lente et confuse élaboration des sociétés européennes. On marchait dans cette voje sans le savoir, par une sorte d'instinct, parce que là était la satisfaction des besoins et des vœux de la société. C'était là cependant la tendance évidente de la civilisation, et d'autant plus énergique qu'elle n'avait rien de calculé, qu'elle était un fait tout spontané. Le parlement d'Angleterre, les certes d'Espagne, les états généraux de France, qu'étaienl-ils autre chose que des formes diverses du gouvernement représentatif, réalisant dans la mesure propre à chaque génie national l'idée de la participation du ptys à ses propres affaires, plaçant certains
droits chèrement acquis souvent soi vegarde d'institutions inviolables? Ci blées et d'autres dans différents pa; la mise en action du principe de la dé en commun qui est l'âme même du ( ment représentatif.
C'est dans ce sens, on peut le dii mouvement des sociétés européennes plit jusqu'à une certaine heure de l'his moment donné, au seizième siècle, u scission morale s'opère; une crise pol cisive éclate partout L'Angleterre se suit sa carrière, non sans commotioi épreuves , mais sans dévier d'une faço et défhiitive, en s'affermissant, au dans son attachement pour les instil bres. Dans les autres pays du continer mes représentatives disparaissent; des assemblées tombent en dësuëtudi gne de liberté s'efface dans les lois coi les mœurs. L'absolutisme seul reste i absorbe tout pendant près de deux sié qu'à ce que de l'excès de la corniptioi par un despotisme qui s'avUit lui-mêi une révolution plus grande, plus gén toutes les précédentes, où l'idée du § ment représentatif reparaît comme la mais nécessaire d'une société transfo
C'est donc la révolution française < cette ère de renaissance pour les prii liberté politique et de régime repr&ei révolutions d'Angleterre avaient eu i tère plus local, plus national; leurs s'étaient point étendus au delà de 1 anglaise. La révolution française a ei le caractère d'un événement généra), e A dater de ce moment, toutes les idées nent vers la liberté. Les résistance qu'on oppose ne font que hâter les pn peuples vers des régimes nouveaux. Le qui agitent le continent ne font que les idées. L'absolutisme peut se défei naître là où il a été vaincu une fois, lu tre le mouvement des choses; il n' qu'une vétusté; il est désormais vis impuissant à gouverner les sociétés qu le besoin d'institutions plus larges, d ties, et c'est ainsi qu'en un demi-siècl cipe de la liberté politique a gagné t contrées européennes, l'Espagne, le] l'Italie, la Prusse, l'Autriche, le Dane Suède, comme la France.
Ainsi se poursuit le mouvement de mation qui, à un certain point de vue que renouer la chaîne des efforts tent fois par les peuples pour conquérir d tutions protectrices, mais qui, sous rapports, a un caractère essentielleme tièrement nouveau. La liberté est a disais-je ; les formes représentatives ont d'une fois essayées ou entrevues co idéal. 11 ne faut point s'y méprendn dant: entre la liberté, les institution scntatives, telles qu'on les concevait a et ce qui porte ce nom aujourd'hui, il notable différence. La société tout € marché. La conception même de la iil: