INSTITUTIONS POLITIQUES. ^ INSTRUCTION PRIMAIRE
derame pins générale, plas philosophique; nd^tteU représentation s*est étendue; elle s'est compliquée d'ailleurs de Tidée d* égalité. H institutions» à Tabri desquelles les sociétés iq)îreot à se placer, ont à tenir compte d'une maltitude d'éléments et d'intérêts qui existaient i peine dans le passé ou qu'on comprenait autremenL
Autrefois , la délibération en commun ne dépassait pas le plus souvent la faculté de mnoDtrance. Le droit de Toter les subsides , si lôîD qu'il fût poussé, n^impliquait pas absolu- BKDt l'examen de toutes les alTaires du pays et une participation efficace à la direction politique. Les libertés s'acquéraient la plupart du temps à titre de priTîIéges accordés à une Yille, i me municipalité, à une classe, à une corpon0oo. n y avait une foule de droits locaux ou spéciaux, une multitude de libertés de fait, ans qu'il y eût un ensemble politique organisant Téritablement la représentation, découlant f un droit supérieur inhérent au pays. Aujourfboî, les conditions d*un gouvernement libre K sont étendues et précisées à la fois , et les ÎDstitotions représentatives ont pris un caractère nîsîssable, de même qu'elles impliquent des nécessités qu'on peut considérer comme essentielles, comme déflnitives.
D devient désormais fecile de se rendre CH^Ie èes vraies conditions du gouvernement Rpiifentatif. Ainsi, il est bien évident que la prnmère de ces conditions est le droit de tous ké ritoyens, sans distinction de classes, à participer a la formation des assemblées. Il est bien diirque ponr ces assemblées, une fois librenent élues, le premier des droits est celui de nrter l'impôt , de régler les dépenses publiftm. Cne des conditions les plus essentielles <> ce système politique, c'est aussi la responiibilité'dans le pouvoir, et ici on a à choisir entre la responsabilité directe du chef de TÉtat tt la responsabilité de ses agents, de ses conseiliers, des ministres. La première serait un risque permanent de révolution, si on était tenté de l'appliquer, outre qu'elle reconstitue, sous une antre forme , l'absolutisme personnel te souverain; la seconde est évidemment la plus rationnelle , la moins périlleuse et la plus tÊetÛJe. 11 y a la vérité du gouvernement rcpre^ntatif là où les citoyens sont garantis contre tout arbitraire et équitablcmenf protégés •ians leurs intérêts, dans leur conscience, dans leur travail, là où la loi. librement discutée et votie par les ai:scniblées , est respectée par le 1^ •avoir exécutif qui n'a d'autre mission que d in maintenir l'autorité, et interprétée dans j^ applications pratiques par des tribunaux iC'Sépt-ndants. Kt un des compléments néccsuires de ce régime, qui n'est que l'organisat'itï légale de tous les droits, c'est manifeste- Kicnt la liberté de la presse , sans laquelle toutes V-i antres libertés périclitent. Sans doute on peut iToir une apparence de tout cela et n'avoir pas «D'-ore la vérité du gouvernement représentabf. Cela s'est vu dans le monde. L'électoral peut être tout à la fois Irés-étendu et trés-subord DDL La presse peut paraître libre et être en
déflnitivc soumise à l'omnipotence administrative. Les assemblées peuvent déUbérerpubliquement et n'avoir qu'une influence douteuse ou inefficace par la façon dont elle s'exerce; elles peuvent avoir le droit de voter l'impOt et n'avoir pas cependant la faculté d'exercer un contrôle complet ou n'avoir cette faculté que dans des conditions qui la rendent difficile, sinon impossible à exercer. Cela veut dire que les organismes extérieurs ne suffisent pas, que la loi elle-même est insuffisante, et que la première de toutes les garanties est dans les mœurs. 11 y a des peuples libres avec des lois défectueuses ou même arbitraires et des mœurs viriles, indépendantes; il peut y avoir, au contraire , des peuples sans liberté avec des lois relativement bonnes et des mœurs faibles , amollies par Thabitude de la sénilité. En un mot, on n'aura rien fait, réunit-on toutes les conditions extérieures du gouvernement représentatif, si avant tout on ne lui donne la forte assise d'une vie morale, énergique, active et sévère, qui est tout a la fois le frein des despotismes et de l'anarchie. C'est par là que se forment et que durent les institutions libres.
Gh. de Mazade.
INSTRUCTION PRIMAIRE. Faut -il, en commençant cet article , parler de l'utilité et des bienfaits de l'instruction primaire ? Au siècle où nous sommes , aurait-elle encore des adversaires à vaincre ou des incrédules à convertir? Son empire s'étend sans résistances apparentes sur le monde civilisé : florissante en Allemagne , en Suisse , dans les pays Scandinaves , aux États - Unis d'Amérique et en général partout où la Réforme du seizième siècle, afTranchissant l'esprit humain, a forcé le peuple à lire en lui donnant la Bible , encouragée en France et en Angleterre par des efforts louables, mais encore insuffisants, elle n'est délaissée ou combattue que chez les nations arriérées ou opprimées. Les planteurs du sud des États- Unis , afln de mieux asservir leur bétail humain, avaient promulgué pour leurs esclaves la loi impie de Visrnora7ice obligatoire. Les conditions dans lesquelles renseignement primaire doit être donné sont l'objet de vives controverses , mais les opinions les plus divergentes s'accordent pour reconnaître que l'éducation est aussi nécessaire à l'âme que la nourriture au corps; toutefois, pour exciter les indilTérents et réchauflcr les tièdes, il n'est pas inutile de rappeler que, le but proposé à l'homme ici -bas étant la réalisation d'un certain idéal par le triomphe de la volonté libre sur l'instinct , tout ce qui tend à développer la conscience en éclairant l'esprit , à faire naître ou à fortifler le sentiment de la responsabilité, à reculer les limites dans lesquelles se meut la liberté morale, a droit à nos ardentes sympathies. Or, quoi de plus efficace à cet égard que l'école primaire? Qui peut, comme elle, ouvrir les sillons où germera plus tard la bonne semence? Nous n'insisterons pas sur la nécessité de répandre l'instruction pour développer la production de la richesse générale, car cette