‹ Dictionnaire général de la politique (volume 2)Chapitre 5 sur 260 · HÉRALDIQUE. — HÉRÉDITÉ · texte numérisé non relu

HÉRALDIQUE. — HÉRÉDITÉ

de PUisinee, et pour cimier un globe té d'une eroix, a^ec cette deYise : Pur I f por Léon, nuevo mundo Halio Oh 1ÀXÀ, certes, de belles armoiries!

comprend que ces signes symboliques i Tèrttable valeur historique et politique.

Jules Pautbt.

LAUT D'ARMBS. Ghes les anciens le était nn officier public chargé de dédaguerre et de proclamer le nom du yainaux Jeux. Au moyen fige les hérauts ts araient des fonctions analogues; ils t des offi^ers de guerre et de cérémonies. i d'armes était le plus ancien des hé-

BlBITÉ. Ce n'est pas de Thérédité au [mrement politique, et particulièrement érédité royale, qu'il sera question dans tele. Kons en parlerons au mot Monarchie, (t question ici que de l'hérédité comme iticni sociale et dans la famUle.

trait de propriété que la loi reconnaît, proorganise , mais qu'elle ne crée pas, est avec ïS» un de ces faits à la fois sacrés et néres que la politique a pour tAche de faire ;ter et de développer, et auxquels il lui erdit de toucher arbitrairement. Une sodans laquelle la propriété est opprimée, èe, ne saurait arriTer qu'à l'état le plus iik de ciTilisation et de bien-être. Les lies en abondent, et parmi les preuves de i glorifient la propriété, on a pu soutenir aison que son affermissement et son exa sont la mesure même de la prospérité itiOQS modernes, depuis l'Orient, où elle »it que de très -insuffisantes garanties, aux pays les plus libres et les plus de l'Europe, qui protègent efficacement irité des biens et en assurent la durée, manence.

rexpérience atteste que la propriété ne Dbsister dans toute sa force, se développer »Dte sa liberté, produire tous ses bienfaits, mqu'elle est unie à la famille, et con- \ par rhérédité. Hérédité et famille sont its contemporains et solidaires, bien que d&tè ait tenu dans la société une place t n^a plus et qu'elle ne doit plus avoir. (hissant l'hérédité des professions et des MIS, la société doune satisfaction au droit, l'elfe favorise par là la liberté du travail ;alitë civile; elle se fait à elle-même un ■vident, en provoquant le développement ites les vocations et de toutes les facultés, dfissant, au contraire, l'hérédité des biens, orterait atteinte au droit du père de fada propriétaire, au droit de la famille consieomme un tout solidaire, et' se porterait •même nn immense préjudice. Sans l'hé- ; la propriété se réduit à un pur usufruit. vida dans un pareil état de choses peut ier encore, TÉtat seul est propriétaire. in cette propriété si imparfaite, ne serapas bornée dans sa fécondité par le déle prévoyance, l'apathie, les désordres de

l'individu sans lien et sans lendemain! Aussi cet état de choses est-il sans exemples, et faitil place généralement à un ftranc et complet conununisme, plus contraire encore aux droits de l'individu et aux besoins de la nature humaine, mais seul conforme aux lois de la logique. Il est aisé de voir que l'idée de l'hérédité, inséparable de la famille, est à la fois la condition de la tradition morale et de la perpétuité matérielle des nations. L*enfant reçoit de sa famille l'initiation à la vie intellectuêUe et morale, avant de la recevoir du grand milieu social. Les empreintes en sont d'autant plus durables qu'elles se forment par l'exemple et la persuasion , et que rien n'y parait contraint, artificiel et monotone comme serait une éducation venant de l'État seul, et se transmettant de génération en génération. C'est par ce canal, aux ramifications multiples, que coulent librement les croyances, les idées, les sentiments du pays et du temps. L'enfant, objet unique des préoccupations de tous les instants et des longues prévoyances d'un père et d'une mère qui s'appliquent à le former, y est pour ainsi dire trempé comme à une source vive, dés la première heure où il respire. Et qui la remplacerait, cette tendresse attentive, dans la direction d'une Jeune âme dont tous les mouvements sont épiés, surveillés, soutenus ou réprimés avec ce mélange de force et d'indulgence qu'inspire seul le plus profond intérêt porté à l'individu même qui en est l'objet exclusif? Que les écoles publiques complètent plus tard ce que cette première éducation laisse à désirer, rien de mieux, mais qu'elles ne la suppriment pas! A côté de cette perpétuité de sentiments et d'babitudes, qui produit dans la nation une unité vivante, seule conciliable avec une variété nécessaire, se place rhérédité matérielle. L'héritage seul consacre la propriété et lui donne toute sa vigueur. La propriété, nous l'avons vu, est le lien de la famille comme l'affection elle-même. Si les individus qui composent la famille n'ont rien en propre, ou, ce qui revient presqu'au même, ne peuvent se communiquer ce qu'ils ont, si le mari et la fenune ne mettent point en commun leurs calculs comme leurs cœurs, si le père ne peut rien laisser à ceux auxquels il transmet son nom et son âme même par l'éducation, quelle atteinte ne subiront pas des sentiments réduits à ne pouvoir se témoigner par aucun gage extérieur, condamnés à vivre pour ainsi dire de leur propre et unique substance? Il se peut que l'on croie ainsi relever l'homme en supposant à sa nature la plus pure spiritualité, et en prétendant défendre ses affections désintéressées contre tout alliage. Mais c'est ne pas voir que cet alliage en est le ciment même, c'est ne pas comprendre que chez des êtres qui sont en même temps âme et corps, les affections se témoignent et se maintiennent par des gages matériels. Ce n'est pas insulter la nature humaine ches les enfants que de croire que l'habitude de voir dans leur père l'actif auteur de leur bien-être présent et futur, ajoute à leur tendresse et à leur respect. Aussi la politique, bien loin de regarder l'héritage

Le eteaeelier Sfatt pmv èB wme b fraïute), (|m tient de laBuin droite le iecptre, et de la gancbe les sceaox da lujiiiii , et derrière Tèm de ses atmefl , devz Mimrf de Yermeâ e» sautoir. L>fr« de ses ar- ■es, eaTinmaé do manteau, est tûateé dTaae emntae dneale, sonuiée d'os monier e«a^ Mè d'or, rebrassé d'henûie et bordé de pertes.

Kèaes attributs pour le garde des sceaux.

Le marèelial de Fraaee porte poor attributs béraldiqiies, deux bétOM d* asnr, passés ea sastafr derrière 1 èea de ses araes; ees bàtoas, eavTerts de veloiirs bien, sont semés de feon de Is so«s les rois de France, détoAes sons LfMÉs-niilippe, d'abeilles sons Flapire.

L*anrirai a ponr attrfbnU béfaûqaes denz ancres d*or passées en sanloir derrière Tècn de

Le gmâ cbadMlan a deox elefi d'or passées en sautoir derrière Fècu de ses armes, et dont les aoneaox se terminent en couronnes.

Le grand-Teneur, denx cors de dusse placés de cbaqoe cdté de M» èco.

Les colliers des différents ordres de cberalerie sont Fini des principaux ornements extérieurs da blason; on en entoure rècn et Ton en (Ut pendre Tétoile en croix an-dessoos.

fkmê Temperenr Napoléon {•', on substitua 'A la confonne et au casqne nne toqoe de Teloan noir, retroussée de Tsir ou contre-Tair, d*bermine on contre-bermine , selon le titre plus on moins élevé du personnage, et surmonté de plumes blancbes en nombre déterminé et gradué. Les lambrequins furent constamment alors d'or on d'argent, contrairement aux prescriptions béraldiques qui reulent qu'ils soient de la couleur de Técn et des pièces ou figures.

Les comtes araient un franc-quartier à dextre, les barons un franc-quartier à senestre arec des attributs rariés, selon les fonctions. Les cberaliers portaient la croix de la Légion d'honneur sur une des pièces honorables du blason.

Les princes et les grands dignitaires araient à la toque sept plumes, et dans leurs armes un chef d'azur semé d'abeilles d'or; les ducs un chef de gueules semé d'étoiles d'argent, et à la toque six plumes; les comtes sénateurs, dnq , au franc-quartier d'azur à dextre au miroir d'or, en pal, un serpent d'argent qui se mire; les comtes érêques, cinq plumes, au ftranc-quartier à dextre d'azur, à la croix pattée d'or; les comtes militaires, cinq plumes au franc-quartier à dextre d'azur, à Tëpée haute en pal d'argent , monté d'or ; les barons militaires, trois plumes au franc -quartier à senestre de gueules , à l'épée haute en pal d'argent; les barons évoques, trois plumes au ftanc-quartier à senestre de gueules, à la croix alaisée d'or; les chevaliers, enûn, avaient la toque de velours noir, retroussée de sinople, surmontée d'une aigrette d'argent , pas de. gueules, chargé du signe de chevalier légionnaire. Pour les signes intérieurs, voy. notre Manuêi complet du blason,

les pbii belles armoiries sont celles de con-

e'eift-*-dtoe cefln qtk soit concédées par le prince poor des services roidus an pays.

3kKia afloos dfer eomme exemples les armoiries des Bsntnwrgncr, des Chateaubriand, de Jeanne dTlrc et de Christophe Colomb.

A la bataille de Bovnnes , Mattbien I« de Montmorency apporta à Phifippe-iognste seize drapeaux pas à Tennemi ; mais Mattbieu l*' povtait à peine se tenir debont; le roi s'écria, à soa aspect : « 0 brave homme. Je veux qu'à Tavenir voos rempladex votre croix d'aigent par nne croix de gnenles, en souvenir dn sang

ersé ponr moi, et qu'elle soit de sdse aJènons d'or ponr les qne nms m'apportes! »

GeoOroy T. banm de Chateaubriand, Fun des aienx de notre grand écrivain, accompagnant saint Loms à la terre sainte , se distingua dans plosienrs combats Le roi fut frappé dn courage de ce fmiri^mc des nenf haïrons, pairs de Bretagne , cpiaiiiés princes sur les monuments dn qniasième siècle; il vonhit le récompenser, et lui it changer les ^Munet de pin d'or de son écn qui en était semé en fleurs de lis d'or sans nombre sur son écn de gnenles avec cette ière devise : • Mon samç UitU It* bmnmiinâ de FlTBmee.»

Et cette Jeune fiDe in^irée, cette glorieuse libératrice du sol de la France, Jeamne d'Arc , qui expia son courage sur un bûcher, comment Charles YIl reconnut-il ses services? Ce fkit en lui concédant de magniUques armoiries. C'est à Meung-sur-Tère que le roi, en décembre 1429, accorda à Jeanne d'Arc et à toute sa famille, des lettres de noblesse, « Afin, dit le roi, de rendre gloire à la haute et divine sagesse des grâces nombreuses et éclatantes dont il lui a plu de nous combler par le célèbre ministère de notre chère et bien-aimée la pucelle Jeanne d'Arc, de Domremy, et que par le secours de la divine l^vidence , nous avons l'espérance de voir s'accroître encore. • — Par une fort naturelle exception pour Jeanne d'Arc , les lettres d'anoblissement, données par Charles VU, comprenaient les mâles et les femmes à perpétuité. Ces lettres donnaient le nom de Du Lys à Jeanne et à sa famille , et concédaient les armoiries suivantes : étazur à une épée couronnée d'argent en pal, la pointe en haut, la couronne passée et eomme supportée sur la pointe, croisée et pointée d'or, et edtopée de deuxjteurs de lis d'or.

Si nous quittons la France qui nous offrirait d'innombrables exemples de cette héraldique de l'histoire et que nous nous arrêtions en Espagne, nous y trouvons, entre autres armoiries de concession bien saisissantes par son symbolisme, celles de Christophe Colomb.

Revenu de son voyage de découverte, il fût comblé d'honneurs et le roi lui donna les armoiries suivantes : au l'^de Castille, au 2«,de Léon, au 3*, une mer d'azur, semée d'Iles d'argent , la moitié de la circonférence environnée de la terre ferme, des grains d'or répandus partout, les terres et les lies couvertes d'arbres toujours verts; au 4% d'azur à quatre ancres d'or et au-dessous les armes des anciens

HÉRÉ8IE.

fiooTeiiir. Chaque siècle eut les siennes, et c'est à peine si Ton peut signaler on moment, à repoqne de profondes ténèbres qui suivit la dfstmction de Tempirc de Gharlenûgne, où les Uitoriens a*en signalent aucune; en fait, dès (pe les hommes pensent, il arrive à quelquesan d'entre eux de s^ècarter des idées reçues, d. cooune ils s'attachent à leurs opinions avec autant plus de force qu'eUes sont nées de kvs propres réflexions, leurs croyances derieiment aisément des hérésies. La liste des kiésies est d'autant plus longue que les dogues ayant constamment varié, s'étant constamment développés, telle croyance qui au débat n^avait pas été condamnée, est devenue par ta suite une hérésie, et c'est ainsi qu'un Oiigéoe, regardé à bon droit par ses contemponms conune une des lumières de l'Église, a été plus tard condamné comme hérétique. Cependant cette infinie variété est moins réeUe ao fond qu'en apparence, et Ton peut ramener à quelques types principaux toutes les hérésies diverses. >'ous citerons comme exemple Variaatme, sous le nom duquel on peut comprendre tontes les doctrines qui, aux divers Ages de l'Église, ont conçu d*une manière moins atoolue que le dogme orthodoxe la divinité du Sauveur, et le pélagianûme, dont la tendance qii s'est très -fréquemment reproduite, est d'aibiblir la noti(mdu péché.

Depuis Constantin jusqu'à la Réformation, liglise et rÉtat, la politique et la religion, ont ete constamment mélangés au sein de la société chrétienne, et il n'est pas toujours aisé de démêler la part d'influence qui, dans les évéoements de ces siècles agités, revient aux idées religieuses. Il est cependant incontestable q«e certaines hérésies ont eu des conséquences poiitiqaes importantes. Ainsi la question de savoir si le Saint-Esprit procède du Père et du Fîte on seulement du Père a été pour quelque cbo^e dans le schisme qui a séparé rÉgÛse grecque de rÉglise latine. Les Grecs mainteaaient une sorte d'inégalité entre les deux pre- Bièft.*s personnes de la Trinité, en feisant procéder le Saint-Esprit du Père seul. Les Latins, jaloux de compléter le dogme Irinitaire, soutelaient que le Saint-Esprit procède du Fils romme du Père, et ajoutaient au symbole ces oioCs : Fiiioque ; leur opinion fut condamnée comme hérétique par Photius, patriarche de Constantinople, et la rupture des deux Églises, I bquelle, il est vrai, bien d'autres causes ooDcoomrent , resta définitive.

Déjà avant cette époque les hérésies ariennes, •Wit ces disnissions ftirent en Orient le dernier -.'dio, avaient exercé en divers pays une inihience remarquable. Non -seulement l'ariaaisme, avant de subir une défaite dernière, avait eu ses jours de victoire, de telle façon (fOeson histoire est mêlée à toutes les révolutifOi» et les intrigues du Bas-Empire jusqu'à TbH>dose; mais ce fut sous la forme arienne ^ct presque tous les peuples germaniques, QollefCtivement désignés sous le nom de Barbues, reçurent le christianisme en même qa'ils détroisaleDt l'en^ire d'Occident

Il fallut à la cour de Rome, au clergé catholique, de longs efforts pour chasser l'hérésie des camps de ces rudes guerriers. Pour y réussir, tout fut mis en œuvre, et c'est à une circonstance de ce genre que la monarchie française doit en quelque façon son origine. Les Francs étaient encore païens lorsque, après beaucoup d'autres, ils passèrent le Rhin. Les Burgondes. les Visigotbs qui les avaient précédés et conunençaient à fonder en Gaule des établissements fixes, professaient l'arianisme. Glovis, en demandant le baptême, eut l'habileté de se faire catholique; dès lors tout l'appui du clergé gaulois , qui déjà Tavait vu d'un bon œil avant sa conversion, l'appui même de Rome lui fut acquis et facilita beaucoup ses conquêtes.

En Orient, diverses hérésies ont amené des résultats non moins considérables; elles ont eu parfois pour effet de conserverie christianisme qui menaçait de disparaître ou même de le propager dans des contrées où il était Inconnu. Au cinquième siècle , l'école d'Antioche vit naître l'hérésie nestorienne qui consistait à distinguer en Christ, plus complètement que ne le faisait le dogme orthodoxe, la nature divine et la nature humaine. Persécutés, chassés de l'empire, les nestoriens se réfugièrent en Perse, où les persécutions mêmes qu'ils venaient de supporter de la part des Grecs, leur valurent un accueil que d'autres chrétiens n'auraient pas reçu et qui leur permit de s'y maintenir jusqu'à nos jours, et même de porter la foi chrétienne jusque dans l'Inde, où leurs disciples se retrouvent encore, peut-être jusqu'en Chine. Il en est de même des Maronites. Ce petit peuple doit son origine à des hérétiques du sixième siècle qui soutenaient qu'il n'y a en Christ qu'une seule volonté, d'où leur nom de tnonothëlites ; rejetés de la communion chrétienne, ils se réfugièrent dans la montagne du Liban, où ils se sont maintenus depuis. En Europe on a vu de même les hérétiques de Lyon, les sectateurs de Valdo, chercher un refuge contre la persécution dans quelques vallées inabordables des Alpes, s'y défendre à mainte reprise contre des armées redoutables et y constituer, sous le nom de Vaudois du Piémont, un peuple à part, le seul qui, au delà des Alpes, ait le français pour langue maternelle. Enfin ce n'est pas ici le lieu de nous étendre sur l'inunense influence exercée, en politique, comme dans toutes les sphères de l'activité humaine, par cette réforme du seizième siècle qui n'est cependant, aux yeux du catholicisme, qu'une hérésie ou une collection d'hérésies. (Voy. Réformation.)

L'Europe est-elle encore appelée à voir éclater quelque jour un de ces grands mouvements religieux que nos ancêtres ont vus s'accomplir? Nous ne savons, mais la société moderne tend à séparer de plus en plus le spirituel du temporel, la religion des affaires de ce monde, et par suite il est douteux que les hérésies de Tavenir entraînent des conséquences politiques aussi directes et aussi graves que celles du passé. Etienne Coqusbel,

HEfilONE. — H£8S£ ÉLECTORALE.

HERMINE. L'hermine est une riche et belle fourrure, dont les rois et les grands faisaient doubler les manteaux qu*ils portaient dans les jours d'apparat. C'est encore une marque distinctive, notamment dans la magistrature et le barreau. Deux ordres de cheyalerie ont porté le nom d'ordre de l'Hermine. Ferdinand V, duc de Bretagne, créa le premier en 1365, et Ferdinand, roi de Naples, institua le second en

HESSE ÉLECTORALE. (Aussi éUctorat de Hesse, d'après le titre de son prince; en Allemagne aussi Hesse-Cassel, d'après sa capitale.) Membre de la Confédération germanique, cet État a une superflcfe de 174 miUes carrés géographiques ou de 9,535 kilomètres carrés avec une population qui s'est élevée en 186! à 738,454 habitants, et dont la grande majorité est protestante.

La longue lutte constitutionnelle que la Hesse a soutenue contre son prince et dont elle vient de sortir victorieuse lui a valu une gloire impérissable. Ce brave et courageux peuple a montré que sans révolution, sans violence, sans sortir de la légalité, en se cramponnant au contraire aux lois, en demandant son droit avec persévérance, on force l'opinion même hostfle d'abord a se déclarer à la fin pour vous. C'est pour la Constitution de 1831 amendée par plusieurs lois de 1848 et de 1849 (loi électorale de 1849), qu'on a souffert l'invasion {VexéctUion fédérale), mangé le pain de l'exil et de la prison; c'est pour ne pas violer la loi que les fonctionnaires ont offert leur démission, que les officiers ont rendu leur épéel Rares exemples d'un patriotisme éclairé et prêt à tous les sacrifices : les noms de ces héros civiques devraient être gravés sur un arc de triomphe bien plus élevé que le plus célèbre monument érigé à la gloire militaire I

Notre cadre ne nous permet pas de passer en revue l'histoire de la Hesse de 1831 à 1863, de raconter les ruses, les rigueurs, les illégalités commises par le ministre Hassenpflug en s'appuyant sur la force armée des autres États allemands. Bornons-nous à dire que la même diète de Francfort qui a envoyé des troupes autrichiennes et bavaroises pour forcer le peuple hessois à se soumettre à l'électeur et à Hassenpflug, cette même diète dut décider que la Hesse était dans son droit en demandant la Constitution de 1831!*

Cette fameuse Constitution, considérée au point de vue de la théorie constitutionnelle, laissait cependant à désirer, mais elle avait été le résultat d'une entente entre le prince et la nation; elle était la loi, librement et joyeusement votée. Elle déclare, dans son titre premier, l'indivisibilité du pays, règle le droit de succession dans la ligne masculine des descendants du landgrave Maurice (seizième siècle), dispose que chaque Électeur, en montant sur le trône, jurera fidélité à la Constitution, et

l, Voff, Pfeifer : Der Kampf in Kurhtêêtn ( Mann- ^Hri^ijlMO); Wipperman : Dit Situation Kurhu9m$ Itlttlbcrff , 1890) et beaoooop d'autres.

indiquera le mode d'organisation de la ré* gence.

Le titre H déclare que l'Électeur réunit tous les pouvoirs gouvernementaux, dispose qu^ le siège du gouvernement ne saurait être placé hors du pays (disposition violée plus tard) et règle ce qui concerne les apanages.

Le titre HI renferme des dispositions trèsvariées, dont voici les principales: Tout habitant doit obéissance aux lois et a droit à leur protection ; à l'âge de dix-huit ans tout citoyen prête le serment civique de fidélité à l'Électeur, à la Constitution et aux lois; tous les habitants sont égaux devant la loi; chacun peut faire ses études où il veut (même en se préparant pour les services publics) et choisir librement sa profession; il n'y a plus de privilège de naissance; le culte ne peut motiver aucune différence de droits entre les citoyens; l'expropriation aura lieu contre indemnité; les refus ou décisions négatives de l'administration devront être motivés; le droit de pétition est reconnu; la liberté de la parole , de la presse et de la librairie, le secret des lettres, la droit d'émigration, etc., sont garantis.

Le titre IV fixe les principes (non encore appliqués) de l'organisation municipale et garantit notamment l'inviolabilité de la propriété communale. Le titre V assure les droits des seigneurs autrefois souverains {Siandesherrn, princes médiatisés). Le titre VI règle la législation relative aux fonctionnaires (Slaatsdiener, serviteurs de l'État) : personne ne peut être fonctionnaire sans avoir passé les examens prescrits, ni être destitué sans jugement, ni changé sans avancement ou indenmité; il a droit à une pension de retraite. 11 est responsable de ses actes.

Le titre VU, enfin, déclare qu'il n*y aura qu'une Chambre composée des représentants des états: noblesse, villes (16 députés) et campagnes (16 députés) et un représentant de l'université de Marbourg. (Bien que la noblesse formât la minorité dans la Chambre, cette composition laissait à désirer.) Les élections doivent se faire, dans les villes à deux degrés, dans les campagnes â trois, savoir: 1« représentants des communes élus par les électeurs primaires. 2* électeurs secondaires élus par les représentants, 3« députés élus par les électeurs secondaires. Le député doit être âgé de trente ans , il est élu pour trois ans; il est inviolable pendant la durée de la session ; le mandat impératif est prohibé; les députés reçoivent une indemnité. Les séances sont publiques.

Lesattiibutions desétatss'étendentsur toutes les matières qui doivent être réglées par une loi, et notamment sur les finances. Les droits d'initiative et d'intcrpeUation, ainsi que ceux de recevoir des pétitions et de les recommander, de mettre en jugement les ministres (devant la cour de cassation), sont reconnus explicitement. Dans l'intervalle des sessions les états sont représentés par un comité permanent.

Le titre VHl règle Torganisation de l'adioinistration centrale, le titre IX celle de la justice ; les droits des tribunaux sont universels

HES8E ÉLECTORALE.

tiln*f a pu de Juridiction exceptionneUe); c'est 1863, elles ont été fixées à 5,134,364 th.

ieux à se d^larer compétents, à donner la par an, ainsi réparties (thalers*) :

Iberté sons cautioii, etc.; les communes peu- Liste cmie 805,4S8

leat plaider sans autorisation. Ce titre limite Apanages. 66,900

affl le droit de grâce de FÉlecteur en ce qui fuïtlc^" * swmo

eoiceme les fonctionnaires condamnés pour intérieur! !.'!!'.!'.'. '. i,u9|4S6

ta de pouToir. Le titre X détermine les rap- Finances i,685,870

Mrts entre FÉglIse et l'État, de manière à as- ?"«"• m" \ *»^S'SS

r^ ^» . . •■ . t « 1 Affaires étranffèrea 54.990

ma me certame indépendance à la pre- Pensions, etc 8»o,770

■^ Total 6,184J)64

i« titre XI est relatif aux (Inances, nous y ^, . x • ^ /> ,a i

muoiions entre autres les dispositions sui- ^^^^ ^^^^^ ^^^\ pénode financière les re-

mtes : Les propriétés du prince sont séparées mettes ont été évaluées aux chiflfres suivants :

decdles de V&tat; aucun impôt ne peut être impôts directs 894,300

1ère sans Vassentiment des états; le gouverne- hnpôts indirects. . . . . *'*îî»ÎÎS

«ttlenraoumetlebudgetjsidescirœnstances St^fa^inr '" ^ "'" VT"", '. ! sîîilîS

estnordinaires empêchaient la réunion des Bans minérales 49.110

étals, on pourrait continuer la perception des S?'*** » ^^'^'^ et péchât 968,5jo

\. ^'^ ... • 1 11 Mines et salines 868.490

eoBtributions pendant six mois après lexpira- portes 43,600

tiM de rexercice; U n'y a plus d'exemption chemins de fer ....... . . . &i8,ooo

^flmp^ Produits des fonds de l'Eut. . . . 64S,0f0

Eo8n le titre XII indique que la ConsUtution ^*''*" — î??î^

pourra être modifiée, si les états sont una- Total des recette. 6,117,340

aimes, dans la même session, sinon, lorsqu'on La dette publique est évaluée à 9 millions de

obtiendra dans deux sessions consécutives Tad- thalers.

kèsion des trois quarts des membres présents. L'armée compte 7,900 hommes en temps de

n crée on tribunal des compromis (six Hessois paix, avec la réserve prés de 13,000 hommes.

connaissant les lois et âgés de trente ans), Le service militaire est obligatoire: tout jeune

dkargë an b^oin de prononcer sur les contes- soldat est d'abord pendant trois ans dans Tar-

tatîDiis qui peuvent s'élever entre le gouverne- mée active, puis pendant deux ans dans la ré-

■ent et les états. serve, enfin pendant cinq ans dans le deuxième

Pour compléter cet exposé, il faut mention- ban, qui équivaut à la landwehr ou à une se-

■er an moins deux des modifications inspirées conde réserve. Le deuxième ban compte 15,000

fu le monTement des années 1848 et 1849. à 16,000 hommes.

D'après Fnne, l'Électeur nomme, lors d'une Le pays est divisé au point de vue adminisficance i la cour suprême, sur une liste de tratif en quatre provinces et deux districts; trois personnes présentée par les états. Cette à la tête des districts se trouvent des commisloi, supprimée lors de la réaction, n'est pas sions, et à la tète des provinces des gouverencore rétablie, mais son rétablissement est nements, ou des comités gouvernementaux demandé avec insistance par les états. D'après (Regierung). Les provinces sont divisées en rautre, le tiers des membres des états se com- 19 arrondissements et on compte 1,373 compose de grands propriétaires, au lieu de nobles; munes, dont 63 villes. de pins rélection des députés des villes et des L'organisation communale ressemble beaucampagnes, qui resta séparée, doit être faite coup à celle de la Prusse (voy. ce mo()\ les par voie de suffrage direct, et Téligibilité n'est villes ont une assez grande autonomie, celle Momise à aucun cens; les seules conditions des communes rurales est moindre. Les bourgiont: trente ans d'âge et une réputation in- mestres sont élus à vie, les membres des contacte, seils municipaux, pour dix ans. Sont électeurs

Passons à l'administration. L'Électeur (Son tous les propriétaires, tous les chefs d'industries, Allesse Royale) jouit d'une liste civile de tous les rentiers, fonctionnaires ayant un re- 300,000 th., non compris le produit de quel- venu de 200 th. (750 fr.) et au-dessus, qoes domaines et du majorât, et sans compter Le culte protestant compte 460 paroisses sa fortune personnelle. U est assise dans l'ad- avec 532 pasteurs; le culte catholique (chef, ministration du pays par les ministères de la Vévêque de Fulda), 65 paroisses et 96 prêtres jastice,de rintérienr, des finances, des affaires séculiers; il y a en outre 6 couvents et 2 maiétrangères et de la maison de l'Électeur, et de la sons conventuelles.

Ces ministères ne sont pas toujours di- L'instruction primaire est donnée dans 1,300

par des ministres, mais par des fonction- écoles avec 1,400 maîtres , Tinstruction secon-

d'un rang un peu moindre qui sont daire dans 6 gymnases, 2 collèges communaux

ckeft de tel département ministériel, c'est une {proggmnasium) , dans 6 écoles des sciences

aflkire d'économie; ces chefs font néanmoins exactes et l'université de Marbourg confère

partie du conseil des ministres. l'instruction supérieure. Plusieurs écoles spé-

Le budget est voté pour trois ans. Malgré le ciales existent à côté de l'enseignement géné-

rèfpne anormal qui a régné dans le pays, ou rai. L'instruction primaire est obligatoire.

peut-être à cause de ce régime, les dépenses La Hesse électorale est un pays plutôt agricole ae sont accrues lentement; elles étaient de

4,653,930 th. en 1852, et pour la période 1861- i. Le thaier TMt s fr. 76 o«

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