‹ Dictionnaire général de la politique (volume 2)Chapitre 6 sur 260 · HESSE (GBAND-DUCHÉ DE). — HIÉRARCHIE · texte numérisé non relu

HESSE (GBAND-DUCHÉ DE). — HIÉRARCHIE

cernent est admis. Le contîDgeiit est formé par le linge au sort entre les Jeunes gens de vingt-un ans. La durée du service est de six ans dont deudans la réserve; en fait, le soldat ne reste qee dix-huit mois à deux ans et demi sous les drapeaux , il passe le reste dans ses foyers en onîgé illimité.

L'agriculture de ce petit pays est trés-avantèt Le solp dont la superficie est de 3,365,671 ■ngen (de 25 ares) se divise en 1,656,385 m. déterre arable, 446,525 m. de prés et pâtunfO, 38,693 m. de vignes, 1,059,628 m. de foitU; 00 voit qu^il ne reste qu'une faible partie do sol en dehors de la culture.

On compte prés de 40,000 chevaux, 295,000 bétei i oomes, 197,000 bétes à laine, 128,000 porcs, 59,000 chèvres.

la valeur des terres cultivées est de 226 milikM» de florins, celle des produits 45 millions, le capital circulant est de 38 \s millions, la valev des animaux prés de 26 millions.

Lmdustrie et le commerce sont importants, le Biiio et les chemins de fer le favorisent sous le rapport du commerce, le Zollverein est utile a riodustrie du grand -duché, qui comptait déi 1849 4,470 entreprises manufacturières et <B 1857 1 13 machines à vapeur.

Ce petit pays peut être considéré comme impére, et ses habitants sont comptés parmi kt populations les plus libérales de TAUemagne.

OSn-HOMBOURG (LANDGRAVIAT DE).

Felit pays situé en partie prés de Francfort-surle-Hehi et en partie sur la rive gauche du Rhin. Cet État doit se fondre dans le grand-duché de Hesse à la mort du landgrave actuel, le dernier phocequi porte ce titre autrefois fréquent. La superficie des deux parties réunies est de 5 milles carrés ou 274 kilomètres carrés, et la population de 26,8 1 7 habitants. Les recettes se sont élevées en 1862 à 539,0000., les dépenses à 518,000 fl. et la dette i 978,000 fl. (2 fr. 10 c).

ntRARCHIB. Ce mot veut dire, au sens étyanÀopqne, gouvernement sacré, gouvernement del Eglise : mais Tusage a singulièrement étendu h signification du mot. On entend aujourd'hui par hiérarchie une superposition, une subordiaation de personnes les unes aux autres , en vue d'an objet quelconque, qui est en général un «nice public. — En général , mais pas toujours. — Car la hiérarchie est le fait de tout le BQode et se rencontre en toute chose : la nat3re, la loi, les ateliers, les champs, les saints, ont leur hiérarchie. — Il y a une hiérarchie naturelle entre les forts et les faibles, entre les gens d'esprit et les gens bornés : c'est Bteie par là qu'Aristotc légitimait resclavagc, trouvant entre certains honunes la même différence qu'entre Tâme et le corps. — Il y a une hiérarchie sociale entre les pauvres et les riches, qui parait surtout dans Tœuvre économique, dans les relations du travail et du capital. — n y a une hiérarchie politique dans un pays, qujad certains ont le droit électoral, quand failles De roiit pas ou Font moindre. •— U y a

une hiérarchie légale entre les divers membres d'un corps accomplissant un service public; l'armée en est le type le plus exemplaire. — Il y a une hiérarchie mondaine pour grouper les hommes selon certains rapports de qualité , de fortune, de rang, d'éducation, et pour classer plus ou moins haut ces différents groupes. — Il y a une hiérarchie contractuelle dans le cas d'une association, où les uns sont gérants, surveillants, et les autres, simples actionnaires.

On voit que la hiérarchie s'applique aux administrations et gestions privées, industrielles, agricoles, conimerciales : c'est la logique de toute œuvre où s'emploient plusieurs personnes, c'est une appropriation des moyens à la fin : seulement ici les moyens sont les personnes, classées chacune suivant son degré d'aptitude. On réalise par là cette grande loi humaine ou plutôt universelle de la variété dans l'unité, la variété étant celle des fonctions adaptées aux mérites, Tunité étant celle d'impulsion et de commandement.

Hais où la hiérarchie importe le plus, c'est dans les pouvoirs et les services publics.

La hiérarchie n'a rien de commun avec la division du travail, encore qu'elle semble y confluer et s'y perdre, celle-ci étant fondée sur la diversité des aptitudes humaines, tandis que celle-là repose sur leur inégalité. Nous tenons ici le trait saillant et constitutif de la hiérarchie. Elle exprime l'inégalité qu'il y a parmi les hommes, taudis que le droit commun et l'unité de la loi expriment le grand fonds des similitudes humaines.

Le cas entre tous où l'inégalité des hommes est à considérer, c'est celui de la fonction et du pouvoir public. Que chacun ait le droit de se gouverner lui-même comme il l'entend, rien n'est plus juste : car chacun sait mieux que personne ses intérêts, ses goûts, ses aptitudes: là est la matière , le triomphe des droits individuels.... Mais que chacun ait un droit égal à gouverner les autres, cela est insoutenable: cette action sur autrui doit répondre à quelque supériorité sur autrui. Si le droit politique appartient à tous, il ne saurait du moins être le même pour tous.

La hiérarchie est l'organisation du principe d'autorité, aussi nécessaire que ce principe lui-même. La première tentative d'ordre, au moyen âge, fut la hiérarchie féodale. Â ce titre, la liberté politique (entendant parla, il est vrai, le gouvernement du pays par lui-même, ce qui est plutôt pouvoir que liberté) ne saurait se passer de hiérarchie : le droit électoral, le pouvoir politique même doit se proportionner à la capacité présumée des individus et des corps. Tel est le fait en Angleterre et dans tous les pays qui se gouvernent eux-mêmes : tel il fut longtemps parmi nous, à l'époque où nous avions le cens électoral et même le double vote. Il arrive quelquefois que la force des choses établit une véritable hiérarchie entre des corps, entre des pouvoirs politiques placés par la loi à côté les uns des autres. En tout pays anciennement et sohdement libre, le pouvoir électif prend le dessus et domine les autres pouvoirs :

mÉRÂBCHIE. — HI8T0IBE.

à prenre cette priorité de rote en matière de finances qui appartient généralement à ce poa- Toir.

Lldéal de la hiérarchie est de reconnaître et dMnstitner les inégalités naturelles : le commandement et Tobéissance étant demandés à qui de droit. Tordre est imperturbable. La subordination, dit le général Foy, réçnait dans notre armée, autant et peut-être plus que dafis aucune armée de VEurope, Cela tient à ce que tes inégalités de position y étaient en harmonie avec les inégalités naturelles.

Il suit de ce principe que la hiérarchie doit être mobile, c'est-à-dire non héréditaire: car il ne plaît pas toujours à la nature de transmettre aux fils la yaleur paternelle. Cette conséquence implique la réprobation des castes, et n'explique pas mal la domination exercée par riglise catholique, par cet ordre de célibataires qui ne pouvait être une caste, qui avait à se recruter et qui ramassait Tolontiers Sixte-Quint pour en faire un pape.

Au sujet de la hiérarchie, on peut se proposer certaines questions.

i* Y a-t-il lieu à hiérarchie dans la famille, entre aînés et cadets, entre ûls et filles? Non: parce que l'autorité des parents suffit à la famille, et surtout parce que cette autorité ne peut être transportée là où n'existent pas les instincts qui la tempèrent.

2* Y a-t-il hiérarchie entre les divers agents de la production, terre, capital, travail? Oui: le travail est subordonné aux autres, soit parce qu'il requiert une moindre somme d'intelligence , soit parce qu'il a des autres un besoin , non pas plus grand, mais plus pressant que les autres n'ont de lui : cette dernière remarque est d'Adam Smith. >

3" Faut-il considérer comme hiérarchie certains systèmes de récompense honorifique institués par le gouvernement? Non : parce que ces décorations s'adressent à l'œuvre, à la prouesse et non à la personne : elles n'emportent aucune subordination des personnes : elles n'ont rien de commun avec le grade et surtout avec l'emploi, avec le commandement qui se donnent par de tout autres considérations. C'est par cette raison que le premier acte de mérite est toujours récompensé par la croix de chevalier. Mais comme on ne saurait porter autant de croix qu'on a de fois mérité une récompense, on reçoit un grade supérieur.

Dopont-White.

HISTOIRE. L'histoire est la grande école de la politique , et il est impossible d'être un homme d'Etat si on ignore non-seulement les récits et les témoignages de Thistoire, mais encore l'histoire de l'histoire elle-même, et comment, avec le cours et le progrès des siècles , elle a commencé par n'être qu'un art et est devenue enfin une science, la plus philosophique, la plus élevée, la plus instructive de toutes.

1. De nos jonra on n'est plus sur ce point de l'opinion d'Adam Smith : le travail et le capital sont égaux devant la loi économique, et oelai-14 l'emporte qui ••t le pins demandé à un moment donné. M. B.

• Eistoria iero, disait Gicéron dans le Her oratore (liv. 11, ch. ne), testis temporum, lus veritatis, vita memoriœ, magisira vitœ»:

rhistoire est non-seulement le témoin des siècles, le juge des hommes et des peuples disparus, le charme de l'esprit vivant; c'est b nourrice et l'institutrice des générations qui entrent dans la carrière de l'action. A mesure que l'humanité s'achemine vers le but qui lof est marqué , l'histoire lui devient plus utUe. On ne sait pas si la poésie, sons la forme que noos lui connaissons, accompagnera jusque dans l'avenir le plus lointain la race humaine qui lof dut, qui lui doit encore tant d'heures de repos et de plaisir; mais il est sûr que l'histoire sera jusqu'au bout son guide et, quelques beaox modèles que l'antiquité ait légués à nqtre admiration, nous devons espérer qu'à aocone éqoque ne feront défaut les belles oeuvres historiques.

On peut même soutenir que l'antiquité n'a pas connu la véritable histoire, ou du moins n'a pas connu toutes les richesses, toutes les ressources, tous les enseignements de l'histoire, parce qu'il était encore trop tôt pour que les hommes pussent mesurer au passé l'avenir de leurs destins. Là, en effet, où non -seulement l'éternel caractère de l'homme n'est pas représenté , mais où manque le sentiment de la solidarité des générations et des siècles, la grande histoire existe-t-elle?

Les anciens étaient donc plutôt des artistes accomplis que des historiens. Hérodote raconte pour délasser l'esprit et charmer l'oreille; Thucydide mêle plus de pensée à son art, mais il ne touche qu'un épisode de la vie d'un peuple, et on en peut dire presque autant de Polybe. Ce ne sont que des matériaux que recueille César. Salluste se soucie peu des âges passés et moins encore de ceux qui viendront. Le champ s* élargit devant Tile-Live, mais il n'a point l'esprit philosophique et il ne voit que Rome duis l'univers. Tacite même, le grand Tacite, c'est le vengeur des mœurs et de la liberté outragée d'une époque, mais il n'écrit pas un livre où pépite l'àme de l'humanité.

Il fallait la grande révolution chrétienne pour que sur les ruines des religions et des empires antiques surgit la foi dans les destinées inconnues des peuples à naître. La philosophie de l'histoire, c'est le nom de cette raison ou de cette foi , nous ne la voyons animer des écrits que lorsque les saint Augustin et les Salvien prêchent en face des événements passagers la loi éternelle du Dieu créateur de la terre. En 410, Rome est enfin violée par les Barbares d'Alaric; Symmaque, en son deuil païen, s'écrie que c'est parce que Rome s'est faite chrétienne que Rome a succombé. Saint Augustin commence alors, pour le convaincre d'ignorance, son livre de la Cité de Dieu, qu'il achève en 426, et où, pour la première fois, l'histoire universelle est peinte tout entière en un même tableau, prosternée, il est vrai, aux pieds du Dieu de la Bible et de l'Évangile. C'est sous la même inspiration que Salvieu écrit son beau traité De gul^ematione Dei et Orose, son His-

Page 1