JANISSAIRES. — JANSÉNISTES ET MOLINISTES
créer une année disciplinée, qui envoya des togénieurs an si^e de Saint-Jean d*Acre, et qni arma ses soldats à Feuropéenne. Mais ce fut leur dernier crime. Mahmoud II, successeur de Sélûn, songea à se préseryer d*unefln semblable, et ne pouvant tenter ouvertement FaboUtion des Janissaires, il les flatta d'abord, se flt recevoir dans une orta (compagnie), et jura de les conserver. U les envoya contre les Grecs, et en 1826 découvrit lentement ses desseins. U avait résolu de créer une infanterie disciplinée, prise parmi eux. Il avait gagné les muftis, les ulémas, même des Janissaires; il augmentait leur solde et conservait leurs privilèges. Cette habileté aurait réussi, s*il n'avait voulu changer leur costume, et les foire instruire par des officiers égyptiens. A cette prétention, ils se révoltèrent. Plusieurs allèrent à TAtméidani (l'hippodrome de Constantin) et y portèrent leurs marmites, en signe de convocation. Tous ceux de Constantinople y vinrent, pillèrent le palais du grand vizir et demandèrent sa tète. Mahmoud déploya rétendard sacré, le cafetan vert du prophète. L'armée ordinaire le suivit contre les Janissaires. On en tua 3 à 4,000 dans la bataille ; on en massacra toute la nuit. Pendant deux mois et demi, une commission militaire en fit exécuter 3,000, en exila 26,000 en Asie. On défendit de leur donner asile.
Alors la pitié s'émut. On les recueillit, on les flt passer du côté d'Andrinople, et dans les forêts de Belgrade. Beaucoup retrouvèrent là leur patrie, leur famille, les choses oubliées.
La dissolution des Janissaires fut prononcée. On attribua à leur vengeance un incendie qui mina tout un quartier de Gonstantinople. U y eut 2,500 Janissaires exécutés, des bannis en foule. Les derviches bektachis furent supprimés en même temps.
Ce corps des Janissaires, instrument, terreur et victime du despotisme, conunença et flnit dans le sang, n était devenu tyrannlque à la tyrannie même. Gomme pour les institutions analogues, leurs excès devaient appeler une réaction, et ils n'évitèrent pas la catastrophe qui résultait de la nature même des choses.
Jacques de Boisjosun.
JANSÉNISTES ET MOLINISTES. La querelle, toute théologique d'ailleurs, des Jansénistes et des molinistes, a exercé une influence assez considérable sur la politique intérieure de Louis XIV pour que nous lui consacrions un court article. On sait que ce roi, qu'on qualifiait de Grand, dont le règne a été rendu tristement célèbre par les dragonnades, ne se borna pas à persécuter les réformés, mais exerça des violences même contre des catholiques, dont les opinions avaient eu le malheur de déplaire à ses courtisans. Un exposé rapide du sujet de la dispute suffira pour mettre le lecteur à même de Juger jusqu'où le despotisme peut s'égarer lorsqu'il prétend asservir Jusqu'aux consciences.
Voici les cinq propositions de Jansénius, qui sont réellement dans cet auteur: «U y a des ^^8 à qui Dieu commande des vertus qui leur
sont impossibles, faute de la gi siste Jamais à la grâce intérie pendant coupable de ne pas ag l'avait, parce qu'il suffit, pour é de consentir à ce qu'on fait; l'h pélagiens consistait a croire qv sister à la grâce; Jésus-Christ pour tous les honunes.» Gett< peut-être ni très-sensée, ni trè morale; mais elle a séduit Sain Quesnel, les Arnaud, Racine, fi( très encore, pléiade honnête < Tacite aurait nonmiée le parti de U l'a dit des stoïciens de Rome, ordre puissant, l'exagération d( mour d'une doctrine religieuse philosophique et la force des an ces grands esprits à croire à < semblent opposés à leurs sentii
Comment Louis XIV put-il doctrine aussi favorable au des que les Jésuites, qui ne prêcha gicide, et qui gouvernaient les fession, soutenaient le système
Molina n'est pas , conmie on un défenseur de la liberté mon tait pas que la grâce fût irrésist surait que Dieu devine nos rés< par sa science moyenne et qu'il retire sa grâce en conséquence fet du congruisme. Lui ou ses ( tèrent la grâce efficace, suffis prévenante, coopérante, etc., d pas exiger de nous une définll plus que des inventeurs eux-m
Ainsi la dispute n'avait pas to de celle des pélagiens et des p des arminiens et des gomarist les disciples de la grâce, don laient cette élection divine fo] logique, et les autres la conc peu qu'ils savaient du libre arl connaissance, beaucoup plus avaient de la casuistique.
La doctrine des molinistes pe ser pour une plaisanterie. Celle mis est désespérante et fait c principe de toute morale. Si la ve faveur de Dieu, le mal moral n grâce ^ et ce Dieu en est respo; sénistes concluaient de la do< originel, transmis à toutes les douloureuse succession , que D grâce à personne , mais qu'il la ques-uns par miséricorde et autres par justice. Saint Augus sostome, Luther et Calvin, av; peu près de môme ; ces grande peut-être pas manqué de logi( être ont-ils manqué d'observat connu la nature humaine. Les J général les partisans de la fataîi vent Forigine, soit dans la vol soit dans la force des choses , tr la liberté de toute la puissance aux mobiles de nos actions. Ui n'est pas seulement la victoire