‹ Dictionnaire général de la politique (volume 2)Chapitre 58 sur 260 · JUSTE MILIEU · texte numérisé non relu

JUSTE MILIEU

de se placer à distance dn despotisme et de la licence» a 6të contestée par des esprits opposés eux-mêmes à tous les extrêmes, il faut que ces mots de milieu , d'excès , d'extrémité n'aient pas un sens fixe et constant, et que ce soient, pour ainsi parler, des grandeurs Yariables. En deux mots, et sans craindre de citer des noms propres, M. Guizot,M. Thiers,ll. Odi- Ion Barrot, ne sont pas des esprits extrêmes, et cependant chacun d'eux, maître de poser à son gré le point d'appui du gouvernement, ne l'aurait pas mis à la même place, tous cependant auraient entendu occuper un milieu entre tous les excès.

C'est qu'en effet la modération tant de l'esprit que du caractère est une qualité essentiellement relative, et le milieu est un point dont la position ne peut être déterminée que par celle des extrémités dont il occupe le centre. Il varie dans une ligne, à mesure qu'elle se prolonge dans un sens ou dans un autre.

Cependant dés que les hommes ont commencé à réfléchir, ou seulement à observer, la nécessité d'éviter l'excès a été révélée à leur raison par l'expérience. Rien de trop est une maxime que la tradition attribue à celui des sept sages qui fut le législateur d'Athènes , et Selon en avait apparemment fait une règle pour la politique comme pour la morale. Un siècle après lui, on avait déjàdécouveri, selon Hérodote, la théorie du gouvernement mixte, c'està-dire qui ne réalise le pur type d'aucun gouvernement simple, et qui combine, dans une certaine proportion, la monarchie, l'aristocratie et la démocratie. Toutes ces idées sont de celles qu'on peut appeler moyennes et qui sont restées dans le monde en vieille réputation de sagesse. Ce sont de ces axiomata média dont Bacon fait dépendre les choses et les fortunes humaines. (Nov, Org., I, 104.)

Mais quelle que soit la valeur de ces maximes pratiques, il parait difficile de leur donner la forme et l'autorité d'un principe. On devrait croire qu'Aristote y a réussi, puisqu'il a le premier tenté d'établir en thèse ce qu'Horace exprime ainsi: Virtus est médium vitiorum. Ou connaît cette théorie fameuse par laquelle l'auteur de TÉlhique à Mcomaque veut que, puisque nos facultés dépérissent par excès ou par défaut, le bien soit entre les extrêmes, et par conséquent la vertu, le courage n'étant qu'un milieu entre la témérité et la lâcheté, la libéralité qu'un milieu entre la prodigalité et Tavarice. Biais quoiqu'il ait rattaché cette doctrine à une idée muthéniatique qui elle-même repose sur une idée de l'inllni et du fini, léguée par Pythagore à Platon , cette tentative de démonstration dialectique n'empêche pas qu'Aristote, lui-même, forcé de répondre à cette question : Où placer le milieu, qu'est-ce en soi que la vertu? est obligé d'en référer à la droite raison qui devient alors la règle suprême et le vcrilabJe principe. La doctrine d'Arislote se réduit ainsi à un conseil à peu prés suflisant pour l'action, à cette vérité d'expérience, que la sagesse est ennemie des excès. La politique ne donne point en cela de démenti à la morale.

L'histoire est remplie d^exemplei ^ vent à la fois combien cette mixime c et à combien de difficnltés elle est si l'on prend le Juste mlUea pour Tes définitive d'un principe. L*histoire c l'excessif dans les institutions, le po solu comme la liberté Ulimitèe; die pas plus le despotisme d*un seul que nie de tous. Dans la conduite des tSh réprouve également l'extrême riguei trême relâchement, Fandace qui rii et la circonspection que tout intimide

La difficulté commence lorsqu^on i pratiquement le point où s'applique cep le : Inter utrumque tene. Les faits i pas le pouvoir entre deux extrémités c entre lesquelles une ligne intermëdia être mathématiquement déterminée, modération d'une époque peut-elle < quefois la violence d'une autre : les loi par exemple, qui ne semblaient qoeju pères, nous paraîtraient barbarie. La i française qui a offert toutes les leç politique, a présenté dans son conrs lions successives dans lesquelles ce extrême devenait postérieurement n réciproquement. Les meiUeurs es pensé, comme Mirabeau , que TAssen stituante, en sortant de l'ancien rëgii dû s'arrêter en deçà de la Gonstitutioi Plus tard , lorsque celle-ci fat battue i à la fois par l'exagération du radicalis din et la violence subversive du J»

naissant, elle devint l'asile et le syi opinions modérées ; lorsqu'elle eut mêmes girondins élevèrent le drapi modération contre les jacobins, etc'i des premiers que durent se ranger de la justice et de l'humanité. Sunri suite des temps tellement déscs; Danton parut modéré auprès de Roi et Robespierre auprès d'Hébert et d reils. Puis en sens inverse , le Consu céder un régime de modération pc un despotisme tempéré aux excès de violence et de faiblesse du Dire l'Empire, outrant le Consulat, en jour en jour les mérites relatifs, et plus mémorable exemple des cala suivent la domination sans contrôle lonté toute-puissante. Ainsi celui 1789 et 1814 aurait voulu dans la vie garder constamment le milieu , aurai stammcnt obligé d'en changer la pli que tout se rapprochait, pour pari Tacite, de qitid vlfimum in libertatt in servitute. (Agric, II.)

Si l'on ne consulte que la prude chances de succès, on ne trouvera de restrictions à la doctrine du jus «Le principe d'Aristote, dit un hou anglais, ne saurait être d'une appli( vcrselle; car dans certains cas, le par peut être le meilleur. Entre Tinac petite guerre et un effort militaire c tion déploie toutes ses ressources, procédé peut être le plus sage. Si t

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