‹ Dictionnaire général de la politique (volume 2)Chapitre 7 sur 260 · HISTOIRE · texte numérisé non relu

HISTOIRE

iBirt Toilà donc enfla dirulguée la pensée qui nttacbe les actes des hoaunes les uns aux aului Lucrèce FaTait annoncée , il est Trai , mais tnpniMdement» dans le beau Ters :

K f w c«r9«rc« vite* lamfodm tradtniU,

iiattjen âge, tout est submeigé; il n'y a flMée lumière, plus de philosophie, plus d'hislit On a essaye de saisir dans les clartés de lileuiasance les premiers signes de la résuricdiOB de la grande histoire; on montre les rnU§mé/Êes où François Baudoin recommande anUitoriens d*étudier le droit qui est le lien te peuples; on cite de Jean fiodin la Méthode fmikftmr la connaissance de ^histoire, où il ml qu'on ajoute à Fétude des lois, celle des MMtltntioM et celle des mœurs; on rappelle que Imb, dans son insiauraiio magna scientiarm, a déclare qu'il n'y avait pas d'histoire fiiad rhistorien n arait pas étudié profondé- Kit les sciences et les lettres du peuple dont i nconte la Tie. Sans doute, ce sont là les Mifuesdu réveil de lapensée qui, au cinquième aède, saisit saint Augustin; mais où estl'œnneqni snccéde à la sienne? Elle parait lorsfue Bossaet publie son Discours sur Vhistoire mserseUe^ déroulant les annales des empires ée la création au temps de Charlemagne pour tftaler qne la parole de Dieu a été, dès la to- Griion d'Abraham, confiée à un peuple unique, H que c'est autonr des destins de ce peuple «que, de ce peuple ignoré des anciens, que feiont mns les destins de l'antiquité tout entière dceux du nouveau monde romain, barbare, puis romain encore, mais dont l'édifice sacré est la basilique de Saint-Pierre et non plus le GipUolel

tcoules la grande voix du dernier père de l'iglise:

■ tten s'est servi des Assyriens et des Babyloniens pour châtier ce peuple; des Perses, pour le rétablir; d'Alexandre et de ses premiers nrcesseurs, pour le protéger; d'Antiochus l'il- Iwtre et de ses successeurs, pour l'exercer; te Bomains, pour soutenir sa liberté contre les rois de Syrie qui ne songeaient qu'à le détruire. Les JuiCs ont duré Jusqu'à Jésus-Gbrist, tous la puissance des mêmes Bomains. Quand ii l'ont méconnu et crudflé, ces mêmes Bo- ■ains ont prêté leurs mains, sans y penser, à la vengeance divine, et ont exterminé ce peupie ingrat Dieu, qui avait résolu de rassembler dans le même temps le peuple nouveau, de fontes les nations, a premièrement réuni les terres et les mers sous ce même empire. Le tonmeree de tant de peuples divers, autrefm étrangers les uns aux autres, et depuis rëunîs sons la domination romaine, a été un des plus puissants moyens dont la Providence se ioit servie pour donner cours à l'Évangile. Si le même empire romain a persécuté pendant trois siècles ce peuple nouveau qui naissait de tous cotes dans son enceinte, cette persécutioo à confirmé l'Église chrétienne, et a fait èdater sa gloire avec sa foi et sa patience. Enii, rcnpire nmialn a cédé; et ayant trouvé qadqoe chose de plus invhieible q|ue lui, il a

reçu paisiblement daus son sein cette Église à laquelle il avait fait une si longue et si cruelle guerre. Les empereurs ont employé leur pouvoir à faire obéir l'Eglise; et Bome a été le chef de l'empire spirituel que Jésus-Christ a voulu étendre par toute la terre. •

Gela peut être, comme disait Voltabre; mais les grandeurs des Grecs et des Bomains ont encore d'autres causes; et Bossuet ne les a pas omises en parlant de l'esprit des nations.

En effet, la majesté de la politique tbéocratique de Bossuet nous étonne, mais elle ne remplit plus toute notre intelligence, et, plus divine qu'humaine , nous sentons que les temps sont passés où ses enseignements pouvaient sofDre à susciter les vertus publiques. Il nous faut désormais des citoyens, et c'est une autre philosophie de l'histoire qui pouvait seule les faire naître. Le doigt de Dieu marqué sur toutes les pages de notre passé, c'est une sorte de fatalisme qui ne nourrit pas nos âmes d'énergie dans des temps où l'homme ne doit plus douter de sa liberté et où il ne peut plus douter de sa puissance. Quels miracles, en effet, la science n'a-t-clle pas fait jaillir autour de nous de tous les éléments dont se compose la matière, depuis qu'éclairée par les Bacon, les Descartes et tous les lumineux esprits du dix-buitième siècle , elle a régénéré la physique et créé la chimie ! En dominant les corps et les puissances inertes, nous avons senti que Dieu nous a laissés maîtres d'agir et de modifier même son œuvre. Avant même Bossuet, une bouche aussi éloquente que la sienne, un croyant plus passionné, un esprit plus vigoureusement trempé aux luttes de la foi et de la raison , un grand savant, Pascal, avait déjà dit :

«Par une prérogative particulière, non-seulement chacun des hommes s'avance de jour en jour dans les sciences, mais tons les hommes ensemble y font un continuel progrès à mesure que l'univers vieillit, parce que la même chose arrive dans la succession des hommes que dans les âges différents d'un particulier. De sorte que toute la suite des hommes, pendant le cours de tant de siècles, doit être considérée comme un même homme qui subsiste toujours, et qui apprend continuellement: d'où l'on voit avec combien d'injustice nous respectons l'antiquité dans ses philosophes; car, comme la vieillesse est l'âge le plus distant de l'enfpnce, qui ne voit que la vieillesse de cet homme universel ne doit pas être cherchée dans les temps proches de sa naissance, mais dans ceux qui en sont les plus éloignés. Geux que nous appelons anciens étaient véritablement nouveaux en toutes choses, et formaient l'enfance des honmies proprement; et comme nous avons joint à leurs connaissances l'expérience des siècles qui les ont suivis , c'est en nous que l'on peut trouver cette antiquité que nous révérons dans les autres. •

L'âge d'or est donc en avant de nous et non pas en arrière, avec les mystères et les fables, avec l'ignorance et la misère. Vérité banale aujourd'hui, ou du moins qui devrait l'être, pour que, à côté de la théorie de saint Augustin

HI8T0ISE.

e! de Bossnet, il ea brîlttt mae qvi mit non pas phu d'espéniice, maïs pins d'orgneâ dans DOS cœurs.

Pascal ne faisait poortanl pas là de potitiqiie; â jetait senkineDl dans la circiilatîoa Fuie de ces grandes pensées dont son intellîgence était pleine.

En 1725, Vîeo pobKa ses Principes tfumt science nouvelle relatice à la naimre emmmune des nations. L'État j a enfin une ^Ke à côté de la religion et toate Tliistoire est dirisée en trois âges: Tige dinn, oô règne le prêtre; rage hérolqne , on trvMnpbe la force brutale du soMat, et enfin , Tige bomain , l'ige de rbomme instruit et désarmé. Fige de la morale et des lois, l'âge de la dnlisation. Mais Vioo enferme cbaqne peuple dans le cercle d'nne Tie indiTidueUe, et cbaqne fois qu'elles sj sont élerées, il condanme les sociétés à cbotr encore une fois dans Fombre et à recommencer leor pénible ascension Ters la lumière.

Lliistoire doit-elle s'inspirer à la fois de la I^iik^ogie et de la pbilosc^bie? Ole Terra alors que, dans le dércioppement de leur langage comme dans toute la série de leurs actes sociaux et ciTiIs , les peuples ont suiTi une loi unique et conmiune, qu'ils sont arriTés à on même but et que partout les mêmes réTolutions reparaissent lorsque les sociétés détruites se relérent de leurs ruines. Voilà, du moins, quelle est la doctrine de Vico.

La conclusion de la science nouvelle, c'est que le monde social est FœuTre du libre déTeloppement des facultés humaines, mais que ce monde n'en est pas moins sorti d'une intelligence sourent contraire, et toujours supérieure aux fins particulières que les hommes s'étaient proposées. ( Vop, un article de M. Micbelet dans la Biographie Mickaud, de 1827, qui est la première esquisse de son grand traTail sur Vico.) La Providence ne nous force point par des lois positives, mais se sert, pour nous gou- Temer , des usages que nous suivons librement.

Il semble que cette doctrine n'est pas d'une clarté suffisante pour faire voir à l'homme le but de cette liberté qu'on lui accorde et que presque aussitôt on lui ravit. Et d'aUleurs, en nous enfermant peuple à peuple dans des cercles infranchissables, d'où nous montoo», et au fond desquels nous retombons toujours, Vico n'a pas allumé au-dessus de nos têtes le phare d'un avenir digne des grandes œuvres intellectueUes et matérielles que Fhtunanité avait accomplies et surtout allait accomplir. Mais c'était beaucoup que d'avoir déjà proclamé Funiformité ou l'unité des peuples, que d'avoir accepté pour premier principe que l'homme est sociable, et, en recherchant les lois de la morale conununc, d'avoir écarté du champ d'expérience les Épicuriens comme les Stoïciens, et avec eux tous les disciples des sectes excessives , pour se fier uniquement aux Platoniciens qui reconnaissent la Providence , qui croient à l'immortalité de l'âme et qui regardent conmie une nécessité de faire des vertus arec les passions humaines.

Iféaomoins, Pascal avait jeté un regard plus

magistral et plis vaste défà sv la terre eCsw les chemins que s'f tracent à péniblenient les peuples, et ce n'est pas sans raison que, à la Un de ce même grand dix-bmtiéae âéde^ 6cbthe viendra changer les cercles isolés de Vioo en une seule spirale, sans cesse ascendante et sans cesse élaigîe. 5e toochoas-BOiis pas ei^ an seuâ de Yàge humain universel, on dn ne FentrevoTOtts-nons pas ?

H— «fté, réfB«. T«iei tmn à^ Qmm aie ea Tsia la ▼•ix éta vicax

a dit le grand poète Béranger. Cest désonnaîB le cri de quiconque est las des hécatombes et des funérailles (te Fâge divin et de ïàge hérolqne. Mais , poor n'avoir pas élevé sa vue andessos des iioriwns des nations particnliéfes, Vico n*en a pas moins exprimé la loi générale dn déreSoppement de la société honaine tout entière*

VEspril des lois de Mootesquieo (1748) vint ajouter quelque chose aux éléfflents dont se composait déjà la sobstance de Fhistoire. Ce ne sont pas de vaines idées que celles dont Montesquieu a décoré le vestibule de son édifice.

• L'hooune, dit-il, comme être physique, est. ainsi que les autres corps, gouverné par des lois invariables: comme être intelligent, il viole sans cesse les lots que Dieu a établies, et change ceUes qu'il établit lui-même. 11 faut .qu*il se conduise, et cependant il est un être borné, il est sujet à Fignorance et à Ferreur, eonune toutes les intelligences finies; les laibles connaissances qu'il a, il les perd encore. Gomme créature sensible, fl devient sujet à mille passions. Un tel être pouvait à tous les instants oublier son Créateur : Dieu Fa rappelé à lui par les lois de la religion ; un tel être pouvait à tous les instants s'oublier soi-même: les philosophes l'ont averti par les lois de la morale; fût pour vivre dans la société, il y pouvait oublier les autres : les législateurs Font rendu, à ses devoirs par les fois politiques et civiles.»

Et, plus foin, traçant le prograoune des connaissances et des études nécessaires au philosophe et à Fhistorien, il ajoute:

« La loi, en général, est la raison humaine en tant qu'elle gouverne tous les peuples de la terre; et les fois politiques et civiles de chaque nation ne doivent être que les cas particuliers où s'applique cette raison humaine. Elles doivent are tellement propres au peuple pour lequel elles sont faites, que c'est un très-grand hasard si celles d'une nation peuvent convenir à une autre. 11 faut qu'elles se rapportent à la nature et au principe du gouvernement qui est établi, ou qu'on veut établir, soit quelles le forment, comme font les lois politiques; soit qu'elles le maintiennent, comme font les lois civiles.

• Elles doivent être relatives au physique du pays, au climat glacé, brûlant ou tempéré; à la qualité du terrain, à sa situation, à sa grandeur, au genre de vie des peuples, laboureurs, chasseurs ou pasteurs ; elles doivent se rapporter au degré de liberté que la Constitution peut souffrir; à la religion des habitants, à leurs inclinations, à leurs richesses, à leur nombre.

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