‹ Dictionnaire général de la politique (volume 2)Chapitre 66 sur 260 · LIBERTÉ · texte numérisé non relu

LIBERTÉ

trayail et du commerce. D*autie part, nous étions très-indifférents aux libertés qui ont pour effet la création de la liberté, c'est-à-dire à la liberté religieuse et philosophique. Certes, la liberté politique est bonne et désirable pour elle-même; mais qu'est-ce qu*une liberté de garantie dont le sens n*est pas compris par tout le monde, et qui, étant seule ou à peu prés, ne garantit rien? La grande majorité des citoyens, même éclairés, n'a pas nue idée trèsnette de la séparation et de la pondération des pouvoirs; elle laisse avec une certaine indifférence transporter les attributions du pouToir législatif au pouvoir exécutif, et du pouvoir judiciaire au pouvoir administratif. Les systèmes politiques la touchent peu, parce qu'on ne lui en a pas fait pénétrer la portée philosophique, et parce qu*elle n'en voit pas l'appUcation aux affaires de chaque Jour. 11 semble paradoxal de dire que notre préoccupation exclusive de la politique est cause de notre indifférence politique, et cependant c'est la vérité exacte. Kous sommes, en politique, des partis, non des écoles. Nous nous passionnons plutôt pour une cocarde que pour un principe. Nous sommes plus souvent poussés par des rancunes et des espérances que par des convictions. De là vient que nous ne savons user ni de la victoire, ni de la défaite. Vainqueurs, nous imitons ceux qui nous ont précédés; vaincus, nous ne songeons qu'à renverser nos maîtres pour faire ensuite ce qu'ils ont fait. Et il en sera toujours ainsi tant que nous n'aurons ni la pratique quotidienne, ni la théorie de la liberté, c'est-à-dire tant que nous aurons la liberté de garantie, sans avoir la liberté de fait et l'organe de la liberté. La Constitution même la mieux faite n'est Jamais qu'une lettre morte, si on n'a pas en même temps ce qui la fait aimer et ce qui la fait comprendre. En tout temps et en tous lieux, les mœurs sont plus puissantes que la loi.

Quand on dit que la France ne se soucie pas de la liberté, et qu'elle ne la comprend pas, on a presque raison. Quand on dit qu'elle n'est pas capable de l'aimer et de la comprendre, on a tort. Son malheur est de s'obstiner à la chercher où elle n'est pas, ou du moins où elle n'est qu'imparfaitement. Elle est versatile et maladroite en poh'tique, parce qu'elle ne voit pas l'effet, et qu'on ne lui montre pas la cause.

Lorsque nos pères ont fait la révolution de 1789, il n'y avait en France aucune liberté» Le roi était absolu ; tout le monde en conveliaity même l'opposition, quand il y en avait. On lui opposait la raison, l'intérêt public, les usages, Jamais le droit, parce qu'il n'y avait pas d'autre droit que le sien. Les parlements avaient en apparence le droit d'enregistrement et le droit de remontrance; mais le roi se riait du droit d'enregistrement et du droit de remontrance', parce qu'il avait le droit de faire enregistrer tout ce qu'il voulait, en tenant un lit de Justice. Il avait en outre, contre les conseillers turbulents, les lettres de cachet, et contre les parlements obstinés, l'exil. D'où il suit que les parlements n'avaient aucun droit. En fait, ils pouvaient être un obstacle;

mais à une condition, c'est qu'il prit public : ils étaient tout an que prenait l'opinion pour réststi française était une oppression, • une institution. Elle avait des d peuple, elle n'en avait aucun co pairs siégeaient au Parlement, moins de puissance que les o autres nobles n'avaient même ] sion de se réunir, si ce n'est i généraux, et les États généran du bon plaisir du roi, puisqu'ils qués par lui. Les communes n davantage. Leur alDranchissem ôtées aux seigneurs pour les ( simple changement de maître, d'échevins étaient simulées ; c'éi le ministre ou l'intendant qui fa L'échevin, une fois élu, n'exerc torité. S'il en avait une ombre,* agent de l intendant ou du sub( ligion catholique étant la religio ne pouvait ni exercer un dro obtenir un emploi , ni même avo à moins d'être catholique. Les fe testants étaient censées des con enfants étaient bâtards, leurs bi être réclamés à leur mort par le catholiques. Les métiers apparti qui vendait la permission de le.* était défendu à un métier d'emph et à un maître de modifler les i brication. Dans cette oppression privation absolue de la liberté, digne d'être libre; elle en était • avait droit, et elle le montra d( les admirables travaux de ses ( l'inviolable attachement qu'elle œuvre; car la France, qui n'aim liberté, continue à aimer la r^ ment se fait-il qu'elle aimât a sans en avoir Joui, et qu'elle y i aujourd'hui après l'avoir pratiqi la révolution de 1789 a été l'e:

conséquence d'une philosophi* laissé des traces profondes d chaque jour. Au lieu de s'occc de politique et de se tenir dans médiaire des constitutions, elk jusqu'aux principes scientiOques jusqu'aux applications usuelles deviendrait libérale aujourd'hi conditions. Son malheur est de :

haut, ni assez bas.

Les traces laissées dans la vi la révolution sont tellement noi est impossible de les énumérer presque les résumer par ce seul égalité des cultes , égalité des c la loi, devant Timpêt, devant le des frères dans la famille. En i qui est la partie la plus importai de fait, a été solidement et définit par la révolution. Le peuple y 1 de force qu'on ne pourrait pas punément. On a essayé une (ois à quel prix, de rétablir le âr^

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LIBEBTÉ.

la propriété. Lonis XIV romprai les mariages des protestants, enlerant lean enfants en bas âge, déclarant que les propriétés de ses snjets étaient à loi aTant d'être à eox , et qaHl leor donnait en réalité font ce qn*il ne leor prenait pas, ne diffère des théories de Babeuf qne par la liiçon. 11 y a donc entre la famille et la propriété d*nne part, et la liberté de Fautre, nne alliance intime et nécessaire. Il semble qne la funiile étant d'institution naturelle, ou dirine, et la propriété étant constituée par le travail des siècles sur des bases solides, U n'y a pas lieu d'y toucher. Mais autre chose est le principe , autre chose Torganisation du principe. Tout le monde reconnaît l'autorité paternelle; mais un Romain ne l'entendait pas comme un Français , et deux Français peuvent se diviser sur la foçon de l'entendre. Tons les esprits Justes sont d'accord sur la légitimité de la rente et par conséquent du loyer de l'argent; mais les uns le veulent limité et les autres le veulent Wbre, Ceux qui proposent d*émanciper la propriété ne doivent pas être accusés de la nier ou de l'dliranler.

Quand on voudrait laisser la société domestique immobile , on ne le pourrait pas. Chaque évolution de l'humanité apporte une question qu'il faut trancher : tantôt la question du mariage dvil, tantôt la question du divorce. Aujourd'hui le croissant envahissement des machines apporte des questions nouvelles, redoutables^ urgentes: le travail des enfonts et des femmes dans les fabriques, la crèche , TasOe, l'école, l'hospice, la mutuaûté, le logement séparé ou en commun. U faut que le siècle prenne parti sur tous les points; et par exemple, il y a heu au moins pour les libéraux de se demander si la liberté du père Ta Jusqu'au point de fermer à Jamais pour son fils l'accès à la liberté , en le condamnant à l'ignorance. Les questions sont plus nombreuses , sinon plus grayes, quand il s'agit de la propriété. Mettra-ton des limites au droit de pcràséder, comme le veut la Id de 1810 sur les mines? ou au droit de tester, comme le Tcut Tartlcle 913 du Gode civil Y ou au droit de donn er, comme le fait l'article 910? ou au droit de prêter , comme le prescrit la loi de 1807? ou au droit d*associer les capitaux, conune le fbnt la plupart des lois qui règlent la constitutioti d^ sociétés industrielles? Le travail et la propriété ont la même consécration et le même droit ; le salaire est au tra- Tail ce que la rente est à la propriété. Le travail sera-t-il traité comme la propriété? Aura-t-U le même droit de s'associer, de se capitaliser, de se coaliser? Deux forces, l'une morale , l'autre physique, grandissent chaque jour ces questions : la démocratie et les machines. Plus elles les grandissent, plus il est urgent de les résoudre, et de les résoudre par la liberté. On a peur d'elle; on la traite, et on n'a pas tort, conmie quelque chose de nouveau. U semblait, la Teille du traité de commerce avec FAngleterre, que si on abolissait les interdlctious et les tarifs protecteurs , tout était perdu. Cependant la liberté commerciale est par elle-même un bie&ftût, et ce bienftit en amènm d'autres.

Cette liberté pratique feraain la liberté, parce qu'dle la firil C'est un très-grand fait phik rai, comme l'abolition des ma] d'autres cononiêtes, qui vienn liberté de la boucherie, la lUx gerie. En Belgique, il n'y a pi liberté pratique fait des progr drons pas longtemps la libert

On a dit que la liberté, pou sistait à ne pas mourir de fai reur monstrueuse, si on ident la satisfaction des besoins mat une vérité au contraire , si o ment constater ce fait que l'u la liberté ne sont pas possibli misère. La première condit c'est de se posséder. Celui qt ment du capital d'autrui, est peut être Ubre dans la société l'est pas dans la société domc la liberté de l'association, pei absolument du capital d'autn:

rien : il n'y a que le droit qi ponse aux utopistes qui voud propriété pour répandre la 11b d'association et la mutualité.

n faut montrer maintenant capable de se passionner pou sophique, que la liberté philo strument de tout progrès et c que nous n'avons possédé en philosophique qu'à de très-ra plutôt en foit qu'en droit.

C'est une opinion générale toutes les classes de la sociét est indifTérent à la phdosophi à la phUosophie scolaire , ce s'il s'agit des grandes questic ligieuses , c'est le contraire q manité est toujours elle-mêD pas qu'elle se désintéresse d intérêts, ni qu'elle cesse de de la mort. Quand elle oublii qui est grand, c'est que ses i d'État ou philosophes , oublie senter. De nos jours, toutes '.

eu de l'éclat et de la force oi religieuses. Ceux qui l'ignoi parlé aux foules.

Non-seulement le peuple ai mais il la comprend. D y a ei nombre, des époques dans 1 questions très-ardues et trè philosophie ou de théologie , revient au même, car la théo] la phUosophie, — ont produit révolutions, des guerres civile peuple à peuple. De ces qn< Usées par de grandes catasi étaient capitales, les autres o les regarde à distance , on t qu'elles sonnent creux, et o dre les chefs de parti et lei faut plaindre surtout les ch< seuls se sont sacrifiés à de puisque le peuple s'estloTé^ {

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