HISTOIRE
ilcareommerce, â lenrs mœnra, â leurs ma-
ii}res.Eiiibi, elles ont des rapports entre elles;
eiks ea ODt arec leur origine» avec Tobjet du
ièpsblear, aTec Tordre des choses sur les-
([oeBes elles sont établies. C'est daus toutes ces
ma qu'il fout les considérer. »
RoQS sommes loin maintenant de la pure
kctrioethéocratique, et Fesprit moderne est
aÉderenn maître de sot Montesquieu a or-
éMè à l'historien d* étudier les harmonies qui
usseot rbonmie à la terre; Voltaire, dans
riMt nrr les mœurs (1757), donnera la pre-
■ère âianche d*ime histoire universelle en-
b^rise sur le plan tracé par Fauteur de VEs-
frUieskfis, et al Vexécntion est d*une main
tnpnpide, au moins sent-on partout Tintel-
lsaced*on bonune qui, à défaut de la vérité
■niièste, n'admet dans Thistoire que la vrai-
fobbDce, et qui, dans nn siècle encore mo-
Mrchiqne, et lui-même auteur du Siècle de
întù IIV, omiprend que ce n'est pas seule-
■entda nom des rois qu'il faut désigner et
àter les érénemcnts accomplis dans la vie des
pnptes. U le dit lui-même :
•En se modelant en général sur les grands ■ires, on a aujourd'hui un fardeau plus pe- Mtque le leur à soutenir. On exige des bistoûm modernes plus de détails, des faits plus coulâtes, des dates précises, des autorités, ytai d'attention aux usages, aux lois, aux ■oun, ao conunerce, à la finance, à 1 agricsHure, à la population. U en est de l'histoire omme des mathématiques et de la physique ; h carrière s'est prodigieusement accrue. Autatil est aisé de faire un recueil de gazettes, antiBt il est difficile aujourd'hui d'écrire Thistoire.
«Daniel se crut un historien parce qu'il truscriTait des dates et des récits de batailles 00 Ton n'entend rien. Il devait m'apprendre les droits de la nation, les droits des principaux ooqis de cette nation, ses lois, ses usages, ses ■XEors, et comment ils ont changé. Cette na- Ikn est en droit de lui dire : Je vous demande B»o histoire encore plus que celle de Louis le Gros et de Louis Hutin. •
Vers la fin du siècle de Voltaire et de Montes- ^ien parut le livre qui, profitant de tous les progrès accomplis et réunissant toutes les vérités découvertes, devait devenir, à propre- ■e&t parler, le programme définitif de l'histoire. Les Uées sur la philosophie de Vhumanitë de Hefder, TOilà en effet le résumé de ce que ^aint lug'ostin. Bacon, Pascal, Bossuet, Yico et LOi- grands penseurs français du dix-huitième siècle ont successivement enseigné. Toutes les théories s'y rencontrent, s'y complètent, s'y f>>c<tent en un même corps.
Le premier, Vico avait posé les lois univer- **\it& de rbumanité, conune le dit M. Edgar Qimet l'éloquent traducteur deHerder. « De la représentation il s'était élevé Jusqu'à l'idée des phénomènes. Jusqu'à Fessence. Frappé du principe de la nature identique de toutes les nafkms, fl avait rassemblé en un seul tous les phénomènes qui sont communs à chacune d'cBfi, dans les direrses périodes de leur
durée; et, leur étant leur couleur et leur individualité, il avait composé de leur ensemble une histoire abstraite, une forme idéale qui tient à tous les temps, qui se reproduit chez tous les peuples sans en rappeler spécialement aucun. Ce qui nous apparaît de la succession des nations, de leur naissance, de leurs développements , de leur grandeur et de leur chute, n'est que Fexprcssion du rapport du monde avec cette indestructible cité. Elle s'abaisse vers lui et le marque de son empreinte; de là une suite indéfinie de ruines, d'empires naissants, de trônes brisés, de changements et de débris qui tous ont leurs représentations dans Fabsolu.
« Imaginez quelque méthode contraire en tout à celle qui a été suivie par Vico, ce sera celle de Herder. Si le premier donne pour point d'appui à la série des actions humaines la pensée dans sa plus sublime essence, le second s'élève de la manifestation la plus grossière de l'être matériel; il enchaîne dans une seule idée, partout présente et partout modifiée, Fespace qui renferme les pouvoirs de la création et le temps qui les perfectionne en les développant. Depuis la plante qui végète, depuis l'oiseau qui fait son nid, Jusqu'au phénomène le plus élevé du corps social il voit tout procéder à F épanouissement de la fleur de Fbumanité qui n'est encore qu'en bouton , mais qui doit éclore un Jour. »
C'est par la description de la terre que Herder commence sa philosophie de Fhistoire. U dresse d'abord le théâtre où doit se Jouer Faction humaine. Si Karl Ritter écrit sa géographie admirable, si Humboldtméme compose son poëmc scientifique du Cosmos, c'est parce que Herder a publié ses Idées sur la philosophie de l'histoire. Aucun livre n'a exercé plus d'influence. C'est le ferment d'un siècle, a dit Gervinus. Et Gœtbe, Jeune encore, lisant en Italie ces pages si pleines de pensées, retrouvait dans son cœur Tenthousiasme lyrique des siècles anciens pour exprimer la joie qu'il en avait ressentie. Toutes ces grandes idées ont fait depuis leur chemin et sont devenues presque vulgaires ; mais c'est le livre de Herder qui est la source d'où elles ont coulé, et s'il y a enfin pour le philosophe, pour l'historien, pour rhomme d'État, pour le diplomate, une seule et même humanité, jeune encore, mais adulte demain et bientôt maîtresse de son globe terrestre, nous le devons à Herder, successeur et héritier de tant de grands génies.
Survint presque aussitôt la révolution de 1789, qui, elle eucore, peut réclamer Fhonneur d'avoir éclairé Fhistoire et enorgueilli la pensée de l'homme. Aussi comme de toutes parts, au temps où nous vivons, surgissent les travaux historiques! Quelles œuvres admirables le commencement de ce siècle-ci n'a-t-il déjà pas produites et comme il est consolant, lorsque les lyres de la poésie semblent brisées, lorsqu'on a forcé l'éloquence à se taire, de voir encore assidus à leur tâche ceux qui doivent continuer la gloire de leurs devanciers et, en s'illustrant à leur tour par des chefs-d'œuvre, enrichir le