LITTÉRATURE. — LOI
on le sait, le dix-huitième siècle. Alors on vit pour h première fois dans tous les États de rCurope de simples particuliers s'ériger en censeiirs des institntioiis et des lois établies. et se présenter devant les populations comme les Téritables représentants de Tautorité morale, de la justice et de la raison. Chose mer- Tetflense et qni fait mesurer le progrès accomfU depuis la Renaissance , ces prétentions ae choquent et n'étonnent personne. On trouve tout naturel que Voltaire, Montesquieu ou loQSseau aient raison contre les représentants officiels de TÉglise et de TÉtat. Les princes écoutent aTec docilité les avis des phUosophes, et pour donner satisfaction à leurs vœux portât eux-mêmes la main sur les vieilles institntkms de leurs États. En Espagne, en Portugal, en Toscane, à Kaples, en France, en iutriche , les hommes d'État et les princes gouvernent selon les principes nouvellement mis en fareur auprès de Topinion par les phiksophes, et de manière à mériter les applaudissements et les félicitations de ces rois d'un nouveau genre dont ils ne sont , pendant plus de cinquante ans, que les ministres et les agents. On sait conmient se termina ce grand Bonvement littéraire et philosophique; Tévénement qui en fut la conséquence dernière porte un nom mémorable et terrible; il s'appeOe la Révolution française.
En résumé , on peut dire que la civilisation Bodeme tout entière est la fille delà littérature, car la littérature est le principal agent des trois grands érénemcnts qui ont renouvelé les sociétés européennes : la Renaissance, la Réforme et la Révolution française. De ces trois événenents deux sont les enfants légitimes et directs de la littérature, la Renaissance et la Révolution. le troisième, la Réforme, eut une autre parenté et ne fut que son enfant d'adoption , mais on peut dire que, sans cette adoption, cet enfant n'aurait pu vivre. En dehors de ces trois grands fûts, je n'en vois qu'un autre, très-considérable il est vrai, et qui remplit toute l'histoire pditique des trois derniers siècles : la substitution da gouvernement monarchique au gouvernement féodal. Ce grand fait dont les oriidnes sont de beaucoup antérieures au sdzième Hècle, ne doit pas, il est vrai, sa naissance à la httérature, mais celle-ci l'aida cependant de tout son pouvoir et fut son alliée la plus fidèle. Les partisans les plus zélés de l'ordre monar- «rhique, les conseillers les plus sages de la royauté doivent être cherchés parmi les hommes qui appartiennent au parti de la Renaissance. Ainsi les faits mêmes qui ne sont pas issus directement de l'influence de la littérature, doivent cependant en partie à cette influence ieurs destinées et leur fortune , et l'on peut dire par conséquent que l'histoire politique des temps modernes n'est pas autre chose que leur histoire littéraire transformée et agrandie.
ÉmLB MONTÉGUT.
LITRE D'OR. Registre sur lequel étaient iofcrits les noms de toutes les faniilles nobles de Venise. U a été ouvert par le doge Grade-
nigo , en 1 297 , pour assurer aux familles nobles le droit exclusif d'élection et d'éligibiUté à toutes les magistratures.
LIVRE N8IR. Registre établi en Allemagne, avant 1848 par un agent de police de Dresde et sur lequel se trouvaient inscrites les personnes soupçonnées d'appartenir aux opinions avancées ou d'être « dangereuses ». On y lisait les noms de bien des hommes émlnents dans la science , et ceux de beaucoup de personnes restées complètement étrangères à la politique.
LIVRE ROUGE. Registres secrets des dépenses de Louis XV et de Louis XVI. Ils se composent de trois volumes reliés en maroquin rouge. Le premier commence en 1750 , le second en 1760 et le troisième en 1773. La partie qui a appartenu à Louis XVI, a été pubUée vers la fin du siècle dernier.
LOGE. Voy. Franc-Maçonnerie.
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