‹ Dictionnaire général de la politique (volume 2)Chapitre 83 sur 260 · MEXIQUE · texte numérisé non relu

MEXIQUE

y Bcn indéOniment négligée, n n^est cependant pu interdit d^espérer qa*8Yec le temps le Mexiqne possède des forêts étendues. Il suffl» nit que la préToyance de rhomme y aidAt un peu la nature.

SiluatUm avantageuse entre les deux océans, — Aux ayantages que possède le Mexique par son dimat, son terroir, la Tariété illimitée de ses cultures et Vabondance de ses mines d'or et d*argent, il Joint celui d*une situation topographique presque exceptionnelle. 11 est A chenl sur les deux océans les plus Testes et les plus fréquentés, rAtlantique et le Pacifique. Il foit mce ainsi A la fois aux deux revers de Fancien continent, aux deux massifs les plus industrieux, les plus civilisés et les plus populeux que cet ancien continent présente et qui sont situés, Tun A Textrémité occidentale, c'est-Adire en Europe, Tautre A l'extrémité orientale, c*est-A-dirc en Chine et au Japon. Il semble donc appelé A avoir des relations multipliées avec Tua et Tautre, et même A servir de passage A une partie de leurs échanges. Un chemin de fer qui irait de la Vera-Crux A Âcapulco, par Mexico, serait "prohablcment une ligne trésflréquentée, malgré Tinclinaison forte de ses rampes. Le chemin de fer qui traverserait Tisthme de Tehuantepec le serait bien davantage, et, d'ailleurs, serait d*une exécution bien plus lisée, la distance étant bien moindre. Ce passage serait évidemment préféré par les Européens et les Américains du Nord qul^roudralent se rendre dans la Californie, rOrégtm et dans les États ou territoires attenants. Les personnes qui auraient A aller au Pérou, au GhiU, ou dans les différentes parties de TAustr^e, préféreraient d*autres passages, situés plus au midi , soit celui du Nicaragua , soit celui de Panama qui, depuis plusieurs années, est doté d*un chemin de fer, soit enfin cehii du Darien . sur lequel aqjourd hui Fattention est portée et qui, si Ton s'en rapportait A des explorations soperfIcieUes Ikites par des voragevis intrépides auxquels le temps a manqué, se prêterait non-seulement A rétablissement dSin diemin de fer. mais même A celui d'un canal maritime, praticable aux plus grands navires. L^isthme de Tehuantepec pourra bien un Jour recevoir un canal; car l'altitude du plateau de Tarifi. où serait le bief de partage, n'est ffuère plus grande que celle du bief de partage di caial du Midi; mais il serait fort difficile et tatelnent coûteux d'y établir un canal maritime avec deux bons ports A ses extrémités.

it la pêfiulaiiom wiexicaime. — La population di Mexique se compose principalement des desrendants de la race indigène subjuguée par Ooitea. Ces peuples industrieux et <&scipUnét te convertirent impidement an chrîstia- ■isae, après la prise de Mexico qui les f^appn de stuneor. La conversion se ft de bon giê on par la contrainte; mais elle Ait générale: Le ele^ catboBque se servit habilenent. A cet elH, des rapprochements qui existaient entre k IkMac^ cMcienne et cette de b rel«ion nw^ne. ucfNtts ceiie epoqne, les ncngenes,

snMe de rentnr ée On-

lomb, qui croyait avoir retrouvé les Indes, sont demeurés soumis. C'est A peine si, A des époques d'extrême souffrance, des rébellions isolées ont éclaté. Bien différent des tribus indiennes qui étaient éparses sur la surfece des États-Unis et qui détestent le travail, rindien mexicain cultive régulièrement la terre pour son compte et pour celui des blancs, ou fait sa Journée dans le petit nombre de fabriques qui ont été érigées, ou encore sert librement dans les mines où il donne des preuves surprenantes de sa force musculaire. A côté des populations de pure race indienne, il y a des métis résultant du croisement du blanc avecTIndien. C'est ce qu'on nommait, sous la domination espagnole, les castes. Le nombre des nègres ou de leurs dérivés, par le mélange avec les blancs ou avec les Indiens, est extrêmement faible. Il y a eu autrefois quelques milliers d'esclaves noirs; mais ils étaient afflranchis pour la plupart, quand commença la lutte de l'indépendance en 1810.

On rencontre quelques échantillons d'une autre race sur le versant occidental du Mexique, autour de la ville d' Acapulco dont le magnifique port était le point de départ et d'arrivée de l'unique navire qu'on expMiait annuellement du Mexique vers la Chine et les régions avoisinantes. Ce sont des Malais qui, venus avec le galion, se fixèrent dans le pays» Ils n'ont pas laissé que de se multiplier. La population chinoise, qui est si laborieuse» si intelligente au travail et si sobre, serait bdle À attirer dans le pays et s'y acclimaterait bien. Ne la voyons-nous pas s'établir en CaUfomie et en Australie, malgré les mauvais traitements dont elle y est l'objet ? Il y a peut-être de ce côté une bien précieuse ressource pour le peuplement du Mexique et le développement de ses nchesses.

La race dominante Jusqu'ici a été la race blanche, qui fait un sixième ou un septième de la totalité. Elle n'est pas sans quelque mélange de sang indien, parce que, dès le tempa de Cortex, et même par les soins de ce grand homme, des alliances légitimes furent cootrac» tées entre les deux races : plusieurs de ses compagnons d'armes, et des plus illustres» s'unirent devant les autels aux veuves converties des chefs mexicains qui avaient snccomhé pendant la guerre. La dominatian de la race Manche n'est pas absolue. Les classes de sang mêlé et même les purs indigènes ont faunl au pays des hommes distingués qui sont pa^> venus an premier rang. Guerrero, qui fut président, était un métis. On assure que le prtiident Jnarei est un Indien de race pure.

Voicî ce qu'était la population du Mesine en 1810. d'apr&s un travail statistique de don Francisco ISavarro y Sonera, que M. de Hnmboldt cite comme digne de confiance :

inropèens et crMes de nce

européenne 1.097.928

Indiens y«76.»l

Castes on nces mixtes ... I.23s706

Total

€.îiî.fl5

pêra né m li|M«iie d^me mên égilenifliit espagnole comprit et ediiilt fulleiiàit m aMme eotre loi et M par«nti, ou eom lot et on frèfe •tné neuf d^Bepagoe. 0& tfalt beio s^appUqoer à ee ooe Im créolee restaeeeot étranigefs aa leale do monde; on a?alt bean aorreUler toua lea Imprimée qd entraient an Madqne , dans le M de ne lalaaer paraître aona lenrs yeox que des lifTea approurte de rinqoiaillon. La fèrité a une Ibroe d^eipanalon et de aédnctkm qui délie lea maddoetiona dn «ravoir le pins ab- Mdn et la aorreJUance de llnqnlaition la plus aoMfla Dne anttpathie tantôt aooide. tantôt déclarée, anbaiatalt entre lea oréoles et lea natlb d'Bapagne. Lea deox partis portant les noms, l*nn des CrêoUM (créoles), Tantra de Gecftainnu dont II est dilBdle de prédaer le sena et rorigine, étaient en frit oonstanunent en présence, autant qne le permettait le régime politiqnednpays.

Lea Idéea dindépendanoe forent apportées et propagées an Mexique par le retentissement de rémancipation des ttats-Unis et par Teiplosion de la révolution française, qui fixa anssitôtrattention de l'univers, malgré lea barrières dont les gouvernements abaolus entouraient leurs peuides. Au milieu d*une société eonqiosée d^éiéments pareils, elles germèrent it, et les événements de la Pénio-

devant les génénu

rapidemenl suie en 1

le en 1808 leur ayant fourni une occaalon par Tédipse totale de la royauté légitime de qui tout émanait, elles édatôrent aussitôt avec fracas. Nous n*avons pas à entrer ici dans le détail de la guerre civile quis'ensoivit Les indépendantscommaodéspardes généraux enchef qui étaient des curés, Hidalgo d*abord, Mordes ensuite; remportèrent de grands avanti^; mais bientôt ils éprouvèrent de cruds revers. Un offlcier espagnol d'un grand mérite, Galleja, un pen plus tard vioe-roi , leur fit payer cher leurs premières victoires. Leurs armées furent iMittoes et dispersées, leurs cbeCs pris et exécutés. En 1815, le triomphe de Tautorité espsgnole semblait accompU Maia ee n^était qu*une apparence. Les intefligenees et les cœurs étaient acquis à la révolution. Lea créoles dont, i la suite des cruautés commises par les indépendants, les priiidpanx avalent ffrit cause commune avec les Bspsgnols, se ramèrent enfin de toute part an drapeau qui était celui de leur patrie. Le signal leur en tut donné par un d*entre eux qui s*étalt signai dans les caums de Tannée espagnole, le colonel Iturbide. Ce oief, auquel le vioe-roi Apodaca avait confié un corps de troupes important, prodsma rindépendanoe le 24 février 1^1 et publia un programme devenu célèbre sous le nom dn Plan éPIguala (c*est la petite ville où Il M proclamé). Lis plan d^Iguala, remarquable par Tesprit de condllation qui i*avait dicté , obtint Tadhéslon de tout le pays, de toutes les daases. Lindépeodance fut accomplie dès lors, et à partir de ce moment, elle n*a pas été remise en question , malgré la tentative des Bspagnola sur Tsmpico, en 1829, sous la conduite du brigadier Barradas. Gdui-d, expédié à grands frais de 111e de Cuba avec des troupes nombreuses, Ait bientôt rédnit à capituler

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MdslA prodsmsttoa ds IM ftat que le commeneement des ifai

éprràves pour le Mexime; lofiii tatt que le Mexique fbnsmltw parfiutement aépoiée, dont la m olIiBne an roi d BapKgM, aous II séjour, et à son défluft anx iafcal {a cour de Madrid myant rspeeiri ment, Iturbide se fit prodaanr si il n*eut qu*un règne éph^'mèw; i trône en mai 182S, Juste in sa \ 1823, il s*embarqndt à la Yera4>i i i*exil. Le Congrès mexicain, si depuis rémandpation accoaipila d'Iguaia, adopta la flMrme répaJia maibeoreuse inspiration de eopierl fédéraliste des Élate^Unis, qd, UKBurs et aux antéoédente desd nies anglaises , benrtsit les usagm populations mexicdnes. Cette esm guement élsborée, MpubUèesai 1824 et le président élu fM te |éi un des plus intrépides béns de n Dans les premières annéea lei n*allèrent pas an ddà de tlrafflew nibleSf mais en 1829 la guerre d tète hideuse, et te paya, depdi h de révolutton en révoltttion, de o catastrophe. En 1837 les idées de et de république unitsfre prirasl fût alors le générd Qnatameate, lant champion de rindépeodteaes, fauteuil de président Deux ans i 1839, cdted^^nité appartenait an f Anna qui déjà avait Joué nn gruid i a partir de ce moment fdt le perKM et pour ainsi dire te personnage m publique mexicdna U avait dtji mois de présidence en 1834 d 11 dn pouvoir à plusieurs repriseï, damment ramené pw te cours de qu*il savdt habilement seconder.

sieurs fois investi de la didature. 1 sttcoessivementi tous les partie. 80 suivant les circonstances sana eq sir à rien fbnder, il a lutté non contre les attaques de rétranger envahissements des Étate4Jnla. fi a soutenu avec coortge et peraévé nationale dans U guerre injuste i cains du Nord entreprirent en 184 terminée par la vente forcée anx nouveau Mexique et de te GaM antérieurement fait te easapega pour reconquérir cette vaate pro tait appropriée te poignée de êol États-Onte, mste il y nvdt éSft prisonnier, il vit aoijonrd^hul Im pardt complètement désabusé si de succès du gouvernement répd patrie.

n résulte d*un tsbtenn kistee sous les yeux, que te fsnteuil de 1 changé d'occupante quaranle-sl octobre 1824 Juaqn*A ee Jonr. Le

MUUSriUffîS, MINISTBES.

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géné-

«MM -.vv ;i^Kn> ^«nciMMi de» fonds ecclé- -Ti*fr.i1-i-.T k«wi4aftMK«iaetti Jes iiépenses, en :m.4ii»« cfe^^«iM<»i.t .eft-vKptfOMs du royaome, ■jft«MM •^■iV«A' 4 «ouD«rf . avec le tilre unique

.;»«« oi«%«a»&iNii col cependant de sérieuses

'■nw t^- -■-^ .ito^ttsiîurs les deux charges

«c .■t««.«.v..vK .» M «urtuceudant svaient Joui

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^«^^MftftV» . Sïtti. et jucuu esprit de corps ne

iuL-rn.*tt Mtt^ i.sle«^ CCS fktnctions trop inë-

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Mi* ^uc Kfti lu chiOftv ^levé d'une fortune

.s««iM««.iv«ic iupi'^ d'eux les secrétaires d*É-

•ft «w Uks'u; !uut;(cmps que des agents d*af-

auvK a04M4uo Culbcrt prit le titre de coutrO-

>ii«*i ^vuv'iiU. d otut dojà secrétaire d*État et

VvSiaU uiiw à cette fonction que par les de-

^«w^ ■kùiu^uics do la hiérarchie administra-

i\v* -'v^ auoucoa entrèrent donc naturellement

.j»iMi V* .uiiibutiiMi des secrétaires d*fitat qui

.i^tÉMMOÀ* u'curout plus qu'un collègue dans

:v >vau«>ivui jouerai.

V'M la itMco Joti choses il en fût de même ^ lAUi^Mito du chancoliur; elle se réduisit U4Cu;0( X uuo fmictiun aduihiistrative et à la ^uikv'diamo ilo la mHgiMtrttlure. Encore faut-il 4v44iei >|uo ieji ,^ccrèlairoit d'Ktat avaient dans lvu( juuduUiMi Im purliMuents des provinces «^ui leU4 t'lim*ii( aMniiimVs.

ViN^i \\\\\iiC cuh'o hix grands fonctionnaires, W •;^ku\i<iuoiiieul 110 coiuta pas on réalité d'appui Uuii Mk i\»i et AU itii MtMil. Les quatre secréiduic* liàlitl. le cualrùlcur et le chancelier oUu'ul Kùu \\s> iuriiier ce que Ton a appelé d%'puui uu iHéHiàlifi'p et ce qui commençait à •0 c\iii.iUluut ou AuMieterru à la même époque ^Oiu le luuu de coàinri. Il n'existait entre eux 4U\uu hca. uuouue Hiilldurité. Ils se réunis- «Àivul. d càl \i'ai. rcHulU^reuient plusieurs fois |Mi -«ciuumu dans U«ji cuasoils du roi : conseil .rÀu/. KO/utii du* dépêches, conseil desfinan- %K*t iv/utt/ dtsji iHii-lies , conseil de commerce, lUoU À liiiu de conseillers d'Étai et réunis otc- d'4uliei couieillers d'épée ou de robe. (muU- leui 4uluritê et tout leur prestige tenaient uuiuurmriil à ce qu'ils représentaient le roi. Ku iHiL, il sii»i A peiae utile de faire remarquer i^uuUieu lut tfiaiid l'ascendant de secrétaires il'iut icls que i!olbert et Louvois sur la poli- U^uo tiCiiêialo du Louis XI Y, mais l'impulsion t|ue Ui ïubir au rid le génie dur et obstiné de f^vi vU-ux uiiniatres (\it une exception purelUi'Ui av'cideu telle et d'où ressort davantage le 4)^(4\iuo du gouvernement de fancien régime. LOut» \IV uu supporta qu'impatiemment une ^kiuiiu4iiiiu. ludme aussi glorieuse, et Ton sait A\x uûUeu do uuclles circonstances moururent Icj lieux jiiaitds ministres de la paix et de la .^uciie. Louia \IV. de même qu'il avait écarté \\\W' -«vau du gouveruement tout homme de grautlv u^ÛAaouco. ue rechercha plus que des ^^^Kj'Uuca d'JiUU d'iulelUgence ordinaire, de

caractère liuïile et d*nne grande asrtdiiitè de travail • Il n'était pas de mon intérêt, dit-il dau ses mémoires, de prendre des hommes d'usé qualité èmlnente. U fallait avant toute choie faire connaître au public, par le rang même ci Je les prenais, que mon dessein n'était pu de partager mon autorité afec eux. »

Sa souveraineté suprême ainsi liaatemeat sauvegardée , il ne craignit point de combler d'honneur ses secrétaires d'Etat t Ces gens de rien, comme les appelle Saint-Simon, qu'an moindre mécontentement il réduisait au nêant,i reçurent une foule de prérogatives et de distinctions personnelles supérieures à celles des gens de la plus haute qualité. Ducs et pain, maréchaux de France, princes du sang euxmêmes durent se soumettre aux ordres de vils « roturiers,» et les qualiflcr de Monseigneur*. Ce fut alors qu'ils commencèrent à ajouter i leur titre de secrétaires d'État le titre de Minislres , nom très-répandu aux dix-septième et dix-huitième siècles parmi les membres dei conseils du roL Le chancelier et le président du Conseil étaient de droit ministres d'£tat, et beaucoup de conseillers d'ÉLit, de commandants d'armée, de ministres plénipotentiaires recevaient par brevet ce titre • qui n'emportait avec lui aucune attribution d'autorité. lA)r8qae les secrétaires d'État l'eurent ajouté à leur titre ordinaire, on prit peu à peu l'habitude de leur réserver cette dénomination.

La mori de Louis XiV et la minorité de Louis XV amenèrent une tentative de réaction contre le système de gouvernement sous lequel s'était épuisée la France. La noblesse, «accoutumée à n'être bonne à rien qu'à se faire tuer et à croupir, du reste, dans la plus mortelle inutilité, essaya de renverser le monstre qui l'avait dévorée, c'est-à-dire le contrôleur général et ies secrétaires d'État, souvent désunis, mais toujours parfaitement réunis contre elle. » Saint- Simon, auquel nous empruntons ces lignes, proposa et lit adopter au régent uu plan depuis longtemps médité et préparé par lui. he& cinq ç:randes charges furent supprimées; on leur substitua d'abord six , puis sept conseils spéciaux subordonnés au conseil de régence: ce furent les conseils de conscience, des 4^f aires étrangères , de la guerre , des finances , de ia marifie et du dedans du royaume et du commerce. Il est inutile de dire que les membres de ces conseils furent à la nomination du régent. « Trois espèces d'hommes , choisis par la convenance , par la faiblesse et par la nécessité, remplissaient les listes ; d'abord de grands seigneurs, vieux dans les intrigues, novices dans les afikires; ensuite les amis du régent , esprits frondeurs et pervers, ignorants et spirituels; enfin au-dessous d'eux étaient jetés pêle-mêle des conseillers d'État, des maîtres des requêtes, des membres du Parlement, gens instruits et laborieux destinés à réparer sans gloire et sans émulation les bévues de leurs collègues *. ■ Deux secrétaires , qui n'avaient entrée dans aucun

1. JTrMoire* de Saint-Siwion. Cam. RouMet, liiêtoirt de Louvoie, s. LamonUj, HUtoirê dm dix-kmitiiwu êUci:

MINISTÈBES, MINISTRES.

tie do poiiToir exécutif, 8*en empare et depuis plusieurs générations il est regardé comme une partie essentielle de notre organisation politique. . . * ■ C'est, à Trai dire, du régne de Oull- Umme III que date la formation complète du premier ministère, tel à peu prés qu'il est encore constitué aujourd'hui; sous les Stuarts et pendant les premières années de Guillaume, le gouTemement continua d'être un gouTemement composé d'administrations indépendantes à la tète desquelles Wbigs et Tories étaient indistinctement mêlés. Les luttes que Guillaume eut à soutenir en Irlande et sur le continent, les dilTicultés grsTes au milieu desquelles s'étsblircnt ses premiers rapports avec le Parlement, le forcèrent à donner plus de cohésion et d'unité au cabinet. «Vers la Un de 1696 on Tit que les principaux scrTiteurs de la couronne étaient étroitement imis entre eux par des liens put)llcs et privés, qu'ils se montraient prompts A se défendre les uns les autres contre toute attaque, que la majorité de la Chambre des communes était rangée en bon ordre sous ses chefs et qu'elle avait appris à se mouvoir comme un seul homme à leur commandement *. » L'établissement de la monarchie constitulionnelle était achevé.

Les première actes de l'Assemblée constituante témoignèrent du dessein qu'avaient ses principaux membres de donner à la France une constitution analogue à celle de l'Angleterre. Mais l'œuvre qu'avait à accomplir la révolution française était trop vaste et trop prorondc pour que les limites précises des diflTérents pouvoirs pussent être déterminées et respectées par les divere partis auxquels appartint successivement le gouvernement de la France. Au milieu des questions sociales et politiques que dés le premier Jour la Constituante eut à résoudre, l'organisation du pouvoir exécutif n'apparut que comme une question secondaire, que primait de beaucoup par son importance l'origine même de ce pouvoir, fin ceci, comme à beaucoup d'autres points de vue, les esprits. moins préoccupés des principes nouveaux qui venaient d'être proclamés que des circonstances au milieu desquelles la révolution s'opérait, ne virent toujoure, dans le chef de la monarchie constitutionnelle qu'ils essayaient de fonder, que le descendant des rois absolus de l'ancien régime, roi absolu lui-même la veille encore, à r^rd duquel on ne pouvait avoir trop de déflance et dont il fallait sans cesse réduire et annihiler l'autorité. L'Assemblée ne se borna donc pas à déclarer les ministres responsables; elle ne permit pas qu'ils fussent pris parmi ses membres, elle se réserva de statuer sur le nombre et la division des départements ministériels et décida que la fonction la plus considérable du pouvoir exécutif, le maniement des fonds de l'État, ne dépendrait ni des ministres, ni du roi, mais aurait une administration particulière soumise à l'Assemblée nationale seulement et à son comité des finances. (Lois des 27 avril et

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