BEAUX- ART S. — BELGIQUE
reuseet compromettante pour lui. En efifct, cette protection omnipotente suppose que l'être abstrait appelé lÉtat doit être infaillible en matière d'art et qu'il sait d'une manière absolue quels sont les grands artistes ou les artistes dignes d'être encourages, qui vivent à une époque donnée. De quelle responsabilité ne se trouvera-t-il pas chargé si un jour on vient à découvrir que le plus grand artiste du temps est justement celui dont il ignorait Texistcnce? Cela s'est vu et se voit encore; chacun en sait des exemples.
Ce n'est donc pas la protection que nous critiquons, mais la manière dont elle est comprise de notre temps. La protection n'est point chose nouvelle, elle s'est exercée de tout temps, seulement elle s'exerçait d'homme à homme , de prince ou de connaisseur à artiste. C'est à cette condition seulement qu'elle peut être efïlcace et éclairée. Un homme sait pourquoi il protège et qui il protège; il a ses goûts, ses préférences , ses opinions , et s'il a en lui-même quelque chose de l'esprit de l'artiste, il est plus que probable que ses choix seront excellents. Comme il encourage par plaisir et non par devoir, il y a chance pour qu'il n'encourage pas des médiocrités, car nul n'aime à se duper soimême. Aussi la protection accordée aux arts par les gouvernements, porte-t-elle toujours un nom propre, Léon X, Laurent le Magnilique, François !«'■, Catherine de Médicis. Mais la protection de l'État, telle que nous la comprenons, de l'État anonyme, est loin d'ofl'rir les mômes garanties de lumières. Une administration n'a pas d'opinions, et pourquoi ne pas le dire ,pas de caprices. Elle agit mécaniquement; elle étend sur les arts une protection régunère, mais abstraite comme elle et sans chaleur. Voilà les dangers et l'écneil de la protection administrative, dangers que les gouvernements ne peuvent éviter, quelque soin qu'ils mettent dans le choix des agents chargés de les représenter.
Enfin, quant à l'enseiguernent des écoles pensionné et patronné j)ar l'État, il a le tort de transformer le caractère des beaux-arts et de faire une profession et une carrière de ce qui est une vocation et une aptitude; aussi l'exercice des beaux-arfs, qui était autrefois une exception, s'cst-il vulgarisé d'une manière alarmante. Notre siècle a fait des métiers et des gagne-pain de tous ces nobles emi)lois de l'intelligence; on se destine à la musique ou à la peinture, comme ou se destine à l'industrie et au commerce. Ainsi s'est formée une population, croissante d'année en année, d'aspirants à la gloire des arts, qui encoml)rent le marché de produits sans valeur et empêchent le vérilable talent de se faire jour. Oui n'a remarqué, pour ne parler que de la peinture, qu'il devenait trés-difTicile de se reconnaître au milieu des milliers de toiles de nos expositions , et qu'il y avait de grandes chances pour que les artistes de talent encore inconnus fussent étoulTés par la muKilude des œuvres sans valeur qui fatiguent l'iril et l'esprit du spectateur. Le gouvernement a fini par s'inquiéter de cet état de choses et il a essayé d'y porter
remède plusieurs fois; mais l'enseignement qu'il donne par ses écoles n'y est-il pas pour quelque chose?
Pour résumer toute notre pensée sur cette matière, nous conclurons en formant un vo;u excentrique, qui. s'il était exaucé, contiendrait la vraie solution de cette difficulté. L'État entretient des écoles pour enseigner les ans et former des artisles; je demanderais volontiers qu'il en ouvrit pour former des connaisseurs et des amateurs. Ce serait le plus vrai service qu'il pût rendre aux arts , car il remettrait ainsi aux individus le sceptre de la protection et il donnerait aux artistes ce dont ils ont besoin avant toute autre chose, un public éclairé. Em. Montégut.
CoMPAKEZ : Hymnes nationaux, Littérature, Sciences, Tliéâtres.
BEGLERBEY ou BEGLERBEG, formé de bey et de begler . qui en est le pluriel, signitic prince des princes, seigneur des seigneurs, et constitue le titre des gouverneurs des grandes provinces de l'empire ottoman. Le nombre des beglerbeys a varié de 26 à 36, suivant les circonstances; mais, à l'exception de celui de Roumélie, qui réside à Sophie, et de celui d'Anatolie, dont Iviutahia est la résidence, ce n'est généralement que par tlatterie que les autres pachas reçoivent de leurs courtisans, dans le chef-lieu de leur gouvernement, le titre de bcglerbey. A la cour du Grand-Seigneur, on ne les appelle que desdur meukerrem (plénipotentiaires). Le titre de beglerbcy n'est guère aujourd'hui, comme celui de bey, qu'une formule de pohtesse.
BELGIQUE. — Historique. Comme créatio/i des traités de 1815, modifiés à la suite de l'insurrection heureusement accomplie en 1830. la Belgique est un des plus jeunes États de l'Europe; comme nationahté, elle en est un des plus anciens, son origine remontant à deux mille ans.
Trois ou quatre siècles avant l'ère chrétienne, et six ou sept avant l'incursion des Franks . les Belges, peuple teuton ou germanique de la rive droite du Rhin, passèrent ce fleuve et conquirent le nord delà Gaule, vaste pays, que les Romains nommèrent Gaule belgique. divisée en Germanie supérieure et inférieure . Belgique première et seconde. Dans ces hniites historiques , la Belgique comprenait: Stra.<bourg. Spire, Worms, Mayence, Coblentz et Andernach; Cologne, Aimégue et Leyde; Trèvc.>; . Metz, Verdun et Tout; Bavai, Tournai. Cambrai. Thérouanne, Boulogne, Arras, Amiens, Beauvais, Soissoiis, Reims et Chàlons-sur-JIarne.
Les côtes de la Bretagne et d'autres contrées plus lointaines se peuplèrent de colons belges. Saint Jérôme, au quatrième siècle, voyageant en Asie Mineure , reconnut chez les Galates , auxquels saint Paul avait adressé une de ses épiires, le langage qui se parlait aux environs de Trêves. L'Irlande fut peuplée par les Ménapions, habitants primitifs de la Flandre.
Les Belges qui, selon la remarque de Florus. Abrégé de l'histoire romaine, liv. III, chap. xi
BELGIQUE
combattaient pour la lilierté , sont les plus vaillants des Gaulois, dit César dans ses Commentaires, liv. I'■^ chap. I", témoignage qu'où ne saurait taxer d'exagération, si l'on considère le peu de sympathie des vainqueurs pour les vaincus. Voici, enefl'et.ce qu'on lit dans la 18» élégie du deuxième lin-e de Properce, écrivain presque contemporain de César: «Ta « folie maintenant est de te peindre le visage , « à la manière des Belges. Crois-moi . il n'y a « de ATaie beauté que celle de la nature, et des *' couleurs bclgiques ue peuvent qu'enlaidir '< une tête romaine. » Il est vrai que l'empereur Claude admit les Belges aux plus hautes dignités, teUes que sénateur, chevalier, consul, préteur, général; mais ce ne fut point sans opposition de la part du peuple de Rome.
L'aptitude guerrière des Belges ne se démentit pas dans le cours des siècles qui suivirent jusqu'à l'empire de iSapoléon l", ainsi rapproché de César ; l'analogie est frappante. .V la bataille de Raab, en Hongrie, le 14 juin 1809, ce fut un régiment entièrement composé de Belges, le 112" de ligne, qui mérita d'attacher la croix de la Légion d'honneur à son drapeau victorieux.
Dans un autre ordre d'idées, les Belges, fidèles à la foi de leurs pères, ont compté parmi les plus fervents catholiques: Envoyezmoi des Belges, mit/e Belgas. écrivait saint François-Xavier du fond de l'Inde. Les premiers chefs des croisades étaient Belges ; c'est sur une des places publiques de la ville de Bruxelles que s'élève, depuis 1848, la statue équestre de Godefroid de Bouillon.
Si donc le soldat et le prêtre sont des éléments .de stabilité des empires, la Belgique peut se glorifier de les posséder à un supi-ème degré'.
Territoire et population. Violemment séparées des provinces septentrionales du royaume des Pays-Bas. les provinces méridionales, se constituant en État indépendant sous le titre de royaume de Belgi(|iie. se donnèrent une constitution librement discutée, votée et promulguée par les représentants du peuple, réunis en congrès national. L'article 1" de la constitution a énuméré , ainsi qu'il suit, par ordre alphabétique, les grandes divisions du royaume, appelées provinces conformément aux" traditions historiques , toujours vivaces dans le pays; le tableau est complète par le nombre de communes urbaines et rurales, l'étendue territoriale d'après le cadastre, la population selon le recensement du 31 dèceml^re 1809, et les noms des anciens départements français correspondants;
imnncs. Hectares. Ilabitanls. Ane. di-partcmcuis.
l.iO %'iiXa 48b,8S3 Deux-Nelhe*.
3*0 3Î8,296 86ï,9h2 Uvle.
2b0 323,467 660,029 Lvs.
294 299,995 829,387 Escaut.
435 372,162 88t,3l9 Jcmappes.
.334 189,388 584,718 Onrtli.-.
206 241,234 198,727 SIpiisp
205 441,776 20»,326 For.-ls.
350 36f.,025 310,965 Sambre-ct- Meuse.
Prorioces. Co:
Anvers
Rrabant ....
Flandre orcid''.
Flandre oritoU'.
Hainxut ....