‹ Dictionnaire général de la politiqueChapitre 105 sur 557 · BENEFICES ECCLESIASTIQUES. — BIERE · texte numérisé non relu

BENEFICES ECCLESIASTIQUES. — BIERE

peu contribué à déterminer beaucoup de princes ât seigneurs à embrasser le protestantisme. En A.ngleterre, cependant, les bénéQces ont en partie survécu à la réforme et existent encore aujourd'hui, mais au proflt, bien entendu, des ministres de la religion de l'État. Les dîmes se sont également maintenues sur beaucoup de points. On subvient encore aux besoins du culte «établi)) au moyen de chiircfi- rates ou taxes d'église payées par les habitants de la paroisse. Ces taxes qui portaient autrefois même sur les dissidents, ont cessé enfin d'être obligatoires. L'extrême disproportion qui existe entre la situation du haut clergé anglican et celle du clergé inféyieur, a été très-souvent et très-vivement critiquée; il y a peu d'années, un bill de réformation a fixé un maximum aux émoluments que peuvent recueillir les évêques. En Irlande, l'Église d'Élat a cessé d'exister , mais ce principe , définitivement acquis, ne produira toutes ses conséquences qu'après une assez longue période de transition.

Chez les peuples cathohques qui ont conservé des bénéfices, ceux-ci sont régis par les règles du droit canonique, ou par les conventions spéciales intervenues entre les gouvernements et le saint-siége. Mais il semble qu'un mouvement général tende à substituer partout aux bénéfices ecclésiastiques un salaire payé par l'État aux ministres du culte.

Cette substitution, en dehors des nécessités financières qui l'amènent toujours, est-elle en elle-même une bonne ou une mauvaise chose? Pour la première opinion, on peut reprocher aux biens d'Église les mêmes inconvénients qu'à tous les biens de mainmorte, et leur imputer spécialement d'entretenir dans le clergé 4es préoccupations mondaines, de l'exposer à l'envie des populations. On rappelle aussi les abus qui naissaient sous l'ancien régime de l'inégale répartition des bénéfices, c'est-à-dire, chez quelques membres de l'Église, le luxe et les désordres qu'il entraine, chez d'autres, en grand nombre, une pauvreté touchant à la misère et à l'humiliation.

Pour la seconde, on peut répondre que ces inconvénients sont loin d'être irrémédiables, et dire avec Tocqueville : « J'ose penser, contrairement à une opinion bien générale et sohdement établie, que les peuples qui ôtent au clergé catholique toute participation quelconque à la propriété foncière, et transforment tous ses revenus en salaires, ne servent que les intérêts du saint-siége et ceux des princes temporels, et se privent eux-mêmes d'un trèsgrand élément de liberté.)) Mais, à dire vrai, c'est justement cette indépendance d'un corps quelconque au milieu de l'État que l'on redoute dans la situation actuelle de l'opinion, et cela quand bien même cette indépendance devrait, comme le pense Tocqueville, tourner au profit •de la liberté de tous. Une troisième opinion voudrait que l'État supprimât le salaire des cultes après avoir pris les biens de l'Église, c'est-à-dire que le clergé fût réduit à l'aumône. ■Ce système est hautement condamné, au nom

de la liberté de conscience, par M. Jules Simon, dans le livre remarquable qu'il a écrit sur ce sujet et auquel nous ne pouvons mieux faire que de renvoyer.

Bibliographie. Pasquier, Recherches sur la frowce, livre III. — Fleury, Institution au droit ecclésiastique. — Cardinal Soglia, Institutiones juris privati ecclesiastici. — Montesquieu , £5prit des lois, livre XXXL — Ghéruel, Dict. hist. des institutions. — Tocqueville, l' Ancien Régime et laRécolution, ch, xi. — J. Simon, la liberté de conscience , introd. Gaston ue Bourge.

BÉNÉFICE ÉCONOMIQUE. Voy. Production.

BERNE. Voy. Suisse.

BEY ou BEG répond, chez les Turcs et les Arabes, au titre de prince, de seigneur, d'homme de quahté. La première de ces significations est la plus ancienne, mais la dernière est plus usitée de nos jours. Ainsi, le fondateur de la puissante dynastie des Seljoukides, Thogrul, conserva le titre de bey comme étant alors une qualification aussi élevée que celle de sultan. Sous la domination des Mamlouks, l'Egypte était gouvernée par vingt-quatre beys ou seigneurs, dont le titre n'exprimait déjà plus qu'un rang semblable à celui de pacha; enfin, à notre époque, le titre de bey est conféré à des savants et à des militaires européens qui se sont signalés par leurs services eu Turquie, comme une simple distinction honorifique. [Voy. Beglerbey.)

BIENFAISANCE. Voy. Assistance.

BIÈRE. Cette boisson est imposée dans tous les pays; partout on la considère comme « éminemment imposable». Est-ce parce qu'elle constitue une consommation de luxe , de sorte que l'impôt qu'elle supporte peut être considéré comme volontaire; ou la prend-on seulement comme une matière d'un usage généra], et qui, par cette raison , reiid beaucoup.

L'une et l'autre de ces considérations ont sans doute présidé à la création de cet impôt que nous croyons d'ailleurs justifiable par les mêmes raisons que l'impôt sur le vin. Ceux qui demandent la suppression de ce dernier, doivent, en même temps et à plus forte raison peut-être, se prononcer pour l'abolition de l'impôt sur la bière. Mais il ne semble pas que les Trésors publics soient disposés à se priver de sitôt de cette source de revenu : bornonsnous donc à indiquer, en peu de mots, les divers modes de perception du droit sur la bière.

Ces modes peuvent être divisés en deux, savoir: droit sur les matières premières, et droit sur le produit fabriqué. Dans beaucoup de pays (France , Grande-Bretagne et autres) il y a en outre, sous le nom de licence, un droit sur la vente en détail.

Chacun de ces deux modes a ses avantages et ses inconvénients. Le droit sur la matière première est d'une perception facile et ne gêne

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