BIRMANIE
d'Yaudabo, offrait des ressources à ractivité britannique; les échanges avec l'intérieur du pays étaient demeurés à peu près nuls.
Eu 1851, des avanies faites à deux négociants anglais, qui étaient établis à Rangoun (principal port des Birmans), provoquèrent une demande d'explications de la part du gouverneur général de l'Inde , lord Dalliousie. Les autorités birmanes ayant refusé toute satisfaction, un ultimatum fut adressé à la cour d'Ava, qui n'en tint aucun compte ; enfin, la guerre fut déclarée, et, en avril 1852, un corps d'armée de 8,000 hommes, placé sous les ordres du général Godwin, et une escadre de 32 navires, commandée par l'amiral Austin, commencèrent les hostilités.
Le port de Martaban fut occupé le 5 avril, Rangoun emporté d'assaut le 24, après une résistance assez vive; la prise du port de Bassein acheva la conquête du littoral. Après ces premières opérations , les Anglais s'emparèrent de Pégu le 3 juin, et de Prôme, dans le courant Q'aoïit. L'année suivante, 1853 , les troupes anglaises, portées à un effectif de 16,000 hommes, occupèrent toute la province du Pégu qu'une proclamation du gouverneur général de rinde annexa aux domaines de la Compagnie, et elles se préparaient à marcher vers la capitale, lorsqu'une révolution de palais détrôna l'empereur, qui fut remplacé par son frère, le prince Mengdoun, partisan de la paix. Des négociations s'engagèrent, mais le nouvel empereur refusa obstinément de consacrer par un traité l'abandon de la province du Pégu, la plus riche et la plus importante de ses États. 11 déclara seulement qu'il ne reprendrait pas les hostihtés et qu'il ne troublerait pas les Anglais dans la possession de leur conquête. Lord Dalliousie, désireux de mettre fin à une expédition très-coiiteuse, se contenta de cette déclaration; par une proclamation, datée du 30 juin 1853, il annonça que la guerre était terminée et que la Compagnie conserverait le Pégu.
Depuis cette époque, la paix a été maintenue entre l'empire des Birmans et l'Angleterre. Malgré les tentatives renouvelées à plusieurs reprises auprès de la cour d'Ava, la situation du Pégu n'a pu être régularisée par un traité ; mais , entre les mains de l'Angleterre, possession vaut titre. De grands progrès ont déjà été accomphs dans cette nouvelle colonie britannique. Le traûc s'est développé à Rangoun, où sont admis les navires de toutes les nations. C'est par ce port que s'effectuent les éciiauges entre l'Europe et l'intérieur de la Birmanie.
La cour d'Ava a envoyé, en 1859, une ambassade à Paris. Cette démarche était sans doute inspirée à l'empereur des Birmans par le désir de s'assurer une protection contre l'Angleterre, qui, maitrcssc de l'embouchure de 1 Irawaddy, lient en réalité les clefs de Ponipire. Elle n'eut aucun résullat immédiat. L'Angleterre n'a aucun inlérèt à étendre sa domination au delà des liniilcs du Pégu, et les autres nations de PEurope n'ont point à se préoccuper
- BLOCUS
d'un pays qui n'occupe qu'un rang très-secondaire parmi les États de l'extrême Orient.