BOURGMESTRE. — BOURSE
lande, en Allemagne, le bourgmestre remplit dans les villes des fonctions analogues à celles de nos maires; il est chargé de la police, de l'administration des deniers de la commune, quelquefois même de la justice. Dans les communes rurales c'est le Schulze ou le Schœppe qui est l'équivalent du maire; du reste, les attributions de ces fonctionnaires ne sauraient être précisées, car elles varient d'un État à l'autre, et nous sommes obligé de renvoyer au chapitre de ladminislration de chacun des pays auxquels nous consacrons un article dans ce Dictionnaire. Nous ferons remarquer en passant qu'à l'époque où, chez presque tous les peuples de l'Europe, la langue vulgaire ne s'écrivait pas , les érudits traduisaient bourgmestre , à tort ou à raison , par les mots latins §enator et consul.
BOURG-POURRI [Rotten-borough). Lors du développement du système représentatif en Angleterre, on distribua entre les villes et bourgs de cette époque, ainsi qu'entre les comtés, le droit d'envoyer un ou deux députés au parlement. Dans la suite des temps , quelques-unes de ces localités s'étendirent et décuplèrent ou vingtuplèrent le nombre de leurs habitants, tandis que d'autres virent descendre leur population au chiffre de quelques familles. Des villes entièrement nouvelles s'étaient même élevées (Manchester, Birmingham, Leeds, Sheffleld), sans qu'on pensât à leur accorder le droit de se faire représenter. 11 a fallu bien des luttes pour faire cesser cette iniquité. Des intérêts puissants s'étaient ligués pour la maintenir; cai', dans ces bourgs-pourris (voy. ce mot), c'est l'aristocratie qui, en réahté, faisait les nominations. Enfin, le bill de réforme de 1832 fit cesser cet état de choses; on enleva aux petites locahtés déchues le droit d'élire un député, et on le conféra aux villes qui jusqu'alors avaient été privées de ce droit.
Une nouvelle révision des circonscriptions a eu lieu en 18G7. Dans un grand nombre de pays, ces révisions sont périodiques; elles sont prévues par les constitutions ou les lois organiques et se font, soit en modiliant les circonscriptions, soit en augmentant ou diminuant le nombre des représentants.
BOURSE. Tout Heu habituel de réunion pour les individus qui se proposent d'acheter ou de vendre une chose quelcouqû^~Cst un marché. Il y a deux sortes de marchés : les marchés où la marchandise est mise sous la main de l'acheteur et où celui-ci traite directement avec le vendeur; les marchés où les transactions s'accomplissent en l'absence des choses qui en font l'objet, ordinairement au moyen d'intermédiaires connus suus le nom de courtiers et agents de change. Ces derniers marchés prennent la dénomination spéciale de Bourses. Les rentes dÉtat, les obligations et actions de chemin de fer ou d'entreprises quelconques ne se négocient que sur les marchés appelés Bourses. Il n'en est pas de même des autres marchandises : elles se négocient
sur les deux espèces de marchés avec ou sans intermédiaires.
La loi française — et celle de quelques autres pays — réserve exclusivement aux agents de change le droit de négocier pour le compte d' autrui les titres admis à la cote otTicielle; mais cliacun conserve le droit de les acheter et de les vendre directement pour son propre compte.
Les titres non admis à la cote officielle ne peuvent être négociés au parquet des agents de change; on les négocie dans la coulisse, c'est-à-dire en dehors du marché légal et régulier. Ces sortes de négociations , quoique interdites, se font néanmoins ouvertement par des agents sans caractère officiel, qui violent la loi en négociant des titres auxquels le marché de la Bourse n'est pas ouvert , et qui la violent encore en usurpant les fonctions d'agents de change lorsqu'ils négocient des titres inscrits sur la cote otficiclle.
En présence de ces violations de la loi et de ces usurpations de fonctions qui ont lieu au grand jour d'un monument pubhc, on se demande tout naturellement s'il ne conviendrait pas de mettre le fait d'accord avec la loi. en substituant au monopole des agents de change la liberté du courtage. Puisque, se diton, une partie considérable des négociations qui se font sur le marché de la Bourse, sont traitées en dehors du petit cercle appelé parquet ou corbeille des agents de change, par l'entremise des courtiers libres, pourquoi toutes les négociations ne se feraient-elles pas de la même manière?
Sur les marchés où acheteurs et vendeurs sont en présence , les transactions sont régies par les conventions des parties; sur les marchés appelés Bourses, les transactions sont soumises à des règles générales et invariables. Elles se font au comptant ou à terme.
Les négociations au comptant sont réalisables immédiatement, sans autre délai que celui qui résulte de la force des choses; les négociations à terme, au contraire, ne sont réalisables qu'à une époque fixée.
Les 15 et 31 de chaque mois sont les échéances uniformément adoptées dans les Bourses pour la i-éalisation des marchés à terme. Aux échéances fixées, acheteurs et vendeurs doivent réciproquement accomplir leur obligation ou obtenir un nouveau délai en reportant l'échéance de leur engagement à une échéance postérieure, suivant les règles de la Bourse où l'engagement a été formé. Ce nouveau délai s'obtient au moyen d'une nouvelle convention appelée report. Le report coûte ordinairement plus ou moins à l'une ou à l'autre des parties, en d'autres termes, aux acheteurs ou aux vendeurs, selon l'état du marché. Lorsque le prix du report est payé par l'acheteur, il conserve le nom de l'opération elle-même et se nomme report; s'il est payé par le vendeur, il s'appelle déport. Le premier cas se présente lorsque les acheteurs, jie pouvant payer les titres achetés, sont plus nombreux que les vendeurs ne pouvant livrer les titres vendus;