Nous croyons devoir reproduire ici le passage qui suit
«Le système des administrations collectives, qui est celui de la loi belge, est peu conforme aux tendances de l'esprit français. Il supprime la responsabilité, il produit une certaine lenteur et il aboutit facilement à une sorte d'impuissance, qui aurait peutêtre pour résultat de le rendre impopulaire dans les départements et de nuireindirectemeut à la cause de la décentralisation et des libertés locales.
iL'idée de placer à côté du représentant de l'autorité centrale une commission intermédiaire assistée d'un président élu par le conseil général lui-même, a déjà été mise en pratique, sous une forme à peu près identique, à l'époque où Louis XVI et Necker s'efforcèrent de restaurer les libertés provinciales. Cette institution était adaptée sans difficulté à toutes les exigences d'une bonne administration. Elle avait rencontré, de la part des contemporains, et elle a obtenu des écrivains qui l'ont étudiée depuis cette époque, une approbation sans réserve. Le système des administrations collectives, au contraire, a été essayé dans notre pays sur les administrations centrales de l'an III. Il n'a produit que de médiocres résultats, et l'expérience qui venait d'eu être faite a contribué, pour une large part, au succès que rencontrèrent quelques années après les idées de l'an VIII. C'est sous l'influence de ce sentiment que, dans l'exposé des motifs de la loi du 28 pluviôse an VIII, Rœderer criti- «luait avec raison la législation du Directoire, en lui opposant la fameuse maxime : Délibérer Cït le fait de plusieurs, agir est le fait d'un seul. Cette maxime est celle de la législation française tout entière.!
(Exposé des motifs de la loi du 10 août 1871 sur les Conseils généraux. Journal officieldw 12 juin 1871.)
Cette commission intermédiaire a pourtant reçu des attributions administratives, c'est donc une administration collective, il reste à savoir comment elle s'accordera avec le préfet. Dès 1S72 il y a eu des conflits dans deux départements: sout-ce les premiers on les deraiers?