BUREAU, BUREAUX
est un comité municipal exécutif, présidé par le bourgmestre; dans les provinces, départements, cercles, le gouvernement (Rcgierung , et non régence, Rcgentschaft), le conseil, etc^ forme un petit ministère. Il se compose d'un conseiller des finances, d'un conseiller de l'intérieur, de conseillers des ponts et chaussées, de l'instruction publique, des cultes et d'autres, plus ou moins; et d'un président ou directeur. En Angleterre, il y a le board q/ treasury, le board o/ admirulty , et tant d'autres , sans compter le board of trade, qui n'est pas réellement une administration collective.
Lequel des deux systèmes est le meilleur? C'est une question peut-être un peu trop générale; il vaut mieux demander quels sont les avantages et les inconvénients de chacun d'eux.
En théorie, on soutient que les comités procèdent avec lenteur, mais que leurs décisions sont bien pesées, tandis que les fonctionnaires peuA^eut se décider promptemect, mais sont plus facilement exposés à se tromper, et même à tomber dans l'arbitraire. En fait, le fonctionnaire est en général obhgé de demander par écrit l'avis de conseils consultatifs ou d'hommes spéciaux, et d'attendre leur réponse, tandis que dans un comité raffaire peut être discutée de vive voix, sur le rapport de l'homme spécial, votée sans désemparer, signée par le président, de sorte que la décision peut partir le même jour. Dans ces comités , les discussions doivent d'ailleurs former une source abondante d'instruction pour ses membres. D'un autre côté, sous le régime d'un fonctionnaire unique, quand le service est assez important pour comporter des bureaux , il y a souA'ent des conférences entre l'administrateur et les employés supérieurs, et il en résulte une partie des avantages de la discussion préalable. Enfin, et ce point peut avoir son importance dans certains cas, un agent individuel est plus facilement rendu le dépositaire de la pensée politique du gouvernement qu'un agent collectif.
Il nous semble que, dans la pratique, il n'est pas ditlicile de combiner les avantages des deux systèmes. Qu'est-ce qui empêche, par exemple, un comité de se réunir au besoin d'urgence et de formuler sa décision de suite? Ne peut-on pas donner au président des pouvoirs exceptionnels pour les cas extraordinaires? D'un autre côté, pourquoi le ministre ne convoquera-t-il pas une ou deux fois par semaine ses chefs de service , comme le chef de l'Etat réunit ses ministres, pour discuter en «ommun les aCTaires hnportantes de chaque service? Le préfet pourrait en faire autant avec ses chefs de division, le maire avec ses adjoints, le directeur avec ses chefs de bureau. De cette façon , on s'assurerait à la fois les avantages des deux systèmes.
La préférence à accorder à l'un d'eux peut dépendre do l'étendue de lÉlat, de la nature du service pubhc, de la forme du goi;vtTncment, du culte professé par la majorité des citoyens, de la centralisation ou du selj-govemment; du moins y a-t-il lieu d'examiner s'il
existe un rapport entre le mode d'administration et l'une des circonstances que nous venons d'énumérer.
1. L'étendue de l'État exerce une influence positive sur l'organisation administrative. Dans un très-petit État, surtout, s'il y a des institutions libres, ce sera un comité qui administrera; il lui faudra peu ou point d'intermédiaires, car ses membres pourront voir par eux-mêmes. Dans un très-grand État, on devra multiplier les échelons hiérarchiques, et on placera à la plupart d'entre eux des fonctionnaires plutôt que des comités. Dans les pays d'une grandeur moyenne, des causes locales ou historiques ont pu déterminer le choix du système, et on trouve quelquefois une combinaison assez rationnelle des deux modes d'administration. Ainsi, en Prusse, un président supérieur est à la tète de la province, pour rapprocher la puissance politique des citoyens; il influe sur l'administration, mais dans une étroite mesure; ce sont les gouvernements des départements [Regieriaigsbezirk , circonscription gouvernementale) qui administrent, et ces comités sont secondés par les chefs des arrondissements [Landrath], fonctionnaires qui peuvent être assimilés aux sous-préfets. [Voij. Arrondissement.)
2. La nature du service. Entre le pouvoir nécessairement dictatorial d'un général en campagrio et celui d'un conseil purement consultatif, il y a de nombreuses nuances intermédiaires. En principe, plus la nature des attributions se rapproche du commandement, de l'exécution, plus la concentration de l'autorité est nécessaire; d'un autre côté, on penchera vers le système opposé, si la réflexion, la maturité des jugements est le point essentieL Ajoutons que , dans les alTaires importantes, la responsabilité rend souvent l'individu indécis, timide même, là où un comité trancherait hardiment, précisément parce que la responsabilité est divisée.
3. La forme du gouvernement se reflétera quelquefois dans le mode d'administration , mais il ne lui ressemblera pas toujours extérieurement. On pourrait même dire que les républiques démocratiques préfèrent les agents individuels et que les monarchies ont une tendance à confier le pouvoir à des comités. On pourrait, du reste, trouver une justification historique à ce penchant des mouarques. Si Charlemagne avait placé ou pu placer des comités à la tête des provinces et des districts p nous n'aurions jias eu la féodahté.
4. Mais, plus que la forme du gouvernement, le degré de centralisation ou de selj-government parait devoir déterminer le choix du mode d'administrafion. il est dans la nature du selfgoverament [voy. ce mot) de faire participer le plus grand nombre possible de citoyens à l'administration. Mais précisément parce que les rouages supérieurs et les rouages inférieurs sont organisés collectivement, les degrés intermédiaires sont et peuvent être occupés par des fonctionnaires individuels , dépositaires d'une parcelle de la puissance politique plutôt