‹ Dictionnaire général de la politiqueChapitre 137 sur 557 · CABINET NOIR. — CABOTAGE · texte numérisé non relu

CABINET NOIR. — CABOTAGE

publiée par le Journal officiel de la Commune dans le numéro du 8 mai 1871 démontre en ell'et, si elle est exacte, que le cabinet noir fonctionnait très-régulièrement sous le régime de 1852; cette pièce avait été trouvée, dit le Journal officiel, dans un des bureaux de radminislradon des postes par le délégué de la Commune ; elle ne portait ni signature, ni date, ni litre, mais en la lisant attentivement, on reste convaincu qu'elle a été écrite en 1868 par un fonctionnaire important de cette administration à titre de renseignement, et peutêtre sur la demande d'un des derniers ministres de l'Empire. La précision des détails, la désignation des locaux et des individus ne laissent d'ailleurs aucun doute sur rauthenticité et l'exaclitude de la note. Il y est dit que le cabinet noir se compose de deux pièces situées au premier étage dans la partie de l'hôtel des Postes qui donne sur la rue Jean-Jaeques- Rousseau : dans l'une de ces pièces , se tient un employé spécial des postes et dans l'autre un commissaire de police également spécial; les deux agents suivent pour entrer et sortir un itinéraire particulier, qui assure le secret de leurs démarches. Le cabinet occupé par l'agent des postes rayonne sur les trois sections principales du service des lettres, sections dont les employés ne communiquent pas entre eux; un sous-agent des postes peut, sans éveiller l'attention, entrer dans l'une quelconque de ces trois salles, y prendre et y rapporter les dépêches examinées elles lettres lues dans le cabinet noir. Quand un paquet de ou pour tel lieu est signalé, le sous-agent, averti d'avance, se trouve là pour le prendre et le porter à l'agent qui le dépouille et en extrait les lettres à lire : ces lettres sont remises au commissaire spécial de police. Les dépêches transitant parla France sont ouvertes à roccasion comme les autres. L'agent préposé au cabinet noir a le titre de chef du bureau du départ, et touche 5,000 francs d'appointements. La même note fait connaître que la surveillance du cabinet noirporte beaucoup moins sur les personnes hostiles àl'Empire que sur celles qui, par leur position, semblent devoir être à l'abri de tout soupçon : les officiers supérieurs des corps d'armée, les familiers des Tuileries, les sénateurs, les évoques, etc.. La correspondance du prince Napoléon avec sa femme est dépouillée, elle aussi et sans plus de scrupule, par les mains des mêmes agents.

Depuis la chute de l'Empire aucun fait positif de nature à faire croire au maintien du cabinet noir n'a été allégué; il est donc probable que cette institution a totalement disparu. Jacques Hébrard.

CABOTAGE. Ce mot a plusieurs acceptions. U signifie d'abord et vulgairement : navigation le long des côtes, par opposition à la navigalion au long cours. Relativement à ce dernier, le Code de commerce dispose, il est vrai, ce qui $uit :

« Sont réputés voyages de long cours, ceux qui se font aux Indes orientales et occideutales,

à la mer Pacifique, au Canada, à Terre-Neuve, au Groenland, et autres côtes et lies de l'Amérique méridionale et septentrionale, aux Açores, aux Canaries, à Madère et dans toutes les côtes et pays situés sur l'Océan au delà des détroits de Gibraltar et du Sund. «

Mais il ne s'agit ici que du délaissement des objets assurés. Une autre définition du long cours se trouve dans la loi du 14 juin 1854, qui en a fixé les limites ainsi qu'il suit : « Sont réputés voyages de long cours ceux qui se font au delà des limites ci-après déterminées: au sud. le 30« degré de latitude nord; au nord, le 72® degré de latitude nord; à l'ouest, le 15^ degré de longitude du méridien de Paris; à l'est, le 44^ degré de longitude du méridien de Paris. » Tel est le long cours.

La seconde acception dn mot cabotage a un emploi plus fréquent, c'est celle que lui donne l'administration des douanes. D'après cette administration, le cabotage est la navigation qui se fait d'un port français à l'autre. C'est donc une navigation intérieure ; les marchandises transportées par caboteurs sont censées n'avoir pas plus quitté le pays que celles qui descendent la Seine ou la Loire, ou celles que la locomotive entraîne de Paris à Marseille.

La navigation du Havre à Southampton , à Londres ou à Hambourg, n'est pas du cabotage dans le sens administratif du mot; c'est du commerce extérieur ; néanmoins , c'est un voyage bien plus court que celui qui a Dun- Icerque pour point de départ, et Toulon ou Nice pour point d'arrivée. Toutefois, bien qu'on distingue entre le petit et le grand cabotage, le premier étant celui qui se fait entre ports de la même mer (Océan o?f Méditerranée), et le second , celui qui relie l'Océan et la Méditerranée, la définition légale confond ces deux sortes de voyages.

Le cabotage, malgré la concurrence des chemins de fer, a conservé eiicore une grande importance. Cette concurrence ne l'a même pas empêché de progresser, ce qui indique l'accroissement continu des affaires; mais on comprend que les A'oies ferrées ont enlevé aux caboteurs toutes les marchandises pour lesquelles la rapidité des transports a une importance sensible.

Il serait regrettable de voir décliner la navigation côtière; à cause des dangers dont elle est parsemée, elle est une excellente école pour nos marins; elle offre de plus un moyen de restreindre le monopole, quelque peu inquiétant, de grandes lignes ferrées. La concurrence profite à tout le monde. Du reste , certaines marchandises encombrantes seront toujours plus avantageusement transportées par navire que par chemin de fer. Ou parle aussi de la concurrence des bateaux à vapeur, mais nous ne savons si le cabotage proprement dit (à voiles) en souffrira autant que les raihvays, car employer la vapeur c'est combattre les chemins de fer par leurs propres armes, et s'assurerquelqnes-unes de leurs qualités: la vitesse et la régularité.

Parmi les moyens de venir en aide au cabo-

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