‹ Dictionnaire général de la politiqueChapitre 141 sur 557 · CAISSE DE EETRAITES POUR LA VIEILLESSE · texte numérisé non relu

CAISSE DE EETRAITES POUR LA VIEILLESSE

CALENDRIER

aToir une « poire pour la soif » , une ressource pour les moments de détresse , ou si tu veux créer le petit capital qui engendrera peut-être ton indépendance , ta fortune ;

Aide-toi et dépose à la caisse de retraites , si tu veux amasser pour ta vieillesse une rente qui te permettra de vivre lorsque tes membres affaiblis ou infirmes te refuseront leurs services.

N'est-ce pas là un argument sufflsant en faveur de l'utile institution à laquelle nous consacrons ces lignes ? Nous en ajoutons pourtant encore d'autres. On ne voit que trop souvent les familles vivant du salaire se disloquer lorsque les enfants sont en état de se suffire. A peine la nouvelle génération est-elle formée , qu'elle satisfait à son tour au besoin de s'entourer d'une famille. Le père, s'il comprend eu remplit ses devoirs, emploie toutes ses facultés pour élever ses enfants et il n'y arrive souvent qu'avec peine; que reste-t-il pour ses parents âgés ? Il en reste bien moins encore s'il aime mieux le vin , le jeu et mille autres distractions que ses proches , ascendants ou descendants. Or, si le vieux père avait une rente, loin d'être une charge pour ses enfants , il leur apporterait l'aisance et resserrerait les liens du sang.

D'un autre côté, l'argent déposé à la caisse de retraites est pris sur celui qu'on aurait dépensé au cabaret , car celui qui pense à l'avenir ne saurait dilapider aussi stérilement les produits de son labeur.

L'utilité des caisses de retraites pour les classes qui vivent de leur salaire , que le travail soit intellectuel ou manuel, est donc incontestable; la question est de savoir quand on doit la préférer à la caisse d'épargne.

Sur ce point, la réponse est facile. La caisse de retraites est plus avantageuse que la caisse d'épargne lorsqu'on ne fait pas assez d'économies pour pouvoir se former en peu d'années un capital suffisant pour s'établir, ou seulement une somme assez grande pour la placer soi-même avec fruit. Ajoutons que la faculté de déposer les plus petites épargnes à mesure qu'elles se réalisent permet d'en tirer parti pour la retraite sans éprouver la moindre perte. Il y a même avantage à faire le dépôt sans délai. En effet , la rente n'étant payée qu'à partir d'un âge déterminé, 50 ans, par exemple, l'intérêt sera d'autant plus fort que le déposant aura été plus jeune, ou que l'intervalle entre le dépôt et la liquidation de la rente sera plus grand. On sait d'ailleurs que le tarif est calculé sur la base de l'intérêt composé et de la mortalité , c'est-à-dire que les survivants héritent dans une certaine mesure des déposants morts avant d'avoir consommé leur capital.

Nous n'entrerons pas ici dans la description détaillée de la caisse de retraites établie en France en 1850; on trouvera sur ce point tous les détails nécessaires dans notre Dictionnaire de l'Administration française (Paris, Berger- Levrault). Il resterait seulement à examiner si l'institution doit être une entreprise privée, ou si elle doit être administrée par l'État,

La plupart des économistes posent en principe que l'État ne doit pas entreprendre ce que les particuliers peuvent réaliser, et quelquesuns en concluent qu'on doit pousser jusqu'à l'extrême le laissez-faire. Nous n'avons pas besoin de nous appuyer ici sur l'axiome que tous les extrêmes sont... au moins... nuisibles; il suffit de faire remarquer que l'État ne s'est chargé de la caisse de retraites , que parce que les compagnies d'assurance sur la vie ne s'occupent pas volontiers des petites assurances, et parce que les compagnies, se faisant payer leur peine, comme de raison, ont un tarif relativement élevé. D'un autre côté, aucune compagnie n'inspirerait peut-être aux populations assez de confiance pour attirer les dépôts ; la sécurité que présente l'État n'est elle-même pas toujours assez forte pour vaincre les suggestions de l'imprévoyance. Et pourquoi ne ferait-on pas valoir aussi le côté moral de l'institution, pourquoi ne ferait-on pas entrer en ligne de compte l'utilité poUtique d'une organisation qui tend à diminuer la misère? Ainsi tous les points de vue qui intéressent la société se prononcent tellement eu faveur de la caisse de retraites , que l'État a eu raison de suppléer à l'insuffisance de l'industrie privée.

Maurice Blogk.

CALENDRIER. Calendrier vient àe calendes, nom du premier jour de chaque mois chez les Romains, mais il n'est pas certain que le mot calendes lui-même ait, comme on l'a prétendu, pour étymologie le mot grec xaXéu, par allusion à la convocation du peuple romain qui, ce jour-là, était réuni en assemblée générale.

Arago définit le calendrier «une collection de préceptes ou de tables dans lesquelles les subdivisions du temps sont envisagées dans leurs rapports naturels ou conventionnels déposition ou de longueur ».

Mesurer la durée, assurer une place fixe aux événements qui s'y succèdent, coordonner par ce moyen avec précision et ses actes dans le présent, et ses souvenirs dans le passé, dut être un des premiers et des plus vifs besoins des sociétés naissantes. C'est seulement ainsi qu'elles prenaient en quelque façon conscience de leur existence sociale, et qu'en introduisant dans la série des faits la suite et la logique , elles constituaient leur personnalité.

Les principales subdivisions établies dans le temps ont reçu pour bases quelques-uns des phénomènes qui ont le ciel pour théâtre. La révolution diurne apparente du soleil autour de la terre, ou, pour mieux dire, la rotation de la terre autour de son axe, a déterminé la longueur des joia-s , la révolution annuelle , ou, pour parler plus exactement, la translation de la terre autour de l'astre central, a servi de mesure à Vannée. A son tour, la course de la lune, qui parcourt son orbite entier autour de notre planète en 29 jours et demi, semble avoir suggéré l'idée d'une division nouvelle , le mois, dont le nom, dans plusieurs langues, rappelle en effet celui de notre satellite. Quelques peuples même , parmi les premiers , ont

CALENDRIER

tenté d'sn déduire exclusivemeut Tannée.

Cette période mensuelle, cependant, sans temps d'arrêt et sans repos , parut trop longue pour les usages de la vie civile , et l'on y établit une subdivision nouvelle, celle-ci étrangère aux phénomènes astronomiques, arbitraire ou puisée dans des considérations d'un autre ordre. La plus connue , celle qui s'est perpétuée jusqu'à nos jours dans tout le monde occidental, est la période de Z jours ou semaine. Entre les deux opinions extrêmes, celle qui la considère comme universeUement adoptée dans l'antiquité, et celle qui n'en attribue l'usage qu'au seul peuple juif, on admet généralement qu'elle était anciennement connue des Chinois, des Juifs, des Égyptiens, des Chaldéens, des Arabes, et qu'elle ne fut pas introduite en Grèce , à Rome et dans l'Occident avant le troisième siècle de notre ère.

J'ai dit que dans certains pays on avait d'abord donné pour mesure à l'année une série fixe de mois lunaires, mais cette méthode présentait des inconvénients graves et qui devaient bientôt la faire abandonner. Les périodes lunaires, en effet, ne s'accordent pas avec les révolutions du soleil , qui seul règle la marche et le retour des saisons , sur lesquelles le cours de la lune n'exerce aucune influence. Il s'ensuivait que dans la succession des années les mêmes mois ne correspondaient bientôt plus aux mêmes saisons, et que, l'écart s'accroissant toujours jusqu'à ce qu'il eût parcouru le cercle entier de lanuée, les mêmes phénomènes de la nature rétrogradaient peu à peu dans tous les mois. Ces repères instables , source de confusion plutôt que d'ordre, jetés mais non fixés sur la voie du temps , étaient bien insulnsants pour régler le retour des divers travaux agricoles, ou même pour imprimer avec quelque précision dans la mémoh'e des hommes les souvenirs d'un passé toujours flottant. On imagina, pour corriger ce désaccord, et pour rétablir l'équilibre, d'intercaler à la suite de chaque année des jours supplémentaires , ou d'ajouter des mois supplémentaires après un noml)rc d'années déterminé, et ainsi la course du soleil devint l'unique régulateur de la période annuelle.

Ladilliculté cependant n'était qu'amoindrie; les astronomes , en eU'et , distinguent trois années diflérentes : l'année sidérale, dont on se sert dans la science pour certains calculs particuliers; elle est égale au temps que le soleil emploie pour revenir à la même étoile; la durée de cette année est de 365J'",25G37 ou 3G5 j. 6 h. 9 m. i0«,37; l'année anomalislique, ou le temps que le soleil, dans son muuvcment apparent autour de la terre , emploie i)0ur revenir exactement au môme point de sou orbite; elle compte eu jours moyens 3GÔ',25'J709 ou 365 j. 6 h. 13 m. 58',8; enfin l'année tropique, ou le temps que le soleil emploie pour revenir au même équinoxe. Elle est, en jours moyens, de 365',24226i ou 3G5 j. 5 h. 48 m. 51^0; c'est celle qui sert de type à l'année civile.

Si l'année tropique était composée d'un nombre rond de jours, la chronologie et l'art

de construire des calendriers auraient été une science facile et élémentaire. Mais cette fraction de jour qui la complète ramène, quoiqu'en de moindres proportions , ces discordances qui étaient nées de l'année lunaire. Après l'accomplissement de chaque période annuelle, le retour de chaque saison se trouve déplacé, sur le calendrier civil, de quelques heures, qui, en s'accumulaut, forment des jours, puis des mois, jusqu'à ce que le point de départ de chacune de ces saisons ait parcouru le cercle entier des mois. C'est la nécessité de rétabhr sans cesse l'équilibre, ou de maintenir les écarts dans les limites les plus étroites possibles, qui a créé tous les embarras des astronomes ef des chronologistes. Voyous en peu de mots quelles solutions diverses ont été proposées de ce problème.

A/uiée égyptienne. Elle se composait probablement d'abord de 360 jours, divisés en 12 mois égaux de 30 jours. Plus tard, on y ajouta 5 jours, nommés épagomènes, qui formaient une sorte de treizième mois plus court, et comme, malgré cette addition, elle différait encore sensiblement de la véritable année tropique, elle reçut le nom d'année vague. Au bout d'une série déterminée d'années, les saisons, après avoir parcouru successivement tous les jours et tous les mois de l'année A'ague , revenaient à leur point de départ primitif. C'est cette série qu'on appelait la période sothiaque. Elle était de 1,460 années vagues.

Année grecque. Cette année, primilivement déterminée par la révolution lunaire, compta d'abord 354 jours, divisés en 12 mois, de 30 et de 29 jours alternativement, appelés pour cette raison pleins et caves, et subdivisés euxmêmes en 3 décades, dont la dernière, naturellement, pour les mois de 29 jours, n'en avait pas plus de 9. Les savants ne sont pas d'accord sur les noms de ces douze mois et sur la place qu'ils occupaient dans l'année. Ils n'étaient pas les mêmes, d'ailleurs, dans les diverses républiques de la Grèce. Plus tard, l'année grecque fut portée à 360 jours, et enfin, en moyenne, à 365, à l'aide de mois intercalaires. Méton remarqua le premier que 19 de ces années, contenant exactement 235 lunaisons, ramenaient aux jours de même dénomination les mêmes phases de la lune; de là naquit le cycle qui porte son nom , et qui fut plus tard étendu avec plus de rigueur, par Galippe, à 76 années renfermant 940 lunaisons.

Année romaine. L'année romaine est devenue la nôtre , à la fois pour les noms et pour la durée de ses mois. Sous Uomulus, cette année n'avait pas plus de 30 i jours, répartis dans 10 mois, dont 4 en coiuplaient 3! , et 6, seulement 30. Elle conunençait en mars. iN'uma ou Tarquin y ajouta 51 jours et la porta ainsi à 355. 11 l'augmenta en conséquence de 2 nouveaux mois: janvier et février. Chaque mois était divisé en 3 périodes inégales, marquées par les jours de calendes, qui revenaient le l^"" du mois, des no nés , qui tombaient le 5 ou le 7, et des ides, qui arrivaient le 13 ou le

CALENDKIER.

1 5. Les Romains , au lieu de compter comme nous les jours, en suivant la série ascendante des nombres , les décomptaient en prenant pour point de départ la lètc la plus procliaine, et disaient, par exemple , le 5% le 4^ ou le 3» jour avant les ides. L'année romaine , cependant, était beaucoup trop courte. On essaya de la compléter en y ajoutant, tous les deux ans, un mois complémeutaii-e , nommé mercedonius, merkedunius ou mei-kedinus , qui était intercalé entre le 23 et le 24 février, et qui portait le nombre des jours à 3G6. Une année si imparfaite , sans compter des causes étrangères à la chronologie , et qui concouraient encore à la fausser, appelait une prompte réforme. Elle fut due à Jules César, aidé de l'astronome Sosigène, et fut adoptée en l'an 708 de Rome, 4G« avant J.-G. Le calcul à l'aide duquel ou obtint Tannée astronomique manquait encore d'exactitude et elle fut fixée à 365 ^U jours. Il fut décidé qu'elle serait uniformément partagée en 12 mois, le mois mcrcedonius étant supprimé, que celui de février compterait 28 jours, 7 autres au lieu de 5, 31 jours, et les 4 restants, oO seulement; et qu'enfin, pour rétablir, entre l'année solaire et l'année civUe , l'équilibre rompu par le quart de jour qu'on était obligé de négliger, on ajouterait à cbaque quatrième année un jour supplémentaire, qui serait intercalé dans le mois de février, et, pour ne pas changer en apparence le nombre sacramentel des jours de ce mois , prendrait son rang la vrille du sexto-calendas (sixième jour avant les calendes de mars), sous le nom de bisscxto-culendas , ce qui valut à l'année qui en était affectée, celui de bissextile:

Année juive. — Elle était d'abord de 35 4 jours, qui formaient 12 mois lunaires de 30 et de 29 jours alternativement. Les Juifs, pour combler la lacune de 11 '/4 jours que présentaient ces années, comparées à l'année solaire, introduisirent de bonne heure , à la suite de quelquesunes d'entre elles , un treizième mois , d'après des règles qui varièrent selon les temps.

Année musulmane. — Comme l'année juive, elle contient 12 mois ou lunaisons de 30 et de 29 jours, formant ensemble 354 jours. Mais Ijour qu'elle coïncide aussi exactement que possible avec un nombre rond de lunaisons, il est nécessaire d'y intercaler 11 jours pour une période de 30 années, et cette intercalation se fait à certaines années déterminées. L'année musulmane cependant reste de 11 ^/4 jours plus courte que l'année tropique, et il en résulte que les Mahomélans comptent 3i des leurs, pendant qu'U ne s'en écoule que 33 des nôtres. Les Turcs toutefois ont accepté, pour laduiinistratiou, le calejidricr julien.

Année chinoise. — Deux mille ans avant notre ère les Chinois avaient déjà adopté le système enseigné à l'Europe par Jules César, c'est-à-dire celui en vertu duquel l'année est ramenée à la durée de 305 '/Jours, par l'iulercalation d'un jour dans la dernière année de chaque période quadriennale. Ce calcul laissait encore, comme nous le verons bientôt, subsister une crroiir qu'ils n'avaient pas manqué d'a-

percevoir et qu'ils atténuaient par diverses corrections sur lesquelles il est inutile d'insister.

Année persane. — Cette année, usitée dès le onzième siècle , mérite d'être indiquée ici pour sa rare exactitude. Elle était conforme au système julien, un peu modifié, de telle sorte qu'après 7 périodes de 4 années, avec iutercalation d'un 360^ jour à la 4^, venait une 8« période composée de 5 années et dont la 5« seule subissait l'addition. C'était donc en tout 8 jours complémentaires pour 33 ans, ce qui ne laissait plus entre l'année persane et l'année tropique qu'une dill'érence de 1^,30 pour dix mille ajis, la première étant la plus longue.

Réforme grégorienne. — Cette année jubennc qu'on avait crue d'une exactitude rigoureuse, était en réalité trop longue, puisque nous avons vu qu'elle comptait 365 jours 6 heures, tandis que l'année tropique contient seulement 365 jours 5 heures 48 minutes 51^6. lien résultait une erreur qui faisait retarder l'année civile sur l'année astronomique. La différence en 1582 égalait 10 jours, et l'équiuoxe, fixé au 21 Diars par les pères de Kicéc, tombait le 11 de ce mois. II fallait donc raccourcir l'année civile. Le pape Grégoire XIII, assisté du savant Lilio, entreprit cette nouvelle réforme. Supprimaut 10 jours à l'année 1582, ou passa du 4 au 1 5 octobre , et , pour assurer autant qu'il était possible, dans l'avenir, la parfaite concordance entre l'année astronomique et l'année civile, on résolut de retrancher chaque bissextile séculaire , c'est-à-dire le jour complémentaire que l'on avait, depuis Jules César, ajouté à la dernière année de la dernière période quadriennale de chaque siècle. Une exception toutefois dut être faite à cette règle nouvelle. Ces retrauchemeuts, en effet, rendaient l'année grégorienne plus courte qu'il ne convenait , et l'on dut maintenir la dernière bissextile séculaire de chaque période de quatre siècles. Si l'on veut apprécier le degré d'approximation donnée par cette réforme entre l'année julienne, l'année grégorienne et l'année astronomique, ou obtient les résultats suivants : 1 0,000 années tropiques contiennent 3,652,422^,64, 10,000 années juUennes en comptent 3,652,500; différence 77',36; 10,000 années grégoriennes, 3,652,425 jours; différence 2^,36, plus grande que celle que nous avons constatée dans l'année persane.

Tous les peuples de l'Europe n'adoptèrent pas immédiatement cette utile réforme; voici les dates auxquelles la plupart y donnèrent leur adhésion: Rome, 5-15 octobre 1582; France, 10-20 décembre de la même année; Pologne, 1586; Allemagne: pays catholiques. 1584; pays protestants, 19 février-1" mars 1600; le Danemark, la Suède et la Suisse, bientôt après; l'Angleterre, enlin, en 1752.

Quelques peuples même ne consentirent pas à l'introduire dans leur calendi'ier, les Russes notamment , et telle est la cause de la diûérencc de 12 jours que l'on remarque entre leur manière de dater et la nôtre. Elle se compose des 10 jours que tlrégoire XIII retrancha eu 1582, et les deux bissextiles séculaii'os de

CALENDRIER

1700 et de ISOO, que la réforme grégorienne a supprimées.

Vers la même époque le calendrier subit une autre réforme à peine moins importante. L'année dans l'antiquité, et depuis lere chrétienne , avait commencé à des époques différentes selon les peuples et selon les temps. Elle avait eu successivement pour point de départ, le jour de ]N'oël,le l^jamûer, le l"mars, le 25 mars et enfin le jour de Pâques. Le premier jour en était fixé, par exemple en France, au 1" mars vers 755, au jour de A'oël du temps de Gharlemagne, à Pâques pendant presque tout le moyen âge. Il fut uniformément reporté au 1" janvier en Allemagne dès 1500, en France eu 15G3 , en Angleterre en 1752, et successivement dans tous les États de l'Europe.

Année républicaine. — Le calendrier républicain fut adopté en 1793 et ne dura que 13 ans. L'année, en vertu de ce système , devait commencer le jom* même de Téquinoxe d'automne; et comme ce jour est variable, les astronomes étaient chargés de déterminer l'insttiut précis du phénomène. Elle était composée de 12 mois de 30 jours, plus 5 jours complémentaires, ou 6 pour les années bissextiles. On connaît les noms de ces mois. ludiquons-Ies cependant ici: vendémiaire, brumaire, frimaire, nivôse, pluviôse, ventôse, germinal, floréal, prairial , messidor , thermidor, fructidor. Chaque mois enfin était divisé en trois décades, et les noms des jours en exprimaient seulement le rang dans la décade.

Périodes diverses. — Je n'insisterai pas sur quelques cycles ou groupes d'années imaginés, à ce qu'il semble, pour venir au secours de la mémoire et faciliter la supputation du temps. Les principaux sont : chez les Grecs , l'olympiade qui contient 4 années ; chez les Romains, le lustre qui en compta d'abord un pareil nombre et plus tard en forma 5 ; dans le moyen âge, l'indiction qui en renferme 15; le siècle enfin qui n'a pas toujours eu la môme

durée; la longueur en a été tour à tour de 25 , 30, 112, 116 ans, etc. Elle est aujourd'hui fixée à 100 ans.

Ères. — 11 ne me reste que quelques mots à dire des principales ères dont successivement ont fait usage, ou qu'ont tenté d'introduire les chronologistes et les historiens. Les ères sont , comme on sait , les points fixes d'où l'on commence à compter les années, et elles servent de base et d'appui, par conséquent, à toute chronologie. Les caprices des peuples les ont créées en grand nombre pour la confusion <î.e l'histoire. Kous ne pouvons noter ici que celles qui laissent encore quelques traces chez les historiens.

Ère du monde. — L'Église chrétienne , en tentant de la faire prévaloir, était inspirée par une idée digne d'elle , et elle voulait fonder une chronologie universelle et uniforme. Malheureusement, les éléments dont cette ère pouvait être déduite renfermaient d'irréductibles contradictions; les divers calculs qui prétendaient la ffxer, et qui n'étaient pas au nombre de moins de 200 , la faisaient remonter depuis l'an 3950 jusqu'à l'an 5509 avant Jésus- Christ, et au milieu de toutes ces incertitudes il fut impossible de l'établir. Les Israélites comptaient en 1800 l'an 55G0de la création du monde, donc, en 1873, l'an 5633.

Ère des olympiades. — On la fait généralement remonter au mois de juillet de l'an 776 avant Jésus-Christ.

Ère de la fondation de Rome. — Elle commence, selon Yarron, 753 avant Jésus-Christ.

Ère deNabonassar. — Elle s'ouvre 747 avant la même date.

Ère chrétienne. — EUe ne fut introduite dans le monde occidental qu'en 532 par le moine Deuys le Petit. Elle prend son point de départ au début de l'année 754 de Rome; 7 jours après la naissance du Christ, qui vint au monde, suivant les calculs de ce moine, le 25 décembre de l'année 753.

Celte ère, dans nos usages, sert à fixer la

CONCORDANCE eyitre le calendrier républicain et le calendrier grégorien.

Vendémiaire

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CALENDKIER. — CAMPS RETRANCHÉS.

place, non-seulement des années qui se sont écoulées depuis rapparition du Christ, mais aussi de celles qui appartiennent à Tbistoire antérieure. On les désigne naturellement on décomptant, mais les aslronomes et les chronologistes n'ont pas adopté la même métbode; les premiers imposent le signe zéro à l'année qui précéda immédiatement la première de notre ère, tandis que les seconds lui donnent le n'* I. 11 en résulte une diflérence constante d'une année dans la lixation des dates.

Ère mahométane ou de l Hégire. — Elle date du 16 juillet C22, mais l'année musulmane étant lunaire et plus courte que la nôtre , on ne peut réduire une date grégorienne en date de 1 Hégire, et vice versa, qu'à l'aide de calculs assez compliqués.

Ère rêpubiicaiiie. — Elle cormnence le 22 septembre 1 792 '. A. Rabuteaux.

Comparez : Almanach, Décade, Dimanclie, Olympiade.

CALIFE. Voy. Khalife.

CAMARADERIE. Voy. Corps (Esprit de).

CAMARILLA. Mot d'origine espagnole, qui peut être considéré comme synonyme de />ef2Y5 appartements. Il s'applique aux influences extra-constitutionnelles ou occultes qui s'exercent sur le souverain et, dans les pays de gouvernement absolu, sur les affaires pubbques,

Kous n'avons pas besoin de dire que ce mot est pris en mauvaise part, aussi bien que /a^'oritisme et entourage.

CAMERLINGUE. Mot d'origine allemande signibant laailre de chainOre. Ce titre n'existe plus qu'à la cour de Rome. [Voy. Chambellan.)

CAMPS RETRANCHÉS. Puisqu'il n'y a pas trop d'csjjoir de voir cesser les guerres qui désolent l'iiunianité , il est du devoir de tous ceux qui préfèrent les bonnes œuvres aux belles phrases, de protester et de réagir contre la fortilication des villes. On a souvent démontré que les forteresses n'offrent aux pays qu'une protectiou illusoire; en 1814 et eu 1870, des armées ennemies ont traversé une triple ceinture de forteresses en se bornant à les masquer par un rideau de troupes , et ce qui a été fait alors peut se renouveler. Les forteresses pouvaient avoir leur raison d'être lorsque les armées comptaient dix mille, vingt ou trente mille hommes au plus; mais à l'avenir les armées se uombreront par centaines de mille hommes, sinon par millions, et dépareilles masses ne s'arrêtent pas un seul jour devant une forteresse.

D'ailleurs, le sort d'une guerre dépend des batailles gagnées ou perdues en rase campa-

1. Voir, p. 2!M, la Concordance entre lecalendrier républicain et le calendrier grégorien que nous empruntoiis au Dictiunnaire de l'Administration française (Paris et Strasbourg, Bergcr-Lievrault).

gne ; les corps détachés des armées victorieuses se rendront forcément maîtres des villes fortifiées. Ou a dit dès le dix-septième siècle, et même avant, que la prise d'une ville n'est qu une affaire de temps; or, ce qui était vrai avec des canons d'une faible portée, l'est à plus forte raison avec nos engins qui portent au delà de ce qu'on peut apercevoir à l'œil nu. De nos jours, fortifier une ville, c'est y appeler nécessairement la destruction, c'est exposer des non-combattanfs, vieillards, femmes et enfants, aux maladies, aux blessures, à la mort. Et l'ennemi, quel qu'il soit, qui lance les engins destructeurs n'est pas seul coupable : celui qui fortifie la ville, l'est au moins autant.

Multiplier les forteresses, c'est, du reste, immobiliser sans utilité une partie de l'armée, c'est l'éparpiller à une époque où l'on opère par masse, c'est donc créer une cause de faiblesse. De plus, on impose le céhbat au soldat, ou entrave le mariage des officiers pour que la famille n'enlève au militaire rien de son courage ni de sa promptitude au sacrifice, et l'on met des garnisons dans des villes ! 11 doit alors arriver de deux choses l'une : ou le commandant se laisse inOuencer par la population civile et se rend trop tôt; ou il est obligé de voir tuer des femmes et des enfants sans utilité pour la patrie.

Mais , dit-on , le salut de la patrie exige des points fortifiés. Qu'à cela ne tienne, on n'a qu'à faire des camps retranchés. Qu'on les place aux endroits indiqués par la science miUtaire ; qu'on y prodigue toutes les ressources de l'art, mais qu'on n'y loge que des soldats. En temps de paix, on y mettra le noyau nécessaire pour l'entretien des œuvres; en temps de guerre, la garnison s'élèvera au chiffre exigé par les circonstances, mais les femmes et les enfants en seront exclus.

11 est bien entendu que ces réflexions s'appUqucnt à tous les pays du monde, que nous demandons le démantèlement de toutes les villes fortifiées, qu'elles soient situées sur la Seine ou le Rhin, sur le Danube, l'Elbe ou la Vistule , sur le Gange ou le Mississipi , la science et l'humanité sont de toutes les contrées. Kous n'ignorons pas que nos propositions sont prématurées, qu'on haussera peut-être les épaules. Mais nous sommes convaincu que notre manière de voir fera son chcmiu. De même que l'invention de la poudre a provoqué tout naturellement le démautèlement de milliers d'inutiles forteresses, de même l'invenlion du canon rayé fera-t-il détruire les remparts restés debout et ceux qu'on a le tort de construire à nouveau. La cuirasse du vaisseau elle - même disparaîtra comme la cuirasse et le boucher du chevalier, car, comme nous l'avons dit lors de la l""" édition du Dictionnaire (voy. Marine, p. 272), dans la lutte entre la cuirasse et le boulet, c'est finalement le boulet qui l'emportera. De même pour les villes: ou ne pourra que rarement empêcher les engins de guerre de causer leurs ravages et d'atteindre des non-combattants, et l'on finira par trouver que les forteresses ne

CAMPS RETEANCHES. — CAPACITES.

rendent pas assez de services pour valoir tant de sang- précieux. (Voy. Villes ouvertes.)

Maurice Block.

Comparez: Blocus, Guerre, Siège, Villes ouvertes.

CANADA. Vo?j. rominion.

CANDIDAT, Par ce mot, on désigne en général quiconque demande un emploi ou une fonction; toutefois, on donne plus particulièrement le nom de candidat à celui qui sollicite une fonction politique et élective.

Chez les anciens Romains, il était d'usage que le citoyen qui aspirait à quelque charge ou à quelque dignité , se présentât vêtu de blanc devant ses électeurs. La toge blanche leur semblait convenir à l'humble attitude du postulant; delà le nom [candidus, candidatus).

Aujourd'hui, on parle de candidats pour une place vacante à l'Académie, ou pour une chaire vacante dans un établissement d'instruction publique. En Allemagne, on applique de préférence cette dénomination à ceux des étudiants en théologie qui, après avoir passé les examens prescrits, ont été déclarés aptes à remplir une fonction ecclésiastique. En poUtique, nous avons les candidats aux assemblées législatives et administratives de tous les degrés. 11 est même quelquefois question de candidats cà la couronne , lorsque , comme cela est arrivé , par exemple, en Grèce ou en Espagne, la souveraineté du peuple est reconnue et que le trône est devenu vacant.

Quant aux candidats politiques, on s"est souvent préoccupé des conditions à leur imposer. On sait combien les législateurs des divers pays et des diverses époques ont résolu différenmaent ce problème; on en trouvera, d'ailleurs , l'exposé au mot Élection et dans les articles consacrés à chaque État. Mais la théorie n'a pas toujours été satisfaite de ces solutions. et il lui est resté des desiderata, môme dans les pays où le suffrage universel est établi. On s'est , en elTet , demandé s'il est possible de maintenir, sans modification, un système électoral qui n'impose au candidat et à l'électeur que des conditions d'âge , de nationalité , et dans une certaine mesure, de moralité. On se demande notamment s'il est raisonnable de supposer le discernement politique chez des hommes qui ne savent ni hre, ni écrire. On peut, cela est évident, être fort peu éclairé tout en possédant cette instruction élémentaire, aussi n'cxige-t-on ces connaissances qu'à titre de minimum.

De nos jours, cette question perd de son intérêt en ce qui concerne les candidats , car il s'en trouve rarement maintenant qui soient complètement illettrés; mais lorsqu'il y a encore tant d'électeurs ne sachant ni lire ni écrire, et que tout électeur est éligible, il n'y a aucune absurdité à penser que le cas puisse se présenter encore dans la seconde moitié du dix-neuvième siècle.

Les circonstances font naître souvent des conditions spéciales pour l'admission à la can-

didature électorale. Ainsi , en France , le sénatus-consultc du 17 février 1858 exigea du candidat qu'il déposât, en se présentant aux suffrages de ses concitoyens, la formule écrite du serment. C'était pour empêcher que le candidat ne refusât le serment après avoir été élu.

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