CASUS BELLI
mais elle fut plus spirituelle. A iallégorie, forme assez géuérale de la caricature, succédèrent Tobservation , la mise en relief de certains contours, de certaines lignes. Ce fut la période artistique de la caricature.
La caricature eut une grande importance sous Louis XVI, pendant la Révolution, et s'endormit en France le même jour que l'esprit public. Le vaiiiqueur de cent batailles ne pouvait admettre que ses actes fussent commentés par Je crayon, alors qu'il exigeait de la presse une adi^iiration disciplinée. Sous sou rèrf;ne la caricature se réfugia chez les Anglais et ne contribua pas pou, par ses excitations quotidiennes, il entretenir la haine sous laquelle il devait succomber uu jour.
La Restauration ne fut guère plus libérale sur ce point, et il ne fallut rien moins que la révolution de 1830, pour rendre à la caricature son droit de cité : c'est de cette époque que date la fondation de journaux quotidiens à caricatures. Frappée, en même temps que la presse, par les lois de septemlire (1835), elle ne se releva en 1848 que pour retomber sous le coup du décret du 17 février 1852. Aujourd'hui, la caricature, soumise à Fautorisation préalable, s'attaque aux ridicules et aux vices des citoyens. Fendant longtemps les incursions sur le terrain politique lui ont été sévèrement interdites, à moins que la France ne soit en guerre , auquel cas U est permis à l'artiste de découvrir et de mettre en relief les pailles de l'œil de l'ennemi, à la condition, toutefois, de ne pas apercevoir les poutres nationales.
De nos jours, la caricature est si bien passée daus les mœurs, qu'il n'est pas une seule capitale qui ne compte un ou plusieurs journaux satiriques à images. Nous citerons seulement ïVoino di Piclra de Milan, le Charivari de Paris, // Fiscliiello de Turin, le Kludderadatscli de Berlin et le Punch de Londres.
La caricature joue eu Angleterre un rôle analog-ue à celui que remplissaient la chanson en France et Fasquin-iMarlorio à Rome, avec cette dilTéreucc tout entière à l'avantage des Anglais, que les pasquinades étaient mystérieuses, les chansons passibles des peines les plus sévères, et qu'en Angleterre la seule limite au droit de dk-e est le droit de contredire. Le gouveruemcjjt a-l-il lieu de regretter la liberté qu'il laisse pn ndrc aux citoyens? Ou eu jugera par ce seul fait : en Ai:glelerre, la caricature est sans pitié pour le.,- personnages les plus importants de l'État; mais dès qu'elle a à mettre en scène le gouvernement personuitiè , c'est-à-dire le roi ou la reine, elle reproduit lidèlement leurs traits, et la vérité des ligures royales, en témoignant du respect de l'artiste pour le principe même d'autorité, ne rend que plus sanglante Fépigranime adressée aux fonctionnaires. En France, au coniraire, où n'aimer pas Cottin, c'est n'aimer point le roi, la caricature, quand elle est libre, s'attaque directement au chef de l'État, qu'elle considère comme ia cause de Fell'ct dont elle se plaint.
A mesure que les idées de liberié auront fait naître les idées de dignité, il est certain que la
caricature diminuera d'importance; la possibilité d'exprimer libremeut sa pensée enlèvera tout désir de l'exprimer méchamment. Quand on a le di'oit d'exposer de grandes et immortelles vérités, on ne perd pas son temps à combattre de petits ridicules. Pour n'en donner qu'un exemple, nous rappellerons qu'en 1858 on vit surgk daus l'Italie tout entière une foule de Fischielti , qui, de la plume et du crayon, chargeaient et ridiculisaient les Autrichiens et les principiculcs feudaiaires de Vienne. Depuis, les Fischielli sont devenus presque muets, et se contentent de prêcher la liberté et de revendiquer Funité.
La caricature, quand elle frappe juste, vaut le meilleur article, et précurseur ou interprète des mécontentements populaires, elle donne quelquefois de salutaires avis. Voici la composition d'un dessin satirique intitulé : l'Assemblée des notables, qui parut en 1787. Le ministre Galonné , habdlé en cuisinier de la cour et armé d'un large couteau, harangue tout un peuple de volatiles qui figurent les notables. En légende on lit: « Galonné : Mes chers admianistrés, je vous ai rassemblés pour savoir à <i quelle sauce vous désiriez être mangés? — « Les notables : Mais nous ne voulons pas être «mangés du tout! — Galonné, sévèrement:
« Vous sortez de la question. »
Hélas, cette caricature est la reproduction triste et fidèle de Fhistoire de l'humanité. La sauce seule change, et quand les notables persistent et l'éussissent à sortir de lu question, cela s'appelle une révolution.
Hector Pes.^ard.
CARMAGNOLE. C'est à la fois un vêlement et une chanson, le vêtement est une veste ronde sans façon et sans art ; la chanson , une abominable violence qui ne contribua pas peu à exciter le peuple à d'aveugles et sanglantes colères.
Pendant que la chanson était populaire, ou donna son nom au vêtement.
CARTEL D'ÉCHANGE. Voy. Échange de prisonuiers.
CASSATION. Voij. Appel.
CASTES. T'oy. Brahmanisme, Egypte, États, Indes.
CASUS BELLI. Chaque nation ne relève que d'elle-même, c'est elle qui, en dernier ressort, est toujours Fapprèciairice de ses rapports avec d'autres natiojis; elle peut, quand il lui plait, changer la nature de ces rapports, passer de l'état de paix à l'état de guerre. Mais les guerres ont toujours une cause ou un prétexte, et lorsque cette cause ou ce prétexte peut être indiqué d'avance, ou dit que c'est un casus belli , cas de guerre.
Il serait impossible de faire la nomenclature des casus belli, le cas de guerre peut dépendre de circonstances accidentelles, du choix d'un