CENSURE. — CHAMBELLAN
aussi que nous laissions à l'autorité le soin de toujours penser et de toujours critiquer pour nous? Abandonnerons-nous éternellement aux agents de Tauforité la mission de protéger nos mœurs et de réprimer nos abus?
La censure, telle qu'elle s'est exercée dans le domaine de la pensée , n'est autre que l'intervention administrative que nous déplorons dans les actes de la vie politique et que nous repoussons de jour en jour dans les efforts de la vie commerciale et industrielle. Essayons donc de la détruire désormais , en la réprouvant comme le témoignage d'une faiblesse morale que le dix-neuvième siècle ne peut éprouver après avoir réalisé de si grandes conquêtes ! Ernest Dréùlle.
Comparez: Presse, Théâtre.
CENSURE ECCLÉSIASTIQUE. Peines canoniques portées contre ceux qui violent les ordres de l'Église , telles que l'Excommunication et l'Interdiction. (J'oy. ces mots.)
Dans le droit moderne de la plupart des États la censure ecclésiastique ne doit pas aller assez loin pour causer aux citoyens des dommages matériels.
CENTRALISATION, Voy. Décentralisation, Self-government, etc.
CENTRE. En politique, on désigne par le nom de centre la partie moyenne des assemblées législatives, c'est-à-dire , ceux des membres de ces assemblées qui se tiennent à égale distance des représentants du passé, d'une part, et des promoteurs du progrès, réel ou supposé, de l'autre. On leur donne aussi le nom de conservateurs, parce qu'ils défendent presque toujours l'ordre établi, sans se préoccuper suffisamment des conditions de développement dont cet ordre , quel qu'il soit , ne saurait se passer. En cela, les députés du centre marchent très-souvent d'accord avec les chefs du gouvernement, et ils forment, alors, le gros du parti ministériel. Comme la fraction de l'assemblée qui représente plus particuhèrement le passé a l'habitude de se placer à droite du président, tandis que les députés «avancés» choisissent de préférence la gauche, on parle d'un centre droit et d'un centre gauche, selon que ceux qui en font partie incHnent davantage aux idées anciennes ou aux idées nouvelles. Ces dénominations ont cours dans presque tous les États de l'Europe qui ont adopté le régime constitutionnel. A. de R.
CERCLE. Les Allemands donnent le nom de cercle (Kreis) à certaines circonscriptions qui répondent dans quelques États aux départements, et dans d'autres, aux arrondissements français. En rnissc, le cercle correspond à l'arrondissement français; les chefs de cercle, appelés landrdthe , sont élus par les grands propriétaires; le gonverncment ne se réterve que le droit de faire constater leur capacité. Les possesseurs de « biens c(/uestres » jouissent, dans l'élection des Laudralhc, de si gran-
des prérogatives qu'ils peuvent être considérés comme ayant seuls le droit de les nommer. De là souvent des dissidences politiques entre let villes et les campagnes qui ne laissent pas d'embarrasser le gouvernement. Aussi cette organisation est-elle restée spéciale à la Prusse, et si l'on retrouve les mêmes mots dans les autres États allemands, ils y ont une autre signification.
L'empire germanique avait été divisé par l'empereur Winceslas en quatre grands cercles politiques. Plus tard, l'empereur Albert II le divisa en six cercles, qu'au commencement du seizième siècle l'empereur Maximilien I^' porta enfin au nombre de dix. Ce furent les cercles de Souabc, de Franconie, de Westphalie, d'Autriche, de Bavière, de Haute et Basse-Saxe, de Haut et Bas-Rhin, et de Bourgogne. Chacune de ces circonscriptions était gouvernée par un directeur qui présidait en même temps l'assemblée des états du cercle. Cette organisation subsista jusqu'à la formation de la confédération du Rhin qui, en 1806, mit fin au saint empire romain de la nation allemande. (Vot/. Empire allemand.) A. de R.
CÉRÉALES. Voy. Subsistances.
CÉRÉMONIAL. Voy. Agent diplomatique, Ambassadeur, Cour, Étiquette.
CÉSARISME. Ce mot, qui a eu des acceptions diverses, parait être pris maintenant comme synonyme de régime du sabre. C'est donc un gouvernement absolu appuyé sur larmée, et plus ou moins dénué des sympathies des populations.
CÉSAROPAPIE. Voy. Cultes.
CHAMBELLAN. Préposé à la chambre du souverain. Le chambrier, le camérier, le camerlingue, remphssaient des fonctions analogues à celles du chambellan. Les empereurs du Bas-Empire, à Constantinople, avaient des chambellans , et les rois de la première race en avaient également. L'on sait que ces emplois qui rapprochaient du prince et faisaient pénétrer dans son intimité , n'étaient généralement confiés qu'à des personnages de grande naissance.
Ces dignitaires avaient des charges importantes, et la garde du Trésor et des sceaux leur était confiée. L'on conçoit que ce symbole de deux clefs d'or avec couronne souveraine en sautoir comme supports de leurs armes et brodées au haut des basques de leurs habits, ait été tout naturellcmentadoptéparleshéraldistes. Du reste, la garde du Trésor et celle des sceaux n'eussent pas été confiées aux chambellans, que les clefs, celles de la chambre du souverain, eussent toujours été un signe parlant de leurs fonctions.
Les chambellans, conservés par la deuxième et la troisième race de nos rois, furent compris par l'empereur Napoléon Y' dans la composition de sa maison impériale. Ainsi le prince