CHAMBELLAN. — CHAMP DE MARS
de Talleyrand fut grand cliambellan de rempereur >'apolcon.
Aiijourdhui les fonctions des chambellans n'ont plus l'importance qu'elles avaient autrelois; ils signaient jadis avec le roi les actes les plus importants du règne; quand les titulaires des grands fiefs rendaient foi et hommage au roi, ils portaient la parole et transmettaient au roi la réponse du vassal , dont le manteau de velours brodé d'or lui appartenait. Dans les grandes cérémonies du sacre Ton conçoit que l'intervention des chambellans était fréquente. Ils chaussaient au roi les bottines royales que lui présentait l'abbé de Saint-Denis; c'est un chambellan qui mettait au roi la dahnatique bleu-azur.
Quelques abbés et plusieurs évèques curent des chambellans, et le camerlingue du pape, qui n'est autre qu'un grand chambellan, a de nombreuses et importantes attributions. Il administre les revenus de l'Église, et sede vacante, il ordonne le cérémonial du conclave.
De nos jours il y a des chambellans dans presque toutes les cours, mais leur influence parait faible, ou ne dépasse pas celle que peut avoir une personne riche et distinguée ayant l'occasion d'approcher le souverain ou ses ministres. Le plus souvent c'est un simple titre. Jules Pautet.
CHAMBRE. Le mot chambre nous vient du latin [caméra). Il a été, depuis le moyen âge, d'un fréquent emploi dans le langage politique et administratif. Commun à dillerentes juridictions, il désignait d'abord surtout l'autorité qui administrait les biens particuliers du prince. Avec l'extension graduelle de la puissance monarchique, cette autorité gagna en influence au point d'absorber ou de se subordonner toutes les fonctions administratives. Le pouvoir de la chambre du prince, ainsi agrandi, ressemblait de plus en plus au flsc de l'empire romain; et la gestion des finances publiques devint pour la Chambre , comme elle l'avait été jadis pour le fisc, l'attribution principale. '
De la variété et de la multiplicité des attributions des chambres priiicières, les Allemands ont fait surgir une science qu'ils appellent science camérale [Cameral-Wissenschajl). Les limites de cette science ne sont pas bien déterminées. Toutefois, les plus autorisés des savants qui s'en occupent, y font entrer, avec les finances et ladministration , l'économie pohtique, et comme complément, l'agriculture, la sylviculture et la technologie. Les premiers économistes allemands étaient des caméralistes.
Aujourd'hui et notamment en France, le mot chambre ne s'applique plus guère qu'aux grandes divisions des corps politiques, administratifs et judiciaires. Nous avions autrefois une chambre des pairs et une chambre des députés. i\os états généraux avant 1789 étaient divisés en : chambre du clergé, chambre de la noblesse et chambre du tiers état. Nous avons encore les différentes chambres des cours et tribunaux, ainsi que des chambres de commerce , que le
gouvernement consulte sur les questions commerciales lorsqu'il désire connaître l'avis des intéressés, et ces chambres ont même le droit de lui soumettre spontanément leurs vœux. Nous avons enfin des chambres chargées du maintien de la discipline dans certains corps d'ofliciers publics, comme la chambre des notaires , la chambre des avoués et la chambre syndicale des huissiers.
En Angleterre, nous appelons chambre basse, chambre des communes ou chambre des députés , et chambre haute ou chambre des lords, les deux assemblées qui composent le Parlement, et que les Anglais eux-mêmes désignent sous les noms de : Uouse [maison] of commons et House of lords.
En Allemagne, la plupart des États constitutionnels ont une chambre des députés et une chand}re des seigneurs pour lesquelles on emploie tantôt Kammer, tantôt, conune en Angleterre, Hatis (maison). En Espagne on a adopté, comme on sait, les mots de Sénat et Certes, aux États-Unis les termes reçus sont Sénat et Congrès, en France sous l'E'mpire , Sénat et Corps législatif; mais dans tous les pays on désigne ces grands corps politiques sous Fappellation générique des « chambres». Partout la chambre des députes concourt à l'établissement des lois et partout aussi on lui accorde la prépondérance dans le vote du budget.
Parmi les chambres qui, avant 1789, se sont rendues les plus fameuses, nous citerons les suivantes : au seizième et au dix-septième siècle on donnait en France le nom de chambre ardente à une commission de juges qui connaissait des crimes exceptionnels, et qui souvent, surtout en matière d'hérésie, condamnait le coupable à la peine du feu.
Sous le règne de Henri VIII et d'Elisabeth d'Angleterre, on désignait par le nom de Chambre Etoilée [Slar-Chumber] une compagnie de juges, revêtus de pouvoirs extraordinaires et dont la puissance et la sévérité faisaient trembler les partis hostiles au gouvernement. Ce tribunal tirait son nom de la salle ornée d'étoiles d'or où il tenait ses séances.
La Chambre de justice était une commission ou un tribunal extraordinaire chargé spécialement de poursuivre les financiers. C'est une chambre de justice qui jugea, en 1661, Fouquet et d'autres financiers.
Jusqu'à la dissolution de Fempire germanique, qui a eu heu en 1806, les Allemands donnaient le nom de chambre impériale [Kaiserl. Kammer- Gericht] à celle de leurs deux hautes cours de justice qui, depuis deux siècles, siégeait à Wetzlar. Cette cour suprême connaissait des différends entre les divers États et pouvait en même temps être invoquée comme tribunal de dernière instance par tous les sujets de Fempire. A. de Ribbentrop.
CHAMBRE UNIQUE. Voy. Représentation natiouale.
CHAMP DE MARS ou DE MAI. Dans Forigine, on a donné ce nom aux assemblées des