‹ Dictionnaire général de la politiqueChapitre 168 sur 557 · CHILI · texte numérisé non relu

CHILI

dent est élu pour cinq années. Outre le ministère qui gouverne avec lui, il est assisté d'un conseil d'Etat composé des ministres, de deux membres de la cour de justice, d'un dignitaire ecclésiastique, de deux généraux, d'un pareil nombre d'ex-miiustres. Le pouvoir législatif est formé d'un sénat compose de vingt membres, élus pour neuf ans, et dune chambre des représentants triennale, qui renferme un député pour 2U,000 habitants.

Sous la ferme administration du général Prieto et de Portalés, la paix se consolida, des habitudes d'ordre et de sagesse politique s'établirent dans le pays, et le Chili entra dans une voie de progrès, dont la marche, depuis ce temps, n'a eu à éprouver que de rares et courtes interruptions. On s'est demandé d'où était venu à la république du Chili cet heureux pi'ivilége, et quelles favorables circonstances lui avaient valu nue destinée si diflérenle de celle des autres démocraties du Sud-. On en a indiqué plusieurs causes, d'abord l'abstention des Espagnols d'Europe, qui sont peu intervenus dans les luttes de la révolution, ont garanti ainsi leur propre sécurité et ont évité d'ajouter un parti de plus aux partis déjà en présence, — la pureté de la race créole qui s'est peu mêlée aux Indiens, et par ce moyen, a conservé sa vigueur et sa supériorité morale, — le caractère propre de cette race active et séiieuse , qui aime à se comparer aux Anglais, et qu'un voyageur rapproche de la famille hollandaise, le profond senliment national dont elle est pénétrée, son goût pour les affaires et pour le commerce, — l'isolement du pays, qui, défendu à l'orient parla mer, et à l'occident par la chaîne des Andes, est protégé à la fois contre l'ambition de ses voisins, et contre la sienne propre, — la disposition territoriale enfin de ce même pays qui ne saurait se prêter à de longues guerres civiles et où toute querelle doit être décidée d'un coup.

La république, après avoir traversé ses premières crises, n'avait plus qu'à poursuivre le développement de ses institutions, quand un incident regrettable, provoqué par l'ambition du général Sanla-Cruz , présiiient de la Bolivie, en entrava pour un moment la marche. Santa- Cruz avait réuni la Dolivie et le Pérou dans une confédération dont il était le chef; il prétendait y joindre le Chili et pour parvenir à ses lins, il commença par soulever la guerre civile dans le pays où il voulait étendre sa domination. Cette tentative d'insurrection fut bientôt comprimée; mais Portâtes en fut la première victime. L'ordre fut rétabli, mais le Chili avait perdu l'un de ses honmies les plus distingués, celui sur lequel il fondait les plus légitimes espérances, et qui déjà avait tant fait pour la réforme de ses lois et le perfectionnement de son organisation. Au commencement de I8J9, cependant, de nouveaux orages s élevaient. Il s'était formé un parti d'opposition libérale qui réclamait des réformes constitutionnelles, et qui avait fait alliance avec ses adversaires les plus décidés, les réactionnaires et le parti

clérical. Bien que cette coalition des partis extrêmes n'inspirât pas de confiance au pays et que, d'ailleurs, elle manquât de chefs, elle était dangereuse, toutefois. Elle poussa les choses, en elTet, jusqu'à une insurrection armée. Le président prit des mesures énergiques-, reçut du congrès des pouvoirs extraordinaires, s'empara de la dictature dont il eut l'honorable courage de ne pas abuser; la révolte fut battue le 2'J avril, à Pennclas, et la paix fut assurée.

On ne voyait pas approcher cependant sans inquiétude l'année 1861, dans le cours de laquelle fous les pouvoirs de l'Etat arrivaient au terme de leur mandat. Le Chili devait, dans cette seule année, se réunir plusieurs fois tout entier, autour des urnes du scrutin, pour élire: — le 28 février, la chambre des déi)utés; le 15 mai, le sénat; le 25 juin , les électeurs du président, et le 31 septembre, le président lui-même. Mais toutes ces élections s'accomplirent avec ordre et légalité!

Pendant que le gouvernement chilien soutenait à l'intérieur ces luttes le plus souvent pacifiques mais ardentes, il ne négligeait pas ses relations avec les puissances étrangères. En 1859 il contractait avec la république des États-Unis un traité relatif à une indemnité dont il se reconnaissait débiteur. Vers le môme temps il signait un traité de navigation et de commerce avec la Belgique, et eu préparait un semblable avec l'Autriche. Le 11 avril enOn il concluait avec la France une convention d'extradition.

Mais la bonne intelligence du Chili avec l'Europe ne fut pas de longue durée, et en 1864 il épousa la querelle du Pérou contre l'Espagne.

On a dit, à l'article Bolivie, comment éclata, en 18Gi, la guerre entre le Pérou et lEspagne, et comment les trois républiques de l'Equateur, de la Bolivie et du Chili furent amenées a conclure une alliance oITensive et défensive avec le Pérou. Cette alliance fut même précédée au Chili par des hostilités engagées avec l'Espagne, irritée de l'appui indirect {irèté au Pérou par le Chili. L'amiral Paréja , conauandant l'escadre espagnole, déclara le Chili en état de blocus (septembre 1865). Le gouvernement chilien déclara la guerre à l'Espagne et entra en décembre dans l'alliance du Pérou.

Cette guerre est restée célèbre en Europe par le bombardement de Valparaiso. L'escadre chilienne avait obtenu quelques succès sur les vaisseaux espagnols, et déjà les États-Unis, qui paraissent avoir redouté l'accroissement de puissance de l'Amérique du Sud, offrirent leur médiation que le Chili refusa. L'amiral espagnol iMendez-iXunez donna au gouvernement chilien un délai de quatre jours pour accepter les propositions des Etats-Unis et menaça d'ouvrir le feu sur Valparaiso, ville ouverte et récemment désarmée de son unique batterie. C'était l'entrepôt de tout le commerce étranger. En vain les représentants des États-Unis, de !■ rance et d'Angleterre représentèrent au président du Chili la Jolie de la résistance; il était dominé par la presse et par l'opinion publique, arrivées à un degré d'exallatlon qui défie tout rai-

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