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COMPTOIRS COMMERCIAUX. — COMTE

sèment plus sérieux et bientôt de la conquête d'une contrée tout entière. Lorsque nous voyous les peuples défiants s'opposer aux plus humbles établissements sur leur territoire , c'est qu'ils ont , pour l'avenir, l'appréhension de sérieux envahissements.

Bien souvent aussi ces comptoirs n'ont eu réellement d'autre but que celui de créer des lieux de protection pour le commerce, des escales pour la navigation, et des succursales pour réaliser au loin la vente de produits envoyés par la maisou-mére et régulariser les payements, suite naturelle des échanges.

Alors que la sécurité et les bonnes relations n'étaient pas aussi générales qu'elles le sont aujourd'hui dans toutes les parties du monde, des marchands d'une même nation ou de nations diverses, des villes commerçantes, comme les villes hanséaliques, par exemple, réunissaient leurs efforts et leurs capitaux pour former, daus des contrées lointaines, trop souvent inhospitaUères, des établissements protecteurs de leurs nationaux, et qui prenaient le nom de comptoirs. Ces comptoirs étaient, la plupart du temps, fortifiés, pour mettre leurs hôtes à l'abri des violences dont ne s'abstiennent pas toujom'S des peuples peu civilisés jaloux de tout ce qui est étranger.

Ces comptoirs servaient , et servent encore, là où l'on forme des établissements naissants, à enmiagasiner les marchandises proposées à l'échange, ou celles que l'on avait obtenues par voie de trafic; ils étaient le plus souvent placés sur les rives d'un fleuve ou sur les bords de mer, et \q& achats et les ventes s'y faisaient par les agents de l'association créatrice.

Ces comptoirs ofliaient aussi des habitations aux agents des sociétés qui y trouvaient la sécurité qu'ils n'eussent pas rencontrée dans l'enceinte des villes étrangères où les émotions populaires eussent souvent mis leurs jours en danger.

Ce sont les villes hauséatiques qui formèrent les établissements les plus considérables elles mieux ordonnés dans ce genre. Elles constituèrent ce que l'on appela la bgue hanséatique, qui, créée dans l'intéièt de leur sécurité, de leur défense commune et de la protection de leur trafic , acquit , dès le treizième siècle, une grande importance et leur constitua une redoutable suprématie. Celte suprématie se traduisit plus particulièrement par la domination exclusive des mers. L'on cite encore les magnifiques comptoirs que ces villes allemandes avaient établis à Aowogorod, à Anvers, à Berghen et dans d'autres villes. De vastes consiruclions offraient des magasins spacieux pour les marchandises, des logements convenables pour les agents et leurs hôtes. Les consuls des villes qui avaient concouru à l'érection de ces immenses caravansérails du commerce, y trouvaient de somptueux appartements pour eux et leurs familles, pour leurs bureaux et pour leurs audiences. C'étaient des villes au petit pied au sein des cités étrangères, une nationaUté distincte avec tout ce qui constitue l'au-

tonomie d'un peuple; culte, langue, écoles, gymnases, tout était réuni là pour constituer une individualité placée sous la protection des lois internationales... et de bonnes fortifications.

C'est encore ce qui se pratique lorsque l'on fonde un établissement sur les côtes d'Afrique ou d'Asie ; seulement ces établissements sont élevés avec moins de dépenses, ils ont un caractère plus tranché de forteresse , comme quelques factoreries qui existent encore à l'ortendick, au Sédion, au Grand-Bassam, etc. Il n'y aurait plus de comptoirs daus l'acception ancienne du mot, si nous n'avions ouvert à nos spéculateurs les portes de la Chine, de la Cochinchiue, du Japon et du royaume de Siam. Longtemps encore, dans ces contrées lointaines, la sécurité ne sera pas telle, pour nos négociants, que l'on ne doive plus environner leurs résidences de murailles solides et bien gardées. En effet, ce qui avait fait abandonner, dans les contrées civilisées, le système des comptoirs, c'est la sécurité assurée dont y jouissaient les peuples qui se mettaient en relation avec elles. Il est certain aujourd'hui, que ni à ^'o-^ogorod, ni à Anvers, ni à Berghen, les négociants étrangers n'ont à craindre de violences, mais en est-il de même dans l'ex- :ième Orient, sur les côtes de l'Afrique, dans rOcéauie? Jules Pautet.

COMPTOIR D'ESCOMPTE. Yoy. Crédit (Institutions de).

COMTE (en allemand Graf, en anglais count et earl). On a donné le nom de comte, dans l'origine, aux seigneurs de la suite du roL Comte vient du mot laliu cornes, compagnon. On fait remonter à l'empereur Auguste la quahficalion de comte : elle s'appliquait à des sénateurs qui faisaient partie de la cour. C'était alors un emploi, Constantin en fit une dignité.

Au quatrième siècle, les comtes devinrent des ofliciers militaires, et ce titre fut principalement donné aux gouverneurs des villes ou des diocèses. Les premiers rois barbares donnèrent le titre de comte à tous les ofliciers de leur maison. Le mot de comte fut longtemps une dénomination plutôt qu'un titre. Il y avait aussi des comtes du palais [cornes palalii nostri), et au neuvième siècle, des comités sacripalalii. Les empereurs, les rois d'Espagne avaient leurs comtes palatins. Dans le douzième siècle, plusieurs seigneurs, tels que les comtes de Chartres, de Champagne, de Brie, s'intitulaient encore comtes palatins.

Vers le neuvième siècle, les fiefs devinrent héréditaires et les comtes commencèrent à joindre à leurs noms celui de leurs terres. Les anciennes cités, sous le nom de comté, formèrent alors une division civile et ecclésiastique; le terrifoire fut subdivisé en vue des bénéOces concédés par les rois : il y eut alors des pagi majores et des pagi minores. «Le comté, dit M. Guérard [Essai sur les divers territoires de la Gaule), qui comprenait d'abord fout le territoire de la cité et du diocèse, ne comprit souvent

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