Oîxojjxévï;, toute la terre habitée
mier de Constantinople , fut convoqué par Théodose le Grand; le troisième concile général, premier d'Éphèse, fut convoqué par Théodose le Jeune; le quatrième concile général fut convoqué à Chalcédoine, il est vrai sur les instances réitérées de saint Léon, mais par .\Iarcien; Justinien convoqua le cinquième concile œcuménique à Constantinople; le sixième concile général, troisième de Constantinople, fut convoqué par l'empereur Constantin Pogonat; le septième concile général, second de Mcée, fut convoqué par l'impératrice Irène et Constantin son fils; le huitième concile général, quatrième de Constantinople, fut convoqué par l'empereur Basile le Macédonien. C'est à partir' de ce huitième concile œcuménique que les assemblées furent convoquées par le pape, car la chrétienté, partagée en plusieurs États, obéissait temporellement à plusieurs princes. Auquel de ces princes eût incombé le droit de convoquer les conciles? Dans cette situation, les conciles durent naturellement être convoqués par les papes; mais sous la réserve expresse du consentement des princes temporels, qui peuvent accorder ou refuser aux évèques l'autorisation d'y assister. Jusqu'au huitième concile, l'empereur seul eut le droit de convoquer ces grandes assemblées, où se réglaient les affaires concernant la foi et le culte.
Il était naturel de poser en principe , que celui qui occupe la chaire de saint Pierre, d'où naît l'unité sacerdotale, fût chargé du soin d'assembler l'Église universelle; mais il est à noter que les princes chrétiens doivent donner leur consentement à la convocation d'un concile œcuménique par le pape; en effet, les évêques sont sujets du prince temporel, et ils ne peuvent quitter leurs églises sans son assentiment. Les conciles généraux ne peuvent donc être canoniquement réunis et légalement célébrés que par le concours de la puissance temporelle des princes chrétiens, qui représentent ici les nations à la tête desquelles ils sont placés, et de la puissance spiritueUe qui gouverne les âmes.
Quelques auteurs vont plus loin, et pensent que les princes chrétiens peuvent, par leur seule volonté, convoquer un concile œcuménique, le droit primitif de Pempereur jusqu'au huitième concile n'étant nullement détruit, mais seulement tombé en désuétude. Il faut joindre à cette désuétude le motif de la diCQculté pour les évêques à satisfaire à la volonté du prince contrairement à celle du pape, et vice versa.
Il est un cas où quelques écrivains pensent que les cardinaux sont aptes à provoquer un concile œcuménique, c'est quand il s'agit de juger le pape lui-même. Pendant le schisme d'Avignon, lorsque la chaire de saint Pierre était occupée par deux papes, Grégoire XII à Rome et Benoit XIII à Avignon , les cardinaux se réunirent à Livourne, et il fut décidé que les cardinaux pouvaient célébrer un concile. Lors des divisions survenues entre Jules 11 et Louis XII, roi de France, cinq cardinaux assemblèrent un concile, rau 1511, avec le con-
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sentemenl de l'empereur Maximilien et du roi Louis XII.
Nous avons vu le droit de célébrer un concile reconnu à l'empereur, au pape, aux princes chrétiens, et même aux cardinaux; une autre autorité, celle des conciles eux-mêmes, peut provoquer la célébration d'un concile, c'est ce qui est arrivé pour celui de Baie , dont Charles VII a fait insérer les décrets dans la pragmatique sanction. Ce concile avait été indiqué par ceux de Constance et de Sienne.
La convocation des conciles œcuméniques parles princes comprenait d'abord, et avant tout, l'évêque de Rome comme tel et comme chef de l'Église; tout concile général n'est légal qu'à la condition d'une demande en forme de consentement du pape et d'une invitation d'y assister. Dans leurs édits de convocation , les princes mandaient donc l'évêque de Rome d'abord et les évéques de Consfantinople, d'Alexandrie, d'Andrinople , de Jérusalem, etc.
Pour un concile oecuménique, l'on doit inviter tous les évoques de la chrétienté. Le pape adresse aux princes et aux métropolitains une bulle solennelle d'invitation, qui marque le temps et le lieu du concile. Les princes sont invités à y assister en personne ou par ambassadeurs; cette bulle enjoint aux évêques de s'y trouver. Les métropoUtaius à leur tour, après en avoir obtenu l'autorisation du prince, avertissent leurs sufTragants, par des lettres circulaires, à aller au concile.
Kavovt^eiv y.ai doyii.axi^ti'i, dresser des articles de foi et faire des canons, c'est-à-dire traiter les affaires de foi et de discipline, telle est la mission des conciles, telle est leur matière. L'Église déclare ce qui est de foi ou non; mais elle fait des lois pour ce qui est de la discipline. Ce qui appartient à la discipline est expliqué dans les canons , du mot grec xavcàv, qui veut dire règle.
La présidence des conciles généraux est naturellement déférée au pape, comme évoque du premier siège , le centre de l'unité catholique , et le chef de toutes les éghses. En son absence, les légats du pape prennent la présidence, qui autrefois était le droit des patriarches. Pour le rang que les évêques occupent au concile et pour Tordre des souscriptions , il faut suivre la date de Pordination des prélats.
En ce qui concerne les délibérations, Pon partage les affaires en divers temps ; et Pon distingue les diverses assemblées en actions ou sessions où l'on propose les questions et Où Pon prononce les décrets; ce qui n'a lieu qu'après avoir tenu des congrégations ou assemblées privées d'évôques. Les pères du concile délibèrent entre eux, d'abord dans une congrégation particulière, ensuite on fait le rapport dans une congrégation plus générale , on y convoque ceux même des évêques qui n'ont point assisté à la première. On discute de nouveau la question et on la décide avant de la porter à la session publique. L'on recueille les voix par nations.
Une question délicate se présente ici : les décisions des conciles, pour avoir validité, doivent-elles être approuvées par les papes i L'approbation du souverain pontife est d'un grand poids sans doute; mais s'il refuse de souscrire au, concile, s'il n'adopte point la décision de PÉglise universelle , alors le concile général peut exercer envers lui son autorité conune envers les autres membres de PÉgUse : c'est ce qu'ont décidé le concile de Constance et celui de Bâle. (Voy, aussi Franchises gallicanes.)
L'autorité suprême des conciles généraux ne regarde que la foi, et non la discipUne.
Les conciles particuhers sont de trois sortes: les nationaux, les provinciaux et les diocésains.
Les conciles nationaux sont ceux qui sont convoqués, soit par le prince, soit par le patriarche, soit par le primat, et où Pon rassemble les évêques de toutes les provinces du pays. L'autorité des conciles nationaux est grande et approche de celle des conciles œcuméniques. La sagesse de PÉglise gallicane a toujours fait tenir en grande considération, par les peuples chrétiens étrangers, les conçues ■ nationaux de France, qui ont su maintenir et m conserver la liberté de cette Église , qui s'est • toujours distinguée par un esprit relativement progressif et avancé.
Les conciles provinciaux sont ceux qui sont convoqués par le métropoUtain ou Parchevêque, et dans lesquels ces prélats rassemblent les évêques et autres clercs de leur province.
Dans ces conciles on agite et on décide les questions qui s'élèvent sur la foi, on y fait des statuts concernant la discipline , la réformation des abus et la réforme des mœurs. Il n'est pas permis aux évêques de célébrer un concile sans le consentement de l'archevêque. Les évêques sont tenus d'y assister et jusqu'à la fin, sous les peines les plus sévères.
Les conciles diocésains prennent le nom de synodes; ils sont célébrés par chaque évêque, et composés des abbés, des prêtres, diacres et autres clercs de son diocèse. Le seizième concile de Tolède dit que ces assemblées sont convoquées afin que Pévêque notifle à son clergé et à ses ouailles tout ce qui s'est passé et tout ce qui a été décidé au concile provincial; Pévêque qui manque à ce devoir est privé de la communion pendant deux mois. Quoique les conciles provinciaux ne soient plus en usage, on tient encore les synodes; les prélats y veillent à réformer ou à prévenir les abus.
Nous croyons utile de faire connaître les décisions prises parles 19 conciles que reconnaît l'Église gallicane , en y comprenant les conciles de Constance ( 1 4 1 4) et de Bâle ; ce dernier commença en 1431 et les premières sessions seules sont admises comme souveraines par les catholiques , puisqu'il finit par un schisme.
Le premier concile, tenu par les apôtres eu l'an 50, eut pour objet Pabrogatiou des cérémonies de la loi mosaïque. La décision fut envoyée à PÉglise d'Antioche par les apôtres, les prêtres et toute PÉglise de Jérusalem; elle était ainsi conçue : « 11 a semblé bon au Saint-Es-
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prit et à nous de ne vous imposer d'autres charges que de vou'5 abstenir des viandes immoiees aux idoles, des animaux suffoqués, du sang et de la fornication. » Saint Pierre avait présidé l'assemblée. Cette formule sacramentelle, il a semblé bon au Saint-Esprit et à nous, précise le caractère de la décision qui intervenait, elle était considérée comme un oracle du Saint-Esprit.
Le concile de Nicée fut résolu en 325, par Constantin, pour détruire l'hérésie d'Anus, prêtre de l'église d'Alexandrie, qui attaqua la divinité de Jésus-Christ et avança que le Fils de Dieu n'est point égal à son Père en toutes choses. Le concile œcuménique réfuta les nouveautés d'Arius, il leur opposa l'autorité des livres saints et déclara que Jésus-Christ est vrai Fils de Dieu, égal à son Père, sa vertu, son image, subsistant toujours en lui, enfin vrai Dieu; il exprima l'unité indivisible de nature par le mot consubstantiel. Alors le concile dressa la profession de foi solennelle qui est connue sous le nom de symbole de Nicée. Tous les évéques, excepté les ariens, souscrivirent ce symbole et prononcèrent l'anathème contre Arius et ses sectateurs.
Le concile de Constantinople , tenu en 381, eut à combattre l'hérésie de Macédonius, demiarien qui avait usurpé le siège de Constantinople, et attaquait la divinité du Saint-Esprit. 11 renouvela les décrets du concile de Nicée, et en confirmant le symbole de ce concile , il y ajouta quelques paroles pour expliquer ce qu'il renfermait déjà touchant l'incarnation du Fils de Dieu et la divinité du Saint-Esprit.
Le schisme des donafistes , qui refusaient de reconnaitre Cécilien évêque de Carthage , comme illégitimement ordonné, fut terminé par la célèbre conférence de Carthage que saint Augustin présidait ; elle posa en principe l'unité de l'Église catholique et dit qu'il ne fallait pas s'en séparer.
L'Anglais Pelage, en 442, niait le péché originel et la nécessité de la grâce du Rédempteur. Deux conciles, tenus l'un à Carthage, l'autre à Milève, définirent que le péché d'Adam a passé à ses enfants, et que sans une grâce intérieure , l'on ne peut faire aucun bien utile au salut.
Les demi -pélagicns , prêtres de Marseille, admettaient le péché originel ; mais ils disaient que l'homme peut mériter celte grâce, par un commencement de foi, par un premier mouvement de vertu dont Dieu n'est pas l'auteur. Saint Augustin combattit ce qu'il considéra comme une erreur; et le second concile d'Orange décida que si quelqu'un dit que , soit l'accroissement, soit le commencement même de la foi, n'est point l'effet du don de la grâce, mais que cette disposition se forme naturellement en nous, il contredit les dogmes apostoliques.
Le concile général d'Éphèse, célébré en 431, combattit l'hérésie de Kestorius, évêque de Constantinople, qui enseignait qu'il y a deux personnes en Jésus-Christ et disait que la sainte Vierge ne devait pas être appelée mère
de Dieu, mais bien mère du Christ. Il déclara : « anathème à ces erreurs impies! anathème à quiconque tient cette doctrine; elle est contraire aux saintes Écritures et à la tradition des pères. »
Kesforius avait divisé la personne du Christ , Eutychès en confondit les natures ; le concile de Chalcédoine, célébré en 451 , déclara que l'on doit confesser un seul et même Jésus- Christ , notre Seigneur, le même \Taimcnt Dieu et vraiment homme , parfait dans l'une et l'autre nature; consubstantiel au Père, selon la divinité , et à nous, selon l'humanité.
Le concile œcuménique, qui fut le deuxième de Constantinople, tenu en 553, condamna les trois ouvrages nestoriens, l'un de Théodoret, l'autre d'ibas , le troisième de Théodore ; leurs auteurs, qui s'étaient déjà soumis aux censures dont ils avaient été l'objet, furent approuvés dans leurs personnes et condamnés dans leurs écrits. Ces trois ouvrages portaient le nom de Trois Chapitres, ce qui fit appeler cette affaire celle des Trois Chapitres.
Le sixième concile œcuménique , troisième de Constantinople, déclara contre la doctrine des monothéUtes , qui soutenaient qu'il n'y a en Jésus-Christ qu'une seule volonté et une seule opération, qu'il y a en Jésus-Christ deux volontés et deux opérations naturelles, et défendit d'enseigner le contraire.
Le septième concile œcuménique, deuxième de Nicée, eut à combattre les briseurs d'images, c'est-à-dire les Iconoclastes; il déclara anathème aux novateurs et décida que l'on doit rendre aux images sacrées le salut et l'honneur, mais non le culte de latrie', qui ne convient qu'à la nature divine.
En 858, Photius avait usurpé le siège de Constantinople; le huitième concile œcuménique, quatrième de Constantinople, confirma les décrets des papes Nicolas et Adrien pour saint Ignace et contre Photius; il rétablit saint Ignace sur son siège et reconnut et proclama la primauté de l'Église romaine.
En 1050, Béranger, archidiacre d'Angers, attaqua le mystère de l'Eucharistie et enseigna que le corps et le sang de Jésus-Christ n'y sont pas contenus réellement, mais en figure. Le concile de Paris et celui de Rome firent rétracter Béranger.
Michel Cérulaire, patriarche de Constantinople, en 1053, renouvela la division de Photius, et rompit avec rÉglisc romaine; il défendit de communier avec le pape, et commença pour ainsi dire le schisme qui, un siècle après, sépara lÉglise d'Orient de l'Église d'Occident, lorsque les Latins devinrent odieux aux Grecs, en s'emparant de la ville et de l'empire de Constantinople.
Le neuvième concile œcuménique , premier de Lafran, comme général 11123), fut réuni pour des matières de discipline. Le dix-septième canon de ce concile posait une digue à l'ambition des moines, qui envahissaient tout et compromettaient la religion.