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AaTpei'a, adoration

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C'est dans le dixième concile œcuménique, tenu à Latran en 1139, que fut condamné Arnaud de Bresse, disciple d'Abeilard , qui déclamait contre le pape, contre les évèques, et attaquait avec ardeur le clergé régulier fort attaquable alors.

Le onzième concile général, tenu aussi à Latran en 1 1 79 , avait pour but de remédier aux abus qui s'étaient introduits pendant le long schisme qui venait de flnir. Le premier des vingt-sept canons de ce concile réglait l'élection du pape , qui pouvait être élu par les deux tiers des voix; il excommuniait celui qui , n'ayant pas le tiers des voix, oserait prendre le titre de pape.

Dans le douzième concile général, tenu également à Latran, c'est-à-dire à Rome au palais de Latran , Lateranense , en 1 2 1 5 , on a exclu les deux principes des manichéens, en proclamant qu'il n'y a qu'un seul Dieu, qu'une Église universelle, hors laquelle personne n'est sauvé; qu'il n'y a qu'un sacrifice , celui de la messe, où Jésus -Christ est lui-même le prêtre et la victime. C'est à ce concile qu'on accorda la même indulgence aux croisés combattant les hérétiques (Alb'geois et Yaudois ) qu'aux croisés allant en terre sainte.

Le treizième concile général eut lieu à Lyon 6n 1245. le pape y proclama l'empereur Frédéric hérétique et sacrilège, et refusa les offres que faisait ce prince de combattre les hérétiques, disant que l'empereur ne tenait jamais ses promesses. On y fit un décret pour procurer du secours à l'empire de Constantinople et un autre pour la croisade en terre sainte.

L'un des conciles œcuméniques les plus importauts fut celui de Lyon, le second de cette ville, en 1274; il eut pour objet principal la réunion des Grecs à l'Église romaine, il s'y trouva cinq cents évèques, soixante-dix abbés, et environ mille autres prélats inférieurs. Le concile se tint dans l'église métropolitaine de Saint-Jean ; le pape Grégoire X était monté sur un jubé construit exprès, revêtu de ses habits pontiflcaux, et assisté de plusieurs cardinaux. L'assemblée était des plus imposantes, et le but ardemment désiré. Michel Paléologue, qui avait sollicité ce concile, ne manqua pas d'y envoyer ses ambassadeurs, qui furent reçus en grande pompe. Après une messe solennelle, célébrée par le pape, les Latins et les Grecs chantèrent le symbole, et le grand logothète, au nom de la nation grecque, abjura le schisme, accepta la profession de foi de l'Église romaine, et confessa la primauté du saint-siége. La joie était grande, le pape entonna le le Deiim , ce fut un moment bien solennel que cette grande confraternité. Elle ne dura que la vie de Michel, et le schisme recommença sous son fils.

De 131 fà 1312 fut célébré le. concile général de Vienne en Dauphiné; le pape Clément V le présida, son but était l'extinction de l'ordre des Temi)licrs et le rétablissement de la discipline. Le roi de France, Philippe le Bel, avait cette afiaire fort à cœur, et il assista au concile, accompagné de son frère, Charles de Va-

lois, et de ses trois fils; le pape, en présence de plusieurs prélats et cardinaux, le 22 mars 1312, après de longues discussions où l'on réclama pour les accusés le droit de se défendre, abolit l'ordre par sentence provisoire, et le 3 avril de la même année, le pape, en présence du roi Philippe le Bel , de son frère et de ses fils, publia la suppression de l'ordre des Templiers qui avait subsisté cent quatrevingt-quatre ans; on donna leurs biens aux hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem. Ce serait manquer à la vérité historique que de ne pas dire que Philippe le Bel avait, en ceci, un but plus politique que religieux: il voulait anéantir un ordre religieux et militaire , militaire surtout, qui grandissait chaque jour en puissance, et il n'était pas fâché, au miheu d'assez grands embarras de finance, de confisquer les biens de l'ordre.

Le concile de Constance, tenu en 1414, fut célébré pour détruire le schisme d'Occident. Clément V, pape français, avait fixé sa demeure à Avignon, et ses successeurs continuèrent d'y faire leur séjour. Mais Grégoire XI consentit à rentrer à Rome, à la grande joie de ritalie. Après sa mort , le peuple romain , craignant que l'on ne nommât pas un pape romain, opéra une pression sur le conclave, disant que s'il ne nommait pas un Romain , il rendrait la tète des cardinaux aussi rouge que leur chapeau. Le pape romain fut nommé, c'était Urbain VI, dont la dureté et l'inflexibilité irritèrent les cardinaux au point qu'ils sortirent de Rome, déclarèrent leur élection nulle par défaut de liberté, et élurent un nouveau pape sous le nom de Clément VII; de là, schisme, la France reconnut Clément; l'union ne se rétablit qu'aux décisions du concile de Constance où l'on élut Martin V, universellement reconnu; ce fut le même concile qui condamna Wiclef et Jean Huss.

Ici se place le célèbre concile général de Bàle, qui n'est accepté actuellement par les catholiques que jusqu'à la Aingt-sixième session , parce que ce fut à cette session que l'on commença à délibérer sur la déposition du pape Eugène. Ce fut à cette vingt-sixième session que le concile déclara que, le pape Eugène traversant ses desseins , il le mandait de comparaître devant lui en personne ou par procureur; Eugène, de son côté, loin de déférer à l'assignation , donna une bulle pour la dissolution du concile de Bâie. La scission était complète: le concile d'un côté, le pape de l'autre, agissaient dans des vues et s'engageaient dans des voies différentes.

Le concile nomma un pape, il choisit Amédée, duc de Savoie, qui s'était retiré à Ripailles avec ses ermites; Amédée prit le nom de Félix V, mais son pouvoir ne fut que fictif, et le pape Eugène étant mort, Nicolas V, ayant été régulièrement élu, fut reconnu par toute FÉglise, et Félix renonça au pontificat, ce qui fit cesser le schisme.

Au concile de Florence, tenu en 1437, on fit une dernière tentative pour réunir les Grecs schismatiques ; Fou y parvint; mais à leur

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retour à Constantinople , les prélats grecs furent injuriés , bâtonnés par le peuple et le clergé, et enfin le grand mouvement du seizième siècle suscité par Lutlacr. Calvin et Zwingle, et qui créa le protestantisme, provoqua la réunion d'un concile général pour aviser aux moyens de s'opposer aux progrès de la nouvelle croyance. Cliarles-Ouint et le pape Paul III étant d'accord, la bulle de convocation fut promulguée, et la ville de Trente, après bien des contestations qui retardèrent l'ouverture de l'assemblée , fut choisie pour la tenue du concile, comme point intermédiaire entre l'Italie et l'AUemagne. L'ouverture de ce concile eut lieu le 13 décembre 1545.

En lisant tous les décrets rendus par ce concile, on est étonné de la multiplicité des matières qui y furent examinées et traitées et du nombre considérable de solutions qui ont été données aux diverses questions posées dans les vingt-six sessions du concile.

Ce fut dans une congrégation de la cinquième session que l'on examina la doctrine de Luther sur le libre arbitre, la prédestination, le mérite des bonnes œuvres , etc. Dans la sixième session , 13 janvier 15i7, on publia deux décrets, le premier sur la justification ; il comprend seize chapitres et trente-trois canons contre les hérétiques ; le second sur la réformation , il contient cinq chapitres qui ont pour objet la résidence des évêques au sein de leurs diocèses. Les évêques étaient trop mondains , trop oublieux de leurs ouailles , il fallait les ramener à une discipline sévère.

Dans cette célèbre assemblée on traita, au point de vue du protestantisme . entre autres questions celle de la canonicité des livres saints, et l'on convint unanimement qu'il fallait reconnaître comme canoniques tous les livres de l'Ancien et du Nouveau Testament, On traita aussi de la tradition, c'est-à-dire de la doctrine de Jésus-Christ et des apôtres qui n'est pas consignée dans les livres de l'Écriture, mais qui a été transmise de bouche, et qui se trouve dans les ouvrages des pères et dans les autres monuments ecclésiastiques. Voici les termes de cet important décret: « Considérant que les vérités de la foi et les règles des mœurs sont contenues dans les livres écrits et dans les traditions qui, reçues de la bouche de Jésus-Christ, par les apôtres, ou inspirées aux mômes apôtres par le Saint- Esprit, nous sont parvenues comme de main en main; le saint concile, suivant l'exemple des pères orthodoxes, reçoit tous les livres, tant de l'Ancien que du* Nouveau Testament, et aussi les traditions concernant, soit la foi, soit les mœurs, comme sorties de la bouche de Jésus-Christ, ou dictées par le Saint-Esprit, et conservées dans l'Église par une succession continue: il les embrasse avec le môme respect et la même piété , et afin que personne ne puisse douter quels sont les livres saints que reçoit le concile, il a voulu que le catalogue en fût inséré dans ce décret. » Suit la liste de tous les livres canoniques , tels qu'ils sont imprimés dans la Vulgate : « Il dit ana-

thème à ceux qui ne reçoivent pas comme sacrés et canoniques ces livres entiers avec toutes leurs parties , et qui méprisent les traditions. »

Le concile établit, en outre, sa doctrine sur le péché originel, sur la justification du pécheur, sur les sacrements , sur le sacrifice de la messe, sur la pénitence , sur la confession, sur la satisfaction , sur le sacrement de l'extrême onction , sur les indulgences , sur le culte des saints, etc.; il fut clos en I5G3.

Le pape confirma les décisions de ce concUe par une bulle du 6 janvier 1564, il fut reçu par toutes les nations catholiques. La France, notamment, l'accepta, et ses définitions sont pour eUe des règles de foi, et la discipline de Trente est devenue celle de son Église; il faut en excepter cependant les articles contraires aux coutumes et aux privilèges de lÉglise gallicane et de la couronne. (Voy. Franchises gallicanes.) Jules Pautet.

Concile du Vatican'. On en était, peu à peu , an'ivé à croire que le concile de Trente resterait le dernier concile œcuménique; J. de Maistre s'était même déjà laissé aller à dire : n Plus le monde sera éclairé, moins on pensera à un concile « [Bu Pape , etc.). On s'était trop hâté, car le 3 juillet 1868, Pie IX convoquait un concile œcuménique pour le 8 décembre 1869, dans la basilique vaticane à Rome, c'està - dire juste 306 ans depuis le concile de Trente.

Suivant la pensée de la cour de Rome , pensée inspirée, dit-on, par les jésuites, il devenait de plus en plus urgent de trouver un remède héroïque pour redresser les erreurs de notre époque, pour faire échec «au progrès du libéralisme de la civilisation moderne » et à toutes ces libertés nouvelles qui sont incompatibles avec le maintien intact des privilèges et du monopole de la souveraineté pontificale.

Le moyen proposé pour relever le prestige de la papauté, c'était d'identifier l'autorité pontificale à celle de l'Église elle-même , dont les décisions conciliaires sont revêtues , aux yeux des catholiques romains, d'un caractère d'infaillibilité absolue. Dès lors , il suffirait que le pape parlât ex cathedra, c'est-à-dire en sa qualité de «pasteur et de docteur de tous les chrétiens » , pour qu'U devint impossible qu'il ait erré.

Cette infaillibilité du pape fut cependant énergiquement repoussée et combattue par d'éminents prélats, tels que Mgr. Maret, dans son livre Du Concile et de la Paix religieuse, et par .Mgr. Dupanloup qui n'hésita pas, dit-on, à déclarer que si ces doctrines de l'ultramon-

1. On trouvera le texte latin et français des décrets et canons du concile du Vatican dans le livre de M. Victor Pelletier, chanoine de l'église d'Orléans. (Paris, Victor Palmé, 1871.) L'auteur de ce travail déclare avoir suivi, jour par jour, les séances du concile en qualité de théologien do Mgr. Laouënan, évèque de Flaviopolis , vicaire apostolique de Pondichéry. Le texte latin, nous dit-il, a été copié sur celui qui a paru au Journal officiel de Rome , et la traduction française a été faite également à Rome sous les yeux de l'autorité compétente.

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tanisme, patronnées par M. Veuillot dans l'Univers, venaient à prévaloir, « l'Église serait mise au ban des nations civilisées » ". Mais l'abbé de Solesmes et l'archevêque de Westminster ont entrepris de réfuter les opposants. Ce dernier s'exprime ainsi en faveur de l'admission du nouveau dogme: «On a besoin (écrit-il page 71) de la définition de rinfaillibilité du pontife romain parlant ex cathedra , pour chasser des âmes catholiques l'esprit exagéré d'indépendance 7iationale et d'orgueil qui, dans ces derniers siècles, a si profondément affligé rÉghse. S'il existe quelque chose qu'un catholique anglais doive savoir, c'est l'influence subtile et furlive par laquelle l'esprit national envahit et s'assimile l'Église, ainsi que les fruits amers de l'hérésie et du schisme qu'entraîne naturellement cette assimilation». {Delà Monarchie potitiflcalCj à propos du livre de Mgr. l'évéque de Sura^. Paris, V. Palmé, 1870.)

D'autres que lui encore ont pensé que l'affaibHssement de l'autorité pontificale avait pour cause les tendances des catholiques des divers pays à se constituer en autant d'églises nationales distinctes, comme l'a fait en France l'Éghse gallicane. Celle-ci a continué cependant à se rattacher à l'Église romaine, tout en professant à son égard la plus complète indépendance politique.

En Angleterre, cette même tendance, qualifiée par la papauté d'esprit d'orgueil et de révolte contre Dieu , a produit PÉglise anglicane , qui, par une rupture plus radicale, a cessé de se qualifier d'Éghse romaine , tout en conservant le nom de « catholique », signifiant simplement qu'elle se rattache à l'Église chrétienne universelle.

Dans ces derniers temps, des écrivains, sans doute bien intentionnés , mais paraissant répondre à une des plus chères pensées de l'Église romaine, victime des sentiments patriotiques de chaque nation, avaient cherché à pousser les races latines à se réunir dans une vaste et puissante unité politique; mais cette tentative était trop en opposition avec les idées modernes pour réussir.

D'autres etîorts dirigés directement par la cour romaine contre le gallicanisme avaient eu plus de succès, mais un successeur lui vint sous le nom de «catholicisme libéral».

M. de Montalembert , un des plus illustres parmi les représentants de ce parti , avait précisé nettement son programme, dans ses discours des 20 et 21 août 1863, au congrès catholique de Matines. Défendant la liberté civile et la liberté de conscience dans tous les pays , à l'exception des États du pape , reprenant la fameuse thèse de M. de Cavour, « l'ÉgUse libre dans l'État libre", il ne faisait à la papauté d'autre concession que de proscrire à Rome cette séparation du pouvoir temporel et du pouvoir spirituel , qu'il recommandait aux

1. Les évêques allemands et plusieurs évêqnes BTitrichieiis partageaient la manière de voir de l'évéque d'Orléans.

2. Le ConcUe n'cumcnique et VinfailUlilité du Pontife. Paris, V. Palmé, 1870.

autres contrées. Mais la cour romaine ne lui sut nul gré d'une telle inconséquence. L'encyclique de Pie IX se présenta l'année suivante comme une véritable réfutation des idées de M. de Montalembert. On y lit , en elTet , qu'il ne manque pas d'hommes pour favoriser cette opinion erronée, «onnepeutplusfatale àTÉglise et au salut des âmes, et que Notre Prédécesseur d'heureuse mémoire, Grégoire XVI, appelait un délire , à savoir que « la liberté de con- « science et des cultes est un droit propre à « chaque homme, qui doit être proclamé et « assuré dans tout État bien constitué. »

Cet encyclique fut suivi d'un Syllabus (voy.) ou résumé de toutes les principales erreurs des idées modernes : l'article 80 et dernier interdit même de croire que le Pontife romain puisse et doive « se réconciher et transiger avec le progrès, le libéralisme et la civilisation moderne ».

Mais cette opposition si nettement déclarée de la papauté à l'indépendance des autorités civiles et au progrès du libéralisme de la civilisation moderne ne devait avoir une portée réelle et suffisamment significative qu'au moyen de proclamations dogmatiques de son infaillibilité.

Or, Pie IX n'avait pas attendu cette déclaration, en proclamant à lui tout seul un dogme nouveau , en s'appuyant , il est vrai , d'une consultation par lettre adressée aux principaux évêques, et en réunissant un certain nombre d'entre eux à Rome. Le décret de l'Immaculée Conception, rendu sous cette forme le 8 décembre 1854, déclare qu'il est dogme de foi que «la bienheureuse Vierge Maine, dans le premier instant de sa conception , a été , par une grâce et un privilège spécial du Dieu foutpuissant, en vue des mérites de Jésus-Christ, Sauveur du genre humain, préservée et exempte de toute tache du péché originel. »

Ce dogme a donné heu à une polémique qu'il n'entre pas dans notre cadre d'analyser.

Les adversaires de Pinfaillibililé concentraient principalement leur argumentation sur l'anathèmc lancé en 680 par le concile œcuménique de Constantinople, qui, en déclarant le pape Honorius hérétique, avait montré pareillement en pratique la supériorité de l'autorité conciliaire sur l'autorité papale. M. l'abbé Gratry démontra à cette occasion que la condamnation d'Honorius, accusé de «monothélisme», était reproduite dans tous les bréviaires romains, jusqu'à la fin du seizième siècle, et de plus , il en citait le texte , tel qu'il se trouvait dans un bréviaire de 1620.

Les arguments purement théologiques de quelques-uns de ces adversaires avaient pour objet spécial de démontrer que les paroles célèbres du Christ à Pierre : «Tu es Pierre, et sur cette Pierre j'édifierai mon Église», bien loin de servir de fondement à l'institution de la papauté , en étaient la négation, car ces paroles ne sont dites qu'à propos de la foi de Pierre à la divinité de Jésus; par conséquent, le fondement de l'Église est cette reconnaissance de la divinité de Jésus . et nullement la personne

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de Pierre , qu'il appelle « Safan » quelques versets plus loin , et aussi encore bien moins chacun de ses successeurs.

Mais d'autres adversaires plus modérés, et, à l'exemple de l'abbé Guettée, dans sa brochure intitulée la Papmité moderne (publiée en 1861 à Paris), se contentaient de faire ressortir l'opinion du pape Grégoire le Grand, qui, tout en reconnaissant à la papauté une primauté d'honneur, lui refusait cependant une autorité universelle et absolue, c'est-à-dire une primauté de «juridiction propre et véritable».

Les décrets du concile du Vatican n'omettent pas de combattre ces deux dernières opinions, et ses canons de les anathématiser.

Les faits qui signalèrent la préparation au concile , furent d'abord l'invitation à tous les évêques du rit oriental et ensuite à tous les protestants ou «non catholiques».

Le patriarche grec répondit que pour s'entendre il fallait remonter à l'époque où les deux Églises d'Orient et d'Occident n'en formaient qu'une seule, et qu'en conséquence il fallait aboHr tous les changements qui se trouvaient faits soit par addition, soit par retranchement, au christianisme de cette ancienne époque. Une telle réponse équivalait à un refus.

Quant aux protestants, le saint-père ne les invitait nullement , ainsi que certains journaux ont feint de le croire, à prendre part aux délibérations, comme y avaient pris part anciennement les Ariens au concile de Nicée, et Jean Huss, au concile de Constance; mais il les invitait, à l'occasion du concile, à rentrer dans le sein de l'Église romaine et à faire leur soumission au saint-siége.

La grande innovation du concile du Vatican fut l'absence des sièges qui, au concile de Trente, étaient réservés aux princes et aux ambassadeurs. Les gouvernements des ditTérenfs Étals n'avaient pas réclamé contre cet oubli à leur égard, et il suffit de lire les débats au Corps législatif dans les séances des 9 et 10 juillet 18G8. ainsi que la dépêche du 19 mars 1 870 du cardinal Antonelli à Mgr. Chigi , en réponse à celle de M. le comte Daru , ministre des affaires étrangères , pour voir que , d'après le sentiment de la France et de tous les autres États, il serait désagréable à ceux-ci d'assister, dans la personne de leurs ambassadeurs, à la condamnation des principes fondamentaux du di'oit public moderne.

Le concile liiit quatre «sessions» seulement; le nombre total des Pères appelés à siéger était de lUii, dont un très-grand nombre sans troupeau (évêques in partibus). La session du 8 décembre fut consacrée à l'ouverture du concile; celle du 8 janvier avait pour objet d'émettre la profession de foi des Pères entre les mains du souverain pontife; celle du 24 avril , sur la foi catholique , décréta de nombreux canons, parmi lesquels les deux suivants :

« Si quelqu'un dit que les sciences humaines doivent être traitées avec une telle liberté que l'on puisse tenir pour vraies leurs assertions, quand même elles seraient contraires à la doc-

trine révélée, ou que l'Église ne peut les proscrire ; qu'il soit anathème.

« Si quelqu'un dit qu'il peut se faire qu'on doive quelquefois, selon le progrès de la science, attribuer aux dogmes proposés par PÉglise un autre sens que celui qu'a entendu et qu'entend l'Église; qu'il soit anathème.»

Le nombre des Pères qui collaborèrent à cette session du 24 avril, fut de 667.

La quatrième et dernière session, du 18 juillet, fut la plus importante; 535 Pères y coopérèrent et mirent au jour la « première constitution dogmatique de l'Église de Jésus-Christ»; elle se termine ainsi :

« Nous enseignons et déflnissons , sacro approhante concilio , que c'est un dogme divinement révélé, savoir : Que le Pontife romain, lorsqu'il parle ex caifiedra , c'est-à-ûire lorsque, remplissant la charge de pasteur et de docteur de tous les chrétiens, en vertu de sa suprême autorité apostolique, il définit qu'une doctrine sur la foi ou les mœurs doit être crue par l'Église universelle, jouit pleinement, par l'assistance divine , qui lui a été promise dans la personne du bienheureux Pierre, de cette infaillibilité dont le divin Rédempteur a voulu que son Église fût pourvue en définissant la doctrine touchant la foi ou les mœurs; et, par conséquent, que de telles définitions du Pontife romain sont d'elles-mêmes irréformables, et non en vertu du consentement de l'Église. »

« Si quelqu'un , ce qu'à Dieu ne plaise , avait la témérité de contredire notre définition; qu'il soit anathème. »

Il paraîtrait, d'après le témoignage de M. le professeur Friederich. dans sa lettre à Parchevèque de Munich, que le texte primitif présenté et discuté par les Pères, le 13 juillet, disait simplement : « les définitions du Pontife romain sont irréformables de par elles-mêmes», et il n'était pas ajouté ces mots : «et non en vertu du consentement de l'Église».

Du reste , cette interpolation n'a pas été la seule surprise qui a fait accuser le concile du Vatican de ne pas avoir été libre , et par suite , de ne pas être l'inspiration du Saint-Esprit. Il suffit, en effet . de lire les lettres apostoliques de Pie IX , relatives à la direction des travaux conciliaires, pour s'apercevoir qu'ils ont dû manquer de liberté par excès de réglementation.

Le travail sur chaque question était fait d'avance , puis présenté au vote.

Malgré l'opposition énergique de quelques émincnts évêques comme Mgr. Dupanloup.Mgr. Maret, Mgr. Strossmayer, le cardinal Scliwartzemberg, le cardinal Guidi, etc., qui ont pris en main la cause de la non-infaillibilité, la majorité, composée surtout d'évêques in partibus, a pesé sur la minorité par des interruptions brusques et violentes pour étouffer la discussion et voter à la hà(e.

Pie IX prononça la clôture de cette quatrième session en déclarant que «les décrets et canons, contenus dans la constitution qui vient d'être lue, ont reçu Padhésion de tous les Pères, excepté deux. »

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