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CONFERENCE

d'abaisser la puissance de la maison d'Autriche et de lui créer un contre-poids dans la rivalité de la Prusse protestante.

Ce fut au nom de la liberté des mers que les puissances neutres se concertèrent à diverses reprises pour résister à la prépondérance maritime de l'Angleterre (ligue de neutralité armée de 1780 et de 1800).

Ce fut, au contraire, au nom des intérêts monarchiques que les souverains de l'Europe se coalisèrent en 1791 contre la Révolution française (coalilio?i de Piliiitz), et c'est encore du nom de Sainle-ÂUiance que l'on a décoré, en 1815, ce remaniement de l'Europe dans lequel les monarques vainqueurs ne tinrent pas assez compte de la puissance des principes qui avaient suscité tant de guerres et devaient se fortifier encore au sein de la paix. [Yoy. Congrès et Sainte-Alliance.)

A côîé des ligues armées qui, pour rétablir l'équilibre compromis, lui font courir souvent de nouveaux périls, il en est d'autres foutes pacifiques dans leur organisation et dans leur objet: ce sont les unions commerciales ou douanières. Le Zolloerein (voy. ce mot) en a été de nos jours un remarquable exemple. Il a fait voir ce qu'on peut espérer du développement du travail intérieur et du commerce, pour rapprocher les États limitrophes, pour faire prévaloir sur les rivalités de toutes sortes l'uniformité des intérêts, et pour supprimer ainsi avec certaines lignes de douanes bien de^ causes de conflit et de guerre. Au lieu de se liguer ensemlde pour agrandir leurs territoires par voie de conquêtes, puissent les États s'associer pour développer, par la puissance de l'industrie nationale, leurs ressources intérieures! Tout est bénéfice et profit dans les conquêtes de la paix, tandis que celles des armes épuisent les finances des États comme le sang des peuples. E. Cauchy.

Comparez: Alliance, Fédéralisme.

CONFÉDÉRATION GERMANIQUE. Voy.

Empire allemand.

CONFÉRENCE. Il est difficile de donner une définition complète de ce terme, parce qu'il ne s'applique pas toujours aux mômes choses. D'une manière générale on entend par conférences des délibérations diplomatiques, soit entre les membres d'un congrès, soit entre les ministres de plusieurs puissances accrédités auprès de la même cour. Les conférences diffèrent dans leur compétence, suivant qu'elles ont pouvoir de décider les questions ou qu'elles n'ont que voix consultative. C'est dans le premier cas seulement qu'elles peuvent recevoir la dénomination de congrès. Toutefois on ne saurait établir une distinction tranchée entre un congrès et une conférence, car plus d'un congrès n'a été de fait qu'une succession de conférences sans résultat positif, et plus d'une conférence a pris la tournure d'un congrès, l'ar exemple, si le congrès de Mi'inster n'eût pas abouti à la paix de 1648, il n'aurait reçu que le terme générique de co7i/érences , r'éservé

aux congrès qui échouent. Les exemples historiques donnent raison aux diverses acceptions que nous venons de signaler. Parmi les conférences célèbres on range celles de Moerdyk en

1709 et de Gertruydenberg en 1710, qui précédèrent les traités d'Utrecht; plus tard celles de Vienne 1855, destinées à prévenir la guerre de Crimée. Dans ces réunions on vit, au milieu de la guerre, les cabinets chercher à jeter les bases de la paix future. Mais ces sortes de conférences aboutissent toujours difTicilement, parce que les résolutions des plénipotentiaires sont nécessairement influencées par les nouvelles du théâtre de la guerre. Cependant il faut le plus souvent commencer par là d'une façon plus ou moins ostensible, à moins que les succès militaires n'enlèvent tout caractère douteux aux événements. Les traités de 1648, 1713, 1763 et autres ont été précédés de négociations poursuivies durant le cours des hostilités. Les négociations sont moins compliquées lorsque la conférence a lieu en temps de paix à propos d'une question spéciale. C'est dans notre siècle que les conférences de ce genre ont été le plus fréquentes , grâce au perfectionnement des rapports diplomatiques et grâce surtout à l'usage de soumettre à l'arbitrage des grandes puissances les difficultés pendantes entre des États de second ordre. Lorsqu'un de ces cas se présente, et que les grands cabinets de l'Europe croient leur inter- VBnfion morale nécessaire, ou lorsque leur arbitrage est invoqué par les parties intéressées, on convient que les ministres des grandes puissances accrédités auprès d'une des grandes cours se réuniront pour amener une transaction sur le différend. Il dépend des circonstances spéciales du litige que les États intéressés soient ou non représentés dans la conférence. Celle-ci prend alors le nom de conférence ministérielle. C'est par elles qu'ont été réglées les afTaires de Grèce, celles de la Belgique et de la Hollande, celles d'Orient à plusieurs reprises, celles de l'ancienne principauté de Neufchâtel , celles de la succession de Danemark. Le terme de conférences ministérielles s'applique aussi aux réunions composées de représentants d'États de second et de troisième ordre et n'ayant en vue que l'intérêt spécial de ces États. C'est par des conférences ministérielles composées des représentants des États de la confédération germanique qui ont abouti à l'acte final du 15 mai 1820, qu'a été complétée l'organisation intérieure de l'Aile • magne. Bien d'autres réunions ayant un, but particulier ont lieu entre les délégués d'États confédérés comme ceux de l'Allemagne , ou étrangers les uns aux autres. Ces conférences se proposent soit dos réformes politiques, soit des améliorations économique», ou des associations commerciales. Plus U vie des sociétés modernes se développe dans le sens de la solidarité des intérêts, plus ces conférences sont appelées à se multiplier et à se diversifier. Il serait donc trop long d'en tenter l'énumérafion.

Le terme de conférence est si élastique qu'il

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