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CONSISTOIRE. — CONSOMMATION

de sa cour, reçoit en audience solennelle les princes ou leurs ambassadeurs; et le consistoii-e secret, beaucoup plus fréquent, où les \ seuls cardinaux sont admis et dans lequel le , pape fait connaître les principales mesures '■ qu'il a décrétées et préconise les évoques. Il y • a parfois aussi consistoire semi-public, lorsqu'il s'agit d'affaires concernant les rapports avec les puissances étrangères; alors les per- ■ sonnes intéressées peuvent être admises. Dans tous les cas le consistoire aujourd'hui n'est jamais une assemblée délibéraute et n'a d'autre but que d'enregistrer ou de faire connaître des mesures arrêtées à l'avance.

Lorsqu'il s'applique aux protestants ou aux Israélites, le mot consistoire désigne un corps composé d'ecclésiastiques et de laïques, ceuxci en majorité, et qui excerce une action plus ou moins étendue sur la direction et l'administration de l'Église. Presque partout, en effet, la réforme remit entre les mains des laïques une grande part d'autorité , et Calvin lui-même avait établi à Genève un consistoire , chargé principalement, il est vrai, de faire observer la disciphne sévère que le réformateur imposait aux Genevois. Dans l'ancienne Éghse réformée de France, les consistoires étaient les conseils placés à la tête de chaque conununauté; ils se composaient du pasteur et d'un certain nomijre de laïques, nommés anciens. Plusieurs églises réunies formaient la circonscription d'un colloque, et l'assemblée désignée sous ce nom se composait d'un pasteur et d'un ancien par église. Lorsque, sous le Consulat, les cultes furent réorganisés, la loi de germinal an X institua une église consistoriale par chaque fraction du territoire contenant 6,000 âmes de population protestante, et le corps unique placé à la tète de chacune de ces églises fut composé du ou des pasteurs et de six à douze laïques. Le mode de nomination de ces consistoires était éminemment aristocratique et tendait à soumettre les églises à une oligarchie financière; ils se renouvelaient tous les deux ans, par moitié, et la nomination était faite par les anciens en exercice, auxquels était adjoint un nombre égal de chefs de famille , habitant la commune où se réunissait le consistoire et choisis parmi les plus imposés au rôle des contributions directes. Le décret du 26 mars 1852 a changé cet état de choses et sanctionné les modifications qui peu à peu s'y étaient introduites. Partout où résident un ou plusieurs pasteurs , cette loi nouvelle éfabht un conseil presbytéral, et les consistoires actuels, formés de tous les pasteurs de la circonscriptiou et d'anciens, nommés directement par les fidèles et dont la plupart sont membres des conseils presbytéraux, rappellent beaucoup plus les colloques de l'ancienne Église que ses consistoires.

L'autorité que ces corps exercent est fort étendue , ils ont droit de vote en cas de vacance d'une chaire dans une faculté de théologie; ils nomment les pasteurs; ils ont seuls le droit de correspondre avec l'autorité supérieure et d'accepter les legs; assimilés aux évèques,ils

«veillent à l'exercice régulier du culte, au maintien de la liturgie et de la disciphne et à l'expédition des affaires dans les diverses parois»es du ressort « ; ils arrêtent les budgets et règlent les comptes. En matière dogmatique leur autorité n'a jamais été bien nettement définie par la loi, et la plupart s'abstiennent sagement d'intervenir en tout ce qui tient à la doctrine professée par les pasteurs ou les fidèles.

Outre ses consistoires locaux , identiques à ceux de l'Église réformée , l'ÉgUse de la confession d'Augsbourg a, en France, un consistoire général ou supérieur qui tient une session par an et constitue dans son sein le pouvoir législatif. L'ÉgUse réformée n'offre rien d'analogue.

Le culte israéhte a reçu par la loi de 1831 une organisation qui offre avec celle des cultes protestants une grande analogie. Cinq ou six consistoires départementaux se partagent tout le territoire, et chacune de ces circonscriptions nomme un laïque pour la représenter au consistoire supérieur, siégeant à Paris , et qui se compose uniquement de ces représentants et du grand rabbin. Les attributions de ces divers corps sont à peu près les mêmes que celles des consistoires réformés.

Le système qui confie le gouvernement d'une éghse à des consistoires a été souvent critiqué; néanmoins, c'est peut-être celui qui, tout en ; maintenant l'indépendance du clergé quant à ' la doctrine et à Pexercice du ministère, assure le mieux aux fidèles une large part d'influence, prévient ainsi les abus nombreux qu'entraîne en toute religion l'omnipotence cléricale , et par suite rend plus aisés les rapports inévitables entre l'ÉgUse et l'État.

Etienne Coquerel.

CoMPAEEz: Eglise protestante, Synode.

CONSOMMATION. Consonmier c'est détruire l'utiUté des choses, c'est anéantir leur valeur, dit J. B. Say , comme produire c'est donner de l'utiUté et créer de la valeur. D'après cela, toute consommation se mesure à la valeur des choses consommées , valeur eUe-même déterminée par leur utilité. Mais la consommation d'une chose peut être plus ou moins rapide, plus ou moins complète; elle peut être une VTaie transformation de la valeur. Tel est le cas des matières premières qui sont consommées, mais qui se reproduisent sous la forme d'objets manufacturés. De là deux classes de consommation : ceUes qui sont improductives et celles qui sont rcproducti^TS. Cependant cette classification n'a rien d'absolu, et il est possible d'établir que toute consommation productive dejouissance atteint son but;laconsonmiation, dit Smith, étant le but unique de la production. En effet, nul ne produit que pour consommer ; et même dans nos sociétés, établies sur le principe général de l'échange des services et de la division du travail, on ne produit certaines choses que pour avoir la faculté d'eu consommer d'autres. Ainsi, la consommation improductive est celle qui atteint directement

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