L. Legault
COSMOPOLITISME. C'est un sentiment qui embrasse l'humanité entière. Le cosmopolite est un citoyen de l'univers, il trouve donc trop étroit le patriotisme vulgaire qui réserve toute bienveillance pour le pays où l'on est né. Lorsque le cosmopolitisme est une extension du patriotisme, lorsqu'il est de la vraie philanthropie, rien de mieux; mais que dire de celui qui veut remplacer par ce sentiment si vague qu'il manque de corps, qu'il devient vaporeux, le patriotisme lui-même? Ke prend-il pas l'ombre pour la réalité? Du reste, pour mesurer avec rigueur la différence d'intensité qui existe entre ces deux sentiments , on n'a qu'à mettre en regard des myriades qui sont mortes pour leur patrie, les quelques individus qui se sont sacrifiés pour le bien de l'humanité. M. B.
CosiPAiŒz: Civilisation, Nationalités, Patrie, Patriotisme.
COSTA-RICA, l'une des petites républiques de l'Amérique centrale. Lors de la déclaration d'indépendance, ce pays était moins avancé que d'autres parties des vastes possessions de l'Espagne en Amérique; mais sous l'intelligente direction de plusieurs habiles présidents, notamment des deux iMora (1824-1832 et 1851- 1860), sa population laborieuse sut acquérir une aisance générale, et quelques habitants réussirent même à accumuler de grandes fortunes. Cette prospérité ne put pas garantir le pays contre les guerres et les révolutions. Lorsqu'il ne fut pas enveloppé dans les mouvements politiques des États voisins, il trouvait dans son propre sein quelques aventuriers ou quelques ambitieux qui ne reculèrent pas devant une conspiration pour arrivera leurs fins. Et il faut bien peu d'efforts pour faire réussir une révolution à Costa-Iiica. Nous ne nous arrêterons donc pas à analyser une des nombreuses constitutions aussitôt violées que votées dans ce pays, nous nous honierons à donner les indications générales qui suivent.
La république de Costa-Rica s'étend sur environ 3 degrés de latitude (8 à 1 IMG') et autant de longitude (80 à 88° de Paris); elle est baignée par l'Adaiitique et le Pacifique et par le lac de
Nicaragua, et louche par sa frontière septentrionale à l'État de ce nom. et par sa frontière méridionale à l'isthme de Panama (Confédération colombine, autrefois Kouvelle-Grenade). La superficie du territoire est évaluée à 2,300 Heues carrées du pays ou 58,743 kilomètres carrés, et la population à 127,000 habitants. L'agriculture est la principale occupation des Costa-Ricains; il y a peu d'industrie, mais un commerce relativement développé. L'aristocratie du pays se compose autant de négociants que de propriétaires.
Les principaux produits du pays sont, outre les denrées alimentaires ordinaires, le café, le cacao, le sucre de canne et quelques autres, propres aux contrées intertropicales. La production du café peut être estimée à 1 10 ou 120.000 quintaux de 46 kilogrammes. La culture de la canne et celle du cacao sont bien moins importantes. Ce sont ces denrées qui alimentent principalement le commerce d'exportation; l'importation s'étend sur tous les produits manufacturés et sur le tabac. On estime à 6 millions de francs la valeur de l'importation et à 7 millions celle de l'exportation. Le pays a aussi des mines de fer et de divers métaux. Le principal port du pays est Punta- Arenas, situé sur le Pacifique; 50 à 60 navires jaugeant ensemble 15 à 20,000 tonneaux y entrent et autant en sortent en moyenne tous les ans.
Le siège du gouvernement est San-José, ville d'environ 16,000 habitants. Les revenus s'élèvent à un peu plus de 1,500,000 dollars, et les dépenses après de 1,600,000, selon les années. La dette dépasse 3 millions. C'est le monopole du tabac, puis la douane et en troisième lieu le produit des di'oits sur l'eau-de-vie qui fournissent le plus fort contingent au trésor. 11 n'y a pas, à proprement parler, d'armée permanente: la milice se compose de 5,000 hommes dont 200 sont appelés périodiquement pour le service des gardes. L'instruction publique est en voie de progrès. La religion catholique est celle de tous les habitants nés dans le pays. M. B.
COTERIES. Voy. Esprit de corps.
COTES ET RIVAGES. D'après l'article 538 du Code civil, les rivages de la mer font partie du domaine publi-c. Ce n'est là, du reste, que la confirmation de principes anciens résultant de la nature même des choses, c'est-à-dire des besoins de la défense et de la sûreté des côtes, et des nécessités du commerce et de la navigation, qui excluent toute idée d'appropriation des rivages de la mer.
Le droit français n'est pas explicite sur ce qu'il faut entendre par les rivages de la mer. Si Pou consulte le jeu naturel des éléments, il semble que la mer a écrit elle-même, sur le sable, les limites de son domaine; au point de vue légal, il est nécessaire de remonter aux dispositions du droit romain. Liltora, in qnœ populus Romanus imperiidu habet, populi Romani esse arbitror.a (L. 3, Dig., ne quid in loc.