Esprit des lois, chap. xix du XIX' livre
2. Ces biUs out été su-pprimés depuis l'époqne où écrivait Moutostiuieu.
COUPS D'ETAT
d'ostracisme , plus rien de ce qui change l'ordre légal des choses.
« Un prince, dit-il , doit agir avec ses sujets avec candeur, avec franchise, avec confiance; celui qui a tant d'inquiétudes, de soupçons et de craintes, est un acteur qui est embarrassé de jouer son rôle . . . L'autorité royale est un grand ressort qui doit se mouvoir aisément et sans bruit. Il y a des cas où la puissance doit agir dans toute son étendue, il y en a où elle doit agir par ses limites. Le sublime de l'administration est de bien connaître quelle est la partie du pouvoir, grande ou petite, que l'on doit employer dans les diverses circonstances. » (Ibid.. chap. xxiii et xxv.)
Avec de pareils principes appliqués au gouvernement des hommes, les États n'auraient à redouter d'autres crises que celles que pourraient faire naître quelques compétiteurs du prince , toujours entourés de flatteurs qui les trompent et qui ont intérêt à laisser les espérances chimériques grandir dans l'esprit de leurs maîtres ; mais ces crises viendraient échouer contre la réalité d'un bonheur constant assuré au peuple reconnaissant . qui ne serait point tenté de se jeter dans les hasards de tentatives où il ne recueillerait que bouleversements sans compensations. Mais Montesquieu prévoit le cas où, par quelque circonstance , la loi poUfique détruit l'État.
«Quand la loi politique, dit-il, qui a établi dans l'Élat un certain ordre de succession, devient destructive du corps politique pour lequel elle a été faite, il ne faut pas douter qu'une autre loi politique ne puisse changer cet ordre; et bien loin que cette même loi soit opposée à la première , elle y sera dans le fond entièrement conforme, puisqu'elles dépendront toutes deux de ce principe : Le salut