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COUR. — COUR DES COMPTES

mille impériale ont également des titulaires de grandes charges.

La cour de Berlin distingue entre: 1° les grandes charges: grand chambellan et grand écuyer; 2" les premières charges : grand maitre de la garde-robe, premier maréchal de la cour et de la maison du roi, etc., grand veneur, grand maitre des cérémonies, grand écuyer, grand maréchal intendant des châteaux royaux, vice-grand veneur; et 3° les charges de la cour: huit sénéchaux (ceux de Kœnigsbcrg, Stolzenfels, Brcslau, Benrath, fiheinsberg, Coblentz, Schwedt, Kœnigs-Wusterhausen), et un intendant général des théâtres.

La cour de Saint-Pétersbourg place après la maison de Tempereur (le ministre des apanages et l'aide de camp général), les grandes charges, puis les secondes charges, les simples charges et les maîtres des cérémonies. Parmi les grandes charges, on remarque, outre celles qu'on rencontre ailleurs, des grands échansous; mais il n'y a pas de grand veneui", bien qu'il y ait des veneurs.

La cour de la reine d'Angleterre (maison de la reine) se compose du lord grand chambellan, du vice-grand chambellan, du maitre des cérémonies, de la grande maîtresse {»iis(ress of ilie robes), des onze dames du palais [ladies of the bedchamber), huit chambellans, le lordsteward (grand maitre), le grand écuyer, le grand veneur, le grand aumônier, etc. On sait que l'influence du ministère s'étend en Angleterre jusqu'au choix des titulaires des charges de la cour.

Parmi lesgrandes puissances, la France (sous le second Empire) et la Piussie semblent avoir les cours les plus brillantes, puis viennent l'Angleterre et la Prusse, et celle d'Autriche parait la plus simple. Cette dernière passe, d'ailleurs, pour la plus patriarcale (peut-être pas tout à fait avec raison), mais, dans tous les cas, l'empereur d'Autriche est, dit-on, le souverain le plus accessible pour le simple particulier.

La cour d'Espagne était réputée la plus sévère sur l'étiquette, mais le nombre des charges n'est pas supérieur à celui que nous avons constaté ailleurs.

Nous ne continuerons pas cette énumération, mais nous avous constaté en parcourant, dans l'Almanach de Gotha, le tableau des charges établies dans les autres royaumes de l'Europe, que l'éclat de la cour n'est pas toujours en rapport avec l'étendue du pays. La tradition, le caractère du prince, Pesprit des populations (plus ou moins aristocratique ou démocratique) et quelquefois des circonstances fortuites ont exercé leur influence sur cette matière. Presque partout, du reste, on remarque une tendance à la simplification.

L'action de la cour sur le pays a varié selon les temps. Autrefois, cette action était considérée comme absolument mauvaise: le courtisan, aux yeux du moraliste, était non-seulement un flatteur, mais encore un homme corrompu , licencieux. Le mauvais renom des cours n'était pas toujours immérité. A une époque où le pouvoir du souverain et même celui

des simples nobles était sans limite, où l'esprit public dormait, où les mœurs étaient brutales, il n'y avait aucun frein aux passions des puissants. Ce n'est pas seulement Louis XV ou le Régent qu'il faut évoquer ici, ni même le fanatique Louis XIV; mais le bon Henri IV, si Pon veut se rendre compte jusqu'où une cour pouvait aller. De nos jours, la Ucence, Pimmoralité sont bannies des cours; ou plutôt leurs fonctionnaires et les autres personnes qui les fréquentent habituellement, ne sont ni meilleurs, ni pires que la moyenne de leur génération ; la flatterie elle-même n'est plus de leur domaine exclusif, — partout le riche , le personnage influent a ses courtisans... ne les avait -il pas de tout temps: pourvu qu'il les méritât comme jadis Mécène ! C'est le réveil de l'opinion publique qui a moralisé les cours, ce point est trop évident pour que nous ayons à le démontrer.

L'action de la cour sur le gouvernement est presque nulle de nos jours. Cela vient en partie du régime constitutionnel adopté dans la plupart des États, en partie aussi de ce que la liste civile [voy. ce mot) est complètement séparée du trésor public. Le souverain n'est plus, à lui seul, VÉtat.

Reste Paction de la cour sur la littérature, les arts, les sciences. Nous ne croyons pas que la cour proprement dite ait jamais influé sur le progrès des sciences, bien que certains princes aient personnellement fait des sacrifices en leur faveur. L'influence sur la littérature nous parait fort douteuse. Il y a des exemples qui font honneur aux cours, mais il y a, si nous ne nous trompons, plus d'exemples du contraire. Les arts ont été plus heureux: ils doivent beaucoup non-seulement aux princes, mais encore à leur entourage. Ils ont trouvé là bien des encouragements, et nous ne croyons pas (par suite des difficultés techniques) qu'ils en aient subi un souffle corrupteur.

On reproche encore aux cours de répandre le goût du luxe. Chacun, dit-on, cherche à imiter la classe immédiatement supérieure, ou plus exactement la classe plus riche : on dépense au delà de ses moj-ens, on s'endette, et les fortunes se désorganisent. D'un autre côté, les exigences d'un luxe effréné font diminuer, dans la classe aisée, ou à peu près aisée, le nombre des mariages; il s'établit une chasse aux dots, au détriment des sentiments plus élevés qui devraient présider à l'acte le plus important de la vie. Ce reproche est plus ou moins fondé, selon les pays, mais le luxe a d'autres causes encore que les cours, des causes légitimes lorsqu'elles ne produisent qu'un luxe contenu dans de sages limites et qui n'est alors que Pexpression d'une civihsation avancée.

Maurice Block.

COUR DES COMPTES. C'est le tribunal administratif qui juge la comptabilité des deniers publics. Ses fonctions commencent donc au dernier acte des opérations fmancières. Au début, le législateur statue sur la recette et la dépense , qu'il règle , par quantités et par es-

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