ALDERMAN
dignitaires d'un ordre beaucoup plus élevé. Ils étaient élus, comme tous les autres fonctionnaires civils et militaires , par l'assemblée populaire [Folcmote). On trouve les comtes (Êa/7«) ou Aldermen de comtés, mentionnés dans les lois saxonnes en qualité de juge. Les Aldermeu, cependant, étaient quelquefois nommés parle roi . et l'on en rencontre un exemple du temps d'Alfred.
Avant l'adoption de la loi municipale (the Municipal corporation Act] , 5^ et 6^ de Guillaume IV, chap. 76 (année 18.36), les attributions des Aldermen étaient déterminées, pour chaque bourg, par sa charte particulière. Aujourd'hui, les Aldermen sont réduits à des fonctions exclusivement municipales, et, à l'exception de la cité de Londres , leurs pouvoirs leur sont conférés , en Angleterre et en Irlande , en vertu d'actes du parlement , qui en déterminent la nature et l'étendue. Aux termes de la loi de 1836 que nous venons de citer, les Aldermen forment, avec le maire et les conseillers, le conseil de chaque bourg (viUe municipale ou parlementaire); ils doivent égaler en nomijre le tiers de ces conseillers et sont élus pour trois ans, parmi eux ou parmi les personnes qui remplissent les conditions pour le devenir. On les renouvelle par moitié , mais ils sont rééligibles. Ils président à l'élection des conseillers quand, pour un motif quelconque, le maire en est empêché. La loi précitée règle encore les conditions de cens et les conditions personnelles de leur éligibilité, et parmi les engagements auxquels il les soumet, il exige d'eux la promesse de ne pas faire usage de leur autorité pour affaiblir l'ÉgHse protestante, telle qu'elle a été établie par la loi en Angleterre , ou pour lui porter préjudice.
La situation des Aldermen, dans les bourgs irlandais , est à peu de chose près semblable à ce qu'elle est en Angleterre, et leurs pouvoirs, très-restreints, ne sont pas fort supérieurs à ceux des conseillers.
Dans la ville de Londres , au contraire , les Aldermen ont conservé en grande partie leurs anciens privilèges. Formée à l'image du gouvernement du pays , l'administration de la cité a son chef suprême , son roi : le maire ; sa chambre des lords, les Aldermen élus à vie; enfin sa chambre des communes, c'est-à-dire le conseil communal iCommon Council) renouvelé chaque année. La cité est considérée comme un comté (Countij) et fut, à une époque trè.sancienne, divisée en quartiers [Wards] qui répondent au .ffzi^zd/'erf (centaine , circonscription d'un centenieri ou cantons des comtés {Shires) ; ces wards sont désignés quelquefois par le nom de leurs Aldermen.
La plus ancienne charte de la cité de Londres qui mentionne expressément des Aldermen est celle d'Edouard II (1307-1327), mais on les trouve indiqués dès le règne de Henri II (1154-1187). où ils président des corporations de districts {Disirict Guilds), et sous Henri HIi 12 16-1272) d'anciens documents nous montrent, dans quelques cités et villes, des circonscriptions désignées sous le nom d'A/-
dermanries. Diverses chartes d'Edouard 11, de Richard II et de la reine Anne, déterminent ou modifient les règles et les conditions de leur élection. Par un acte de Richard II, l'office est conféré à vie. (Il ne s'agit dans le présent article que de Londres proprement dit , de la cité [City] , et non de la grande agglomération londonnaise dite the Métropole.)
La cour des Aldermen se compose de 26 membres, en y comprenant le lord maire, un seul pour les deux quartiers de Gripplegate intra-muros et Gripplegate extra-muros , et un pour chacun des autres quartiers, y compris celui du l'ont - hors - des - Murs [Bridge withoul) , autrefois Southwark, qui ne possède pas, dans la plénitude, la qualité de quartier. L'élection , pour tous les quartiers , excepté celui du Pont-hors-des-Murs , est réglée par un acte du conseil communal [Common Council] de 1714. Elle a lieu à l'assemblée du quartier (Ïï'ord/Ho^e), sur la convocation faite, eu cas de demande, par le lord maire, sous la forme d'un ordre [Precept) adressé aux conseillers communaux du quartier. Le AVardmote doit être réuni dans les quinze jours qui suivent la vacance; il est présidé par le lord maire, ou par un locum tenens (lieutenant) , choisi parmi les Aldermen qui ont rempli l'oflice de lord maire. La qualité d'électeur est attribuée à tous les habitants du quartier qui, sous une forme quelconque, payent un cens de 10 hvres par an. Dans certains cas, l'Aldermen ou le conseiller communal est exclu du corps où l'élection l'avait placé, par exemple: en cas de banqueroute , d'arrangements avec ses créanciers, d'absence non justifiée pendant plus de six mois, de condamnation pour un crime ou un délit; ses fonctions cessent alors de plein droit, et la cour des Aldermen lui choisit un successeur. Cependant si , après avoir fait un concordat avec ses créanciers, il les paye intégralement, il peut être réélu.
Le titre officiel de la cour des Aldermen est: « Cour du maire et des Aldermen dans la chambre intérieure» [The court of the Mayor and Aldermen in the Inner Chamber). Elle ne peut déhbérer valablement qu'en présence du lord maire, ou de son locum tenens, nécessairement désignéparmi ceux qui ont été maire, et de douze Aldermen au moins. Le Recorder (premier juge de la cité de Londres) et quelques fonctionnaires assistent aux séances.
La cour des Aldermen compose le tribunal des magistrats de la cité de Londres; elle vérifie les élections de certains fonctionnaires de la corporation et notamment des Aldermen et des conseillers communaux; elle examine, s'il y a lieu, les circonslanccs qui pourraient justifier Fexclusion de ceux-ci, et si les habitants d'un quartier lui renvoient trois fois, pour Alderman. la personne qu'elle a déclarée incapable, elle procède elle-même à son remplacement. Elle ordonne les dépenses auxquelles pourvoit la cuisse de la cité; elle nomme un grand nombre de fonctionnaires, ceux surtout qui sont attachés à l'administration de la justice ou à la direction de la police. Elle accorde