CEÉDIT (INSTIT. DE). — CRIMES, DÉLITS, CONTRAVENTIONS
et à constituer, avec ses bénéfices, un fonds de réserve et de prévoyance de sept millions , dont l'emploi facultatif et productif est soumis à l'approbation préalable du conseil d'administration.
Le dernier établissement de crédit qui soit né sous l'empire de la législation antérieure à la loi de 1867 sur les sociétés anonymes, c'est-à-dire dont la création ait dû être autorisée par le Gouvernement, est la Société générale pour favoriser le développement du commerce et de l'industrie en France, habituellement désignée sous la simple dénomination de « Société générale".
Créée le 4 mai 1864 au capital de 120 millions, dont 60 millions presque immédiatement versés, avec des statuts qui lui donnaient des facultés très-étendues, cette société se trouvait ainsi établie sur des bases plus larges que les sociétés de dépôt proprement dites qui, en principe, n'ont qu'un capital de garantie , et doivent restreindre leurs opérations à l'emploi sagement limité des fonds déposés en compte courant. Ce double caractère de société financière et de société de dépôt pouvait avoir eu pratique des inconvénients sérieux que la Société générale a heureusement évités en suivant parallèlement, avec résolution et habileté, les deux voies que ses statuts lui ouvraient, et surfout en maintenant fermement, pour l'emploi des fonds dont elle disposait, la démarcation tracée par la prudence entre les capitaux de dépôt et le capital même de la société. Elle a donné la meilleure preuve de cette bonne gestion financière par la manière dont elle a fait face aux nombreux retraits de fonds que les événements de 1870 et 1871 ont provoqués et qui se sont élevés rapidement à plus de 135 millions. Comme banque disposant d'un capital de 60 millions, après avoir fait aux affaires industrielles une part qui lui a permis notamment de relever les établissements métallurgiques deDcnain, la Compagnie des mines de fer de Mockta-el- Hadid, de créer une importante société de transports maritimes , etc. , la Société générale n'a pas cru devoir repousser les bénéfices un peu aléatoires que présentent les grandes opérations financières avec les États étrangers. Comme établissement de dépôt, la Société générale a fait beaucoup pour développer en France cette habitude des comptes de chèques qui, dans la Grande-Bretagne, met en circulation tant de milliards, et ne laisse, pour ainsi dire, aucune épargne improductive. Ainsi, pour la facilité des déposants et à l'imitation des succursales [branches) des banques d'Angleterre et d'Ecosse, elle a ouvert dans les départements et les différents quartiers de Paris plus de quarante agences ou caisses de dépôts. Le dernier bilan annuel' de la Société (31 décembre 1871) indique un ensemble de dépôts s'élevantàplus de 115 millions, chiffre important pour la France, surtout dans les circonstances actuelles , mais bien faible encore relativement aux sommes dépo.^ées dans les établissements analogues de la Grande-
Bretagne. La Société générale compte huit années de durée, pendant lesquelles elle a distribué à ses actionnaires en moyenne 10 p. 100 par an, et porté sa réserve à plus de 10 p. 100 du capital versé.
Des établissements se rapprochant plus ou moins par leur organisation et leur but des institutions que nous venons de nommer ont été surtout, entre 1850 et 1872. créés dans presque tous les pays d'Europe. En terme général on peut dire : Partout où la création des établissements de crédit répondait à une nécessité réelle du monde économique et toutes les fois qu'ils mesuraient leur activité sur l'étendue effective des ressources à leur disposition et des besoins à satisfaire , ils ont fonctionné et fonctionnent avec succès; ils ont vigoureusement bravé les crises de toute nature qui ont passé plusieurs fois sur FEurope. Par contre, là où la spéculation était Punique ou du moins le principal mobile de ces créations; là où avec des offres imaginaires on cherchait à répondre à des demandes artificielles de crédit; quand, pour faire des affaires à tout prix, pour prélever des primes, pour agioter, on s'évertuait à imaginer et à lancer des entreprises en l'air : la prospérité momentanée, si on l'obtenait, ne tardait pas à être suivie de la débâcle; elle entraînait la ruine complète pour les uns et forçait les autres à se réformer, et surtout à se hmiter.
J. E. HORN
Mis à jour et développé par M. B.
CRÉDIT FONCIER. Voy. Crédit (Institutions de).
CRÉDIT PUBLIC. Voy. Amortissement, Crédit, Dette et Emprunt.