Encyclopédie de Courtin, article Coscoudat
2. Thunberg, Voijnyc tn Afrique et en Asie, principalement an Japon, trad. du suédois, p. 353-355, et
Voyage au Japon, trad. par L. Lauglois, t. III, p. 206
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et les peuples n'ont qu'à se soumettre humblement aux décisions de l'Église, comme à des ordres émanés de Dieu. Gomment dans ces conditions le chef de lÉglise pourrait-il abandonner au pouvoir temporel une partie de ses droits? comment pourrait-il le laisser jug-e de ce qui convient et de ce qui ne convient pas au bien de rÉgiise? Aussi jamais les souverains pontifes n'ont provoqué des concordats, si ce n'est pour récupérer, dans des circonstances favorables à leurs intérêts, des privilèges que les malheurs des temps leur avaient ravis. Tels furent les motifs qui portèrent Léon X à soUiciter de François P"" le concordat du 15 août 1516, qui mettait à néant la pragmatique sanction de 1438 *. Ils n'ont acquiescé à ceux qui leur étaient défavorables , que contraints par la force ou par le sentiment de l'impossibilité d'obtenir pour le moment des conditions meilleures. C'est ainsi que Pie VU déclara qu'il n'acceptait le concordat du 15 juillet 1801 qu'à cause des circonstances extraordinaires de l'époqueet en vue du bien de la paix et de l'unité de l'Église*.
Que conclure de là, sinon que le saint-siége ne tient les concordats qui lui sont avantageux que pour des acheminements à de plus grandes conquêtes, et ceux qui lui sont onéreux que pour des concessions auxquelles il se soumet momentanément, en attendant des jours meilleurs et en réservant tous ses droits? Les traités de ce genre n'ont donc, aux yeux des parties contractantes, aux yeux du moins d'une d'entre elles, qu'une valeur provisoire et ne sauraient constituer un ordre de choses régulier et constant.
Si du moins , pendant son existence plus ou moins éphémère, un concordat pouvait faire disparaître les difficultés que soulèvent les intérêts divers, souvent opposés, des deux puissances. Mais il n'en est rien. La lutte continue soiis le régime des concordats à peu près dans les mêmes termes qu'elle s'était produite avaut l'établissement de ce régime. En France, les récriminations des parlements contre les prétenlirns du saint-siége n'ont pas été moins vives depuis le seizième siècle qu'auparavaut; elles ont été même plus fréquentes. L'opposition du pouvoir civil a été même eu un certain moment jusqu'à provoquer un schisme : je veux parler de la déclaration de 1682, dont l'exécution, quoiqu'on ait pu prétendre le contraire, creuserait uu abime infranchissable entre l'Église catholique de France et la cour de Rome.
L'.\llemagne nous préseute uu spectacle analogue; malgré le concordat de li'tT entre Nicolas V cl Frédéric III, malgré tous ceux qui Font suivi, I Finpire germanique n'a pas toujours vécu en bonne intelligence avec le saint-siége, et nous avons pu voir dans ces derniers temps avec quelle rapidité naissent et meurent les concordats en Aulriche.
1. Des Odoards-Fantin, Ticaire général d'Embrun, Dictionnaire du gourprnement , des loin, des usages et de la diicijiline de VEgliie, t. H, p. 208 et suivantes.
2. Qnm cxlraordinarim temporum rationes atqiie bontim pacis et nnitatis Ecclesiœ a nobis postitlaveninf. (BuUe de Pie VU du 18 des calendes de septembre 1801 .)
C'est que les concordats ne sont pas des traités capables de régler les différends d'une manière définitive, et cela, non pas seulement parce qu'ils ne satisfont jamais entièrement aucune des deux parties contractantes , dont chacune croit faire plus de concessions qu'elle ne devrait, et aspire plus ou moins ouvertement à plus d'avantages qu'il ne lui en est accordé; non pas seulement parce qu'ils n'ont aucune sanction et qu'ils ne peuvent empêcher ni Fun ni l'autre des deux adversaires d'obéir en définitive aux principes sur lesquels repose leur autorité respective , principes qui sont d'ordinaire en complète opposition, et qui dans tous les cas n'ont rien de commun; mais encore et surtout parce que dans Fordre de choses que suppose le régime des concordats et quand se trouve en cause une Église qui, comme le catholicisme, prétend à la domination universelle, il est impossible de (Lxer les limites morales qui doivent séparer les deux pouvoirs.
C'est ce qui explique comment il se fait qu'aucun concordat ne puisse devenir définitif. Dans les pays où ce régime a été adopté, il a fallu ou modifier sans cesse les traités existants par des amendements successifs, ou les remplacer continuellement par de nouveaux. Depuis le commencement de ce siècle, nous avons eu en France trois concordats différents. C'est par vingtaines qu'il faudrait compter ceux qui depuis trois ou quatre siècles ont été traités entre les Allemands et le saint-siége. Ces changements incessants sont une preuve décisive de Fimpossibilité de donner une base fixe et solide à ce régime.
Si l'on considère à un point de vue général la question des rapports des cultes et de FÉtat, on sera amené à cette conviction que leur alhauce, sous quelque forme qu'elle puisse être conçue, est inévitablement une gêne, une source d'embarras aussi bien pour FÉtat que pour les Églises.
En se mettant sous le patronage du gouvernement civil, uu culte, quel qu'il soit, aliène en tout ou en partie son indépendance. Il ne lui est plus pos.-^ible désormais de ne prendre conseil que de lui-même; il remet une partie de ses intérêts à un pouvoir qui ne se propose pas précisément le même but que lui: il voudrait en vain ne s'inspirer que de ses propres principes, n'avoir égard qu'à ses seuls intérêts; il faut aussi qu'il tienne compte des intérêts et des principes de Fassocié qu'il s'est donné, j'allais presque dire du maître sous la protection duquel il s'est mis.
Il résulte de là pour les ministres de ce culte une position embarrassée, équivoque, entre des vues et des devoirs opposés. Il peut surgir tel èvéuement que FÉtat juge favorable à ses intérêts et que l'Église qui lui est unie trouve au contraire dangereux au bien de la ' religion. Faut-il céder aux vœux du gouvernement? Faut-il y résister? Le danger peut être égal des deux côtés. Il faut pourtant prendre parti et sacrifier ses principes religieux au désir de se maintenir dans la faveur du gouvernement, ou s'exposer au mécontentement
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d'iin allié puissant, en obéissanl à la voix de la conscience. L'évèqne de Balliniore ne risque pas de se tronver dans cette situation ditTicile. li n'a devant lui que sa religion et ses fidèles; il n'a à compter qu'avec les intérêts spirituels.
Môme en dehors des événements analogues à celui dont je viens de parler, événements plus fréquents cependant qu'on ne le croirait, diins le cours ordinaire des clioses, tout culte uni à l'État est obligé à des sacrifices continuels. Il n'a pas le droit de modifier et d'étendre, selon qu'il le juge opportun, ses règles de discipline et ses déterminations dogmatiques. Presque partout, les bulles du pape ne sont publiées que sous le bon plaisir du gouvernement; et les changements de discipline ne sont pas admis s'ils lui déplaisent. En France, le concile de Trente n'a été reçu que pour ce qui regarde la foi; tout le reste y est considéré comme nul. L'Élat devient ainsi de fait le juge des controverses et le chef des choses religieuses.
Les protestants n'ont pas été mieux traités, tant s'en faut. Le Gouvernement a changé luimême l'organisation ecclésiastique qui leur élait propre, par les articles organiques du 18 germinal an X. qu'il leur a imposés, sans même les consulter. Dépouillées du droit de s'entendre sur leurs intérêts communs par la suppression des synodes nationaux qui firent sans doute ombrage à l'administration civile, leurs Églises ont passé , contrairement à leur volonté , du régime synodal au régime indépendant.
11 est bien d'autres sacrifices auxquels doit se résigner tout cullc qui s'unit à TEtat. 11 lui faut renoncer au droit de s'assembler sans autorisation et sans surveillance ; au droit de former des associations pieuses, dont l'existence lui semblerait utile au maintien et au développement du sentiment religieux; au droit d'établir des centres de prières où il le juge nécessaire et de placer des directeurs ecclésiastiques où bon lui semble, dans le cas même où il ne réclame aucun secours de l'État. En un mot, il n'est plus maître chez lui; il I)arlage une autorité qui ne saurait être partagée, avec le Gouvernement qui n'es! pas juge compétent en matière religieuse et qui est guidé par d'autres principes que les siens.
Et que gagne-t-il pour fous ces sacrifices? Du pain pour ses ministres et une protection dont il ne peut guère être assuré, cependant, qu'autant qu'il n'est pas un obstacle aux intérêts de l'Élat.
D'un autre côté, un gouvernement se trompe en se croyant inlérçssé à protéger une ou plusieurs religions d"État. On comprend quelle importance il peut altachcr à se faire un appui de la puissance ecclésiastique. 11 est bien peu de princes qui n'aient cherché à se la rendre favorable par la concession de. grands avantages temporels. En est-il un seul, du moins dans l'Europe moderne, dont les sacrifices n'aient été suivis des plus déplorables mécomptes? Comment en serait-il autrement?
Tout culte, quel qu'il soit, sur lequel l'État veut s'appuyer, entend, pour prix de son con-
cours, faire de la force publique un instrument pour dominer, sinon pour opprimer, ses oppc .'^ants ou ses rivaux, qu'il traite de perturbateurs du repos public. On sait quelle est. dans les temps modernes, l'aversion que s'attire un clergé dominateur. Quand cette aversion a pénétré dans les masses, elle entraine et le clergé lui-même dont le joug est odieux, et le gouvernement qui avait épousé sa cause.
L'alliance de l'Église et de l'État n'a pas foujours sans doute pour celui-ci d'aussi funestes résultats; mais on peut assurer qu'elle ne lui est jamais d'aucun avantage réel, qu'elle ett pour lui l'occasion de préoccupations qui le détournent du but qu'il doit se proposer, ou qui épuisent les forces vives dont il peut disposer, et qu'elle l'oblige à plus d'efforts pour vivre en bonne harmonie avec le pouvoir ecclésiastique qu'il n'aurait à en déployer pour la prospérité publique.
Il n'est pas rare que. dans le régime de l'union de l'Église et de l'État, chacune des deux parties nourrisse le secret dessein de faire de l'autre un instrument de domination. C'est alors, sous les apparences d'une entente cordiale , une lutte sourde de tous les jours . des tentatives sans fin de se tromper l'un l'autre et des efTorts continuels pour déjouer les pièges que l'on se tend des deux côté?. L'Etat succomberait infailliblement sous un adversaire rompu de longue main , par l'habitude des subtilités d'une théologie scolastique. à l'art de tourner les difficultés, s'il n'avait pour lui. du moins dans les temps modernes, l'appui toutpuissant de l'opinion publique.
Si l'on veut se convaincre de la réalité des difficultés inhérentes au régime de l'union de l'Eglise et de l'État, que l'on considère les époques de notre histoire pendant lesquelles le trône et l'autel avaient le désir et sentaient le besoin de se soutenir réciproquement sans arrière-pensée. On ne niera certes pas les sentiments d'attachement de Louis XIV pour l'Église catholique. Dans combien de circonstances ne fut-il pas obligé cependant de résister au sainf-siége. En 1667 il défend de publier le décret de Clément IX contre le Nouveau Testament de Mons. L'année suivante il fait défense au nonce de rendre publique l'ordonnance du pape du 9 avril contre le rituel d'Âlet. En 167.3 commencent les longues discussions de ce prince et de la cour de Rome au sujet de la Régale. En 1688, l'interdit de l'église de Saint-Louis, à Rome, soulève entre la France et le pape une querelle qui amène la saisie du comtat d'Avignon. Quand Innocent XI mourut au milieu de l'année suivante, il y avait dans le royaume un grand nombre d'églises privées de pasteurs, parce que, depuis les assemblées du clergé de 1681 et 1682, le pape avait refusé des bulles à tous ceux qui avaient été nommés à des bénéfices; cet état de choses dura jusqu'en 1693.
Quand ces débats et bien d'autres encore ont troublé le règne d'un roi qui poussait la condescendance pour l'Église catholique jusqu'à promettre aux évêques de les rendre iu-
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dépeiidanls de la justice royale, même dans le cas de crime de lèse-majesté', comment la bonne harmonie entre le pouvoir spirituel et l'autorité civile pourrait-elle ne pas être souvent ébranlée sous le règne de princes qui . quelque zélés pour les intérêts de la religion qu'on les suppose, ne seront jamais disposés à d'aussi étonnantes concessions que Louis XIV V On verra alors se produire ce singulier spectacle que le Gouvernement croira devoir faire tous ses efforts pour sauver l'Église de ses propres excès, ou du moins de ce qui lui semblera mériter cette qualilication , tandis que l'Église, se souciant peu d'être sauvée malgré elle, ne verra dans le Gouvernement qu'un ami imprudent , plongé dans une erreur profonde, et en dernier résultat, plus dangereux qu'un ennemi déclaré.
On comprend à la rigueur qu'aussi longtemps qu'un État ne reconnaît qu'un seul culte et proscrit tous les autres, il se lie par des traités avec ce culte, et qu'en retour de la préférence qu'il lui accorde sur ses rivaux, il lui demande quelques sacrilices et prétende prendre part à ses afifaires et se mêler en partie de son administration. Il courrait de trop grands périls à laisser une entière liberté à ce culte unique qui, par celamème qu'il représente seulle sentiment religieux, exerce une puissance énorme sur les consciences encore incapables de prendre possession d'elles-mêmes. Quelques dilTicultés qu'il puisse y trouver, il est de son intérêt le plus pressant d'exercer sur lui une sorte de contrôle, tout en s'ciforçant de ne point s'en faire un ennemi. Mais tout change entièrement de face dès que la liberté de couscience est proclamée et admise du moins en principe, et que l'État reconnaît et s'engage à proiéger, non plus un cuite unique, mais plusieurs cultes différents naguère ennemis et encore opposés entre eux. Tel est l'état actuel des choses dans presque toutes les contrées de l'Europe. ConmiLut, dans les pays où il n'y a plus, à proprement parler, de religion d'État et où plusieurs: cultes sont autorisés et protégés, le Gouvernement s'y prendra-t-il, je ne dis pas pour les administrer avec une égale justice, mais pour que cette justice même ne paraisse pas à chacun d'eux un excès de faveur pour ses rivaux et une sorte d'injure pour luimême?
Serait-il bien téméraire cependant de supposer qu'ici une stricte impartialité est une pure fiction? Je ne mets pas en doute l'intention du Gouvernement de tenir la balance égale entre les diverses Églises. Mais ne sera-t-il pas entraîné par la force même des choses, par sympathie, par quelque nécessité politique, que sais-je encore par quelle pression secrète dont il pourra bien ne pas avoir lui-même conscience, à incliner vers l'un, de préférence aux autres, probablement vers celui qui lui paraîtra le plus puissant ou le plus propre à favoriser ses tendances et à entrer dans ses
1. Abrégé chronologique de l'histoire ecclésiastique, p»r Marquer, t. III, p. 508, comp. p. 606.
vues? 11 ne persécutera pas les autres, je le veux bien ; la persécution n'est plus dans nos mœurs; mais ii n'aura pas pour eux les mêmes procédés bienveillants que pour celui qui lui semblera le plus utile ou le meilleur. Et les faveurs dont il le comblera risqueront de lui ahêner les autres, en même temps qu'il pourra se faire que la simple tolérance qu'il leur accorde suffise pour mécontenter celui qu'il voudrait gagner par ses bienfaits.
Supposons-lui toutefois la plus entière impartialité, poussous même jusqu'à l'impossible et supposons que tous les cultes vivent en paix les uns à côté des autres, qu'ils se sont convertis à la liberté de conscience, qu'ils ont appris à se respecter, à s'estimer mutuellement. Eh bien! encore dans ce cas, la position du Gouvernement qui les protège et les administre serait fausse, pleine d'embarras, sinon de périls , et se prêterait fort mal à la prospérité de ces cultes et par conséquent au bien qu'on est en droit d'en attendre. Comment, en effet, les administrerait-il en connaissance de cause? Gomment se pénétrerait-il profondément à la fois de leurs principes divers, souvent opposés, et accorderait-il à chacun précisément ce qui lui convient? Voilà un administrateur, élevé dans le catholicisme, absolument étranger à l'esprit et à la tradition du prolestantisrac. qui va régler les alfaires des dissidents d'après des vues qui leur sont directement contraires; ou bien encore voilà un libre penseur qui sera appelé à diriger les différents cultes; Use promettra sans doute de faire abstraction de ses opinions personnelles dans son administration ; mais jusqu'à quel point pourra-t-il y réussir? et en viendra-t-il à ne pas tenir pour des exigences énormes ce qui n'est véritablement que des nécessités indispensables pour telle ou telle Église? En réalité, il n'appartient qu'à chaque culte de comprendre bien ce qui lui convient. Quiconque lui est étranger se perd infailliblement dans les appréciatiolis qu'il en veut faire; et avec les meilleures intentions du monde. s'il est administrateur, il commettra à chaque pas des erreurs qui blesseront profondément les cultes confiés à ses soins.
Enfin, il est, contre le régime de l'union des Églises et de l'État, une autre considération qui, pour être d'un ordre moins relevé, n'en a pas moins quelque valeur. La justice veut que chaque citoyen ne contribue qu'à l'entretien du culte auquel il appartient. De quel droit, si ce n'est du droit du plus fort, le forceriez-vous à soutenir de ses deniers un culte qui lui est anlipalhique, qu'il tient pour funeste, qui est peut-être pour lui un ennemi déclaré? C'est là cependant ce qui a lieu dans le régime de l'union des choses religieuses et del'Élat.
Pendant longtemps les protestants de France ont payé, non-seulement le clergé qui prêchait contre eux, mais encore les dragons qui les égorgeaient, brûlaient leurs maisons, violaient leurs femmes et leurs filles et enlevaient leurs enfants. Ils n'ont plus à craindre ces horreurs; mais ils payent proportionnellement pour les
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cultes beaucoup plus que ne demande au budget l'entretien de leur propre Église.
«11 est en Europe un grand peuple, exemple vivant de l'excès auquel cette injustice peut être portée et des maux qui en résultent: c'est rirlande. La détresse de ce malheureux pays, l'abime de misère dans lequel il est plongé , abime dont les plus experts ne savent où trouver l'issue, sa dégradation morale et son ignorance invincible, proviennent bien plus de cette source que de la nature même de la religion à laquelle ses habitants sont si fortement attachés. C'est la dimc avec toutes ses rigueurs; c'est la coaUtion d'une aristocratie fanatique avec un clergé rampant , qui sont la grande et peut-être l'unique cause de cet acharnement de soulTrauces dont l'Irlande épouvante les nations. La religion anglicane se présente comme un vampire attaché à ce corps immense, le suçant sans relâche et lui laissant tout juste assez de sang pour qu'il puisse vivre et produire encore. Ainsi se dévore la substance et se pervertissent les sentiments généreux de ce peuple pour gorger d'or un clergé dont il ne veut pas. L'exemple est exorbitant sans doute, il est unique peut-être, mais il existe, et seul il suffit pour nous montrer jusqu'où peuvent aller la vexation et l'injustice, avant que le clergé recule'.»