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RÉGIME DE LA LIBERTÉ DES CULTES

Le seul régime qui puisse faire disparaître toutes les difficultés, qui soit en accord avec les principes de .la liberté de penser et qui réponde d'ailleurs à l'état actuel de la multiplicité des cultes, est celui qui laisse à toutes les associations religieuses le soin de se réglementer et de s'administrer elles-mêmes, en dehors de toute intervention de l'État. Cette solution est tellement simple, que l'on ne peut certainement s'en prendre qu'aux habitudes et aux préjugés, si elle n'est pas encore généralement acceptée dans toutes les contrées où l'on attache quelque prix à la liberté de couscience.

On repousse le régime de l'entière liberté des cultes, soit au nom de la religion, qui périra, dit-on, qui du moins déchnera, dès qu'elle sera abandonnée à ses seules ressources , soit au nom de l'État qui se verra sans cesse menacé par la puissance spirituelle , du moment qu'il ne pourra plus peser directement sur elle etlaretenir dans de justes hmites. Ces craintes, inspirées par des sentiments qui se contredisent l'un l'autre et qui par conséquent se réfutent réciproquement, sont entièrement chimériques. 11 suffira de quelques rapides considérations pour le prouver.

1. Sam. Vincent, Du Protestantismeen France, ixo\iy. édit., p. 199 et 200. L'Irlande n'a pas été aussi maltraitée que le dit l'Illustre auteur cité par notre sava,nt collaborateur, et depuis la loi du 3G juillet 18G',>, l'Eglise anglicane y a même perdu tous ses privilèges. Mais la véhémente sortie du pasteur Sara. Vincent, contre une injustice politique commise par des protestants envers des catholiques, était un exemple précieux, qu'il importait démettre en lumière, il. li.

Vous craignez que le régime de la liberté ne | soit funeste à la religion. Vous pensez donc ' qu'elle n'a point de force vitale propre et qu'elle ne peut exister qu'à la condilion d'être soutenue et protégée par l'autorité civile. Voilà certes une bien pauvre idée de la religion, et ceux qui l'admettent me semblent peu autorisés à plaider en sa faveur. S'il en était d'elle comme ils se le figurent , elle ne serait qu'une chose de convention, sans racines dans la nature humaine , inventée sans doute pour servir d'instrument au despotisme et pour mener les peuples comme un vil troupeau. Dans ce cas, sa perte ne devrait pas exciter de bien vifs regrets.

Mais cette idée, nous ne pouvons pas l'accepter. Une analyse même superlicielle de la nature spirituelle de l'homme montre en lui une invincible aspiration vers l'idéal. Cette aspiration se produit sous les formes les plus diverses, selon le degré de la culture générale, sous des formes bizarres chez les peuples enfants, sous des formes pures et nobles chez les peuples parvenus à la maturité de la raison; mais elle se produit toujours d'une manière ou d'une autre. C'est un fait incontestable qu'il n'est pas de nation, pas de peuplade sans une religion. Si elle est une partie intégrante de la nature humaine, elle ne disparaîtra sous aucun régime. Il ne reste plus qu'à chercher quel est celui qui est le plus favorable à sa plus pure manifestation. Ce ne peut être certainement celui où elle est chargée d'entraves , celui où elle ne peut se produire que d'après des règles arbitraires. Entre la religion réglementée et la religion libre , il y a la même différence qu'entre les arbres auxquels le ciseau d'un absurde jardinier qui se prétend un artiste, donne la forme d'un éventail ou d'un vase , et les arbres qui croissent en pleine liberté dans les champs.

Faut-il bien encore, dira-t-on, qu'on la sauve de ses excès et qu'on l'empêche de dégénérer en superstition ou en vain formalisme? Sans doute; mais ce ne sera pas la main de l'État qui la dirigera le mieux dans son développement. En outre qu'il n'est pas apte à juger des matières religieuses, il est naturellement conduit par ses propres intérêts à retenir la religion dans ce qu'on appelle l'ordre, c'est-à-dire dans une inaltérable immobilité, les gouvernements aiment peu le mouvement de la pensée et du sentiment; ils y voient des éléments de désordre. Us ont peut-être raison dans un sens et à leur point de vue. Mais sous celte tutelle la religion devient un pur formalisme , beaucoup de cérémonies et peu de sentiment, encore moins d'idées. Le politique se trouve satisfait de cet état; l'homme vraiment religieux s'en contente moins; il préférerait la vie à cette somnolence.

Ajoutez que l'État qui protège un culte, pousse, sans le vouloir, à l'hypocrisie. Il n'y u point d'inconvénient, et il peut y avoir quelque profit à faire profession de la religion de l'État. Même encore aujourd'hui chez nous, il se fait de petits calculs de ce genre. Ce qui est plus général, sans êlre moins funeste à la

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Tie religieuse , c'est que les classements par culte deviennent immuables dans les pays où les choses de la religion sont sous la main du Gouveruemeut. Ou appartient ù tel ou tel culte par naissance et non par conviction. Je sais bien que dans l'état d'indifTércnce qui domine dans les matières religieuses, on craindrait de se singulariser en abandonnant le culte dans lequel ou est nô, pour entrer dans celui qui au fond parait préférable. Mais, en outre que cet état général d'indifl'érence constitue une sorte d'hypocrisie, puisque l'on continue à appartenir de fait à nue Église dont on repousse les doctrines et dont on n'observe plus la disciphne, il est lui-même la conséquence du désir des gouvernements, protecteurs d"un ou de plusieurs cultes, de maintenir ce qui est. 11 se peut qu'au fond ces gouvernements s'inquiètent assez peu qu'on soit catholique, protestant, juif, musulman, orthodoxe ou rationaliste; mais des changements de religion troubleraient en quelque point l'ordre établi, ils entretiendraient d'ailleurs une agitation de mauvais exemple; rien de tout cela ne peut plaire à une administration bien réglée, et, en vérité, on ne saurait lui en faire un crime. Seulement il doit être permis de s'en prendre au régime qui produit nécessairement, qu'on le veuille ou non, de semblables etTets, et la religion n'a pas, ce me semble , à se féliciter d'un ordre de choses qui eu réalité lui est funeste.

YouIcz-voQs relever la religion, en faire une chose sérieuse, une affaire de conscience et non plus de convenance, rendez-lui son indépendance. Du moment qu'il n'y aura pas plus d'intérêt à appartenir à un culte qu'à un autre, on ne s'attachera à une Église que parce qu'on en adoptera sincèrement les principes. La profession d'une religion sera une vérité ; les membres d'une Église lui appartiendront en réalité, de cœur, de sentiment. Tel culte pourra voir diminuer le nombre de ses adhérents, mais ce qu'il perdra en quantité, il le gagnera en qua- Uté. Ce changement, loin de lui nuire, sera tout à son avantage. Les indifférents et les incrédules qu'une ÉgUse traîne à sa suite, ne sont pour elle qu'un incommode fardeau qui gêne sa marche et refroidit la vie en son sein.

Cet état d'indépendance peut seul permettre à chaque culte de vivre et de se développer d'après ses propres principes. Libre de toute contrainte extérieure , n étant plus obligé aux sacrilices que lui imposent ses rapports avec l'Etat, il n'aura à prendre conseil que de ses croyances; il décrétera la doctrine comme il l'entendra; il imposera à ses membres la discipline qui Lût la conséquence de ses doctrines.

Les objections qu'on élève contre la séparation des cultes et de lÉiat, au nom de l'ordre pubUc et des grands intérêts sociaux, ne sont pas mieux fondées que celles qu'on y oppose au nom de la prospérité de la religion. Loin d'être un danger pour l'État, l'indépendauce des cultes lui serait d'un grand avantage. Et d'abord elle le délivrerait des embarras sans lin que lui donne l'administration des affaires ecclésiastiques. 11 n'est pas besoin d'insister

sur ce point. On ne sait que trop dans combien de fausses mesures les gouvernements se sont engagés soit par le désir de se rendre favorable tel ou tel parti religieux, soit seulement par la protection qu'ils se croyaient obhgés d'accorder à telle ou telle Éghsc.

Qu'on ne dise pas que, même avec le régime de l'indépendance des cultes, l'État aura toujours intérêt à ménager le culte de la majorité des citoyens. Qu'entend-on par là? Qu'il le protégera au détriment des autres? Mais c'est alors rentrer dans le régime de l'union de l'Église et de l'État, et nous supposons ce régime détruit. Qu'on se représente bien ce qu'entraine dans l'ordre social la séparation des cultes et de l'État, et l'on verra disparaître aussitôt toutes les objections qui ne partent que du point de vue de l'état actuel des choses. Le régime de l'indépendance des Églises suppose que le Gouvernement n'interviendra en rien dans leurs affaires , ni pour les opprimer, ni pour les protéger, ni pour les diriger. Ce sera à elles à pourvoir à leurs besoins, comme elles l'entendront, en se conformant toutefois aux mesures générales de police relatives à l'ordre public. Je ne dis pas que la suppression de la protection des cultes par l'État ne doive pas amener à sa suite la suppression de bien d'autres protections et de bien des règlements qui traitent les citoyens comme s'ils étaient incapables de lutter par eux-mêmes avec avantage contre les diflicultés de la vie; mais nous ne pouvons que nous féUciter de la réalisation de ce progrès.

Les adversaires de la séparation des Églises et de l'État répètent sans cesse que le résultat le plus certain de ce système, serait de créer un État dans l'État, et de faire naître des dangers toujours menaçants pour la paix publique. Rien de moins fondé que ces craintes. Ce n'est pas dans le régime de la liberté, c'est dans le régime des concordats qu'une Église forme réellement un État dans l'État. Le fait seul du concordat en est la preuve, puisqu'un concordat est un traité entre deux puissances. L'État, en traitant avec une Église, reconnaît publiquement qu'elle est une puissance semblable à celle qu'U représente lui-même. Et cette puissance est d'autant plus redoutable que l'État lui prête lui-même des armes, se met en quelque sorte à son service et lait des efforts pour relever encore son prestige.

Séparée de l'État, l'Ég-lise ne dispose plus que des ressources qui lui sent propres et se trouve renfermée tout entière dans les choses religieuses. Qu'elle le veuille ou non, elle n'a plus qu'à exercer la médecine de l'âme, et s'il lui restait quelque désir d'avoir quelque iufluence sur la marche des affaires, elle n'aurait pas d'autres moyens d'action que la libre discussion et la persuasion.

Erreur, dira-t-on, erreur énorme; une Église, et en particulier l'ÉgUse catholique, aura toujours des moyens d'action que ne saurait posséder une école philosophique ou toute autre association. Je le veux bien; mais, sans m'arrêter à rechercher si, dans son état d'indépeo'

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(lance , elle n'aura pas à dépenser toute son activité à pourvoir à ses besoins de culte et d'administration, je demande quelle action elle pourrait vouloir exercer sur un gouvernement qui n'a rien à lui donner que ce qu'il donne à tout le reste des citoyens , c'est-à-dire la sécurité et la facilité d'exister sans être troublée. Voudrait-on la considérer comme en conspiration permanente contre l'État? Pourquoi donc conspirerait-elle? Pour s'emparer du gouvernement et changer dans son sens l'ordre des choses? Qu'on se tranquiUise; ce n"est pas dans ce sens que souffle le vent de la civilisation moderne. Dans un État où règne réellement la liberté et avec elle l'instruction et l'aisanct , les conspirations sont des chimères; elles ne réussissent, on ne songe même à les ourdir, que chez les peuples esclaves. Quels que soient la mobilité des hommes et les caprices de la foule , on ne cherche pas , on ne désire pas le changement là où chacun se trouve bien. 11 y a un remède préventif, infaillible contre les conspirations, de quelque côté qu'elles viennent, c'est de répandre les lumières et le bienêtre, de mettre chaque citoyen en mesure de penser, de réfléchir, de juger sainement et en même temps d'encourager le travail, de l'honorer et de le faire aimer.

Que si un peuple placé dans ces conditions ne sait pas apprécier son bonheur et se prend à préférer l'esclavage à la liberté, l'ignorance au développement de Tesprit, la misère à l'aisance, les institutions du moyen âge à celles des âges d'indépendance et de maturité de la raison, je ne vois pas trop en quoi sa perte serait bien regrettable: qull périsse, puisqu'il n'est pas digue de vivre.

Ces extrémités ne sont pas cependant à craindre. Nous n'en sommes pas encore à cette ère de désespoir. Tout marche vers la liberté, l'Église, comme tout le reste, quoiqu'elle ne paraisse pas irès-portée en ce moment à suivre le mouvement général. Son indépendance pourrait bien la mieux conseiller que sa position actuelle. Le régime de la séparation des cultes et de l'État amènerait nécessairement, en fait de religion, un tout autre ordre de choses que celui qui règne depuis des siècles parmi nous. En France, la longue domination exclusive du catholicisme nous a hahitués à ne penser qu'à une Église, à ne parler que d'une Église. On dirait, à nous entendre, qu'il n'y a pas d'autres Églises que celle de Rome. En réalité, il y en a autant qu'il y a de manières de comprendre le christianisme, et les manières de comprendre le christianisme sont fortnombreuses, j'allais presque dire infinies. Si elles ne se sont pas manifestées dans noire pays, c'est tout simplement l'etfet de la contrainte. 11 n'y a jamais eu dans notre pays de liberté des cultes, dans le véritable sens du mot. iMais si les choses religieuses rentrent jamais daus le droit commun, s'il arrive qu'il soit permis à tout honane de faire conna'itre ses sentiments en fait de religion, de les prêcher publiquement, soyez persuadé qu'aussitôt l'Église se fractionnera en une 'foule d'Églises particulières qui se contre-ba-

lanceront les unes les autres, se tiendront en haleine et n'auront pas de plus grave préoccupation que de se surpasser en zèle, en morahté, en instruction. A défaut de ce fractionnement qui est cependant inévitable, les cultes dissidents, aujourd'hui réduits au silence, suffiraient pour faire à l'Église catholique une concurrence qui ne serait pas sans danger pour elle.

Ce n'est pas qu'elle fût menacée dans son existence par la séparation des choses religieuses et de l'État et qu'elle ne piit supporter le régime de la liberté. Elle représente le principe d'autorité en matière de religion , et il y aura toujours des hommes, et en grand nombre, qui se déliant d'eux-mêmes ou peu capables, pour une cause ou pour une autre, de s'aventurer daus l'examen des difficiles problèmes religieux, auront besoin d'un appui et seront heureux de le trouver daus une Eglise qui unit au prestige d'un culle pompeux, le prestige, non moins grand sur certains esprits, d'un dogmatisme absolu dans ses athrmations. 11 pourrait bien se faire cependant que ce filt de toutes les diverses Églises celle qui , en raison des frais considérables de son culte , des habitudes priucières de ses hauts digiùlaires, des dillicultés de constituer le nombreux personnel de son clergé , perdit le plus à n'être pas soutenue par l'État, et peut-être ce sentiment entre-t-il pour quelque part dans la répulsion que parait lui inspirer le système de la séparation complète des choses ecclésiastiques et du gouvernement civil.

Ou semble épouvanté de la division qui s'introduirait naturellement dans les institutions religieuses à la suite d'une hberté absolue de conscience, des discussions qui pourraient s'élever entre les cultes dilTérents et des troubles qu'on s'imagine voir uaitre par l'efTet de ces controverses. Qu'on se rassure, les discussions théologiques ne deviennent dangereuses que quand l'un des deux partis peut invoquer l'aide du bras séculier. JN'ous ne voyous pas la paix publique troublée aux États-Unis par les controverses des sectes, quelque exaltées que soient plusieurs d'entre elles.

Vous allez ouvrir la porte à toutes les folies, ne manqueront de s'écrier ceux qui ne conçoivent l'ordre que par la contrainte. Il est possible, en effet, qu'il s'élève des opinions extra- A^agantes. Eh bien, on les laissera passer, et elles s'éteindront bientôt d'elles-mêmes. Les Jj folies ne durent que là où on les persécute. ^ Les revivais américains ne sont que des accès passagers, sans conséquence pour la paix publique et la marche gêuêrale des aliaircs. Les Turlupins, les Béghards, les Flagellants excitèrent des orages, uniquement parce qu'au lieu de laisser tomber d'eux-mêmes ci's mouvements fiévreux, on crut devoir sévir contre eux et les réprimer. Et [)uis les accès de délire de l'esl)rit humain ne sont pas sans compensation. Un donnait de temps en temps à la jeunesse de Sparte le spectacle d'un honane ivre, pour faire naître en elle le dégoût de la débauche et laïuour de la sobriété. Les folies religieuses

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nous feront mieux sentir le prix des doclrines sensées et d'une piété sanctionnée par la droile raison.

Si nous tirons maintenant les conclusions des considérations que nous venons de présenter, nous pourrons établir, ce me semLle, les propositions suivantes:

1° La marche même des choses nous conduit au régime de la séparation de l'Église, et de rÉlat. Au premier moment, la religion domine toutes les afifaires humaines; il est suivi d'un second moment où l'État cherche à sauvegarder les intérêts sociaux des entreprises de l'Église, soit en la soumettant à son autorité, soit en l'enfermant dans un cercle plus ou moins étroit par une sorte d'accord avec l'Église elle-même. Le mouvement qui s'est fait dans le sens de la limitation de l'action de l'Église dans l'État, doit aboutir naturellement à la séparer entièrement des affaires publiques.

2° Le régime de la domination de la religion par l'État enlève au senlimeut religieux toute indépendance et par là toute dignité et toute vie véritables. C'est un système malheureux, puisqu'on définitive il étoulle la pensée.

3" Le régime des concordats est à la fois désavautageux à l'État et à l'Église. Il entretient une lutte continuelle entre les deux parties contractantes, lutte qui épuise sans utilité les forces de chacune d'elles et empêche l'État de se consacrer tout entier à sa mission, qui est de travailler à l'accroissement de la fortune publique , en l'occupant sans cesse de questions qui n'y ont pas de rapport, et l'Église de remplir en paix sou œuvre qui est de consoler, d'édifier et de spiritualiser, en détournant son attention vers des projets de pouvoir terrestre.

i" Le seul régime qui convienne à l'esprit de notre temps , c'est la séparation des deux pouvoirs, rendus, chacun de son coté à sa véritable destination. Les objections que l'on oppose à ce système naissent toutes d'une conception erronée de Tordre de choses qu'il produirait. En se plaçant au point de vue de cet ordre de choses, toutes les dillicultés disparaissent, et l'on voit aussitôt, non pas sans

doute une perfection absolue qu'il ne faut pas s'attendre à trouver dans les choses humaines, mais une juste distribution des fonctions, une liberté convenable laissée à la maniiéstation des opinions religieuses, la suppression définitive des préoccupations importunes dont l'administration des affaires ecclésiastiques a été, depuis des siècles, la cause continuelle pour les gouvernements, en un mot, une organisation dans laquelle les intérêts divers trouvent toute la satisfaction désirable, sans entrer en collision les uns avec les autres et sans se nuire mutuellement. Michel JXicolas.

Comparez: Bouddhisme, Brahmanisme, Clergé, Christianisme, Concile, Conclave, Église catholique, Eglise protestante , Emancipation poIiti que et religieuse, Encyclique, Franchises de l'Eglise gallicane, Grande-Bretagne (chapitre Culte), Infaillibilité, Mahométisme , Mosaïsme, Religion, Syllabus, Théocratie.

CUMUL. Voy. Fonctionnaire.

CURIE. On trouvera au mot Assemblée du peuple l'indication du rôle que les curies ont joué dans l'organisation politique de l'ancienne Rome. Dans les colonies romaines on donnait le nom de Curie à l'assemblée qui y représentait le Sénat, et c'est de cet emploi du mot que vient l'usage de désigner par curie romaine l'ensemble des autorités supérieures de l'Eglise catholique. Le mot fut aussi employé on Allemagne dans le sens de cour ou tribunal, et l'adjectif curial y est pris souvent comme synonyme de collectif. Ainsi, à la diète de Francfort, l'Autriche, la Prusse, etc., avaient des voix viriles (individuelles), tandis que les quatre villes libres, par exemple, avaient ensemble une voix curiule (collective).

CZAR ou TZAR. C'est le titre donné à Icmpereur de Russie. Ce mot vient de César , que les Grecs prononcent Késar. Le titre olficiel de l'empereur est autocrate [voy. ce mot), souverain de toutes les Russies (Russie Elanche. Petite Russie, etc.). Czarowitch (prince impérial) est le titre du fils aiué de l'empereur.

COMPAisEZ: Autocrate, Russie.

DANEMARK. Nous allons exposer successivement la constitution, l'organisalion administrative, les finances et les ressources de ce pavs.

SOMMAIIli:.

CHAF. I. CONSTITUTION.

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