DARDANELLES. — DECADENCE
cliâteaux ont été construits dans le dix-septième siècle, deux parMahomed II et les deux autres par Mahonied IV, et ils avaient et ont pour but d'empêcher des navires de guerre de venir à Constantinople. 1! parait que, lorsqu'ils sont eu bon étal d'entretien et d'armement, ils présentent \m obslacle sérieux à une flotte ennemie. La Porte a interdit le passage des Dardanelles à des navires de guerre et des traités de 1809, de 184! et autres ont reconnu le droit de la Porte sur ce détroit dominé par ses canons, et qui est. pour ainsi dire, le vestibule de sa capitale. La pièce la plus récente que nous ayons vue sur la fermeture des détroits (Bosphore et Hellespont) est d'octobre 1 8G8 C'est une circulaire du ministre des atl'aires étrangères de Turquie adressée aux puissances, la voici:
Monsieur le Ministre, l'interdiction dupassage des détroits des Dardanelles et du Bospliore pour les bâtiments de guerre étrangers est une règle que le gouvernement impérial a, dans d'exercice d'un droit territorial, de tout temps appliquée.
Le traité de Paris du 30 mars 1856 n'est intervenu que pour affirmer solennellement la résolution de Sa Majesté impériale le Sultan, de maintenir invariablement, tant que la Sublime-Porte se trouverait en paix, cette ancienne régie de son empire, consignée déjà dans le traité de Londres du 13 juillet 1841, et les puissances cosignataires se sont engagées par cet acte à respecter cette détermination du souverain territorial.
Ce principe a toujours été maintenu, et si, dans des occasions rares et exceptionnelles, il a été permis à quelques bâtiments de guerre de fraucbir les détroits, ce fut toujours en vertu d'une autorisation spéciale accordée par déférence pour les hauts personnages qui étaient à leur bord.
La Sublime-Porte reconnaît toutefois qu'un relâchement dans la stricte application dudit principe à l'égard des bâtiments de guerre, en dehors des exceptions prévues par les articles 2 et 3 de la convention du 30 mars 1856, ne serait pas compatible avec la déclaration contenue dans le traité de l'aris précité.
Aussi a-t-elle décidé que désormais il n'y aura absolument d'autre exception que pour celui des bâtiments de guerre sur lequel se trouverait un souverain ou le chef d'un État indépendant.
La décision qui précède ayant été sanctionnée par Sa Majesté impériale, j'ai l'honneur de vous prier de vouloir bien la porter à la connaissance du gouvernement de... (Signé) Safvet.
DAUPHIN. C'est le nom que prit, vers le milieu du neuvième siècle, le seigneur suzerain de la province appelée Dauphiné. En 1349. Ilumberi II ayant fait donation de cette principauté à la France, elle devint l'apanage du fils aine du roi. qui prit le titre de Dauphin. Toutefois l'hérilier présomptif de la couronne fut investi en naissant du titre de Dauphin, il n'avait la souveraineté du Dauphiné que lorsque le roi lui en faisait l'abandon.
Louis XI a été un des princes qui ont Jour de cette souveraineté d'une manière presque absolue, mais depuis lors le Dauphiné n'a eu de souverain immédiat que les rois eux-mêmes, et est resté soumis aux lois générales du l'oyaiime.
A l'époque delà Révolution française, le Dauphiné a été divisé en trois départements, l'Isère, la Diôme et les Hautes-Alpes.
Sous la Restauration, on a fait revivre la qualification de Dauphin; le duc d'AngouIème fut le dernier qui porta ce titre. En 1830, le duc d'Orléans, fils aine du roi Louis-Philippe, prit le titre de prince royal.
La femme du fils aîné du roi de France prenait le titre de Dauphiné et le conservait même à la mort du mari. Il y a eu vingt-cinq Dauphins. R — z.
Comparez: Prince royal.
DÉCADE vient d'un mot grec qui signifie dix. Ce fut le nom donné à chacune des trois divisions du mois dans le calendrier républicain de 1793. La décade se composait de dix jours, qui étaient ainsi dénommés: primidi, duodi. tridi, quarlidi, quintidi, sextidi, septidi, octidi, nonidi, décadi, c'est-à-dire, premier, second, troisième, etc., etc. Oncrutalorsque l'annuaire dun peuple qui reconnaissait la liberté des cultes, devait être indépendant de toute pratique religieuse.
La décade était une période qui se répétait trente-six fois dans l'année et qui parcourait tous les mois et toutes les saisons. Cette classification fut évidemment imitée des Égyptiens, qui faisaient leurs mois de trente jours, et complétaient l'année en la terminant par cinq jours appelés complémentaires. (Voij. Calendrier.)
Le décadi, dans le nouveau calendrier, était un jour férié qui revenait tous les dix jours. Les cinq jours complémentaires furent rejetés à la fin de l'année pour la représenter entière: ils reçurent le nom de Sa)is-Culottides . et furent consacrés, le premier, à la fête du Génie. le second, à celle du Travail, le troisième, à celle des Actions, le quatrième, à celle des Récompenses, le cinquième, à celle de V Opinion.
Comparez : Calendrier.
DÉCADENCE. L'humanité, la société, la civilisation, l'État passent-ils par les phases qui caractérisent la vie de l'individu, ont-ils une jeunesse, un âge mûr, une vieillesse? Question difTicile et que l'histoire ne nous aide guère à résoudre. Les philosophes qui l'ont abordée ont accumulé plus de conjectures et d'hypothèses que de faits.
Comment, en efi'et, savoir si l'humanité est dans sa jeunesse ou dans sa vieillesse, en ne connaissant qu'une partie infinitésimale de son p;issé, et absolument rien de son avenir! L'humanité a-t-ellc été contemporaine des premières révolutions de notre globe, quelques individus ont-ils pu échapper à la destruction produite par lo3 calaclysuics dont on soutient la