‹ Dictionnaire général de la politiqueChapitre 30 sur 557 · ALLIANCE. — ALMANACH · texte numérisé non relu

ALLIANCE. — ALMANACH

elles stipulent les avantages ou les compensalions qui doivent être les conséquences des succès ou (les revers. Elles établissent les différences qui existent entre Tallié et l'auxiliaire, entre l'auxiliaire et la puissance qui fournit ' simplement un subside, ces différences imposent des restrictions aux droits de la guerre; un traité antérieur peut engager une nation à en aider une autre dans une guerre prévne, .«ans que la nation qui remplit cet engagement soit considérée comme étant en état d'hostilité avec la puissance contre laquelle elle porte involontairement et accidentellement les armes. Ce fait particulier ressort des capitulations de certains cantons suisses qui ont duré jusque dans ces derniers temps et qui ne sont ellesmêmes qu'une tradition transformée de l'organisation des condotlieri dont on se rappelle le rôle si important dans tous les événements du moyen âge. L. Legault.

Comparez: Confédération, Fédération, Ligue, Traité.

ALLIANCE (Sainte-). Vo'j. Sainte-Alliance.

ALLIÉ. Voy. Alliance.

ALMANACH DE GOTHA. Cette publication s'est fait une place à part dans le monde politique, et par cette raison, les données suivantes ne paraîtront pas sans intérêt. La première idée de cet Almanach est due à Guillaume de Rofberg (mort ministre d'État , en • 1795). 11 fit publier, sous le titre d'A/manach nécessaire pour 17G3, un petit calendrier français d'après le modèle des Éù-ennes qui paraissaient alors à Paris. Dès l'année suivante, l'almanach se développa sons la main de son nonvcan rédacteur, Em. Cb. KUipfel, qui avait vécu à Paris de I7i7 à 1750 et qui est mort en 177G vice-président du consistoire supérieur à (iotlia. Kklpfcl fui le premier qui y inséra la liste des souverains de l'Europe, alors beaucoup plus nombreux que de nos jours, et qui y comprit, bien qu'en extrait d'abord, les tableaux généalogiques si souvent consultés. C'est donc l'année l7Gi qui est réellement le point de départ de l'Almanach de Oollia. C'est cependant en 186.3 qu'on a célébré l'anniversaire séculaire de sa fondation.

L'édition allemande [Gothaischer Uoflial''n(ler) ne parait que depuis 17(35. C'est daiis celle-ci qu'on a do.-,né pour la première fois le nom de tous les membres vivants des familles princières. On y inséra aussi des notices instructives ou seulement amusantes sur les objets les plus variés.

Vers la fin du siècle dernier, les événements devinrent si sérieux qu'on remplaça la partie futile de l'almanacb par des renseignements historiques et slalistiqiies. En 179i, Frédéric Schlichlegroll (mort en 18'22 directeur de l'Académie des sciences de Munich) créa la chronique; en I80'2 on ajouta les noms des ambassadeurs ou envoyés, en 1821 le personnel des ministères et des autorités supérieures . ei

bientôt après les consuls et divers autres fonctionnaires.

Sous Napoléon l'', l'Almanacb de Gotha avait eu à souffrir à cause de la ténacité avec laquelle il restait fidèle à l'ancien ordre de choses; il dut même momentanément interrompre sa publication.

Les deux éditions (française et allemande) sont presque identiques; le plan suivi actuellement dans les deux premières parties date de 1815 et celui de la troisième de 182 i. C'est en 17G8 qu'on a commencé à joindre des gravures au texte. Elles étaient d'abord trèsvariées, mais depuis la fin du siècle dernier on ne donne plus que des portraits.

Quoique l'Almanach de Gotha soit la propriété d'un particulier (maison Justus Perthés à Gotha, depuis 1816), il est presque considéré comme l'almanacb officiel des princes régnants et de la haute noblesse. 11 jouit d'ailleurs aussi d'une autorité méritée pour ses renseignements statistiques, toujours puisés à des sources officielles ou authentiques, et dont le nombre et rétendue augmentent d'année en année, au point qu'on a dti agrandir le format en 1870.

ALMANACH (officiel). Terme dérivé d'un mot arabe qui signifie calcul. Comme l'indique cette étymologie, l'almanacb était d'abord uniquement un calendrier {voy. ce mot). Mais peu à peu des renseignements divers furent ajoutés aux publications qui parurent sous ce titre, et on cite un édit de Henri 111 de France, daté de 1579, par lequel le roi défend d'y insérer des prophéties.

En 1 679, le libraire Laurent Houry, de Paris, ajouta au sien des renseignements si utiles qu'eu 1699 Louis XIV en renouvela le privilège et Fautorisa à paraître sous le titre à'Almanuch royal. Cette publication , qui a été continuée depuis lors, a porté, selon la forme du gouvernement, le titre d' Almanach national ou di Almanach impérial, mais il renferma toujours à peu près les mêmes renseignements, plus ou moins développés, qu'on lui connaît. 11 appartient actuellement à la librairie Berger- Levrault et C'«.

L'exemple de la France fut suivi dans d'autres pays, où les plus anciens almauachs ou annuaires officiels paraissent depuis les époques ci-après: l'ays-Bas. 1700; Prusse, I70i; Saxe, 1728; Angleterre (iîoy«/Co/e//rfar), 1750. Maintenant il n'y a peut-être pas un seul État, y compris la Chine et le Japon , qui n'ait le sien. Oiielques-ims renferment des renseignements statistiques ou d'autres documents utiles, et il serait à désirer que ce perfectionnement fût introduit dans ceux où il manque encore.

Les almanacbs ofTicicls ont un certain intérêt politique en ce qu'ils permettent quelquefois de pressentir les vues du gouvernement dans certaines questions interiialionales (reconnaissance ou non d'un souverain). On sait que presque tous les almanacbs donnent les noms et la généalogie des familles régnantes et (piils renferment la liste des ministres et ambassadeurs.

Page 1