ALSACE-LORRAINE. — ALTESSE
Il n'y a guère à douter qu'en Alsace cette po- posé du motif de la loi du 3 juin 1871 dit que
litique de suspicion de la Prusse, pratiquée cette suppression équivaut à une réduction
par la France pendant toute une génération , d'impôt d'environ 5 fr. 50 c. par tête. Les autres
n'ait laissé des traces. En outre, comme je l'ai contributions directes paraissent également
déjà dit, il est plus facile aux Alsaciens de se devoir être remaniées, mais, au moment où
retrouver comme Allemands que d'adopter le nous écrivons, rien n'est encore résolu sur la
nom de l'russiens. Ce motif à lui seul serait question financière. On a établi l'instruction
décisif pour moi. Quant à ce qu'il y aura primaire et le service militaire obligatoires. Si
plus tard à faire dans l'intérêt de l'empire et des dispositions importantes sont publiées
de l'Alsace , je pense qu'avant tout il faudra pendant le cours de Timpression de ce volume,
entendre les Alsaciens et les Lorrains eux- nous les mettrons au mot Lorraine allemande,
mêmes » ou en appendice, nous y renvoyons donc con-
Ce n'est qu'à |)artir de 1873 que l'Alsace- ditionnellement. Lorraine aura des représentants au Bundesrath ;.' L'Alsace-Lorraine a une superficie de 14,520 et au Reiclistag, mais il n'est pas encore dit kilom. carrés et une population de 1,598,000 quand ce pays aura une constitution spéciale. habitants. Si nous pouvons en croire l'Almanacli En attendant, ce seront les pouvoirs publics de Gotha, qui n'indique pas sa source, il y de l'empire, l'empereur, le Bundesrath elle aurait dans ce pays 254,000 Français et lleichslag-, qui régleront pour l'Alsace-Lorraine 1,345,000 Allemands, mais nous ne sachions non-seulement les matières que ces pouvoirs pas qu'on ait jamais établi ces chiffres par des règlent pour l'ensemble de l'empire , mais relevés ou des recensements, encore celles qui sont restées dans les attri- Par une loi du 23 décembre 1871, les débutions des gouvernements de chaque Élat penses administratives de l'Alsace-Lorraine ont allemand. En d'autres termes , provisoirement été fixées au chiffre de 987,400 thalers, ainsi l'Alsace - Lorraine reste sans gouvernement subdivisées :
spécial, les fonctions qui incomberaient an Présidence supérieure 167,5,50 thalers.
gouvernement spécial étant exercées par le Préfectures 315,405 —
gouvernement général de l'empire. Caisses départementales. . . . . . . 44,250 -
",,,..,,? , ,i, . , Directions de cerclps (s. préfectures). 150,655 —
L administration du pays a été organisée par Directions de police 118,950 -
la loi du 30 décembre 1871. Elle est placée Inspecteursde l'instruction primaire. 34,240 —
sous la direction d'un président supérieur , Commissaires de police cantonaux, . 100,000 -
... , , r. ] Directions des forets 56,350 ^
litre donné en Prusse aux gouverneurs des
provinces, qui renferment cliaciine plusieurs Total égal 987,400thaiers.
départements. Le président supérieur qui est j^^^jj 3 727 950 francs, assisté par le conseil impérial d'Alsace-Lor- ^g ^'^st pas jà, on le comprend, l'ensemble' rame (conseil d'Etat) siège a Strasbourg, où ré- j^g dépenses du pavs, mais ce sont les seuls side aussi l'un des trois préfets (ou plutôt « pre- chiffres publiés jusqu'à ce jour. On ne connaît sidents de déparienient » ) , celui de la Basse- p^g encore (mai 1872) non plus le montant des Alsace. Le préfet de la Haute-Alsace est a Col- revenus, ni la quote-part que le territoire aura mar, le préfet de la Lorraine allemande à Metz. .^ verser comme contingent aux dépenses gé- Les préfets sont secondés par des conseils ^érales de l'empire allemand; rappelons seuleadministratifs comprenant les fonctionnaires j^^e,^t ^,1^ PAlsace-Lorraine contribuait pour supérieurs. Les departenieiifs sont divisés en cinquante et quelques millions de francs — cercles, repondant en quelque sorte aux anciens ,]o„t ^g millions et demi en contributions inarrondissements, mais autrement délimités et .lirectes — au budget de la France. ( Voy. l'arplus petits. A la tète de chaque cercle est un ij,.]^ Lorraine ou l'Appemhce, s'il y a lieu.» directeur ayant provisoirement les attriliutinns
du sous-préfet. Contrairement à ce qui est ALTERNAT. Voy. Agent diplomatique.
usité en France, ces cercles peuvent avoir leur
budget; ils sont reconnus personnes civiles. ALTESSE. Parmi les nombreuses et bril-
Les tribunaux civils de première instance son! laiites appellations dont les derniers empereurs
établis à Metz, Sarregiieniines, Slrasliourg, roniains décorèrent leurs courtisans, leurs
Saverne. Colmar, jlulliouse. La cour d'appel généraux, leurs fonctionnaires, l'expression
siège à Colmar; pour les matières commcr- Altesse parait avoir été le plus souvent em-
ciales on peut en appeler à la cour suprême ployèe à Fégard des évèques ; cette formule ,
(3<= instaiicci fédérale de Leijizig. Le code de sans être peut-être un véritable litre, leur fut
commerce et le code pénal allemands sont eu réservée jusque vers le dixième siècle. Trois
vigueur à côté du code civil français. On a siècles après, elle était devenue le privilège
maintenu aussi beaucoup de dispositions du des souverains, considérés, dans la hiérarcliie
droit administratif antérieur ; toute disposition des jurisconsultes du moyen âge , comme les
qui n'a pas été expressément aliolie continue vassaux de Sa Majesté l'Empereur du Saint-
d'èlre appliquée, c'est-à-dire aucune loi n'«'st Empire romain. Louis XI et François \" s'at-
inqilicilement annulée par le changement de tribuèrent les premiers la Majesté , et leur
souveraineté. Aussi n'a-t-on presque pas encore exemple ayant été suivi avec empressement
touché au système financier. Ainsi les coniri- par les autres rois , le titre d'Altesse n'appar-
biitioiis directes soni perçues comme autrefois, tint plus qu'aux petits souverains et aux fils
mais le moiiopoli» du tabac est supprimé. L'ex- et aux frères de rois.