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AMBITION

Gaston dOrléans, frère de Louis XIII, ajouta le premier l"épitliète de Royale ; les neveux et nièces de Louis XIV eu firent autaut. Viclor- Ainédée II, encore duc de Savoie, le grand-duc de Toscane, le duc de Lorraine, les imitèrent; d'autres souverains choisirent l'épitliète Sérènissime , qui fut à son tour convoitée par les princes du sang et adoptée par eux, et l'Altesse simple fut laissée aux branches collatérales.

Depuis la fin du dernier siècle il est d'usage de qualifier d'Altesse Royale ou Impériale tous les princes du sang indistinctement. Cependant Louis XVIII n'accorda, en 1815, que le titre de Sérénissime au duc d'Orléans, et ce fut quelques aunées seulement avant la révolution de 1830 que le titre d'Altesse Royale lui fut restitué. D'après le sénatus-consulte du 17 novembre 1852 et le statut de 1853, >'apoléon III, investi du droit de régler les rangs de la famille Bonaparte, avait constitué : 1" une famille impériale composée exclusivement de la branche Jérôme Bonaparte, et dont les membres avaient droit au titre d'Altesse Impériale ; 2" une famille privée dont les membres étaient qualifiés d'Altesse.

En Allemagne, indépendamment des maisons régnantes, 50 familles des anciens princes de l'Empire médiatisés ont été autorisées, par un décret de la diète en 1825, à porter le titre d'.\ltesse Sérénissime [Vurdduucht] , titre qui est, du reste, donné en Allemagne, par courtoisie, à tous ceux qui portent le titre de duc ou de prince [Fursl).

Comparez: ExceUence, Hautesse, Majesté, Sérénissime.

AMBASSADEUR. iNons comjdétcrons ce qui a été dit à larlicle Agent diplomatique, en reproduisant ici quelques passages saillants d'un discours du prince de Bismarck , prononcé à Berlin dans la séance du IG novembre 1871 du Reichstag allemand.

« Un ambassadeur n'a pas besoin, à cause

de sou titre, d'un traitement plus élevé; — ce n'est en somme qu'un titre. Si vous placez à la tète d'une brigade un colonel ou un général, ce sera toujours un brigadier, il devra toujours remplir cet emploi. Lu amiiassadeur près dune grande cour, si l'on fait mesquinement les choses à sou égard, n'aura peut-être besoin que de 1,000 à 3,000 thalers de plus qu'un ministre plénipotentiaire. Cette somme suffira pour couvrir les dépenses qui lui sont imposées par l'usage que , dans la plupart des pays, les souverains acceptent, à certaines occasions, les invitations des ambassadeurs, et c'est cette coutume de donner de grandes fêtes qui cause le surcroit de dépenses dont j'ai parlé. L'honneur que la visite du souverain confère à la maison dans laquelle il entre fait qu'aux yeux des sujets de ce monarque, la situation du représentant correspond mieux à la dignité de l'État représenté. Mais il ne s'agit pas de cela dans les augmentations de traitement qui vous sont proposées.

« Pourquoi alors , demandera-t-o» , donnons-

nous le titre d'ambassadeur? C'est plutôt , répoudrai-je, à cause de la hiérarchie des agents politiques entre eux. On fait, entre les membres du corps diplomatique, une diii'érence, injuste sans doute , mais qui n'en est pas moins généralement admise. Ainsi, il est reçu qu'un ministre des affaires étrangères , s'il se trouve en conférence avec un ministre plénipotentiaire, au moment où ,ou lui annonce un ambassadeur, se croit obligé d'interrompre immédiatement la conférence et de recevoir l'amljassadeur. Un ministre plénipotentiaire aura peut-être attendu une heure dans l'antichambre du ministre des aflaires étrangères; au moment où il va être introduit, arrive un ambassadeur, et l'usage de la plupart des cours, autant que je sache, est qu'on fasse entrer ce dernier; le ministre plénipotentiaire devra attendre encore longtemps , ou peutêtre même ne pourra-t-il plus être reçu ce jour-là. U en résulte des mortifications et des froissements qui seront évités par un simple changement de titre. Uu ministre plénipotentiaire, s'il a le sentiment de sa dignité, ne supportera pas pareil traitement, et, pour ma part, je me suis trouvé en situation d'y résister avec succès, mais non sans amener un froid peu en rapport avec l'importance de la chose; ces résistances ne peuvent d ailleurs se produire sans mettre eu jeu les personnes d'une manière qui touche presque à la limite de ce qui est permis au représentant officiel d'un grand pays. On peut atteindre le but, en conférant à l'agent le titre d'ambassadeur qui devient, du reste, par les témoignages d'honneur qu'on lui rend, je puis dire, une économie plutôt qu'une cause .de dépenses. Les prérogatives qui se rattachent au titre d'ambassadeur peuvent être considérées comme équivalant facilement à quelques milhers de thalers...

« J'ai lu quelquefois dans les feuilles publiques (et le précédent orateur y a fait allusion) qu'on signalait le danger du privilège ajjparteuant aux ambassadeurs de conférer directement et sans intermédiaire avec le souverain. Ceci repose sur une erreur. Un ambassadeur n'a pas plus accès près du souverain que tout ministre plénipotentiaire, et il ne peut en aucune façon prétendre au droit de traiter avec le monarque directement, sans rentremise des ministres de celui-ci... »

AMBITION. La vanité est le désir des honneurs et des distinctions, et l'ambition est le désir du pouvoir. Ce sont deux passions essentiellement politiques; la seconde, surtout, joue un rôle très-important dans toutes les associations. Si les hommes étaient complètement dégagés d'ègoïsme, l'amour de la justice et du bien public sutlirait pour animer le corps ]iolitiqiie; mais dans la réalité, ou ne recherche et ou ne garde le pouvoir, que parce qu'on l'aime. L'ambition est le mobile, secret ou avoué, de la plupart de ceux qui arrivent à diriger les États. Elle est utile parce qu'elle crée des hommes; elle est nécessaire parce qu'elle donne de la force aux gouvernants et

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