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DISCIPLINE

la diplomatie est réduite à bien peu de chose. Mais on attribue souvent à la diplomatie l'action morale que les gouvernements exercent les uns sur les autres.

Ce qui devrait faire disparaître les dernières traces de la défaveur qui se rattache à la diplomatie, c'est le nouveau régime politique introduit dans la plupart des États civilisés, et Tusage devenu de plus enplus fréquent, de pubher la correspondance diplomatique. Les cabinets, soumis à une responsabilité plus ou moins sérieuse, pèsent davantage leurs instructions et leurs ordres; il est rare maintenant que le but à atteindre ne soit pas avouable, il est plus rare encore qu'on emploie des moyens ténébreux. Ces moyens auraient, d'ailleurs, de nos jours , bien moins de chances de succès qu'autrefois. Il existe actuellement une puissance qu'il faut respecter, c'est l'opinion publique. Celui qui la compte parmi ses alliés peut ce qu'il veut. Aussi, bien des mesures sont-elles prises en vue de se la concilier, et, comme autrefois le secret, la dissimulation étaient le procédé le plus usuel, de nos jours, la publicité et la franchise sont préconisées , non sans raison, comme le meilleur moyen de réussir. 11 est seulement à désirer que cette publicité soit toujours bien complète, et cette franchise toujours bien smcère.

La différence entre la mission des agents diplomatiques dans les siècles antérieurs et celle qui leur incombe aujourd'hui peut être formulée ainsi : Autrefois, ils étaient des organes d'une politique personnelle , les instruments de l'ambition de leur souverain; actuellement, ils représentent les intérêts généraux de leur pays, et sont appelés, dans une certaine mesure, à faciliter les relations internationales qui sont l'une des conditions du progrès de l'humanité. Leur tâche actuelle est donc bien autrement difficile que celle de leurs devanciers. S'ils ont moins d'initiative, il leur faut des connaissances plus étendues et bien plus variées pour renseigner leurs gouvernements sur la situation du pays où ils sont accrédités. Us n'ont plus à suivre seulement son mouvement politique, ils doivent aussi avoir l'œil ouvert sur son mouvement économique, dont l'influence arrivera un jour à primer fout, surtout dans les pays libres. Cette double tâche est considérée comme tellement lourde, qu'on l'a partagée; ce sont généralement les ministres quiont les attributions politiques et les consuls qui ont les attributions commerciales.

Les connaissances spéciales demandées aux agents diplomatiques sont le droit des gens et certaines notions réunies dans divers ouvrages. Nous ne mentionnerons que les suivants : r Ambassadeur et ses Jonctions, par Wicquefort (Paris 1764, 2 vol.); Histoire générale et raisonnée de ta diplomatie française, par Flassan, 2^ édition (Paris, 1811,7 vol.); Ceber den BegriJT der Diplomatie, par Liechtenstern (Vienne, 1814); Système de la diplomatie , par Winter (Berlin, 1830); Traité complet de diplomatie, par V7i ancien ministre [comte de

Garden] (Paris . 1833, 3 vol.); Guide diplomatique, 4« édition (Leipzig, 1851).

Maurice Block.

Comparez: Agent diplomatique, Ambassadeur, Cour, Déchiâfrement, Etiquette , Morale politique.

DIPLOME. .\cte public, charte, brevet. En France, ce mot, que l'ouvrage de xMabillon, De re diplomatica . a remis en circulation , n'est plus en usage que dans une acception synonyme de certificat (diplôme de docteur, diplôme de membre d'une société savante). En Autriche le diplôme de février 1800. qui octi-oie ou complète les constitutions de l'empire A' Autriche [voy. ce mot), prouve qu'il continue d'être pris dans ce pays dans le sens de charte.

11 ne faut pas confondre la diplomatique ou science des diplômes avec la diplomatie. [Voy. ce mot).

DIRECTOIRE. Voy. Constitutions et Révolution de 1789.

DISCIPLINE. Ce mot, pris dans le sens étymologique, veut dire enseignement, éducation: tel qu'il a prévalu dans l'usage, il emporte plus particulièrement l'idée de règle et même de contrainte. Tandis qu'éducation signifie une action exercée sur nous au moyen de l'espoir aussi bien que de la crainte , une exaltation aussi bien qu'une compression de nos facultés, l'idée de discipline, idée plus restreinte, est particuhèrement celle de l'intimidation.

Il y a dans toute société des lois générales qui ont charge de l'ordre et du progrès. Comme ces lois procèdent aussi bien par promesses que par menaces et n'usent pas moins de l'aiguillon que du frein , elles ne sont pas précisément synonymes de discipli?ie. Dans le cas même où elles sont répressives , elles ne sanctionnent que les devoirs des hommes entre eux en cette seule qualité d'hommes, sans prendre garde aux devoirs qui naissent de la condition et des relations particulières de chacun. Cette répression spéciale est ce qui s'appelle discipline : c'est la loi particulière d'un corps en fait de pénahté et de rigueurs , tout comme privilège est la loi particulière d'un corps, qui en détermine les honneurs et le pouvoir.

La discipline à citer entre toutes est celle qui regarde le soldat, le moine, l'écolier. Dans ces divers cas la discipline a toute sa rigueur par diverses raisons, mais aussi bien par une raison qui leur est commune, savoir : le groupement , l'agglomération. Rien n'est offensif, explosible en quelque sorte, comme le contact des personnes, la prompte circulation des idées, la force du nombre consciente d'ellemême. Ajoutez que parmi les soldats le nombre porte les armes et fait profession d'audace, que parmi les écoliers il a l'emportement et la déraison de l'âge, ce qui doit donner lieu à une aggravation de discipline. A l'égard du prêtre, il faut noter que cet état où l'homme

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